Sanglantes Représailles.

Son sang qui s'était glacé en lui, se remit à couler, endigué par ses veines et artères, le flux était puissant et tempétueux. Il sentit qu'il lui montait à la tête et la haine gonflait son torse. Jamais il ne l'avait revu. Jamais il n'avait su lui dire tout ce qu'il ressentait, toutes ces douleurs dissimulées tant qu'il pouvait. Des souffrances qu'il cachait derrière une certaine impassibilité et qui lui collait les lèvres en une moue assez sérieuse. Il ne riait plus souvent. Il n'était plus joyeux. Toutes ses cicatrices lui volaient ses sourires et formaient des rictus abominables sur son corps. Il prit enfin la parole et brisa le lourd silence à peine entrecoupé par les gémissements étouffés de l'homme attaché.

-Tu sais… j'aimerais te voir mourir… voir tes yeux s'emplir de larmes, comme les miens quand j'étais gosse. J'aimerais voir ton sang éclabousser les murs, savoir qu'enfin, tu seras puni pour tout ça… Je veux que tu saches ce que c'est d'avoir mal.

Il se sentait essoufflé et les mots qu'il avait toujours rêvés dire ne venaient que par à-coup.

-Pourquoi ? Pourquoi m'as-tu fait ça ? Qu'est-ce que j'avais fait pour mériter tes poings ?!

L'homme bâillonné ne gémissait même plus mais continuait de le supplier des yeux. Aaron n'attendait pas vraiment de réponses, car il savait qu'aucune n'apaiserait sa douleur, aucun baume ne pourrait calmer ses brûlures et ne pourrait lui rendre son enfance volée. Il sentit son corps être secoué par un hoquet nerveux puis réalisa qu'il pleurait.

-Tu vois… sale enfoiré… je vais sauver ta médiocre vie… pas parce que je te pardonne… seulement pour ne pas qu'un de mes collègues ne meure… Mais sache que jamais… le soir en m'endormant… je ne pourrais enfin être en paix… Jamais je ne pourrais te pardonner… ni oublier tes poings… Tu mériterais de mourir. Tu n'avais pas le droit de voler mon innocence ! Mais moi… tu vois… je suis un être humain… pas un monstre… je ne céderais jamais à la haine et à la vengeance…

Plus il parlait, plus le temps s'écoulait… Il savait qu'il devait entrer dans cette cabine de douche… Il n'avait pas d'autre choix à faire : comment vivre avec la mort d'un membre de l'équipe sur la conscience ? Il boitilla jusqu'à la cage de métal et entra dedans. Sur l'un des parois, en lettre de sang, un message lui demandait de fermer la petite porte de la cabine et de serrer les dents. Il avait l'impression d'être dans un cauchemar, dans le pire qu'il puisse faire. Il déchira un morceau de sa chemise et se l'introduisit dans sa bouche, puis, il referma la petite porte sur lui-même. Un cliquetis se fit entendre et cette dernière se verrouilla automatiquement. Pris soudainement d'une angoissante claustrophobie, il se mit à essayer d'ouvrir la porte, à pousser sur les murs en fer. Un décompte retentit alors dans toute la pièce.

-30… 29… 28…

Son cœur faillit s'arracher et il remarqua que sur le mur métallique du fond, deux petites trappes béantes d'environ 20 cm de haut sur un mètre de large, à hauteur de son dos et de ses genoux semblaient l'observer de leurs sombres orbites. Il se pencha vers elles précipitamment, se doutant avec horreur de ce qu'elles contenaient et vit, malgré le peu de lumière pour les éclairer, que les trous rectangulaire contenait deux barres en acier. L'une des extrémités de ces dernières était attachée par une charnière à une espèce de machine capable de les faire pivoter à toute allure… L'une dans le sens des aiguilles d'une montre, l'autre dans l'autre sens.

-17… 16… 15…

Il arracha le morceau de tissu de sa bouche et se mit à hurler.

-NON ! SORTEZ-MOI DE LA ! JE NE VEUX PLUS !

