Un Noël chez des pirates fauchés

/ CHAPITRE 2 / Bonne lecture.

Le reste de l'après-midi passa tranquillement. Nami avait rejoint Robin pendant sa séance de bronzage, ce qui était beaucoup plus relaxant que de courir après tous les membres de l'équipage pour se mettre d'accord sur les budgets de Noël. Brook était retourné à ses compositions, et Chopper, Usopp et Luffy avaient repêché des gros poissons qui étaient remontés à la surface, morts d'une cause inconnue. Enfin… jusqu'à ce qu'une drôle de parfum se fasse sentir ! Cela avait poussé Franky, après une crise de rire, à se retrancher dans son local afin de repenser le système d'aération d'urgence. Sanji était dans sa cuisine, et essayait de cuisiner des morceaux de poiscaille pas trop atteints par la forte odeur d'œuf pourri, ce qui lui donnait du fil à retordre. Pour finir, même après avoir passé plus d'une heure dans la salle de bain, Zoro fût obligé de remettre sa combinaison verte, n'ayant pu résoudre son problème. Naturellement, cela déclencha un autre fou-rire général quand il sortit de la salle d'eau qui, empestait maintenant aussi. Il eut droit par la suite à une énième bosse sur la tête de la part de la navigatrice qui aurait bien voulu se prendre une douche avant de se remettre à dessiner ses cartes. Zoro jubila quand il sût que le charpentier avait eu droit au même traitement ! L'aquarium, lui, avait retrouvé son odeur habituelle.

Il restait environ deux heures au sabreur pour s'entraîner avant de passer à table. Parfait, une séance de méditation lui permettrait de retrouver son calme intérieur, perturbé suite aux événements du début d'après-midi. Il s'empressa donc de monter à la vigie, seul endroit où il serait à l'abri des moqueries de ses nakamas.

Il s'apprêtait à retirer une fois de plus sa combinaison décidément trop moulante, quand il se résigna finalement à la garder. Il ne tenait pas à faire son tour de garde en se bouchant le nez toute la nuit. Et Franky l'avait prévenu : la ventilation de la salle de bain finie, il allait devoir faire des modifications dans tout le réseau du bateau. Impossible donc de la rallumer avant le lendemain.

Il s'assit sur un de ses tapis en tailleur, ferma les yeux et essaya de faire le vide. Il inspirait, expirait tout doucement, ralentissant son rythme cardiaque qui s'était emballé à cause de sa frustration sexuelle et de son sang-froid mis à rude épreuve avec les railleries de ses camarades.

Une fois sa sérénité retrouvée, le problème du foutu cuistot se posa dans son esprit. Mais quelle mouche l'avait piqué, franchement ? C'est vrai que leurs rapports n'étaient pas très tendres, et ce, sur pas mal de plans… mais au point de refuser catégoriquement une partie de jambes en l'air ?

Le second de l'équipage changea de position et repensa aux paroles de Sanji. Qu'est-ce qu'il avait sorti comme excuse bidon déjà ? Ah oui, sa fierté trop démesurée. Mais de quoi se plaignait-il, cet enfoiré de Cook ? Qui avait été voir l'autre en premier, hein ? Qui avait fait le premier pas ? Qui avait laissé sa fierté de côté à ce moment-là ? Ce n'était surement pas ce blondinet aux sourcils atrophiés, amoureux de vagins !

Un épisode lui revint cependant en mémoire : cela s'était passé quelques semaines auparavant, juste avant d'accoster sur l'île précédente…

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Ils avaient rencontré trois bateaux de la marine et les membres de l'équipage avaient fait des équipes pour aller battre chacun d'eux. Tous par binômes, les pailles avaient décidé de le mettre avec son amant. Sanji s'était occupé du menu fretin ainsi que du capitaine secondant son propre adversaire, un vice-amiral. À la fin de son combat, l'épéiste avait une épaule déboitée et les jambes en sang à cause de plusieurs balles remplies de Haki qu'il avait reçues de son ennemi. Le combat avait été plus difficile que prévu, et il était maintenant très essoufflé.

Il était donc allé se trainer dans un coin tranquille du bateau maintenant silencieux. Sanji avait dû finir lui aussi. D'ailleurs, en parlant du loup, celui-ci s'était approché de lui, la clope au bec.

« Ben alors Marimo, on est déjà fatigué juste après une petite bagarre ? Haha, t'as pris un coup de vieux en deux ans !

- Pourtant, au lit, tu te plains pas de quoi que ce soit !

Sanji l'avait détaillé de haut en bas et s'était attardé sur sa chemise tombant en lambeaux. À ce moment précis, son partenaire aurait mieux fait de tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de sortir la phrase de trop :

« La vue t'excite, Sourcil Vrillé ?»

