Chapitre 1 : l'arrivée.
Ça faisait près de huit heures que le 4x4 noir avalait les kilomètres pour se diriger dans un petit village d'une soixantaine d'habitants, dans un coin montagneux rempli de forêt, en France près de la frontière allemande.
Dans ce véhicule se trouvait, un homme musclé d'une cinquantaine d'années à peine grisonnant nommé Jean-Claude Allegran et sa petite fille âgée de dix-huit ans, aux longs cheveux bruns, les yeux noirs, prénommée Magaly.
La jeune fille était étalée sur le siège passager, un pied sur le tableau de bord et l'autre plié contre elle, reposant délicatement sur le siège. Sa tête posée contre la vitre, suivait tous les mouvements de la voiture que la route défoncé, à cause des arbres, imposait. Son regard se baladait sur le paysage qui s'offrait à elle. Après des champs à perte de vue, la forêt et les montagnes prenaient le relais.
Son regard fut tout d'un coup attiré par ce qui semblait être un château ou un manoir, placé en pleine forêt sur la montagne à sa droite. Elle le suivit des yeux aussi longtemps qu'elle put le faire. Elle ne savait pas pourquoi, mais ce bâtiment lui semblait familier, alors qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans cette partie du pays.
- Mag…………… Magaly !!!
Ce dernier mot l'interpella car il était rare que l'on utilise son prénom sauf en cas de danger ou pour l'engueuler.
Arrachée à sa contemplation, elle décida de tourner la tête tout doucement vers la voix de son interlocuteur.
- Est-ce que tu m'écoutes maintenant ?
- Désolé, je rêvassais, avoua la jeune fille à son grand-père.
- Dés que tu as ta musique de fou sur les oreilles, c'est la même chose, on ne peut plus rien tirer de toi sauf quand tu es en mode combat, lui dit-il d'une voix grave.
- Tu préfères quoi entre mon mp3 et entendre ma musique de fou dans la voiture ?, demanda Magaly avec un ton plus rempli ironie.
Il ne prit même pas la peine de lui répondre car il savait très bien que sa petite fille connaissait la réponse.
- On arrive bientôt au village.
- Chouette, je commençais à en avoir marre de ne pas pouvoir bouger, lui dit-elle tout en s'étirant un peu.
- J'aimerais reparler avec toi des nouvelles règles qui s'appliquent ici.
- Ça doit bientôt faire cinq jours que tu me bassines avec ces règles, je les connais par cœur à la fin. Ne pas montrer les armes, ne pas montrer Maya et Léto aux villageois, ne pas sortir après la tombé de la nuit, ne pas quitter mes talismans et ne pas s'aventurer dans la forêt seule. C'est bon ?, débita-t-elle avec grande rapidité comme pour faire perdre le fil de la discussion à son grand-père.
- Je ne veux plus que tu supportes ce que tu as déjà vécu là bas. Je veux une vie normale pour toi.
- Merci mais quoi qu'il arrive, tu le sais très bien, ma vie ne sera jamais normale.
- Peut être, mais on se doit d'essayer de la rendre le plus normale possible.
- Je veux bien, mais le village est petit et avec le temps ça risque de papoter et comment ne plus aller seule dans la forêt alors que l'on vit dans la forêt ? , lui demanda-t-elle pour avoir plus de précision.
- Évites seulement de trop t'y aventurer, rajouta Jean-Claude peu convaincu d'être vraiment entendu.
- Ok, dit-telle pour que la discussion se finisse vite.
Arrivée dans le village, le véhicule s'arrêta devant le seul bâtiment imposant du village. Ce dernier servait à la fois de marie, de bibliothèque et de salle de fête. Ceci démontrait une fois de plus, à la jeune femme, la taille de la ville.
- On dirait que l'on va vivre dans un village de poupées. Tout est si petit, lâcha-t-elle en soupirant.
- La tranquillité a un prix.
Les deux nouveaux arrivants prirent rapidement la direction de l'entrée de la bâtisse blanche pour aller rencontrer le maire.
Magaly fut très étonnée en découvrant la personne qui occupé ce poste. Elle ne s'attendait pas à rencontrer une personne qui ne semblait pas beaucoup plus vieille que son grand-père.
- Bonjour, je suis Monsieur Allegran et voici ma petite fille.
- Soyez les bienvenues dans notre petit village, je suis le maire et le juge ici, expliqua-t-il en leur serrant la main. J'espère que vous vous plairez ici.
- J'en suis sûr, n'est ce pas Mag ?
- On verra bien avec le temps…
- Les habitants ont préparé votre venue, votre maison n'attend que vous.
Ils retournèrent rapidement dans la voiture, clef en main pour atteindre leur nouvelle demeure qui se situait légèrement à l'écart du village, en pleine forêt.
- Tu l'as fait exprès de choisir ce village, pour son maire-juge ? , l'interrogea-t-elle en souriant.
- Moins de signature, moins de temps perdu, c'est plutôt attirant.
