Il se rendit réellement compte du froid polaire de Tundraville qu'au bout d'un long quart d'heure couché sur ce banc gelé dans un coin de parc. Le vent ne soufflait plus trop mais les flocons tombaient toujours. Le silence figeait d'avantage la situation, rendant le cadre bien lugubre. Quelques fenêtres s'illuminaient encore, démarquant les couches-tard de la population. Lui, ce simple renard, se permettait d'avoir un regard sur ce monde nocturne présenté sous ses yeux. L'ensemble de sa fourrure se blanchissait doucement tandis qu'il fixait chaque recoin de cette place public, lorgnant les activités se faisant derrière les vitres glacées des appartements dressés devant lui.
Apres l'altercation avec les représentants de l'ordre il avait pris la fuite rapidement à travers le quartier. Aucun des deux ne pris la peine de le poursuivre, et il en fut bien content. Cependant, cet individu de son espèce l'avait bien surpris et il aurait aimé le jugé convenablement. Maintenant il ne risquait plus de le croiser, la foire terminée, les rondes disparaissaient.
Ce ne fut qu'à l'approche d'une heure entière passée dehors sous la neige qu'il se décida finalement à rentrer chez lui. D'un pas lourd il se mit a avancer vers son immeuble, mais en bas de celui-ci un étrange individu attendait à l'intérieur de son fourgon. Il supposa que quelqu'un avait affaire avec cette personne. Ne souhaitant pas se faire remarquer, Nory tenu ses distances avec le véhicule et entra sans encombre dans le bâtiment.
Enfin chez lui il décida de prendre une douche chaude, dans la salle de bain commune. A cette heure tardive il n'y avait personne, il en profita donc pour se réchauffer. Serviette en main il se glissa sous l'eau.
-Il n'y a pas tant de renards que ça ici, quand on y réfléchit.
Clawhauser venait de faire une remarque, qui n'en était as vraiment une. Judy et Nick l'avait invités à se joindre à eux pour essayer un nouveau restaurant typique du désert. Forcement, le lapin ne résista pas à parler de l'altercation avec les deux individus pour lesquels travaillait le jeune renard. Aussi, elle demanda au secrétaire s'il se souvenait d'un tatou ou d'un rhinocéros impliqué dans une affaire un peu mafieuse. Bien sûr, il fut incapable de donner une réponse correcte, avec tout le monde qu'il croisait chaque jour, et tous les dossiers différents à gérer !
-Arrêtes de fouiner, Carotte. Je sais déjà pas mal de chose.
-Ne m'appelle pas « Carotte » ! Et si tu sais des choses, pourquoi tu n'en parles pas ?
Nick terminait la dernière bouchée de son plat avant de s'essuyer la bouche convenablement, puis de pencher son museau vers sa coéquipière.
-Ces deux costauds travaillent pour le Gaps. Il s'agit d'une société d'assurance, principalement. Le tatou se nomme Edgard, et l'autre est l'aîné des fils de Céros, actuel président d'une autre société d'envergure, du côté de Tundraville. Quand à ce gamin, il vit dans ce même quartier, dans un immeuble peu fréquentable et arriéré.
Le guépard resta fasciné devant ce flux d'informations que Nick parvenait à retrouvées seul. Jusqu'à quel point connaissait-il cette ville et ses résidents ?
-Tu m'épates Nick ! Comment tu fais ?! Enfin, tu me diras, c'est bien pour ça que je suis venue te trouver pour résoudre mon affaire…
-Je connais personnellement le Gaps, et plus particulièrement Carlton, ce fameux Caribou.
-Parfois je me demande si tu n'as pas eu plusieurs vies…
-Et… ce renardeau, pourquoi il vous intéresse ? demanda Clawhauser, curieux.
La proie haussa les épaules tandis que le second prédateur se mit à détailler l'ambiance du restaurant et la qualité de son service et repas. En bref, il montra qu'il ne désirait plus en parler. Bien sûr, il savait parfaitement que cela n'arrêterait pas le lapin…
-Nory, tu es en avance, comme toujours, annonça sérieusement le cervidé en entrant dans son bureau. Dois-je te dire de venir vingt minutes plus tard pour que je puisse espérer te voir venir après moi ?
-Je n'ai rien à faire chez moi, je suis aussi bien ici.