Cette fameuse phrase avait été le détonateur. Sans attendre une seconde de plus, le cuisinier s'était baissé au niveau du blessé, avait empoigné sa tête et l'avait embrassé à pleine bouche. Zoro ne se souvenait plus de comment Sanji en était arrivé à le chevaucher fougueusement. Seul le visage comblé de son amant lui était resté en mémoire… Cette fois-là, lui n'avait rien pu faire. Sauf peut-être savourer le moment.

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Zoro rouvrit les yeux, son cœur battait à tout rompre. Super la séance de méditation… Il posa son œil sur son entrejambe de nouveau réveillée.

* Et merde *

Malgré ses efforts, il n'arriva pas à atteindre directement la partie de son anatomie quémandant son attention sans enlever la prison verte dans laquelle il était enfermé. Franky allait vraiment le payer cher !

Il se résigna à abandonner sa position de méditation (qui ne lui avait finalement pas servi à grand-chose) avant de prendre les différents poids et de faire des séances d'haltères. Ça, au moins, ça pourrait le calmer. Il fallait à tout prix que l'envie qui lui prenait le corps s'en aille.

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« Zoro, Sanji a dit qu'on passait à table. Tu viens manger ? On va avoir du poisson que moi, le valeureux Usopp, ai combattu dans la mer au risque d'y laisser ma peau ! »

Le sniper, toujours sur l'échelle menant à la vigie, entendit un grognement à l'intérieur du repère de son interlocuteur.

« Pardon, mais j'ai pas compris ce que tu viens de dire.

- Non, je ne viens pas. J'ai pas faim, et j'suis en retard dans mon entrainement.

- Oh, allez, c'est bon quoi, c'est toi de garde après, tu pourras continuer tes exercices une fois des forces reprises ! À moins que ce soit à cause de ce que tu es obligé de por- »

Zoro ouvrit la trappe, sabre à la main, et toisa le sniper de haut. Ce dernier ne savait pas quelle attitude adopter entre la crise de fou-rire en voyant son interlocuteur toujours dans sa magnifique combinaison, ou s'en aller la queue entre les jambes face au regard de tueur qu'il lui avait lancé.

Au final, il fit un mélange des deux, explosant de rire tout en s'enfuyant à toutes jambes.

L'épéiste lâcha un long soupir. Voilà la raison du pourquoi il ne voulait pas descendre avec les autres. Surtout que, par-dessus le marché, il y avait quelqu'un qu'il ne fallait absolument pas qu'il voit si il ne voulait pas avoir le même problème que tantôt.

Usopp pénétra dans la cuisine, essoufflé, où les nombreuses mains de l'archéologue retenaient Luffy pour ne pas qu'il se jette sur la nourriture.

« Il est où Zoro ? Il vient pas manger ? questionna Chopper.

- Hahaha… haaaa... Non, il veut pas manger avec nous parce qu'il a peur de ce que Usopp-Le-Magnifique pourrait lui faire s'il découpe encore la table comme hier soir ! répondit fièrement le canonnier après s'être calmé.

- Si je peux me permettre, je pense que c'est plutôt dû au fait qu'il soit forcé de porter la tenue offerte par notre cher Franky-san, yohohoho. »

Re-crise de fous-rire des nakamas.

« Ou peut-être qu'il doit se concentrer pour éviter que quelque chose n'empire, proposa Robin avec un sourire énigmatique.»

Son regard croisa celui de la seule personne qui l'avait entendue, tandis qu'elle arrivait avec les deux derniers plats à la main. Le coq du navire avait compris que la remarque lui était adressée, mais n'en comprenait pas forcément le sous-entendu. Sa réflexion sur le sujet fût vite écourtée par Luffy qui avait réussi à faufiler deux de ses doigts au travers du filet qui l'entravait, et les étirait tout en poussant des hurlements.

Tout le monde reporta alors son attention sur la nourriture afin de sauver le maximum de choses de leur goinfre de capitaine, excepté Chopper qui ne participait pas à la guerre générale. Voyant un certain malaise chez le petit animal, Sanji s'installa à côté de lui.

« Ne t'inquiète pas, j'ai préparé une assiette pour lui. Je lui monterai quand on aura fini de manger. Merci de te soucier de nous Chopper.

- Mais… Mais vous allez vous réconcilier, pas vrai ?

- Tu nous connais depuis le temps, ne t'en fais pas.

- Hm…

- Allez, ne fais pas cette tête ! – Puis rajoutant plus bas – Tu sais bien qu'on pourra toujours venir te voir si on a un problème, hein ? Tu te souviens, la dernière fois où j'ai fini complètement bloqué à cause de lui ? On a confiance en tes capacités et surtout en ta discrétion !

