Voilà le chapitre 2 ! Je vais essayer de poster à un rythme régulier : 1 chapitre par semaine ;-)


Chapitre 2

Alors qu'il attendait de pied ferme Arthur à la sortie de son cours de français, Ludovic avait croisé des camarades de classes de son ami, qui lui avait apprit que cela faisait maintenant deux semaines qu'il était absent. Le brun en avait été sidéré, et s'était demandé si son ami d'enfance était gravement malade. Après tout, par sms, n'importe qui pouvait faire croire n'importe quoi. Il s'était alors dirigé droit vers l'appartement du blond. Il marchait d'un bon pas, s'interrogeant sur quelle maladie pouvait retenir quelqu'un chez lui pendant quinze jours. Une fois arrivé, il toqua quelques coups, ignorant la sonnette dont il ne supportait pas les driiiiiiing strident. Quand Lise, la mère d'Arthur, lui ouvrit, il ne pu cacher sa surprise. Celle-ci travaillait d'ordinaire loin de chez elle, et ne rentrait qu'en de rares occasions. Ludovic avala péniblement sa salive. Arthur devait être très malade.

- Bonjour... Je... Je voulais voir Arthur... Je viens d'apprendre qu'il n'avait pas été en cours depuis deux semaines, mais il m'a rien dit, alors je me demandais s'il était malade, et... Enfin bref, je peut le voir ? Ou il do...

Le brun s'arrêta net. La femme en face de lui venait de fondre en larme. Il la regarda, interloqué, sentant l'inquiétude monter crescendo. Définitivement, il y avait quelque chose de grave. Et il sentait que ça n'allait pas du tout, mais alors pas du tout lui plaire.

- Seigneur, personne ne t'a rien dit... sanglota-t-elle. Arthur... Il...

Ses larmes redoublèrent, l'empêchant de parler. Le jeune homme en face de lui se senti se tendre, redoutant les paroles qui ne manqueraient pas de sortir. Il fixait Lise intensément, comme s'il voulait lire dans son esprit ce qui était arrivé à son ami de toujours.

- Il a disparu. lâcha-t-elle dans un souffle.

Ludovic resta un instant immobile, sans comprendre. Puis, petit à petit, son cerveau analysa la phrase, bloquant sur le dernier mot. Disparu ?! C'était une blague, ça ne pouvait pas être vrai. Et pourtant... Le désespoir de la blonde en face n'était pas feint. Disparu. Ce mot semblait se répéter sans fin dans son esprit, comme s'il cherchait vainement une autre signification. Ce n'était pas possible. Arthur ne pouvait pas avoir... Il ne pouvait pas... Il n'avait pas le droit... Le lycéen sentit son cœur se serrer, comme si on le compressait dans un étau, impitoyablement. Une boule se forma dans sa gorge, si douloureuse qu'elle l'empêchait de respirer. Péniblement, il murmura, se raccrochant à un chimérique espoir tout en sachant parfaitement que ce serait vain :

- C'est... C'est une blague hein ? On est le premier avril et j'étais pas au courant ?

Les pleurs de la femme en face de lui, la douleur de la disparition de son enfant déformant ses traits, confirmèrent mieux que n'importe quels mots sa sincérité. Elle hoqueta :

- Je suis désolée Ludovic. Je... Je pensais que tu savais.

Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur. Son cœur lui faisait mal, il avait l'impression que tout tournait autour de lui, que son univers s'effondrait, que... Il se raccrocha au mur, les jambes tremblantes, les larmes venant noyer ses yeux noirs, menaçant d'envahir ses joues. Il répondit précipitamment :

- Non, je ne savais pas. Désolé.

Et il s'enfuit à toutes jambes. Rentrer chez lui. S'enfermer dans sa chambre. Se calmer. Respirer. Sans se soucier du regard interloqué de son père, ni des gens dans le salon, il claqua la porte de sa chambre, fit rapidement tourner le verrou, et se jeta sur son lit, autorisant enfin ses larmes à couler. Il pleurait tellement qu'il ne parvenait pas à reprendre sa respiration. Essoufflé par sa course, incapable de respirer à cause de ses sanglots et du nœud dans sa gorge, il s'étouffait. Il s'étouffait réellement. Il hoqueta, ouvrant et fermant la bouche comme un poisson hors de l'eau, portant instinctivement la main à sa gorge, les larmes roulant toujours sur ses joues. Il commença à paniquer, son cœur battait bien trop vite, gaspillant le peu d'oxygène encore présent dans ses poumons. Il était en train de faire une crise d'il-ne-savait-trop-quoi, et il n'arrivait pas à se calmer, les pires scénario expliquant la disparition de son ami se jouant et rejouant en boucle dans son esprit.

