Par Salazar !

Maudit soit ce vieux bouc de directeur citronné du bulbe !

Il avait pas idée de nous convoquer à une heure aussi matinale alors que la veille au soir la réunion de pré-rentrée du corps enseignant s'était éternisé jusqu'à pas d'heure.

Il m'avait fallu toute la patience du monde pour supporter les élucubrations de l'autre tarée de Trelawney qui, assise à mes côtés, ne cessait de prédire une année riche en funestes mésaventures ainsi que de grande souffrances pour moi dans un avenir très proche... par Salazar, sa simple présence et son mélange de parfums d'encens et de xérès était déjà une torture pour moi !

Heureusement que mon café, discrètement coupé au whisky pur-feu, m'avait aidé à survivre à ses longues heures passées à déblatérer sur le devenir de la bande de cornichons qui n'allaient pas tarder à pulluler entre ces murs.

J'en était presque venu à regretter les réunions du seigneur des ténèbres... Qu'y avait-il de pire, un mégalomane amoureux des tortures en tous genres où un vieux siphonné adepte du mouvement ''peace and love'' des années soixante... L'un comme l'autre représentaient une face de mon petit enfer personnel et ça sans compter la pléiade d'adorateurs tout aussi insupportables qui traînaient dans leur sillage... Rien que d'y penser cela ravivait ma migraine...

Note pour moi même : réunion de profs, whisky et réveil matinal par vieux bouc, égal maux de tête et une très mauvaise journée en perspective.

-...et même pas un foutu cornichon pour se défouler... jamais là quand on en a besoin d'eux... Grommelai-je en traversant les couloirs froids et désert du château pour rejoindre le bureau directorial.

-Severus !

Et merde !

Tentant de faire comme si je n'avait rien entendu, j'accélérai le pas pour mettre le plus de distance possible entre l'accro aux tartans écossais et moi.

C'était sans compter sur le caractère obstiné de la directrice des gryffondors dont le bruit des talons martela les dalles avec d'autant plus de vigueur à mesure qu'elle se rapprochait de moi.

-Severus Snape !

Et re-merde... Impossible de l'ignorer maintenant alors qu'elle était juste derrière moi... peut-être que si je lançai une pelote de laine dans la direction opposée pour faire diversion...

Je senti un rictus poindre aux coins de mes lèvres à cette idée qui ne manquerait pas d'agacer ma collègue.

-Severus, à quoi pensez-vous donc pour faire cette tête? Interrogea-t-elle en me forçant à ralentir.

-Je songeai au plaisir que cela me procurait de subir votre compagnie de si bon matin Minerva, grinçai-je.

La vieille chouette sourit d'un air sadique en laissant glisser son regard acéré sur mon visage marqué par le manque de sommeil et le ''léger'' abus d'alcool de la veille.

-Votre stock de potion anti-geule de bois serait donc à sec très cher ? Répliqua t-elle sournoisement.

La vieille bique avait vraiment l'œil sur tout, moi qui pensais avoir parfaitement fait illusion hier soir, j'avais été déjoué par elle.

-Je ne pensais pas en avoir besoin si tôt dans l'année... très chère, grondai-je en inspirant profondément, sentant le sang battre mes tempes sous l'énervement latent qui montait en moi.

-Voyons mon garçon, vous devriez vraiment prendre plus soin de vous, vous arrivez à un âge où on ne peu plus se permettre toutes les folies. Soupira t-elle d'un ton professoral teinté par cette pointe d'affection toute maternelle qu'elle ne pouvait s'empêcher d'adopter quand elle me donnait des conseils sur ma façon d'être.

Vivement que Potter et compagnie ramène leurs fesses ici pour qu'elle puisse transférer son surplus d'affection sur ses petits lions adorés, je n'en pouvais plus de ses regards de mère poule tyrannique et de ses invitations incessantes pour boire des litres de thé sous prétexte de parler de la pluie et du beau temps.

J'en était à un point où la simple vue du gingembre dans mes ingrédients de potion me foutait la nausée à cause des sempiternels biscuits parfumés qu'elle me forçait à ingurgiter.

Oui, en y repensant, Dumbledore et face de serpent ne faisait clairement pas le poids face à Minerva McGonagall quand il s'agissait de manipulation.

-Et si nous laissions de côté le fait que j'approche doucement du terme de ma ''folle'' jeunesse et que je m'apprête à passer du côté des grabataires en fin de vie, dont vous faites partie soit dit en passant, pour parler de la raison pour laquelle notre très aimé et respecté Albus nous a convoqué à cette heure indécente ?

-Grabataire ! Hurla l'écossaise, son teint prenant une délicate teinte écarlate alors qu'elle s'étouffait d'indignation.