-Haaaha, Baka-baka, arrête de dire des choses pareilles, tu sais que ça me fait pas du tout plaisir, se dandina le docteur. »

Sanji était soulagé. Au moins le petit renne avait retrouvé le sourire et s'était joint à présent à la bataille. Nami n'avait plus le courage de les arrêter et s'occupait seulement des piques-à-son-assiette un peu trop entreprenants. C'est donc dans un joyeux fiasco que se termina le dîner.

Peu après, les deux femmes du navire s'installèrent devant un jeu de dames, à l'extérieur pour profiter des derniers rayons de soleil qui commençaient à se cacher derrière la ligne d'horizon.

« Nami –swaaaan, un autre dessert ? Robin-chwaaaan, veux-tu une tasse de café ?

- Il n'y a rien de plus urgent à faire plutôt, Sanji ? répondit la navigatrice avec un regard soutenu. »

Mais le blond ne se laissa pas démonter pour autant :

« Rien ne passe avant vous, mes douces princesses, et ce n'est certainement pas l'autre poireau avec sa tronche de brocolis qui fera changer l'ordre de mes priorités ! »

La rousse soupira.

« C'est vrai que ta tarte aux pommes était délicieuse. Je ne dis pas non pour un extra ! Après tout, c'est la période des fêtes de fin d'année, on peut tout se permettre, n'est-ce pas Robin ?

- Je suis bien d'accord ! Cook-san, je peux avoir une tasse de café s'il te plait ?

- Tout de suite, mes mellorines ! »

Et il se précipita dans la cuisine. Une fois la porte refermée, il reprit une attitude normale et eut une furieuse envie de sortir une cigarette. Une furieuse envie qu'il refreina tant bien que mal : ce n'était pas le lieu.

Un peu à cran, il mit le café en route et plaça la part de tarte dans une petite assiette.

*Putain, mais quel crétin celui-là ! On avait dit de pas impliquer les autres dans nos histoires et qu'est-ce qu'il fout ? Il veut mettre le bordel ou quoi ? On a toujours continué à faire semblant à chaque fois qu'on s'est engueulé… Tssss, même Chopper a failli pleurer !*

Regardant les goutes du liquide noir tomber dans la cafetière, il se replongea dans ses souvenirs. C'est vrai qu'ils s'étaient souvent pris le bec concernant ceci et cela dans leur relation, et en faisant des efforts, ils avaient réussi à le cacher aux autres. Enfin… C'était sans compter Robin qui les avait couvés de regards plus nombreux qu'à l'accoutumée. Mais bon, ils pouvaient toujours mettre en cause une broutille pour en venir aux mains et ne rien laisser transparaître aux autres membres de l'équipage. Et au final, tout rentrait dans l'ordre peu de temps après. Pourquoi cette fois ça n'avait pas marché ? Il fallait avouer qu'avec ce qu'il portait sur le dos actuellement, sa fierté en prenait un coup… et que justement, ça ne pouvait pas lui faire de mal compte tenu de ce que le blond lui reprochait. Est-ce qu'il en demandait trop à ce foutu Marimo ? Il était important de ne pas oublier non plus que c'était cette Algue égoïste qui avait fait le premier pas entre eux. Argument de taille tout de même si on regardait le profil du sabreur… et de la personne sur laquelle il avait jeté son dévolu.

Il ne fallait pas chercher de belles paroles du côté de ce tas de muscles. Quelques rares moments de semi tendresse l'avaient déjà surpris, mais pas au point de pousser mémé dans les orties quand même. Et ce serait être de mauvaise foi également que de dire qu'il n'aimait pas les moments forts où Monsieur Gonflette utilisait, à raison, la silhouette qu'il s'était sculptée et tout le potentiel dont il était doté. Le cuisinier avait fini par être totalement accro aux sensations de pur plaisir qu'il ne ressentait qu'en sa présence, tant au lit que pendant leurs joutes verbales et physiques quotidiennes.

* Faudrait p'tetre que je revois mes exigences à la baisse… Le Sunny ne s'est pas construit en un jour après tout.*

Un « plop » léger se fit entendre, ramenant Sanji sur Terre : la machine avait fini son travail. Il mit le dessert dans le micro-onde et versa le café dans une tasse entourée de quatre petits biscuits. Une fois l'extra de Nami réchauffé, il y ajouta une boule de glace vanille. Un supplément de chantilly pour chacune en plus, et le tout pouvait maintenant être servi.