- Et comme ça, plus de chasse.
À peine arrivé dans leur nouvelle maison que Magaly fit un petit tour des alentours, afin de vérifier qu'ils étaient bien seuls à vivre dans le coin. Elle retourna auprès du 4x4 et ouvrit la porte du coffre pour libérer ses compagnons, Maya et Léto, qui n'étaient autres que des loups. Maya était une louve totalement blanche avec les yeux verts, alors que Léto était un loup gris clair avec une tache blanche, sur le dessus de la tête entre les deux oreilles, avec les yeux bleus.
- Faites attention à vous et n'approchez rien qui est humain.
Les deux loups la regardaient tendrement comme s'ils comprenaient très bien ce qu'elle disait avant de partir à la découverte de leur nouveau territoire.
Elle décida de rentrer ensuite dans la maison pour aider son grand-père à faire le rangement.
La maison était composée de deux grandes chambres, une salle de bain, une salle à manger qui faisait aussi cuisine, un salon et une dernière pièce fermée à double tour, loin des regards indiscrets, où était entreposé leurs matériels.
Le rangement fut vite réalisé car partant du principe que la maison était déjà meublée et que certains membres du village étaient passés par là mettre quelques décors. Il ne restait plus qu'a y mettre leurs affaires personnelles.
Après un copieux repas et une visite du coin avec Maya et Léto, avant la tombée de la nuit. Ils décidaient de rentrer se reposer. Magaly s'installa au coin du feu et Maya lova contre sa jambe. Mais cette position ne dura pas longtemps. Rapidement, la jeune femme se leva et s'approcha de son grand-père
- Je vais aller dormir, demain, j'irais faire un tour au village acheter quelques trucs manquant, s'exclama-t-elle sur un ton fatigué.
- Fait très attention à toi quand même.
- Je sais, les humains sont parfois pires que les monstres, rit-elle avant de fermer sa porte de chambre derrière elle.
Comme elle l'avait déclaré, le matin, elle se leva tôt pour descendre au village.
Après l'achat de toutes les choses marquées sur sa liste, dans la seule épicerie du village, elle décida de faire un tour dans les quelques rues présentes avant de rentrer.
Mais elle se fit vite interpeller par un groupe de jeunes qui semblait avoir son âge.
- C'est toi la nouvelle, la petite fille du chasseur ?
Elle se tourna vers eux d'un mouvement rapide et fluide, les regarda avec un peu de colère dans ces yeux noirs, et posa ses paquets.
- Premièrement quand on est poli, on dit bonjour. Deuxièmement, toujours quand on est poli, on se présente. Troisièmement qui vient de parler comme un pauvre con dans mon dos ? , lâcha-elle calmement à l'attention du petit groupe.
La voix obtenue alors un propriétaire car un jeune homme s'avança d'un pas vers elle. Il était plus grand que Magaly malgré ces 1m75, avec des yeux bleus gris et des cheveux blonds.
- Je m'appelle Kévin, lui annonça-t-il, comme si elle aurait dû le savoir.
- Enchanté, moi c'est Mag, ……. Euh Magaly mais on m'appelle plus souvent Mag.
- On voulait juste faire connaissance, c'est rare les nouveaux ici, annonça un autre garçon aux yeux bleus avec des cheveux blond coupé à la militaire.
- Je te présente Tom et là c'est son jumeau Bill, lui expliqua Kévin
- Je crois que j'avais deviné qu'ils étaient jumeaux, dit-elle très ironiquement.
Une jeune fille avec les cheveux, de couleurs indéterminées, tirant principalement sur le rose, s'avança à son tour pour se placer à la droite de Magaly.
- Moi c'est Manon, et là tu as Alida.
- Enchantée.
- Là tu as les trois frères, Mathieu l'aîné, Guillaume le second et Frédéric le petit dernier, ajouta Alida
- Le petit dernier qui à déjà dix-neuf ans, lui postillonna-t-il avec rage.
- Il ne reste que moi, le meilleur pour la fin, je suis Éric.
- Le meilleur pour la fin, c'est juste un avis personnel, lâcha Manon entre deux rires.
- C'est bien que tu sois là, dit Alida à la suite de son amie, ça fait une fille en plus car comme tu peux le voir, on n'est pas nombreuse.
- Mais on a toujours la majorité, conclut Mathieu tout content de lui.
Le groupe de jeune l'invita dans le seul café du village pour faire plus ample connaissance.
Au bout d'une heure, Magaly décida quand même de rentrer à la maison.
- Tu en as mis du temps.
- J'ai rencontré des jeunes de mon âge avec qui j'ai pas mal parlé. On a sympathisé.
- C'est bien, ça va te changer des chasseurs, dit-il avec un grand sourire.
- Peut être, mais ça reste des humains, ajouta-t-elle pour finir la discussion.
La fin de la journée finit comme elle avait commencé, c'est à dire remplit de découverte et de rencontre avec de nombreux villageois venus les saluer.