Le décompte, affolant, ne s'arrêta pas pour autant. Il remit alors le bout de chemise entre ses dents et commença à entendre les machines des deux trappes s'agiter. Les craquements étaient presque insoutenables. Hotchner regarda fébrilement les parois de fer et vit qu'elles semblaient légèrement cabossées à l'endroit où devraient atterrir les barres : il allait se faire écraser contre les parois. La panique était à son paroxysme.

-10… 9… 8…

Il se remit à frapper la porte avec ses mains et ses pieds. Même s'il se mettait contre celle-ci, il allait quand même se faire choper par les barres lorsqu'elles feraient leur tour circulaire. Il serait certes moins pris, mais le malade avait pensé à tout et avait soudé deux gros blocs de fer à chaque coin faisant face aux trous pour ne pas qu'il s'y mette et ne soit pas pris par les barres. Ces gros blocs étaient juste percés à la hauteur des matraques d'acier pour les laisser passer.

-3… 2… 1…

C'était la fin.

Aaron ferma les yeux et mordit le bout de tissu de toutes ses forces, s'attendant à une rafale de coups. Mais rien ne se produisit : même les engins ne faisaient plus de bruits. Il souffla légèrement, tremblant comme une feuille, presque rassuré : peut-être que les machines foiraient… Quand soudain, un énorme craquement suivi d'un sifflement se firent entendre. Un bruit mat accompagna le coup et Hotch fut projeté contre la paroi : il venait de se ramasser la première barre dans le dos. Il se força à ne pas hurler à travers son bâillon et gémit violemment : la douleur était plus qu'intense. Un deuxième craquement suivi d'un sifflement menaçant: il tomba et se cogna contre l'autre mur de fer : il hurla, cette fois, en crachant son morceau de chemise et sa douleur. Ses genoux s'étaient retournés sous le coup. Il entendit alors des gémissements atroces se produire dans la salle, accompagnés par un grincement métallique. La première tige de fer… Abasourdi et aveuglé par la douleur, il resta à terre, recroquevillé. Un nouveau craquement se fit entendre et il eut juste le temps de baisser la tête pour le sentir passer et le frôler. Il remit ensuite son bâillon et attendit le coup du bas qui s'abattit à nouveau sur son dos puisqu'il était à terre. Il resta ainsi, ne prenant plus qu'un coup sur deux. Il priait pour mourir, pour ne plus sentir la douleur qui était insoutenable et sans cesse, les coups revenaient. Il pleurait, gémissait, et hurlait de temps en temps… et son bourreau l'accompagnait alors dans la souffrance. Après près de ¾ d'heure, Aaron couvert de sang et littéralement écrasé contre la paroi perdit connaissance. Il réveilla pour sentir le dernier coup puis pour savourer le silence revenu dans la pièce… enfin, savourer était un grand mot vu son état. Un déclic se fit entendre et la porte se déverrouilla… il se traîna alors jusqu'à la sortie et retourna dans la pièce où se trouvait son ex-voisin. Il n'avait jamais eu aussi mal de sa vie… jamais… Il avait toutes les côtes en miette et les jambes cassées… Il ne lui restait plus qu'un espoir : celui que son bourreau soit toujours en vie et que son sacrifice n'ait pas été vain… Dans un ultime effort, il leva les yeux vers ce salopard et vit que la poitrine de celui-ci remuait encore… Il avait six tiges plantées dans le corps… Deux dans la jambe droite, une dans la gauche, deux dans le bras droit et une dans le gauche. Il vivait encore. Il avait réussi… Dans un gémissement pitoyable, il se remit à pleurer et, aveuglé par ses larmes et sa douleur, il n'entendit pas une personne entrer et lui enfoncer une aiguille dans le cou. Sa souffrance diminua et s'éteint en même temps que ses yeux se fermèrent.