« Mesdemoiselles, votre chevalier servant a fini de préparer les petits délices que vous aviez commandés ! Voilà pour toi, Nami-san ! J'espère que tu pourras ressentir tout l'amour dont j'ai fait preuve pour la cuisiner. Robin-chan, ta précieuse boisson chaude dans laquelle toute ma passion y a été versée. J'espère que vous en serez satisfaite toutes les deux !

-Merci, merci Sanji ! Ohhhh, j'ai le droit en plus à un supplément ! Tu nous gâtes trop !

- Oui, en effet, mais je pense qu'il est temps d'aller gâter une autre personne qui n'attend que ça, au vu du regard qu'il nous lance à Nami et à moi-même. »

Le cuisinier leva la tête en direction de la vigie, et eut juste le temps d'apercevoir une tignasse verte avant qu'elle ne re-rentre à l'intérieur. Il soupira longuement, avant de saluer ses mellorines et de tourner les talons vers la cuisine. Assez pensif à cause du face à face qui l'attendait, il ouvrit la porte menant à son sanctuaire sans grand entrain et vit une grosse tache rouge devant le frigo.

*Tiens, si ça avait été vert, on aurait pu penser à l'autre crétin dans son déguisement d'asperge…*

Puis analysant l'autre tâche jaune au sommet de la grosse rouge, deux de ses neurones se connectèrent. S'approchant rapidement et discrètement de l'énergumène qui ne se gênait absolument pas pour vider le frigo laissé sans surveillance, il vint tapoter deux de ses doigts sur l'épaule de son capitaine.

« Ch'ai pas le temps de chouer avec toi Uchopp. Chanchi va bientôt revenir, faut faire le plein. – Gloup – Héhé, heureusement que j'ai la combinaison super espion de Franky ! Il n'a rien vu venir cette fois, et il pourra pas vérifier mon odeur vu que je sentirai rien du tout ! On pourra dire que c'est Brook et Chopper qui auront fait le coup shis- !

- Hum-hum…»

Luffy se stoppa net. Il se tourna très lentement vers celui qui dégageait l'aura de haine dans son dos, les gouttes de sueur coulant sur son visage à moitié caché par son vêtement.

« Ohhhh, Sanji, tu es déjà là ? Ha-ha…. Tu as fait vite… Oh, tu devineras jamais ce que j'ai fait ! Y'avait Usopp qui voulait voler quelque chose dans ta cuisine, mais grâce à ma super combinaison espion, j'ai pu l'arrêter à temps avant qu'il ne prenne quoi que ce soit ! Non, non, ne t'inquiète pas, pas besoin de me remercier, je n'ai fait que mon devoir de capitaine ! Bon… et bien maintenant qu'il est parti, je vais pouvoir réfléchir au cadeau que je dois offrir. Euhhh… à plus ! »

Sanji voyait rouge, c'était le cas de le dire, et n'attendit pas l'autorisation du chef du bateau pour lui coller un bon coup de pied au cul qui l'envoya valdinguer à l'autre bout du navire. Il entendit un « plouf » suivi d'un attroupement sur le pont. Haaa ? Au final il l'avait envoyé par-dessus bord ? Bah, c'était plus son problème maintenant. Il y aurait bien quelques âmes charitables pour aller le repêcher.

« Haaaaa, Chopper et Brook ont plongé eux aussi ! Vite, quelqu'un, à l'aide ! Ils vont se noyer tous les trois ! Franky, viens m'aider, je peux pas tous les remonter ! A L'AIIIIIIIDDDDDDDE ! Paniqua Usopp

- Aow, faut que j'enfile quelque chose pour me protéger de l'eau, sinon le sel va attaquer tous mes SUUUPER systèmes… Mais ça prendra trop de temps ! Je peux seulement te mettre de la lumière pour que tu puisses les repérer dans l'eau sombre.

-Mais c'est la vie de nos compagnons qui est en jeu ! Pffff, vous êtes tous des lâches qui ne veulent pas se mouiller ! »

Bon, apparemment si, ça allait rester son problème. Il s'apprêtait à sortir pour faire la trempette du soir quand une voix reconnaissable entre mille prit la parole :

« Allez le Grand-Aventurier-des-Mers ! Saute et nage au lieu de rester là à t'plaindre ! »

Les bruits de deux autres personnes allant dans l'eau se firent entendre. Si l'Algue Parlante prenait le relai, pas besoin de s'inquiéter.