- Frérot, ça va ? Ouvre s'il-te-plait.

Ludovic hésita un court instant, avant de s'agripper à sa lampe de chevet, la poussant vers le bord de la table de chevet. Il avait besoin d'aide, il ne pourrait jamais se calmer seul. Elle bascula, et se brisa au sol dans un grand bruit. Immédiatement, son frère à la porte réagit.

- Ludovic ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Répond !

"S'il avait pu parler, il n'aurait pas cassé sa lampe de chevet" songea Arnaud. Il ne lui en fallut pas plus pour ouvrir la porte d'un violent coup de pied. En trois pas, il était sur son cadet. Il hurla "Papa ! Glaçons !" et colla une gifle à son frère, qui écarquilla les yeux de stupeur. Il avait pensé à beaucoup de réactions possibles de la part de son frère, mais jamais à ça. Son père arriva dans la foulée. Il lança un sachet rempli des glaçons réclamés à son fils, qui en prit une poignée tout en rattrapant le sachet, poignet qu'il appliqua immédiatement entre les omoplates de son frère. Ce dernier sursauta, et s'immobilisa, ses larmes s'arrêtant instantanément de couler. Enfin, son frère remit tranquillement les glaçons à moitié fondu dans le sac, et lança un "Calmé ?" qui se voulait hautain mais qui trahissait son inquiétude. La surprise passée, la douleur revint et le regard de Ludovic s'éteignit lentement.

- Merci, souffla-t-il d'un air absent.

Son regard vide se posa sur la porte, et une étrange sensation de déjà-vu l'envahit. Il entendit de loin la voix de son frère lui demander s'il allait mieux. Où avait-il vu une porte cassée ? Quand avait-il défoncé une porte ? Les intonations de son frère se faisaient plus inquiètes, plus pressantes... Il devait lui répondre. L'image d'Arthur, pleurant et suppliant sur son lit s'imposa dans son esprit. Quand l'avait-il vu dans cet état ? Était-ce pour cet raison qu'il avait défoncé la porte ? La voix de son père se mêla à celle d'Arnaud. Il sentit une main se poser sur son épaule et le secouer. Le blond sur le lit n'était pas Arthur. Ils étaient identiques, excepté les sortes de cicatrices, comme trois griffures de chat, sur chaque joue du jeune homme. Son père criait son prénom, et lui avait mit une gifle pour le faire réagir. Qui était cet homme ? Pourquoi savait-il qu'il le connaissait et qu'il tenait à lui ? Son esprit devint petit à petit de plus en plus brumeux. Il perdait pied. Il sentit vaguement que son frère réessayait le coup des glaçons, mais c'était comme s'il n'était plus dans son corps. Comme s'il était spectateur et non acteur. La brume se fit plus épaisse. Arthur. Arthur avait disparu. Mais qui était Arthur ? Il y avait plus important, Naruto avait fait un cauchemar vraiment suspect, et il avait blessé Ino. Ludovic eut un sursaut de conscience : Arthur était son ami de toujours ! Et qui était donc ce Naruto ? Arthur avait fait un cauchemar. Naruto avait disparu. Une larme roula sur la peau blanche du jeune homme, il sombrait, il tombait dans un précipice sans fond. Ses souvenirs lui échappaient, comme l'eau qui fuit entre nos doigts. Il savait qu'il y avait quelque chose de grave, mais quoi ? Il était fatigué de lutter. Son esprit cherchait en vain. Il abandonna. Pierre, son père, le rattrapa alors qu'il atteignait enfin la paix offerte par l'inconscience.

...

- Je ne comprend pas, il n'y a strictement rien...

- Il n'est pas tombé dans les pommes comme ça gratuitement ! Et ce qu'il a eu après ? Tu l'explique comment ? On parle de Sasuke là, pas d'une frêle jeune fille !

- Il était tout pâle, et c'était la première fois que je voyais autant de douleur sur son visage. Il avait l'air de vraiment souffrir, et ses yeux ! Ses yeux reflétaient de l'horreur à l'état brut !

- Je sais bien, mais médicalement parlant il n'y a rien !

- Tu es sûre d'avoir correctement cherché Tsunade ?

- Naruto.

La voix de l'Hokage était devenue glaciale.

