Bonjour à tous !

Comme promis, voici le deuxième chapitre !

Je rappelle simplement que c'est une fiction post-Poudlard et que de fréquents flash-back dans le passé ont lieu !

Merci pour vos premières reviews ! Laissez-moi vos impressions, j'espère que cette histoire vous plaît. Vos reviews m'encouragent vraiment, et je ne suis qu'à mes débuts sur alors n'hésitez pas !

Disclaimer : tout appartient à JK Rowling, sauf l'histoire.

Bonne lecture !


Chapitre II : MENACES

Le lendemain matin, Hermione, ne voulant pas perdre un instant, partit à la recherche d'un travail. Ses investigations débutèrent par le Chemin de Traverse, la plus grande avenue commerçante du monde sorcier londonien. Son exaspération atteint son comble à peine quelques mètres parcourus. Les passants fuyaient son regard, changeaient de côté de la rue et serraient leurs enfants contre eux quand ils la reconnaissaient. Il y eut même une mère de famille vêtue d'une robe d'un orange criard qui cracha à ses pieds, devant ses propres enfants. Hermione secoua la tête, atterrée : quel exemple cette sorcière donnait-elle à sa progéniture ? Au moins, elle était convaincue que toutes les générations futures la haïraient ! Mais ce n'était pas dans son caractère de fuir et elle affronta leurs regards peu amicaux avec fierté et orgueil.

Tous les commerçants la rejetèrent plus ou moins aimablement. Certains avaient la décence de lui demander de sortir, de façon courtoise. D'autres l'insultaient sans détour, devant leurs clients qui, souvent, approuvaient et se joignaient aux quolibets. Kingston, qui tenait le magasin d'accessoires de Quidditch, la traita de « traînée » mais Hermione soupçonnait cet homme imbu de lui-même d'essayer de s'attirer la sympathie de nouveaux clients par ce biais.

Le lendemain, elle tenta sa chance à La Gazette du Sorcier qui ne s'intéressait à elle que pour l'interviewer. La jeune femme sortit du siège du journal accablée par cinq journalistes qui la harcelaient de questions sous les flashs des appareils qui crépitaient. Leurs sollicitations plus qu'excessives l'obligèrent à transplaner pour leur échapper.

Au final, il lui restait l'Allée des Embrumes. Ou le monde Moldu. La tentation de reconstruire une vie nouvelle, anonyme, la travaillait de plus en plus, au fur et à mesure que le doute la rongeait. Valait-elle plus que cela ? Avait-elle eu un jour réellement une place dans le monde des sorciers ? Certes, une partie avait acclamé ses talents émérites - et surtout les bons points qu'elle apportait à Gryffondor. Mais Hermione n'oubliait pas les insultes des Serpentards, les moqueries en rapport à son physique, les « rats de bibliothèque » qui l'avaient poursuivie durant toute sa scolarité. Ses proches lui avaient dit qu'ils étaient simplement jaloux… Mais maintenant que l'ensemble de la communauté sorcière la rejetait, elle doutait du bien-fondé de ces paroles. Peut-être qu'elle n'aurait jamais dû quitter le monde Moldu, finalement… Le destin s'acharnait à le lui prouver. Hermione gardait toutefois l'infime espoir qu'il y avait une justice dans ce monde. Quelque part.

Il était tard quand elle regagna avec empressement sa chambre. Le quartier était plutôt mal famé, surtout la nuit, alors autant ne pas s'y attarder. Hermione remarqua qu'elle était suivie au début de l'Allée des Embrumes. Elle accéléra le pas, marchant à grandes enjambées, espérant se tromper sur le compte de ce passant tardif. Mais l'individu calqua son rythme sur le sien. A quelques dizaines de mètres de chez elle, elle fit volte-face et pointa sa baguette sur la grande et large silhouette qui s'arrêta.

- Qu'est ce que vous me voulez ? l'interpella-t-elle, sûre d'elle.

- La Veuve Noire n'est pas très effrayante ! ironisa la voix railleuse de Malfoy.

- Tu m'as fait peur, imbécile ! ragea la sorcière, gardant sa baguette pointée vers la poitrine de Malfoy.

- Je t'ai déjà dit que ce quartier n'est pas fréquentable pour une jeune femme fragile comme toi !

Son ton était mi-figue mi-raisin : sérieux et moqueur à la fois.

- Tu veux quoi, encore ? capitula-t-elle, lasse. A chaque fois que je te croise, tu bouleverses tout dans ma vie !

- Tu as trouvé du travail ? demanda Malfoy, ignorant sa dernière remarque.

- Non !

- Tu sais que je n'ai qu'un hibou à envoyer et... susurra Malfoy d'un ton mielleux, tentateur.