*Héhé, après tout, il est dans son élément !*

Puis reportant son attention sur le lieu du vol pour réchauffer le repas restant:

* ARGGGG ! Évidemment, faut que je me tape tout le rangement !Ben voyons. ARRRRRF, ce con a bouffé l'assiette de l'autre gazon pas tondu. Merci Luffy, merci. Maintenant faut que je re-cuisine après avoir fait la vaisselle ! Oh tant pis, on va pas se casser la tête pour lui non plus. Qu'est- ce que le goinfre de service m'a laissé… Ah, un peu d'riz. Bon, j'passe à l'aquarium vite fait et je ferai un truc en deux temps trois mouvements.*

Avant de prendre les escaliers pour descendre chercher ce dont il avait besoin, il mit de l'eau à chauffer pour ceux qui allaient lui demander une boisson chaude.

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La nuit était complètement tombée et les Mugiwaras s'étaient tous installés sur la table à l'air libre autour d'une bonne tasse de thé. Franky avait allumé les lumières du pont et ceux qui avaient fait une baignade nocturne s'étaient changés, sauf un, naturellement, toujours dans l'obligation de garder son vêtement. Sanji était reparti dans sa cuisine pour finir le casse-croûte de Zoro qui, serviette sur la tête, avait grand mal à garder son calme et ne pas renvoyer trois de ses camarades à la flotte, à savoir Usopp, Luffy et Brook. Nami intervint une fois que tout le monde eut fini son thé :

« Bon, au lit maintenant ! Je crois qu'on a tous bien ri, mais il commence à se faire tard. Demain, je vous dirai exactement comment s'organiseront les journées à venir. Si le vent continue de souffler ce soir, on accostera sûrement plus tôt… Ce qui arrangera nos affaires d'ailleurs. Franky, tu as fini avec les modifications de l'aération ?

- Aow ! J'ai terminé la conception du nouveau réseau. Avec mes SUUUPER nouvelles idées et le matos que tu m'as fourni, on pourra même donner un peu de vitesse demain sans utiliser le cola ! J'ai fini de faire les changements dans les chambres et toute la partie avant du bateau, comme ça je ne gênerai pas les dormeurs ! La salle des Soldier Dock Système, la Vigie et nos deux ateliers à Usopp et moi sont OK aussi. Il me reste donc toute la partie arrière avec l'aquarium, la cuisine, la bibliothèque, l'infirmerie et la salle de bain, entre autres.

- Tu penses finir quand ?

- Si je m'y remets maintenant et avec un peu d'aide, au milieu de la nuit je pense. Usopp, tu me files un coup de main ?

- Beeennnn… C'est que je vais être occupé dans mon atelier cette nuit aussi…

- On s'échange notre temps. Peut-être que je pourrai te donner des conseils et t'aider en retour pour ce que tu dois faire !

- Mouais…. »

C'est un Usopp pas très motivé qui suivit Franky en trainant des pieds.

« Yohoho… Je vais rester encore un peu dehors. Je voudrais profiter de cette belle nuit étoilée pour continuer ma composition, annonça Brook tout en se dirigeant vers la tête du Sunny.

- Moi je vais aller dormir, c'est vrai qu'on s'est bien amusé aujourd'hui, pas vrai Luffy ?

- Ai, Chopper ! On remet ça demain ! Je t'invite à une partie de carte dans le dortoir, ça te tente ? Comme ça, on risque pas de trainer dans les pattes de Zoro et Sanji quand ils vont se mettre à crier !

- Aï ! »

Un sourire se colla sur le visage des deux femmes étant maintenant les seules à tenir compagnie à une des personnes concernées par cette remarque à double sens.

« Luffy a toujours été réceptif pour ces choses-là, même si il n'en a pas vraiment l'air. Et faut avouer que c'est pas comme si vous étiez discrets non plus ! Tu devrais faire quelque chose d'ailleurs, conseilla Nami en se tournant vers l'Algue Trempée qui avait pris des couleurs. Bon, tu viens Robin ? J'ai besoin de toi pour organiser la journée de demain. On sera plus tranquille dans notre chambre. Si on s'installe à la bibliothèque, les deux garçons vont nous déranger avec leurs travaux de réaménagement et je crois que je préfère encore entendre Luffy et Chopper rire un peu trop fort. »

C'est ainsi qu'elles laissèrent le second de l'équipage seul avec ses pensées. Sanji s'était décidé à sortir pour avertir que le dîner de Zoro était prêt, et fut surpris de ne voir que lui. Il lui tournait le dos, à moitié avachi sur sa chaise et regardait les lumières astrales dans le ciel. Le blond se dirigea vers lui.

« Tu penses à quoi, Marimo ? »

Ce dernier sursauta légèrement avant de se lever et se retourner. Il n'y avait que lui qui avait cet effet-là sur le monstre de combat qui se tenait assis, et Sanji aimait vraiment ça.

« Ils sont où les autres ?

- J'sais pas, sont tous partis. Qu'est-ce tu veux ?