-Voyons Minerva calmez-vous, j'ai l'impression que vous suffoquez. Une boule de poils coincée dans la gorge peut-être ? Susurrai-je avec délectation.

-Si vous aviez quelques années de moins Severus, je ne manquerais pas de...

-Mais comme vous l'avez si bien fait remarquer j'ai déjà un pied dans la tombe. Alors soyez certaine que la menace de passer la soirée en retenue à brosser la chatte de Rusard... par Salazar voilà qu'une vision cauchemardesque m'envahit... grommelai-je horrifié.

-Serverus !

-Minerva...

-Vous êtes impossible jeune homme !

Je retins l'ébauche de sourire que je sentais poindre sur mes lèvres. Je refusais de l'admettre mais mes échanges houleux avec cette sorcière butée m'avait manqué au cours de l'été.

-En ce qui concerne votre question reprit-elle plus calmement, je n'en sais pas plus que vous. Vous connaissez comme moi la propension qu'a Albus à faire des mystères.

-Pour notre plus grand bonheur, dis-je ironique.

-Peut-être a-t-il oublié de nous dire quelque chose lors de la réunion hier.

-Alzheimer le guette...

-Qui est ce monsieur Alzheimer ?

-Un grand ami de monsieur Sénilité et il semble qu'ils soient tous deux des compagnons quotidiens de notre directeur.

-Severus...

-Minerva, je sais que vous adorez prononcer mon doux et mélodieux prénom en me fusillant du regard mais sachez que ça n'a guère d'effet sur moi. Votre charme légendaire d'écossaise furibonde ne saurait me détourner du but ultime de ma vie.

-La conception d'un shampoing digne de ce nom ?

-Non, l'éradication totale des gryffondors... et de certains poufsouffles pour faire bonne mesure...

-Pomona en entendra parler soyez en certain !

-En parlant du ronflak...

Je repris mon habituel masque sombre et taciturne en apercevant dans le couloir sur ma droite le professeur de botanique qui marchait d'un pas las tout en baillant à s'en décrocher la mâchoire. À ses côté le professeur de sortilèges, Filius Flitwick, babillait d'un air joyeux à propos d'une découverte soi-disant révolutionnaire dans le brassage de la bière gobline.

Bon le fait de voir qu'Albus avait convoqué les quatre directeurs de maison me rassurait quant au fait que l'objet de la dite convocation concernait l'école et non une éventuelle réunion de l'ordre du phénix où une énième catastrophe en lien avec Potter et son complexe du sauveur.

-Tiens Minerva, Severus bonjour ! S'exclama avec beaucoup trop d'entrain la demi-portion qui servait de guide spirituel au pigeons de serdaigle.

-Bonjour Filius, Pomona. Répondit Minerva d'un léger signe de tête.

-J'imagine que vous allez voir Albus également, je me demande ce qu'il peut bien nous vouloir. Peut-être a-t-il lui aussi eu vent de cet incroyable nouvelle survenue cette nuit concernant le centre national de brassage...

-Oh pitié Filius stop ! Si j'entends encore un mot sur le mode de fermentation de l'orge pétillant que cultivent les géant, je jure de manger mon chapeau. Quelle idée a eu Albus de nous convoquer aussi tôt ! S'agaça la poufsouffle habituellement pleine d'entrain.

Visiblement elle n'était pas du matin. Si elle se permettait de critiquer le vieux fou je pourrai presque éprouver le début d'une once d'un semblant de sympathie à son égard et épargnerais quelques poufsouffles cette année... enfin un seul devrait suffire, ma gentillesse avait ses limites...

-Fraises tagada !

Par les sept enfers qui avait eu l'idée de nommer directeur un homme dont le taux de sucre dans le sang devait rivaliser avec la boutique Honeydukes, pensais-je en entendant Minerva prononcer le mot de passe.

Arrivé devant la porte en haut de l'escalier en colimaçon, je m'arrêtais en même temps que mes collègues alors qu'un concert de gloussements féminins s'élevait en provenance du bureau du directeur.

Nullement perturbée, Minerva toqua énergiquement contre le bois avant de pénétrer dans la pièce.

Et s'est à ce moment là que la gryffondor sembla réellement perturbée. En fait je crois que nous étions tous franchement en état de choc face à la vision qui s'offrait à nous.

En témoignait les yeux exorbités de Pomona qui devait se demander si elle ne rêvait pas.

Pour ma part, je me contentais de hausser un sourcil perplexe tout en priant intérieurement pour qu'un avada me foudroie et m'arrache à la scène en face de moi.

Il fallait dire que ce n'était pas tous les jour qu'on voyait Albus Dumbledore, affalé dans son fauteuil avec, sur les genoux, une jolie blonde habillée fort court et qui entortillait autour de son doigt la barbe du directeur d'un air aguicheur.