- Je n'ai pas besoin de ton aide ! refusa-t-elle avec fierté.

- Pourquoi te la joues-tu si solitaire, Granger? Il faut savoir accepter une main tendue, parfois...

- Hypocrite ! Tu m'as envoyée dans ce trou et tu voudrais m'en sortir ? Tu es le dernier de qui j'accepterai de l'aide ! Je préfèrerai me traîner dans la boue plutôt que de te supplier, Malfoy ! déclara-t-elle, la haine faisant trembler sa voix.

- J'ai des choses à t'expliquer... dévoila Malfoy d'un ton placide. Tu bois un verre ?

- Non, mais j'ai faim ! Tu m'invites au Divinus ? suggéra la jeune femme sans aucune courtoisie.

Malfoy parut surpris mais accepta. Le Divinus était le prestigieux restaurant londonien qui l'avait renvoyée sans ménagement, suite aux caprices de Malfoy.

Quand ils pénétrèrent dans le restaurant, le directeur, Mr Jones, un sourire radieux collé aux lèvres, vint en personne, comme à son habitude, accueillir Draco Malfoy. Un de ses clients les plus célèbres, les plus influents et les plus fortunés. Sa surprise fut telle qu'il en perdit la parole quand Hermione apparut derrière Draco.

- Vous ! s'exclama Jones. Veuillez sortir sur-le-champ !

Hermione lui adressa un sourire provocateur et se suspendit au bras de Malfoy qui annonça :

- Elle est avec moi ! Votre meilleure table, Charles !

- Oui, oui, bien entendu… murmura Jones, complètement décontenancé.

La jeune femme défia les autres serveurs du regard, ravie de leur faire ravaler leur fierté. Elle tenait sa vengeance face à ces abrutis. L'intendant, qu'elle abhorrait, la dévisageait avec animosité. Il détestait les petites provocatrices de son genre et sa simple présence à la table de Mr Malfoy entachait la réputation du restaurant.

- Pourquoi cet imbécile ne cesse de te regarder de travers ? lui demanda Malfoy.

- Richard ? Oh, rien de bien passionnant ! Il doit m'en vouloir de lui avoir refusé quatre rendez-vous galants et d'avoir fait un scandale sur son lieu de travail la dernière fois ! expliqua Hermione sans lever les yeux de la carte des vins. Son travail lui tient très à cœur.

Draco jaugea le jeune homme qui s'empressa de regagner les cuisines, mal à l'aise.

- Alors, qu'as-tu de si intéressant à me dire ? s'informa Hermione sur le ton de la discussion.

- Comme tu le sais, je dirige le Département des Aurors, Granger. On a besoin d'une taupe qui enquêterait chez les Weasley. On soupçonne un complot contre la stabilité du monde des sorciers. Il chercher à renverser le Ministère de la Magie ! Du grand nettoyage, voilà ce qu'il veut faire ! voilà pourquoi tu es la personne idéale pour ce travail. Tu connais Weasley et...

- Tu oublies qu'il ne m'adresse plus la parole... l'interrompit la sorcière.

- Je peux dénicher des preuves qui t'innocenteront aux yeux de tous ! J'ai le pouvoir de blanchir ton nom, Granger ! Redorer ton blason ! Qu'en dis-tu ? proposa Malfoy, abattant sa première carte.

Hermione éclata de rire, narquoise, ne prenant même pas le temps d'envisager la proposition de Malfoy.

- Le marché me semble équitable mais... Tu crois que je suis dupe, Malfoy ? Tu me proposes de travailler pour ton clan de Mangemorts pour faire tomber le Ministère de la Magie !

- Mais non ! Que vas-tu imaginer ? En tant que Veuve Noire, tu es parfaitement entraînée. Je t'ai vue à l'œuvre ! Par Morgane, je t'offre ton innocence ! assena le blondinet en tapant du poing sur la table.

- Tu me prends pour une gamine, Malfoy ? Tu oublies que j'étais bien plus intelligente que toi à Poudlard ! Tu oublies ce dont je suis capable ! dit-elle lentement, détachant chaque syllabe. Rappelle-toi certains faits ! Si Macnair est mort, ce n'est pas par hasard ! Je me battrai jusqu'au bout pour prouver qui je suis. Et ce, sans tes machinations !

Flash-back

Non, Macnair n'était vraiment pas mort par hasard. Un calcul long. Une mission périlleuse. Rien n'avait été laissé au hasard. L'affaire Macnair avait fait des émules parmi les Mangemorts, comme parmi les partisans de l'Ordre du Phoenix. Un coup de tonnerre dans un ciel déjà assombri par le début de la guerre. Un meurtre sauvage, commis par quelqu'un appartenant au clan des Mangemorts. Un traître qui n'avait pas hésité avant de porter les coups fatals. Un tueur de sang froid. Immédiatement, les soupçons s'étaient portés sur Hermione Granger. Le rejeton de Potter.