- Ok c'est bon, si t'as pas envie de manger, remonte dans ton perchoir faire mumuse avec tes cures dents et viens pas m'agresser. C'est ma faute peut-être si t'es de mauvaise humeur ?

- Ben ouais, carrément ! Déjà, juste parce que je suis obligé de me coltiner ta face avec tes ressorts rouillés en guise de sourcils encore à cette heure. Et puis, c'est pas toi qui as balancé Luffy à la mer ?

- Et alors ?

- Et alors qui est allé le récupérer ? Qui a un léger problème et qui est obligé de porter continuellement cette putain de combinaison verte, chiante au possible pour pouvoir faire correctement son entraînement ? Et une combinaison maintenant trempée par-dessus le marché ?

-T'avais qu'à te bouger le cul comme je te l'avais demandé quand j'suis venu te chercher dans l'aquarium! Franky nous avait prévenus en plus. T'en as fait qu'à ta tête, évidement, préférant jouer au « moi je suis le plus fort, alors il m'arrivera rien ».

- Et qui a commencé à utiliser autre chose que ses pieds durant notre petite baston, hein ?

- Dans ce cas-là, je peux tout aussi bien demander qui ne m'a pas repoussé et qui-»

Des chuchotements venant d'un peu partout se firent entendre. Les deux bricoleurs les regardaient depuis la salle de bain à l'arrière, hublot ouvert Brook se cachait derrière la barrière du pont avant, en hauteur, et Nami regardait par la petite fenêtre de sa chambre, la porte entre-ouverte sans compter Robin qui avait dû laisser traîner deux ou trois oreilles par-ci, par-là.

Sanji soupira et fit signe au bretteur de le suivre dans la cuisine. Décidemment, tout était allé de travers cette fois-là. À moins que les autres ne considéraient ça comme un spectacle comique… ou encore que Nami ait ouvert les paris. Rien n'était moins sûr.

La porte de la salle à manger fermée, il invita d'un geste son amant à s'assoir devant une bouteille tandis qu'il allait chercher son assiette. Un court silence s'installa, jusqu'au moment où l'assiette fut servie devant l'escrimeur.

« C'est quoi ÇA ? Tu rends déjà les armes ?

- Y'avait que ça comme restes. J'allais pas ressortir des casseroles pour tes soi-disant « beaux » yeux ! C'est pas toi qui fais la vaisselle, ça se voit ! répondit simplement le cuisinier en allant nettoyer son plan de travail.

-T'aurais pu trouver autre chose que des onigiris. Venant de toi, c'est clairement un mot d'excuse, c'est comme si c'était marqué dessus ! Tu regrettes ? Tant mieux parce que moi j'en peux plus, je suis déjà à bout. Te voir te trémousser devant moi… Tu le fais exprès !?

Reculant sa chaise silencieusement, il se glissa derrière le cuisinier. Il alla coller son bassin contre le fessier de son amant qui ne s'y était pas attendu, pensant que son nakama ne ferait que le charrier pour lui faire perdre son sang-froid. Sous les assauts de l'épéiste qui se frottait langoureusement contre lui, il peinait maintenant à garder son calme, sentant le désir de son partenaire contre lui. Il finit tant bien son nettoyage alors que son compagnon avait commencé à lui donner des baisers dans le cou. Il se retourna pour répliquer mais Zoro, n'étant décidemment pas d'humeur à papoter, s'empara de ses lèvres entre-ouvertes pour un échange des plus passionnés. Les sensations affluaient dans les deux corps, Sanji avait de plus en plus de mal à ne pas céder à la luxure. C'est avec un effort surhumain qu'il mit fin au contact et le repoussa.

« Stop, stop, STOP ! Non mais tu te crois où là ? Depuis quand tu fais ce que tu veux quand tu veux ? J'ai pas mon mot à dire peut être ? T'es trop con pour comprendre que je suis pas un objet ? Si t'es pas content, va te trouver autre chose pour te la mettre et te soulager ! Mon cul n'est pas à la disposition de Monsieur ! Autant que je m'en souvienne, il m'appartient et c'est seulement parce que JE le consens, que JE le partage avec toi ! Et tu peux me dire comment tu comptes t'y prendre avec ton déguisement de poireau défraîchi, hein ? Pas question que tu empestes MA cuisine parce que t'es en manque. Je. Ne. Veux. Pas. Le. Faire. POINT ! Démerde-toi autrement, sale Algue Puante. »

Zoro resta sur place la bouche ouverte. Trois fois en l'espace de quelques heures qu'il subissait l'abstinence forcée.