A suivre…

Partie 1.2 : Aaron Hotchner

Son sang qui s'était glacé en lui, se remit à couler, endigué par ses veines et artères, le flux était puissant et tempétueux. Il sentit qu'il lui montait à la tête et lui gonflait son torse. Jamais il ne l'avait revu. Jamais il n'avait su lui dire tout ce qu'il ressentait, toutes ses douleurs dissimulées. Des souffrances qu'il cachait derrière une certaine impassibilité et qui lui collaient les lèvres en une moue assez sérieuse. Il ne riait plus souvent. Il n'était plus joyeux. Toutes ses cicatrices lui volaient ses sourires et formaient des rictus abominables sur son corps. Il prit enfin la parole et brisa le lourd silence à peine entrecoupé par les gémissements étouffés de l'homme attaché.

-Tu sais… j'aimerais te voir mourir… voir tes yeux s'emplir de larmes, comme les miens quand j'étais gosse. J'aimerais voir ton sang éclabousser les murs de cette pièce, savoir qu'enfin, tu seras puni pour tout ça… Je veux que tu saches ce que c'est d'avoir mal.

Il se sentait essoufflé et les mots qu'il avait toujours rêvés dire ne venaient que par à-coup.

-Pourquoi ? Pourquoi m'as-tu fait ça ? Qu'est-ce que j'avais fait pour mériter tes poings ?!

L'homme bâillonné ne gémissait même plus mais continuait de le supplier des yeux. Aaron n'attendait pas vraiment de réponses, car il savait qu'aucune n'apaiserait sa douleur, qu'aucun baume ne pourrait calmer ses brûlures et ne pourrait lui rendre son enfance volée. Il sentit son corps être secoué par un hoquet nerveux puis réalisa qu'il pleurait.

-Tu vois… sale enfoiré… je vais sauver ta médiocre vie… pas parce que je te pardonne… seulement pour ne pas qu'un de mes collègues ne meure… Mais sache que jamais… le soir en m'endormant… je ne pourrais enfin être en paix… Jamais je ne pourrais te pardonner… ni oublier tes poings… Tu mériterais de mourir. Tu n'avais pas le droit de voler mon innocence ! Mais moi… tu vois… je suis un être humain… pas un monstre… je ne céderais jamais à la haine et à la vengeance…

Plus il parlait, plus le temps s'écoulait… Il savait qu'il devait entrer dans cette cabine… Il n'avait pas d'autre choix à faire : comment vivre avec la mort d'un membre de l'équipe sur la conscience ? Alors, après un dernier regard plein de reproches, il lacha des yeux ce salopard, boitilla jusqu'à la cage de métal et entra dedans, tentant de garder la dignité que cet homme lui avait volé. Sur l'une des parois, en lettre de sang, un message lui demandait de fermer la petite porte de la cabine et de serrer les dents. Il avait l'impression d'être dans un cauchemar, dans le pire qu'il puisse faire. Il déchira un morceau de sa chemise et se l'introduisit dans sa bouche, puis, il referma la petite porte sur lui-même avec la terrible impression qu'il se condamnait à une mort douloureuse. Un cliquetis se fit entendre et cette dernière se verrouilla automatiquement. Paniqué par le fait d'être enfermé, pris soudainement par cette angoissante claustrophobie, il se mit à essayer d'ouvrir la porte, à frapper sur les murs en fer. Un décompte retentit alors dans toute la pièce.

-30… 29… 28…

Son cœur faillit s'arracher et il remarqua que sur le mur métallique du fond, deux petites trappes béantes d'environ 20 cm de haut sur un mètre de large, à hauteur de son dos et de ses genoux semblaient l'observer de leurs sombres orbites. Il se pencha vers elles précipitamment, se doutant avec horreur de ce qu'elles contenaient et vit, malgré le peu de lumière pour les éclairer, que les trous rectangulaire contenait deux barres en acier. L'une des extrémités de ces dernières était attachée par une charnière à une espèce de machine capable de les faire pivoter à toute allure… L'une dans le sens des aiguilles d'une montre, l'autre dans l'autre sens.

