Arts Très Appliqués
Chapitre 2
-Vous plaisantez !
-Mais voyons Severus, Harry doit être protégé et pour l'instant il n'y a que vous qui puissiez accomplir cette mission.
-Mais… je ne peux pas le surveillez 24 heures sur 24 ! J'ai des cours à donner ici !
-Ne vous en faites pas pour ça, je me chargerai des cours de potions que vous ne pouvez pas assurer.
-Dans ce cas pourquoi ne pas le protéger vous-mêmes !
-Parce que si je peux donner de mon temps pour des cours de potions, je ne peux me permettre de quitter l'école. J'en suis le directeur tout de même.
-Vous vous rendez compte de ce que vous me demandez ?
-Je ne vous demande qu'un simple travail de garde du corps. Ce n'est en rien différent de ce que vous avez fait pendant la guerre, Severus.
-Mais… mais…
-De plus vous ne serez plus obligé de donner des cours, vous qui ne cessez de me répéter que vous voulez prendre votre retraite…
Severus était vaincu. Il savait avant même d'avancer son premier argument que son patron ne le laisserait pas refuser. Il soupira et hocha la tête en signe de soumission. Après tout, c'est vrai qu'il serait libéré de tout ces corniauds d'élèves incapables de faire une potion sans mettre l'école en danger. Et, avantage non négligeable, il serait en permanence aux côtés de Harry.
-De toute façon je n'ai pas le choix…
-Merveilleux ! Je vais prévenir Harry et demain vous l'accompagnerez à l'école d'Art.
Salle commune des Gryffondor, au même moment.
Hermione, Ron et Harry étaient installés devant la cheminée, qui malgré la chaleur estivale continuait de dispenser chaleur et lumière.
-Alors tu comptes vraiment entamer des études d'art ? Demanda Hermione.
-Pourquoi pas… Je ne savais pas vraiment quoi faire après mon diplôme de toute façon.
-Et ton vœu de devenir Auror ? Demanda Ron
-Ce n'était qu'une idée parmi d'autres… Et la guerre m'en a guéri !
-C'est compréhensible… Mais je doit avouer que je ne t'avais jamais imaginé en artiste, insista Ron
-Moi non plus pour tout t'avouer, mais je me suis senti tellement bien quand je me suis mis a peindre… J'étais serein pour la première fois depuis ma quatrième année… Depuis que Voldemort est revenu au pourvoir… C'était … j'avais l'impression d'être enfin moi… De pouvoir faire n'importe quoi sans avoir constamment un journaliste derrière moi, sans avoir à craindre un piège ou quelque chose dans le genre… et puis…
-Quoi ?
-J'avais l'impression que mes parents étaient fiers de moi… souffla Harry d'une petite voix.
Hermione posa un regard attendri sur son meilleur ami.
-Et bien si c'est ce que tu veux faire, après tout pourquoi pas… Au moins tu ne risqueras pas de te faire tuer à chaque mission…
Harry lui sourit. Ron hocha la tête. Après tout il se fichait de savoir ce que pouvait bien faire Harry pour gagner sa vie, du moment que ça le rendait heureux…
-J'espère que j'aurai droit à un tableau du grand Harry Potter, dit Ron avec un sourire.
-Il va falloir que j'y réfléchisse, répondit le concerné.
Et les trois compères partirent dans un grand éclat de rire. Enfin, le poids de la guerre quittait leurs épaules, enfin, ils pouvaient se comporter comme des adolescents normaux…
Le lendemain, quand Harry descendit dans la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner, il eut la surprise de voir que son maître des potions l'attendait dans le grand hall d'entrée.
-M. Potter, suivez moi.
-Où allons-nous Professeur ?
-Vous verrez une fois que nous y serons.
Harry n'ajouta pas un mot. Il préférait savourer la présence de son professeur à ses côtés à une nouvelle dispute stérile qui le minerait encore un peu plus.
Severus les conduisit aux grilles de Poudlard où les attendait le directeur, un sourire rayonnant vissé aux lèvres.
-Alors Harry, tu vas bien aujourd'hui ?
-Très bien, Monsieur.
-Parfait. Severus va te conduire à l'Ecole d'art où tu vas commencer tes études. La directrice vous y attend. Tu reviendras chaque soir ici où tu rattraperas les cours essentiels à tes ASPICs.