« Oï, t'as l'air encore plus débile que Luffy avec cette tête de poisson pas frais ! OUI, j'ai fait des onigiris parce que ça m'arrangeait, mais OUI, pour essayer aussi de calmer le jeu entre nous et dis-cu-ter. Oui, je voulais qu'on clarifie les choses. OUI, je voulais qu'on échange sur ce qu'il s'est passé. OUI, je voulais créer un cadre propice à notre réconciliation. Et OUI, aller peut être plus loin malgré ton problème odorant. Mais NOOON, il a fallu que tu penses avec le peu de neurones que tu as et qui sont, oh comme c'est bizarre, entre tes putains de jambes. Je pensais que tu remarquerais que le fait de nous faire la gueule en inquiéterait certain et que tu aurais agi en conséquence. On s'était promis de ne rien laisser transparaître. Ton sens de l'observation et ton instinct font partie des meilleurs sur ce bateau et tu passes à côté d'un truc pareil. Tu ne penses décidément qu'à toi, et il est temps que j'en fasse de même, pour me protéger. Si tu as un minimum de considération pour moi, essaye de réfléchir sur ce que je viens de te dire.

Sur ces deux tirades, Sanji quitta la cuisine en claquant la porte, laissant Zoro immobile en plein milieu. Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Le blondinet le considérait-il maintenant comme une menace pour vouloir se protéger de lui ?

Il se laissa choir sur sa chaise et contempla les trois boulettes de riz enveloppées d'algues dans son assiette. Il se permit de lâcher un long soupir, prit la bouteille de rhum déposée par son « peut être ex-amant » et bu goulument plusieurs gorgées.

Alors comme ça il n'avait aucun sentiment ? C'était la meilleure ! Et comment ce foutu Coq expliquait l'excitation parcourant chaque parcelle de sa peau dès qu'il sentait sa présence ? Le désir le prenant aux tripes (et surtout à une certaine partie de son anatomie) quand il pensait simplement à lui ? La lave qui coulait dans ses veines à chaque fois que leurs peaux entraient en contact ? Cette sensation de plénitude une fois à l'intérieur de lui ? Ou tout simplement, cet effet de manque, l'envie d'être près de lui qui tiraillait tout son être quand ils n'étaient pas dans la même pièce seulement ? Il fallait qu'il évacue ce trop-plein d'émotion, et Sanji était la seule personne pouvant les recevoir. Lui, et lui seul. Il voulait procurer à son amant autant de plaisir que ce dernier pouvait lui en donner grâce à sa présence seule. Il voulait partager les sentiments les plus extrêmes qui l'habitaient, sans en perdre une seule once de leur intensité.

Zoro posa la bouteille maintenant presque vide sur la table. Oh que oui, il avait eu bien plus de temps qu'il n'en fallait pour réfléchir et comprendre le sens de cette sensation de vide qui n'avait pas arrêté de le suivre durant la longue période de deux ans l'ayant séparé du cuistot. Quand ses pensées n'allaient pas vers ces crétins de singes, c'était vers lui, et lui seul, qu'elles se dirigeaient. Sa fierté l'avait freiné dans la compréhension de ses émotions quand il était sur l'île d'Œil de Faucon. Il avait alors remporté une bataille importante contre elle en prenant sur lui et en se jetant à l'eau une fois réunis et s'était déclaré. Sa fierté… sa pire ennemie… Il devait poursuivre la guerre qu'il avait commencée contre elle s'il voulait récupérer le cuistot. Mais il fallait d'abord régler le problème de l'équipage.

* Ce putain de Cook est trop con pour réaliser que c'était pas lui que j'évitais en particulier, mais tous les autres ! Tant qu'il ne se sera pas trimbaler ce truc collant et fluo sur le dos sur tout le bateau, il ne pourra pas comprendre… *

Après quelques secondes, il se souvint du gel douche que lui avait donné Franky en fin d'après-midi. Le cyborg lui avait certifié qu'il pourrait reprendre une douche le lendemain, une fois l'installation faite, et que ce produit spécial enlèverait toute trace de mauvaises odeurs. C'est ce qu'il verrait. Et une fois débarrassé de la combinaison, il aurait le loisir de s'en prendre directement au cuistot. Il allait lui montrer la contre-attaque élaborée par le grand Roronoa Zoro ! Le Sourcil Vrillé viendrait réclamer tout ce dont lui-même avait été privé durant la journée écoulée… Il pourrait aller se brosser, tiens !

Il savoura sa victoire certaine tout autant que les délicieux onigiris que l'Autre lui avait préparés. Il finit sa bouteille, alla en voler une autre dans la réserve puis sortit à l'extérieur. Il n'irait pas embêter son amant ce soir. Les choses sérieuses commenceraient demain, une fois libre de ses mouvements.