Reprenant un tant soit peu pied dans la réalité, j'examinai le reste de la pièce pour me rendre compte de la présence de deux autres jeunes femmes. Tout aussi menue et habillées à la moldue comme leur comparse, dans des vêtements scandaleusement trop révélateur pour la société sorcière, elle se tenaient debout près du bureau, perchées sur des chaussures à talons vertigineuses qui semblaient laisser Minerva pantoise.

-Oh mais comme il est mignon ! S'exclama la blonde aguicheuse en volant dans notre direction pour venir prendre Filius dans ses bras, lequel devint instantanément rouge alors que sa tête était enfouie dans le décolleté de la demoiselle.

-Liv arrêtes tu vas l'étouffer avec tes seins ! Intervint celle qui semblait la plus jeune de l'assemblé et qui avait l'air assez mal à l'aise de la situation.

-Le jour où un homme se plaindra de mes seins je jure de rejoindre le Valhalla sans plus de cérémonie ! S'offusqua cette Liv en fusillant la brune du regard.

-Odin protège les malheureux du Valhalla qui auront à subir tes ardeurs quand ce jour arrivera.

-Tu dis ça parce que tu es une véritable planche à pain et que tu es jalouse!

-Comment oses-tu dire ça ici, devant eux ! De quoi je vais avoir l'air moi ! Hurla la brunette en nous pointant du doigt.

-Tu auras l'air de ce que je viens de dire, une planche à pain... sourit Liv en retournant le couteau dans la plaie.

-Oh toi je vais...

Un éclair zébra le ciel à l'extérieur quelques secondes avant que la dite planche à pain ne se jette sur son adversaire pour lui envoyer son poing dans la figure.

Lâchant Filius, Liv esquiva en rigolant apparemment folle de joie de se faire attaquer.

L'air autour de nous semblait étrangement lourd et je jetais un regard interrogateur en direction d'Albus qui s'était relevé et contemplait la scène de son regard pétillant, les mains dans le dos, comme si la situation était on ne peut plus normale.

Il n'y avait vraiment que ce vieux fou pour s'entourer de personnages aussi étranges.

-Dites-moi beau brun ténébreux, pourriez-vous me remplir cette théière ? J'aurais bien demandé à Sanna, mais chaque fois qu'elle lance un sort pour faire apparaître un liquide elle produit toujours de la menthe à l'eau, me dit en souriant la deuxième blonde qui avait l'air complètement perchée alors qu'elle me tendait une théière en porcelaine.

-Allons, allons mesdemoiselles, un peu de calme s'il vous plaît. Sollicita Albus calmement alors que la multitude d'objets qui envahissaient son bureau était envoyés au sol quand Liv plaqua violemment cette... Sanna ? sur celui-ci.

-Albus peut-on savoir ce qu'il se passe ? Demanda Minerva à bout tout en fixant d'un air réprobateur la paire de cuisses de Sanna dévoilée aux yeux de tous alors que, toujours étendue sur le bureau, elle retenait Liv prisonnière de ses jambes autour de sa taille et en profitait pour lui tirer les cheveux.

-Espèce de sale petite peste... respectes... tes aînées... bordel de merde ! Grogna Liv en se défaisant difficilement de la prise de la plus jeune avant de la faire valser sur le tapis avec une violence inouïe.

-Il suffit !

Un silence se fit alors que les deux furies étaient magiquement séparées l'une de l'autre pour finir les fesses collées au fond d'une chaise.

Elles mirent un certain temps à comprendre ce qu'Albus venait de faire avant que Liv ne lâche un charmant : « Putain je déteste la magie ! ».

-Bien maintenant que tout le monde est bien sage, permettez que je fasse les présentations. Professeurs McGonagall, Flitwick, Chourave, Snape, voici Miss Liv, Miss Hildr et leur nièce Miss Sanna qui va passer son année ici afin de passer son diplôme.

-Par Freyja Liv, à cause de toi la moitié du corps professoral à vu ma culotte, chuchota Sanna en fusillant sa tante du regard.

-Pfff comme si t'étais du genre à porter une culotte, gloussa l'autre.

...Et d'ailleurs en parlant de corps professoral... Bonjour beau brun, dites vous connaissez la ''chevauchée des valkyries'' ? Si ça vous tente je peux vous la faire découvrir, me dit Liv en me fixant de ses grand yeux bleu et un sourire on ne peut plus révélateur sur le visage.

-Albus ? Interrogeai-je en me détournant, ignorant sciemment la proposition indécente.