Les yeux verts de Harry s'illuminèrent d'un seul coup. Il ne pensait pas pouvoir commencer les cours aussi tôt et s'était résigné à attendre la fin de l'année. En plus, Severus allait l'accompagner tous les matins et tous les soirs !
-Merci Monsieur !
-Allons inutile de me remercier, Harry…
-Allons-y Potter.
Harry acquiesça et son professeur ouvrit la marche jusqu'au village. Le trajet se fit en silence, incapables qu'ils étaient de trouver un sujet de conversation sans que cela ne tourne au drame. Ils arrivèrent finalement à l'école où Harry fut pris en charge par la directrice.
Severus le regarda disparaître dans un couloir avec le sentiment que peut-être il était en train de le perdre. Il soupira puis suivit une jeune femme dans le dédale de couloirs. Son nouveau travail commençait aujourd'hui.
Kim conduisit Harry dans une salle de classe tout ce qu'il y avait de plus banal. Etait entreposé dans la pièce du matériel de dessin : des toiles, des pinceaux, de la gouache, de l'acrylique, de l'aquarelle, des pastels et encore tant d'autre choses. A nouveau les yeux de Harry s'illuminèrent devant tout ce matériel.
-Tout ceci est a toi Harry. Prends en soin.
-Je… Mais ça doit coûter très cher tout ça…
-C'est le matériel standard offert a chaque élève de l'école à son arrivée. Si tu juges que cela ne te convient pas ou que tu as besoin de renouveler ton stock, tu trouveras tout ce que tu veux dans le quartier. Couleurs, supports, accessoires… Tout.
-Je… Merci.
-Tu n'as pas à me remercier. Sache qu'ici tu seras traité comme tout le monde, aucun passe-droit malgré tout ce que tu a accompli. Tu es un élève et ton seul juge ce sera toi-même.
Harry hocha la tête, un air déterminé sur le visage.
-Et maintenant suis-moi. Je vais te conduire à ton premier cours.
Après lui avoir fait traverser d'innombrables couloirs tous plus magnifiques les uns que les autres, Kim le fit entrer dans la même salle circulaire que la première fois. Et comme la première fois, une vingtaine d'élèves préparait leur matériel en vue d'une nouvelle séance de nu.
-Mesdemoiselles, Messieurs, laissez-moi vous présenter un nouvel élève qui désormais fait partie de votre division : Harry Potter.
Quelques murmures parcoururent les élèves mais très vite se tarirent.
-Je compte sur vous pour l'intégrer au mieux à votre petit groupe et pour l'aider à trouver ses marques dans l'école.
Harry promena son regard sur les élèves. Contrairement à Poudlard, les élèves semblaient être regroupés par niveau et pas par âge. Apparemment, il était le plus jeune de la division.
-Harry, voici la division Michel-ange, ce sont les meilleurs de l'école.
Avant que le Survivant ne puisse protester qu'il n'était qu'un débutant et qu'il n'avait pas sa place ici, la directrice se retourna vers la masse des élèves.
-En plus de M. Potter, nous accueillons aujourd'hui un nouveau modèle qui devrait ravir ces dames.
Un petit rire secoua les élèves.
-Avant qu'ils n'entrent et que vous vous plongiez dans votre travail, je vous donne le thème de la séance : le Sentiment. Voilà, je vais vous laisser. Au travail Messieurs Dames.
Alors qu'elle sortait de la salle, deux hommes en peignoir y entrèrent. L'un était petit, des cheveux blond vénitien et un visage éclatant, l'autre était plus grand, des cheveux de nuit et un visage sombre. Harry sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Severus Snape. Severus Snape allait lui servir de modèle !
Les deux hommes se déshabillèrent et se placèrent sur l'estrade sans un bruit. Severus ne lança même pas un coup d'œil à Harry et fixa son regard sur un tableau au fond de la pièce. Il fallu bien dix minutes à Harry pour se remettre de cette surprise et encore bien un quart d'heure pour calmer ses hormones d'adolescent. Mais bientôt, il réussit à se contrôler suffisamment pour songer à une manière de représenter le sentiment avec pour modèle Severus Snape. Finalement, il trouva une idée et commença à peindre avec application et bientôt, le monde autour de lui s'effaça pour le laisser seul avec sa toile et son talent.