Là encore, la parole de Voldemort avait valeur de commandement sacré. Il avait réuni ses partisans les plus proches. Macnair n'en faisait plus partie depuis sa bavure un mois plus tôt. Le Seigneur des Ténèbres ne pardonnait pas facilement. Il avait pour mission de s'informer sur la composition de l'armée ennemie en créatures magiques. Pour cela, il avait carte blanche. Macnair s'était introduit au Ministère, chose quasi-impossible. Il avait réussi à subtiliser les renseignements qu'il lui fallait. Ce fut la sortie qui posa problème. Les Aurors le repérèrent et Macnair dut appeler à l'aide. Voldemort envoya du renfort. Trois Mangemorts y laissèrent la vie, dont Théodore Nott. Du gâchis inutile. Macnair avait mal calculé son coup, perdant en même temps la confiance accordée par le Maître.

Quand son corps fut retrouvé, le Seigneur des Ténèbres avait consulté ses bras droits en qui il pouvait avoir le plus confiance. Ceux à qui il déléguait chaque mission une fois une décision prise. Ceux qui appliquaient les ordres, les transmettaient et étaient chargés de l'organisation des missions. Son cercle de confiance. Puis il avait convoqué Hermione Granger. Tous les Mangemorts s'étaient attendus à entendre ses hurlements dans les cachots, sous les Doloris. Cependant, telle ne fut pas la décision du Maître. Il la chargea de mener une enquête en toute discrétion afin d'établir les conditions précises de la mort de Macnair. Une preuve de confiance. Hermione avait été surprise par cette requête du Seigneur des Ténèbres. Elle s'était méfiée. Pourquoi elle ? Lui faisait-il suffisamment confiance ? Ou était-ce un moyen de la surveiller, de chercher à la piéger ? Peut-être avait-il entendu parler des rumeurs à son sujet, la pointant du doigt comme la meurtrière de Macnair. Peut-être était-ce une façon de montrer aux autres Mangemorts qu'Hermione Granger se situait au-delà de tout soupçon, qu'elle était sa protégée et qu'il lui confiait cette enquête, au détriment des autres habituels chargés de missions.

Quelque soit sa motivation secrète, Hermione s'acquitta de sa mission très rapidement. Aucun nom ne fut dévoilé. Elle rendit son rapport au Lord qui demeura secret.

Hermione se souvenait de cette période avec un peu de colère. Elle avait dû se montrer discrète et très prudente. Elle marchait constamment sur des œufs. Si Voldemort ne doutait pas d'elle, tous ses autres sbires observaient ses moindres faits et gestes, analysaient chacun de ses mots, chacune de ses mimiques, afin de la confondre le moment venu. La jeune femme en avait eu assez, au bout d'un moment. Que leur fallait-il de plus, à ces vieux boucs pernicieux ? Le soutien et l'amitié affichée de Blaise Zabini détendit un peu l'atmosphère au sein du QG.

Parallèlement, une rumeur des plus surprenantes circulait parmi les partisans, divisant les uns et les autres. Le Maître en personne aurait commandité le meurtre de Macnair.

Fin du flash-back.

Hermione s'arrêta, reprit son souffle, but une gorgée de vin et reprit, avec un petit sourire :

- Tu es un homme intelligent et puissant, Malfoy. Tu te doutais que j'allais refuser, non ?

Il secoua négligemment ses mèches blondes et sourit. Oui, il le savait depuis le début. Granger était trop entière. Mais sa proposition était si alléchante...

- Je te croyais plus opportuniste... avoua-t-il, déçu.

- Je doute que Weasley baigne dans quelque complot que ce soit. Il est sincère dans ses convictions, lui !

- Tu lui loues bien des qualités... Pourtant, tu l'appelles toi-même Weasley… Tu n'oublies donc pas qu'il t'a tournée le dos !

- A quoi ça sert de remuer le passé, Malfoy ? lança Hermione d'un ton désinvolte.

Mais Draco savait que la jeune femme était beaucoup moins sûre d'elle qu'en apparence. Il lui avait assené un véritable coup de poignard.

- Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ?

- Rentrer chez moi et chercher du travail... murmura Hermione, maintenant lasse de cette discussion qui ne menait à rien.

- Je peux t'en trouver, si tu veux... rappela-t-il.

Elle leva les yeux au plafond et ne répondit pas. Richard s'approchait d'eux.