-Hum, oui. Voyez-vous, ces charmantes demoiselles sont de la race des valkyries, miss Sanna étant à moitié sorcière bien entendu, et disons qu'elles ont des habitudes et un comportement légèrement... comment dire... en dehors de nos normes habituelles, tenta Albus avec diplomatie.

-La plupart des gens s'accorde à dire que nous sommes les pires chieuses de la création, que nous sommes excessivement violentes et qu'on fout le bordel partout où nous passons, ajouta fièrement Hildr en caressant affectueusement la théière calée au creux de ses bras.

-Et n'oublions pas que nous sommes aussi réputée pour être de formidables amantes ! S'exclama Liv avec entrain.

-...enfin ça s'est se que disent ceux qui ont survécus... Sourit lugubrement la folle à la théière.

Par Salazar, quelle calamité notre directeur avait encore fait pénétrer dans Poudlard !

-Albus pourquoi ne pas nous en avoir informé hier soir ? Demanda Pomona qui avait l'air d'enfin reprendre ses esprits.

-Un simple oubli de ma part je le craint...

-Alzheimer le guette. Chuchota Sanna à Hildr qui approuva en gloussant.

Des valkyries hein ? Visiblement cette espèce n'avait pas sa langue dans sa poche.

Je ne savais pas grand chose de cette race mis à part qu'elle vivait principalement en Scandinavie et deux ou trois choses apprises lorsque j'étais étudiant et qu'on parlait des mythes et légendes en cours.

Observant le trio devant moi, je ne pouvais pas en dire plus mis à part qu'elles étaient vraiment petites et avaient l'air fragiles avec leur frêle constitution et leur peau diaphane.

Mais leur yeux bleu électrique qui semblaient vous foudroyer, leur attitude agressive, leur panoplie de bijoux clinquants et leurs tenues sensuelles criaient le contraire, cassant cette apparence de créature pâle et éthérée qui ressemblait tant aux vélanes.

La plus jeune sentit mon regard sur elle alors que je plissais les yeux en tentant de mieux voir une oreille légèrement pointue qui émergeait de son abondante chevelure encore ébouriffée par son combat précédent. Ses iris prirent une teinte d'un gris orageux avant qu'elle ne se détourne, n'offrant à mon regard qu'un profil dédaigneux.

Qu'elle étrange créature... je me demande si certaine parties du corps des valkyries pouvaient entrées dans la composition des potion pensais-je sadiquement.

-Bien maintenant que nous sommes tous réunis, nous allons pouvoir procéder à la cérémonie de répartition afin de savoir à quelle maison vous appartiendrez Sanna, dit Albus en approchant le Choixpeau de sa tête.

-Par Freyja ! Vous n'allez pas lui demander de porter cette horreur ! S'indigna Liv.

Il est hors de question que ma nièce soit affublée d'une vieille loque pareil !

-Miss Liv...

-Oh par pitié arrêtez avec vos ''miss'' j'ai l'impression d'être une pucelle de quatre vingt ans quand vous m'appelez comme ça !

-Hum, si vous voulez, rougit Dumbledore. Sanna ne doit porter le choixpeau qu'un instant, il s'agit du chapeau de Godric Gryfondor qui l'a ensorcelé afin de décider dans quelle maison sont répartit les élèves.

-Ah... ok, c'est un chapeau magique alors... c'est cool.

Enfin heureusement qu'il a pas ensorcelé autre chose... t'imagines San', si t'avais dû enfiler les chaussettes de poufsouffle ou le slip de salazar !

-La ferme Liv !

-T'énerves pas ma petite Sanna je suis sûre que tu seras superbe avec ce chapeau ! Aller faits un beau sourire à tata Hildr ! Sourit la folle en sortant un petit appareil plat et rectangulaire en métal.

Alors que le choixpeau approchait doucement de la tête de Sanna, je croisai une nouvelle son regard et me mis à prier intérieurement.

« Pas à serpentard, pitié pas à serpentard ! Je veux pas d'une de ses dégénérées dans ma maison ! »


Et voilà un tout nouveau chapitre du point de vue d'un Severus que j'ai rendu un peu plus ''taquin'' que l'original, pardon pour les puristes qui n'aiment pas qu'on dénature les personnages mais j'ai pas pu m'empêcher^^.

Alors selon vous, dans quelle maison finira Sanna? J'avoue que j'hésite encore, je vais y réfléchir pour voir où elle sera susceptible d'emmerder Snape^^.

Et sinon pour ceux que ça intéresse, l'univers Harry Potter est bien sûr la création et la propriété de la vénérée JK Rowling quant aux personnages des valkyries, elles m'ont été inspirées par celles de Kresley Cole qui a écrit tout une série de livres chauds bouillants sur les créatures du mythos^^.

Sooo, à bientôt!