Dans le bureau de la directrice, Kim discutait tranquillement avec son invité.
-Tu penses réellement qu'il n'y a pas de souci de sécurité pour Harry ?
-Si, bien sûr qu'il y en a, mais on ne pourra pas toujours l'empêcher de faire ce qu'il veut, et puis, Severus est là pour veiller sur lui.
Kim resta silencieuse un instant.
-Cet enfant a vraiment le don.
-Comme sa mère je suppose.
-Non, sa mère était un génie de la peinture, mais elle n'avait pas le don. Son fils n'a aucune technique et on peut le déceler dans sa toile, mais il a le don… Celui de montrer son cœur dans sa peinture. C'est un ange.
-Je me doutais que tu serais sous son charme…
-Grand-père (LOL ! Rien que ça !), tu pourrais t'abstenir de lire dans mes pensées !
-Allons, nous sommes en famille, nous n'avons rien à nous cacher, n'est ce pas ? Dit Albus Dumbledore avec son plus beau sourire.
-Tu ne t'arrêteras donc jamais ?
Le directeur de Poudlard sourit mais ne répondit pas.
-Bien, je reviendrais la semaine prochaine pour la prochaine séance de pose.
-A bientôt Grand-père.
-A bientôt.
Le soir tombait doucement et tous les élèves de l'académie avaient rejoint leur salle commune ou le réfectoire. Il ne restait dans les salles de cours que deux personnes. Un modèle et un peintre. Le modèle ne bougeait pas et fixait toujours un tableau dans le fond de la salle. Le peintre quand à lui, terminait enfin le portrait de l'homme.
Harry cligna des yeux et se rendit enfin compte de son environnement. Il n'y avait plus personne dans la salle, personne à part lui et son modèle. Aussitôt, le Survivant vira au rouge (Nda : Rouge breveté Ishtar bien sûr ! NdB : J'espère bien ! lol). Quand il posa les yeux sur son professeur de potions et accessoirement modèle, il sentit son cœur se serrer. Jamais, à part lors de ces séances de poses, il ne verrait Severus ainsi, nu et complètement exposé.
Soudain, remarquant que l'élève avait terminé, Severus saisit son peignoir et se rhabilla. Laissant une seconde ses yeux rencontrer ceux de son élève, il finit par s'éclipser laissant Harry seul avec sa toile. Le Survivant laissa enfin son regard se poser sur son œuvre et n'en crut pas ses yeux. Sur la toile d'environ trente centimètres sur quarante s'étalait un portrait de Severus que jamais il ne pensait voir un jour. Tout droit sorti des recoins de son cœur, l'homme était entouré d'un halo de lumière. Sur son cœur était peint un serpent et sur sa main posée délicatement sur sa hanche, un lion. L'homme regardait directement vers son créateur, et ne s'occupait pas des autres élément du tableau. Ni la colombe qui voletait doucement près de lui, ni le miroir qui ne le reflétait pas lui, mais une autre personne, ni le collier d'opale qui gisait à ses pieds… rien de tout cela, uniquement son créateur. Et dans ces deux yeux noirs brillait quelque chose que Harry ne savait pas définir.
Le jeune peintre pleura un instant, en comprenant que les tableaux qu'il peindrait à l'avenir seraient tout ce qu'il pouvait espérer de Severus. Il ne vit donc pas le dit Severus l'observer et pleurer lui aussi en silence.
Les semaines passèrent ainsi et Harry ne voyait pas le temps passer entre ses cours à Poudlard et à l'académie. Peu à peu, sa malle se remplissait de tableaux tous plus réussis les uns que les autres. Tous représentaient Severus et sur tous, on voyait peint une opale, pierre de l'espoir.
Les rêves du Survivant étaient eux aussi pleins du visage de son professeur et l'amour le rongeait un peu plus chaque jour, toujours plus fort, toujours plus désespéré. La fin de l'année scolaire approchait et avec elle les vacances scolaires. Jamais Harry n'avait autant redouté ces vacances, jamais il n'avait eu autant envie de rester à Poudlard. Mais chaque fois qu'il se prenait à espérer pouvoir rester à Poudlard, il se disait que rien ne pourrait convaincre le directeur de le laisser rester ici. Après tout, plus rien ne l'obligeait à le protéger…
C'est dans cet état d'esprit qu'une fois encore, il se rendit à l'académie accompagné par Severus. Une fois dans le bâtiment, les deux hommes se séparèrent et rejoignirent chacun leurs occupations.