-Tu as décidément du mal à t'inculquer des valeurs…
Le patron attrapa deux verres et les emplit d'une eau parfumée à la violette, une boisson qu'il appréciait spécialement le matin, juste après sa petite marche matinale pour se rendre à son lieu de travail. Il poussa un des récipients en direction du jeune prédateur qui le saisit et le but d'une traite, n'appréciant pas vraiment ce gout, bien que doux et discret, qu'apportait la fleur. Ses yeux jaunes s'arrêtèrent sur ceux de l'adulte humant son délice quotidien.
-J'ai pris note de tes dires hier, nos deux freluquets sont gardés à l'œil, quand à ces deux policiers, nous connaissons tous ce fameux lapin. Le sergent Hops, qui est à l'origine de la résolution des kidnappings. Quand à ton renard… Il semblerait que je l'ai eu côtoyé.
-Vraiment ?!
La réaction spontanée de Nory étonna grandement le caribou, peu habitué à l'entendre parler en dehors des bilans de journées ou bien pour demander des précisions. Mais après tout, il s'agissait là d'un être appartenant à son espèce. Cela rassura le maître des lieux, bien trop inquiets de l'isolement volontaire de son employé.
-Il s'appelle Wilde. Il fouinait par ici, fut un temps. C'est un renard futé, il sait parler et connait bien le bisness. A ton âge il tentait de monter sa propre filaire dans le marché noir. Mais bon, qui voudrait suivre un renard ?
-Il y en a bien qui suivent une musaraigne.
-Je ne dénigre pas ton espèce, renardeau. Seulement, c'est ainsi. Personne ne vous aide à évoluer au sein de cette société qu'est Zootopie. Tu m'en vois désolé. Allez, ta mission aujourd'hui est de t'approcher de lui et créer un lien.
-Quoi ?!
Nory posa violement son verre, jusque là toujours dans sa main, sur la table basse. Ses oreilles en pointe au sommet de son crane suffisait à montrer sa colère, sans parlait de son regard furieux semblant inébranlable.
-Avoir un contact dans la police n'est pas une mauvaise chose, non ?
-Vous vous foutez de moi ?! J'ai rien à faire avec ça ! C'est du vrai travail que je veux !
-Nory ! Gronda soudainement le caribou et s'approchant de lui, le surplombant de toute sa hauteur. Il n'y a pas que du matériel à déplacer ! Le contact animal compte beaucoup ! Et c'est exactement ce qu'il te manque ! Prend ça comme un apprentissage ! Dehors !
Le renard cru d'abord à une blague, puis il eu un frisson lorsqu'il se rendit compte de son impuissance face à ce géant, et de son incapacité à ce rebeller contre celui qui l'aidait depuis près d'un an déjà. Résigné, ses oreilles retombèrent pour se rabattre en arrière, et il disparu rapidement de la pièce.
-Monsieur ? Brisa une des employées, une biche, ameutée par le ton bien trop haut qu'avait utilisé son chef. Tout va bien ?
-Oui. Désolé pour tout ce bruit. Ca nous promet une journée endiablée… Redis moi donc les rendez-vous de la journée.
Cette journée parue être une vraie torture pour le jeune prédateur. Sorti en trombe des locaux, il avait suivi la foule de Tundraville, entrainé dans la circulation des glaces, soufflé par le vent froid et poussait jusqu'aux grilles d'une école où il pu voir les gamins s'amuser dans la cour, ballon au pied, sculpture de neige, et riant sans raison. Cela l'agaça bien vite, alors il détourna son regard vers le tunnel qu'empruntait le train pour passait du côté du centre ville. Il souffla quand il se rendit compte, à contre cœur, qu'il n'avait d'autre choix que de s'y rendre, car c'était sa mission du jour.
Sauf qu'il ne savait pas où trouver l'autre de son espèce, et entrer le réclamer dans la gendarmerie passait être une grosse blague d'enfant, si bien que lorsqu'il arriva devant le bâtiment il se questionna longuement pour trouver la bonne solution et provoquer sa rencontre avec l'autre. Et il conclu avec évidence que ce n'étais pas ç lui d'établir le contact, qu'il n'avait rien à dire à personnage et qu'alors, s'ils devaient s'apercevoir et communiquer, ce ne serait pas à lui-même d'agir. Son idée fut simple : s'assoir sur le banc, juste en face de la grande entrée, dans le parc, et attendre qu'on le remarque.