« Oï, Zoro »

Totalement dans ses pensées, il n'avait pas remarqué que Luffy l'attendait, assis sur les escaliers en face de ceux qu'il avait pris.

« Tu vas faire quoi ? »

Zoro plongea son regard dans celui de son capitaine. Il était sérieux. Après quelques instant, il se détourna, sourire aux lèvres, et se dirigea vers le bas de la Vigie.

« T'inquiète, j'en fais mon affaire.»

Luffy écrasa son chapeau sur sa tête, souriant de toutes ses dents, avant de retourner dans le dortoir où quelques minutes auparavant, Sanji avait débarqué en trombe et presque détruit son lit en se projetant dessus. Plus que contrarié, ce dernier avait poussé un juron et avertit le Ventre sur Pattes et Chopper qu'il n'hésiterait pas, au moindre bruit, à les balancer à la mer.

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Au petit matin, l'horloge biologique de Sanji l'avait rappelé à l'ordre. Il avait réussi à s'endormir seulement deux heures plus tôt, ayant ressassé les événements de la veille dans sa tête toute la nuit. Il était sorti plusieurs fois afin de fumer, espérant désespérément que les cigarettes arriveraient à le détendre.

Durant ses échappées nocturnes, il avait croisé Franky vers 2h du matin qui trainait Usopp derrière lui. Même si le charpentier avait encore de l'énergie à revendre, ce n'était pas le cas du sniper qui l'implorait d'aller se coucher. La Tronche de Gazon pas Tondue n'avait pas donné signe de vie. La lumière qu'il avait vue allumée en haut du poste d'observation laissait penser que le bretteur veillait correctement.

C'est donc avec des cernes sous les yeux qu'il accueillit les premiers estomacs vides un peu plus d'une heure après avoir commencé à travailler. Il avait pris l'initiative de dresser la table dehors.

Le bruit sur le pont indiqua à Zoro que sa libération était proche. Après avoir trouvé assez de motivation pour les rejoindre, il fit son apparition qu'il essaya de faire discrète. Mais c'était sans compter Luffy qui avait le don d'être en pleine forme dès le matin :

« Hahaha, regardez Zoro, il ressemble toujours à un haricot géant ! Sanji, est-ce que c'est bon les haricots quand y'a plein de viande avec ? Il faudra que tu prépares Zoro avant de le faire cuire comme ça on pourra…

-Oï Love-Cook, je vais sous la douche, garde-moi un truc à grailler pour plus tard. Merci.»

Il partit sans demander son reste, laissant le reste de l'équipage bouche bée : Zoro avait dit QUOI… et À QUI ?

Les regards se tournèrent ensuite vers Sanji en train de verser le café. Même s'il ne laissait rien paraître, ce dernier avait été assez surpris du ton calme emprunté par son amant. Sans compter l'ultime mot de sa phrase. Au final, ce qu'il lui avait balancé à la figure la veille avait peut être réveillé quelques cellules de son cerveau… Non-non, ne pas crier victoire trop vite. C'est de l'Algue Perverse dont il était question…

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Voili voilou, Chapitre 2 sorti….. avec plusieurs mois de retard…. Evidemment –'

Je suis vraiment désolée (surtout pour toi AngelofPaper…) Ma SUUUUUPER correctrice a pris son temps pour corriger (et au vu de la qualité, y'a pas intérêt a ce qqn lui reproche quoi que ce soit !) Et une fois le chapitre avec les modifications à apporter en mains, c'est cette fois ci moi-même qui ai pris le temps de le finir : Et oui, je pense que pour beaucoup d'entre vous, les examens, les oraux, les partiels sont au RDV, et au vue des notes que j'ai eu à mes oraux blancs i semaines…. Je ne pouvais pas me permettre de ne pas sérieusement travailler xD

Maintenant je peux chanter haut et fort : LIBEREEEEEEEE ! DELIVREEEEEEE ! LES ORAUX SONT TER-MI-NES ! xD (clin d'œil à la Reine des Neiges). Donc avant de partir cet été bosser à l'étranger, j'aurai un peu de temps pour reprendre l'écriture =)

Un ENORMEEEEEEEEEEEEUUUUH MERCIIIIIIIIII a Linaelle qui a eu la patience extreme de me lire, moi et mes points d'exclamation et d'interrogation multiples, mes répétitions incessantes et SURTOUT…. Les hideuses petites virgules que je veux mettre de partout ! xD désoulée T_T

J'espère en tout cas que vous avez apprécié la lecture de ce chapitre. Je pense reprendre un peu le premier chapitre. En le relisant, j'ai vu certains trucs qui me plaisaient plus, donc bon… La trame sera par contre toujours la même =)

Bon courage à ceux qui sont toujours enchaîner à leurs cours ^^