Plus tard dans la journée, alors que Harry se trouvait en cours d'histoire de l'art, une explosion secoua les murs de l'académie. Aussitôt, des cris hystériques retentirent dans toute l'école. Ni une ni deux, Harry se précipita vers l'origine des cris : le grand Hall.
Quand il déboucha du couloir Fra Angelico, il tomba sur le spectacle qu'il redoutait de voir. Deux mangemorts se tenaient au centre du Hall d'entrée et déjà plusieurs cadavres d'élèves les entouraient.
-Arrêtez ! Hurla Harry.
-Ha… Potter… le salua une voix connue.
-Malfoy ! Cracha le Survivant.
-En personne, sourit l'aristocrate en retirant son masque.
-Et vous avez amené un ami…
-Je dirais plutôt un animal de compagnie.
Le deuxième mangemort retira son masque pour dévoiler un visage grêlé et horriblement familier.
-Pettigrew !
-Tant de haine dans un seul nom… siffla l'animagus.
-Sale traître !
-A ton service mon cher.
A cet instant, Severus fit irruption dans le grand Hall suivit de près par la moitié du corps enseignant de l'académie.
-Ha mon cher Severus… La fête n'aurait pas été complète sans toi mon ami, dit Lucius.
-Lucius…
Le nom coula dans sa bouche comme de l'acide et la haine qu'il avait dans le regard aurait presque pu brûler la peau du mangemort.
-Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Tu ne devines pas ? Demanda Queudver.
Severus jeta un coup d'œil vers Harry.
-Ha si, je vois que tu a compris…
-Harry sauve-toi, hurla le maître des potions avant de se jeter sur Lucius.
Aussitôt, tous les professeurs qui avaient suivi Severus se dirigèrent vers les élèves et les emmenèrent à l'abri, Harry compris. Mais le Survivant ne l'entendait pas de cette oreille. Il se défit de la poigne de Kim, et courut vers le Hall. Quand il l'atteignit, il vit Severus aux prises avec Lucius. L'espion n'avait pas vu cet immonde rat se glisser derrière lui pour le frapper dans le dos. Sans même réfléchir, Harry sortit sa baguette et hurla :
-ENDOLORIS !
Aussitôt, Pettigrew s'écroula sur le sol en hurlant de douleur. Severus se retourna vivement et découvrit Harry.
-Va-t-en ! Cria-t-il avant de refaire face à Lucius.
-Non !
Alors que Harry se dirigeait vers le rat pour l'achever, il ne vit pas l'éclair de lumière verte se diriger vers lui. Mais Severus, lui le vit. Il hurla et se précipita sur le Survivant pour lui faire un barrage de son corps. Harry ne sut jamais vraiment ce qui s'était passé à ce moment-là. Il sut seulement que Severus s'était jeté sur lui en hurlant et qu'il l'avait précipité au sol. Puis, pendant presque une minute, ça avait été le trou noir.
Quand il revint à lui, Harry ne put que soulever le corps inerte de Severus pour se dégager de son étreinte.
-Professeur… Professeur… Severus… non… Je t'en prie… Je t'en supplie… Pas toi… non… Pitié… implora-t-il.
Des larmes de rage, de peine, de douleur et de tristesse coulaient à présent sur ses joues et finissaient leur course sur le visage détendu de Severus. Tremblant de rage, Harry se releva, les yeux toujours braqués sur le corps sans vie de Severus. Une magnifique aura pourpre entourait son corps, épousant ses formes. Quand il releva la tête, ses yeux étaient le symbole de la folie. Quand son regard se posa sur Pettigrew, le rat sut que sa dernière heure était arrivé. Et sans qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit, il sentit sa vie le quitter, s'enfuir de son corps en un instant. Puis, ce fut le tour de Lucius. Et comme son complice il s'écroula, mort avant d'avoir toucher le sol.
Aussitôt que sa vengeance fut accomplie, le Survivant s'affaissa sur le sol, dans les bras de l'homme qu'il avait tant aimé.
A suivre…