Il se savait indomptable et capable de tout. Il passait chaque soir presque une heure assit dans le froid à regarder la neige tomber, alors il semblait tout à fait simple pour lui de passer quelques heures seul sur ce banc en patientant tranquillement que le policier le remarque. Sauf que… Midi passé, personne ne l'avait encore interpellé. Bien que certains passants parlaient de lui comme d'un fou, ayant remarqué son immobilité insolite. Nory alla faire une pause pour manger.
En début d'après-midi, il retourna à son occupation pleine d'ennuie. Bon nombre d'officiers étaient déjà entrés dans le bâtiment, mais pas un renard, bien qu'il entrevu le lapin à l'intérieur un court instant.
Assoupi, lorsqu'il rouvrit les yeux, la place se vidait de ces habitants, et la nuit ne tardait pas à tomber. Il se rendit soudainement compte de l'incohérence de ses actes, et de la folie dont il faisait preuve. Les gens avaient bien raison de se moquer de lui, de cet être sans cervelle qui poireautait bêtement sur un banc en attendant qu'un parfaite inconnu, un par mis des milliers, vienne à sa rencontre. Et puis, ce n'était plus pour le travaille, au fil de la journée il se rappela de sa condition de renard. De son mal-être, de sa vie sans but, de sa solitude le rongeant avec véracité. Les larmes lui montaient aux yeux, emplit d'une tristesse infinie.
-Il se fait tard.
Nory sursauta en entendant cette phrase provenant de derrière lui, cette voix qu'il reconnue étrangement. Il n'osa pas bouger ni répondre pour autant.
-Hé ! T'es quand même pas mort, dis moi ? S'amusa Nick Wilde en tapotant l'épaule de son cadet. Cela faisait un moment qu'il l'avait repéré.
-Ne m'touche pas !
Furibond, le renardeau retrouva sa vitalité en se jetant debout, s'éloignant de plusieurs pas, face à son interlocuteur. Ce dernier dévia l'objet en bois et entreprit de s'y assoir nonchalamment, le bras sur le dossier. Il prit quelques groseilles de la poche de sa chemise et en dégusta.
-Tu en veux ?
-Vas mourir !
Cette exclamation eu l'effet de choqué Nick, ne s'attendant pas à une telle réaction si agressive, et celui qu'il la prononça. Il se savait irritable et méfiant, mais pas à ce point. Il mit donc cela sur le compte de la fatigue et repensa au but de cette discussion.
-C'est Carlson qui m'envoi.
-Oh ? J'aurais plutôt dis que c'était moi qui m'envoyais vers toi. Tu vois donc les choses dans ce sens ? Dis-moi, c'est pour cela que tu prends racine ici depuis ce matin ?
-Quoi ?! Tu étais au courant ?!
-Dis moi, respecte un peu ton aîné, veux tu ? Il afficha son grand sourire. Je me demandais ce que tu attendais là, et à midi j'ai conclus que tu n'attendais rien. Si ce n'est le déluge… Je me suis dis qu'un peu de compagnie te tiendrait en éveille ?
Il tapota sur le banc, indiquant à l'autre qu'il pouvait venir le rejoindre, mais il se buta à rester debout.
-Il m'a seulement dit d'avoir des liens avec toi, qu'il te connaît. Moi, je n'en ai rien à faire de toi !
-Ohla ! Calme-toi, tu me rappelle un certain fennec incapable d'être aimable… Suis-je de si mauvais compagnie ? Ironisa t il.
-Je rentre chez moi.
Décidé à clore cette discussion et finir sa soirée après avoir donné le bilan à son supérieur, Nory entama sa route pour Tundraville. Pourtant, le policier ne voyait pas ça comme de cette manière. Il se releva et le saisit par le poignet, forçant le plus petit à se retourner et le regarder. Nick prit compte de ce petit écart de taille qui les différenciait, soit pas plus de dix centimètres.
-Quel âge as-tu ?
-Bientôt vingt, lâches moi !
-Vingt ?! Et tes parents ? Tu ne vis pas avec eux ?
-Dégage !
Nory donna un fort coup de poignet ce qui lui permis de se libérer. Aussitôt il entama sa course à travers la ville.