- Je suis formelle. Je sais qu'on parle de Sasuke, et ne t'en fais pas Ino, je te crois, il n'empêche qu'il n'a strictement rien. Le problème est donc forcément psychologique.

- Tu sous-entend quoi là ? Que Sasuke est fou ?

Le ton de Naruto avait battu celui de Tsunade dans la catégorie polaire qui vous fait avaler péniblement votre salive.

- Certainement pas. Je sous-entend qu'il doit y avoir un traumatisme. Il s'est passé quelque chose de grave récemment ?

Les deux autres marquèrent un temps d'arrêt.

- Pas à ma connaissance, mais je ne suis pas très proche de lui.

- J'ai fait un cauchemar hier matin, et il a défoncé la porte pour pouvoir me réveiller. Je pense qu'il a cru que je me faisait agresser. Mais c'est pas un traumatisme ça quand même, si ?

- Non, je ne pense pas.

Sasuke entendit les pas se rapprocher de lui. Il était à l'hôpital. Il se rappelait clairement des quelques secondes avant qu'il ne s'évanouisse, de la douleur. Il n'y en avait plus aucune trace. Juste un vague souvenir, qui laissait un sentiment amère, comme de la nostalgie, ou des remords. Mais plus de souffrance physique.
Un détail le frappa soudain. Naruto venait de dire "J'ai fait un cauchemar hier matin". Depuis combien de temps était-il inconscient ? Il ouvrit enfin les yeux.

- Tu es réveillé ?! Oh Sas'ke tu m'a foutu la trouille de ma vie ! Ça va mieux ? T'as mal quelque part ? Tu veux boire quelque chose ? Sas'ke dit quelque chose !

Le susnommé leva les yeux au ciel d'un air exaspéré.

- Si tu me laissait parler, je pourrai peut-être répondre, grogna t-il.

- Il râle, c'est que ça va, plaisanta Tsunade.

Une lueur amusée faisait briller ses yeux, dans lesquels le brun perçut également du soulagement. Il leur avait fait vraiment peur.

- Ça va, c'était rien. Vous inquiétez pas.

Sakura, quand diable était-elle arrivée celle-là ?, se mit à piailler dans tout les sens, répétant que ce n'était pas rien. Ino confirmait les propos de la jeune fille aux cheveux roses, bien que plus calmement; et Naruto se mangeait littéralement la lèvre en fixant le brun d'un air inquiet, comme s'il risquait de faire un malaise à tout moment.
Sasuke détourna le regard, mal à l'aise.

- Je pourrai sortir quand ?

Sa voix grave, calme et posée, fit enfin taire les deux jeunes femmes. Tsunade sembla réfléchir, et prit son inspiration avant de répondre :

- Quand tu veux. Mais j'y pose une condition.

Sasuke haussa les sourcils d'un air inquisiteur.

- Laquelle ?

- Je refuse que tu restes seul. Je ne sais pas ce qu'il t'es arrivé, mais si tu es seul chez toi et que ça recommence, ça pourrait être très dangereux. Tu était inconscient, tu ne peut pas t'en rappeler, mais après t'être évanoui, ton coeur s'est complètement emballé, on a vraiment cru qu'il allait lâcher. On t'a injecté une dose de calmant censée être adéquate selon tout les critères médicaux, et au lieu de revenir à un rythme normal, ton rythme cardiaque a chuté à un point critique. On a du te faire un massage cardiaque pour le relancer. Pour faire court, tu as failli mourir deux fois en vingt-quatre heures. Si tu nous refait une crise chez toi, il n'y aura personne pour s'en rendre compte, et aucun médecin pour s'assurer que ton coeur bat normalement. Je t'autorise à sortir pour deux raisons : la première est que de toute façon, dès que j'aurai le dos tourné, tu sortirait. La seconde est que l'on ne trouve strictement rien. Tu es en parfaite santé, il n'y a aucune raison à ce que tu nous as fait...

- Hormis un traumatisme psychologique.

L'Hokage lui lança un regard surpris.

- J'ai entendu votre conversation, expliqua t-il.

- Ah. Et... Il y en a un ?

Sasuke fut surpris de ressentir une forme de compassion face à l'embarras de la femme au cheveux crème. Il prit donc le parti d'être honnête.

- Sincèrement, je ne sais pas...

Les quatre personnes présentes étaient suspendus à ses lèvres. Mais il avait dit qu'il serait honnête, pas qu'il étalerait sa vie privée !

- Et donc si je dois constamment être accompagné, qui resterait avec moi ? demanda t-il, afin de changer de sujet. Je ne pense pas qu'il y aura foule pour jouer les baby-sitters du monstrueux Sasuke Uchiha...