- Madame désire-t-elle un dessert ? Et pour Monsieur ?

Son air poli et souriant donna à Hermione l'envie de vomir. Son hypocrisie la mettait hors d'elle ! N'y avait-il personne dans ce restaurant qui soit assez vrai envers lui-même ? Elle le congédia sans un mot. Malfoy fit discrètement venir le directeur.

- Que puis-je faire pour vous, Mr Malfoy ? minauda Jones, en sueur.

- Ce garçon là-bas, oui, le rouquin... Richard, je crois. Voyez-vous, il ne cesse de nous importuner.

- Je vais immédiatement lui en toucher deux mots... promit sérieusement le directeur avec un faible sourire. Il ne vous dérangera plus !

- Non, non, vous ne comprenez pas, Charles... Je ne veux plus le voir ici ! expliqua calmement le jeune homme sur le ton d'un maître donnant des ordres à son esclave.

Le directeur pâlit, s'inclina puis tourna les talons.

- Il va le renvoyer ? demanda Hermione, sidérée.

- Oui... répondit tranquillement Draco, poursuivant la dégustation de son sorbet comme si de rien n'était.

- Tu es une ordure !

- Non, il te lance des regards assassins depuis tout à l'heure ! Et il a voulu sortir avec toi ! Cette simple idée m'insupporte !

- Tu te comportes comme un petit bourgeois capricieux ! Tu profites de ton rang et de ton argent ! jeta Hermione, dégoûtée. Ce garçon est un imbécile mais il ne mérite pas de se retrouver à la rue à cause de tes sautes d'humeur !

- Tu as trop bon cœur, Granger. Ça te perdra... souffla Malfoy.

Elle n'entendit pas la fin de sa phrase car elle avait transplané chez elle.

Elle s'arrêta net. La porte était défoncée et un parchemin était cloué sur le bois.

Tu nous as échappé cette fois-ci, Granger. Mais nous te retrouverons, où que tu sois, et ce jour-là, tu souffriras...

Hermione rougit, pâlit puis éclata de rire en déchirant le bout de parchemin.

- Ça te fait rire ? fit Malfoy, qui l'avait rejointe, abasourdi.

- Ce ne sont que des menaces en l'air ! J'en reçois une dizaine par jour !

- Ils sont plusieurs, Granger ! Tu n'es pas de taille à les affronter !

- Je ne fuirai pas, répondit-elle tranquillement.

- On ne te parle pas de fuir mais de sauver ta peau ! rétorqua Malfoy. Viens chez moi, tu seras en sécurité !

Hermione cessa de gesticuler et l'observa, lui et son grand manteau noir. Il semblait sérieux.

- Pourquoi joues-tu la charité avec moi, Malfoy ? Il y a quelque chose de malsain chez toi, la fouine ! On dirait que tu t'acharnes à m'enfoncer jusqu'au cou dans les ennuis puis de courir à ma rescousse avec ta cape de Superman !

- Qui est ce Superman ? demanda Malfoy, interloqué.

- Peu importe, Malfoy ! s'irrita-t-elle. Sors de ma vie !

Il s'approcha d'elle et la prit par le bras.

- Il faut te calmer, Granger. Je sais que ces derniers mois ont été difficiles pour toi mais...

- Difficiles ? répéta Hermione, tremblante de colère. Tu ne sais pas ce que c'est, toi, de vivre dans une seule pièce où le plafond menace de s'effondrer ? Non, toi tu vis dans ton luxueux manoir ! Tu n'as jamais tout perdu du jour au lendemain, non ! Toi, tu as le sang pur ! C'est l'enfer, Malfoy ! Et toi, tu viens comme ça, avec tes airs angéliques et tes promesses d'enfant gâté, et tu me dis que ça a été difficile ? Tu...

Malfoy devint rouge de colère. Cette Sang-de-bourbe insultait son sang et son nom ! Obéissant à son instinct, il l'attira violemment contre lui, lui serrant les poignets à lui laisser son empreinte dans la peau. Merlin qu'il voulait qu'elle se taise ! En sentant ses courbes féminines contre lui, il réalisa immédiatement son erreur. Il plaqua sa bouche sur la sienne, sans aucune douceur, et mordit ses lèvres chaudes. Hermione se haussa sur la pointe des pieds. La cadence s'accéléra. Hermione répondit à ce baiser avec désir. Quand elle sentit sa main s'introduire sous sa veste, contre sa peau, elle ouvrit ses grands yeux noisette, horrifiée. Elle s'écarta d'un bond, comme s'il l'avait brûlée. Draco lui sourit. Il fit un pas vers elle mais ses bras se refermèrent dans le vide.


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