-17… 16… 15…

Il arracha le morceau de tissu de sa bouche et se mit à hurler.

-NON ! SORTEZ-MOI DE LA ! JE NE VEUX PLUS !

Le décompte, affolant, ne s'arrêta pas pour autant. Il remit alors le bout de chemise entre ses dents et commença à entendre les machines des deux trappes s'agiter. Les craquements étaient presque insoutenables. Hotchner regarda fébrilement les parois de fer et vit qu'elles semblaient légèrement cabossées à l'endroit où devraient atterrir les barres : il allait se faire écraser contre les parois. La panique était à son paroxysme.

-10… 9… 8…

Il se remit à frapper la porte avec ses mains et ses pieds. Même s'il se mettait contre celle-ci, il allait quand même se faire choper par les barres lorsqu'elles feraient leur tour circulaire. Il serait certes moins pris, mais le malade avait pensé à tout et avait soudé deux gros blocs de fer à chaque coin faisant face aux trous pour ne pas qu'il s'y mette et ne soit pas pris par les barres. Ces gros blocs étaient juste percés à la hauteur des matraques d'acier pour les laisser passer.

-3… 2… 1…

C'était la fin.

Aaron ferma les yeux et mordit le bout de tissu de toutes ses forces, s'attendant à une rafale de coups. Mais rien ne se produisit : même les engins ne faisaient plus de bruits. Il souffla légèrement, tremblant comme une feuille, presque rassuré : peut-être que les machines foiraient… Quand soudain, un énorme craquement suivi d'un sifflement se fit entendre. Un bruit mat accompagna le coup et Hotch fut projeté contre la paroi : il venait de se ramasser la première barre dans le dos. Il se força à ne pas hurler à travers son bâillon et gémit violemment : la douleur était plus qu'intense. Un deuxième craquement suivi d'un sifflement menaçant: il tomba et se cogna contre l'autre mur de fer : il hurla, cette fois, en crachant son morceau de chemise et sa douleur. Ses genoux s'étaient retournés sous le coup. Il entendit alors des gémissements atroces se produire dans la salle, accompagnés par un grincement métallique. La première tige de fer… Abasourdi et aveuglé par la douleur, il resta à terre, recroquevillé. Un nouveau craquement se fit entendre et il eut juste le temps de baisser la tête pour la sentir passer et le frôler. Il remit ensuite son bâillon et attendit le coup du bas qui s'abattit à nouveau sur son dos puisqu'il était à terre. Il resta ainsi, ne prenant plus qu'un coup sur deux. Il priait pour mourir, pour ne plus sentir la douleur qui était insoutenable et sans cesse, les coups revenaient. Il pleurait, gémissait, et hurlait de temps en temps… et son bourreau l'accompagnait alors dans la souffrance. Après près de ¾ d'heure, Aaron couvert de sang et littéralement écrasé contre la paroi perdit connaissance. Il se réveilla pour sentir le dernier coup puis pour savourer le silence revenu dans la pièce… enfin, savourer était un grand mot vu son état. Un déclic se fit entendre et la porte se déverrouilla… il se traîna alors jusqu'à la sortie et retourna dans la pièce où se trouvait son ex-voisin. Il n'avait jamais eu aussi mal de sa vie… jamais… Il avait toutes ses côtes en miettes et les jambes cassées… Il ne lui restait plus qu'un espoir : celui que son bourreau soit toujours en vie et que son sacrifice n'ait pas été vain… Dans un ultime effort, il leva les yeux vers ce salopard et vit que la poitrine de celui-ci remuait encore… Il avait six tiges plantées dans le corps… Deux dans la jambe droite, une dans la gauche, deux dans le bras droit et une dans le gauche. Il vivait toujours. Il avait réussi… Dans un gémissement pitoyable, il se remit à pleurer et, aveuglé par ses larmes et sa douleur, il n'entendit pas une personne entrer et lui enfoncer une aiguille dans le cou. Sa souffrance diminua et s'éteint en même temps que ses yeux se fermèrent.

A suivre…