Il les vit pincer les lèvres. Pourtant, il n'avait dit que la stricte vérité !

- Qu'une foule essaie de se proposer, tiens. Je les renverrai chez eux à grand renfort de coup de pieds au derrière ! Le baby-sitter, c'est Moi ! s'exclama Naruto en se montrant du pouce.

Il se dirigea vers le lit du brun, plaqua ses mains sur le matelas, rapprochant leurs deux visages. Avec un sourire malicieux, il rajouta, plus bas :

- Et n'essaie même pas de me contredire ni de protester l'Uchiha où je te fais suivre par trois clones.

Sasuke adopta le même sourire malicieux, et il répondit, une lueur taquine dans le regard :

- Je n'oserais pas. Je pourrai surveiller que Monsieur n'ai plus de gros chagrin !

Naruto se redressa et éclata de rire.

- Parfait, Naruto, tu restera donc avec Sasuke jusqu'à nouvel ordre, conclut Tsunade, rassurée.

Il fut ensuite rapidement décidé que ce serait Naruto qui irait chez Sasuke, l'appartement de ce dernier étant plus proche de l'hôpital et légèrement plus grand.
Une heure plus tard, le blond posait sa valise dans l'entrée de l'appartement du brun, qu'il connaissait par coeur. Une porte sur la droite permettez d'accéder à la cuisine, et l'entrée était ouverte sur un agréable salon/salle à manger, qui n'était ni trop grand, ni trop petit, et très bien aménagé. Sur le mur face à la porte d'entrée, mur du salon, se trouvait une porte qui menait à une première chambre, et sur le mur de droite se trouvait une seconde porte qui menait à une sorte de petit détour. Ce détour était une espèce de pièce minuscule dont les quatre murs étaient quatre portes. Lorsque l'on rentrait par la première, celle qui débouchait sur le salon, on était face à trois portes. Un peu comme les mauvais jeux de labyrinthe, avec "Inconnu", "Enfer", et "Paradis" en panneaux sur les portes; excepté que là, les panneaux indiquaient, de droite à gauche, "WC", "Salle de bain" et "Chambre". Cette dernière porte menait à la chambre de Sasuke, chambre qui communiquait avec la seconde.
Après avoir ôté ses chaussures, Naruto se dirigea donc tout droit, vers la chambre qu'ils appelaient "la chambre du salon". Ça ne voulait pas vraiment dire grand-chose, mais c'était en quelque sorte le surnom de la pièce, ce qui permettait de la différencier de la chambre de Sasuke.

- J'ai oublié de te demander, mais tu as suffisamment de draps de rechange ou tu veux que j'aille en chercher chez moi, pour faire mon lit ?

Tout en posant sa question, le blond avait posé sa valise sur le lit. En n'entendant aucune réponse venir, il se retourna :

- Sas'ke ?

Le brun le regardait, sourcil froncé, ses yeux d'un noir d'encre fixés sur ses cicatrices aux joues. Il répéta, en s'avançant d'un pas vers lui :

- Sasuke ?

Ce dernier sursauta.

- Hein ? Euh, je...

Les yeux noirs plongèrent dans les deux océans bleus en face. Ils étaient réellement identique, se dit Sasuke. Arthur et Naruto. Est-ce que ses cauchemars étaient une sorte de reflet à la fois de ses rêves et de ses craintes ? Il se ressaisit.

- J'étais perdu dans mes pensées, tu disais ?

A la moue du blond, il sut que son ami se doutait de quelque chose.

- Je demandais s'il fallait que j'aille chercher des draps chez moi, ou si tu en avais assez. Pour mon lit, expliqua t-il en le désignant de la main.

- Oh ! Non, c'est bon. J'ai ce qu'il faut ne t'inquiète pas ! Je vais te les chercher.

Une fois la chambre prête et la valise vidée et rangée, ils mangèrent tranquillement, et partirent rapidement se coucher. Aucun des deux ne posa de question à l'autre par rapport au fait qu'ils allaient dormir si tôt.
Sasuke se sentait détruit intérieurement, alors que cet Arthur n'était qu'une hallucination. Pourtant, quelque part au fond de lui, une petite voix lui soufflait que ces rêves étaient bien trop réelles, et inconsciemment, il ne voulait pas que ce soit vrai. Il refusait l'idée que d'une manière ou d'une autre, une personne qui lui était chère souffre. Sur ces amères pensées, il s'endormit, angoissé à l'idée de redevenir Ludovic.


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