Sans plus attendre le chapitre 2, pourquoi vous faire patienter alors qu'il est déjà écrit ? Je ne suis pas sadique ! Souvenez-vous en quand vous devrez m'écrire un petit mot (quoi ? on ne vous pas pas dit que c'était obligatoire ? ( maintenant, oui. ) )
Chapitre 2 Impitoyable
La décision était prise. Tout le monde était sur le qui-vive, les armes à proximité et les yeux rivés sur l'horizon.
Le capitaine ralenti l'allure de son navire afin de s'approcher doucement de l'autre. Ils étaient maintenant suffisamment près pour voir clairement à quoi ou plutôt à qui ils avaient affaire.
Noyés dans leur désespoir, les marins s'acharnaient à essayer de vider la calle à coup de sceaux, sans même remarquer leur présence. Ils y mettaient toute leur énergie, toute leur âme. Leur vie en dépendait et c'était surtout leur dernier recours. D'autres marins, moins vaillants, auraient déjà sans doute déjà abandonné et auraient attendu, impuissants, que le destin les emporte.
Les deux navires étaient à présent côte à côte. Un grand blond à la peau claire remarqua enfin leur présence. Il regarda longuement Killian qui fit un signe à Neal et David. Les deux hommes prirent une vulgaire planche de bois qu'ils installèrent entre les deux bâtiments.
Montrant l'exemple, l'homme blond interpella les autres et commença à traverser. Les marins se hâtèrent d'imiter leur prédécesseur. La situation devenait de plus en plus critique. Au fur et à mesure que le bateau s'enfonçait, la planche se relevait.
Ils les observèrent silencieusement monter à bord un à un. Regina tenait fermement Henry contre elle, prête à toute éventualité.
« Vous êtes tous là ? demanda Killian, prêt à enlever la planche qui tenait difficilement.
« Non attendez, il m'en manque trois. », cria le grand blond. Il n'en fallut pas plus à Killian pour comprendre qu'il avait affaire à leur capitaine.
En entendant son accent, Régina laissa échapper un soupire : « Merveilleux. Des Anglais». Mary Margaret lui lança un regard désapprobateur.
Il fit demi-tour pour aller chercher ses hommes.
« Vite, le temps presse ! »
Lorsqu'ils refirent surface ils tenaient deux à deux de pesantes malles. Ils avaient sauvé le peu qu'il leur restait, du linge propre et quelques provisions.
En dépit de l'urgence de la situation, ils traversèrent doucement, non sans difficulté, la passerelle de fortune. Au moment où le dernier d'entre eux mit un pied sur le Jolly Roger, la planche tomba en arrière, entrainée par l'autre navire.
Ils étaient à présent tous sur le pont, les naufragés en face des héros.
Leurs nouveaux compagnons ne semblaient pas dangereux. Ils ne ressemblaient en rien à des brigands et ils n'avaient même pas pris la peine de sortir leurs armes contrairement aux autres. Quand il s'en rendit compte, David rentra son épée et fit signe aux autres d'en faire de même.
De toute évidence ces hommes n'avaient aucunes mauvaise intention, et même si ça avait été le cas, ils n'avaient clairement pas l'énergie nécessaire. Leur teint était blafard et leurs traits tirés, ils étaient tout simplement exténués.
Leur capitaine ne participait pas au face à face. Il était resté figé face à ce qu'il restait de son navire. Dans chacune des bulles qui remontaient à la surface, il voyait ses espoirs se faire engloutir. Au fur et à mesure que le mât s'enfonçait, il s'imaginait inverser la tendance, le voir remonter à la surface et pouvoir remonter à son bord. Il restait là, impuissant, tristement captivé par le spectacle.
D'ici quelques minutes, le bâtiment serait entièrement immergé. Ils avaient été secourus à temps.
Il baissa enfin la tête. L'émotion était là, au bord des yeux, et elle n'attendait qu'un signe de faiblesse pour s'exprimer. Il était sur le point de la laisser gagner, mais Killian ne lui en laissa pas l'opportunité.
« Qui êtes-vous ? Qui vous envoie ? », demanda-t-il d'un ton qu'il voulait autoritaire.
L'homme ravala sa tristesse, se retourna et fit face à son inquisiteur.
« Vous pouvez desserrer vos poings. Cela fait longtemps que nous nous sommes libérés de nos engagements envers le roi ».
« Et je suppose qu'il vous a offert un navire pour vous remercier de vos loyaux services ? »
« Quelque chose comme ça. »
« Pirate ! » lui cracha-t-il, un sourire jusqu'aux dents. Venant d'un homme qui en était clairement un, l'homme fût surpris par cette accusation.
« Rien ne pourrait affilier mon équipage et moi-même à la piraterie !» Le mot avait été expulsé violemment de sa bouche, comme un mauvais goût dont on essaye de se débarrasser.
« Je ne voulais pas vous offenser, je ne fais que constater l'évidence. » rajouta-t-il d'un air complice.
Il ne comprenait pas pourquoi la situation semblait tant amuser cet homme, mais ce qui était sûr c'est qu'il ne pouvait pas se laisser accuser de la sorte.
« Nous sommes de simples marins. Des hommes libres de tout engagement, qui naviguent au gré de leurs envies, il n'y a pas de mal à ça. » Son honneur était en jeu. Il avait déjà trop perdu aujourd'hui et il ne laisserait pas un bandit lui prendre en plus son intégrité.
« A bord d'un vaisseau royal, que vous avez dérobé avant de corrompre tout un équipage. Des pirates ! » Son sourire était à présent mauvais et fier. Les mots étaient forts, mais les faits étaient là.
Son regard était plongé dans le vide. Son esprit quitta son corps quelques instants, le laissant inerte. Et en voyant l'autre homme se décomposer, David ne put s'empêcher de penser que le pirate faisait preuve d'une perspicacité remarquable. Il dû admettre qu'il avait fait mouche.
Il s'était effectivement emparé du Godspeed et il n'avait jamais envisagé de le rendre un jour. C'était l'un des trois vaisseaux qui faisait la fierté de son roi avec le Susan Constant et le Discovery. Ses hommes, fidèles et soutenant sa cause, l'avaient suivi de leur plein gré. Mais les faits étaient là : par ses actes, il avait ainsi changé des hommes de bien en brigands.
Il croyait encore fermement que ses raisons étaient légitimes. Mais il n'en demeurait pas moins qu'il avait commis un acte de piraterie et qu'à l'heure actuelle, sa tête devait avoir été mise à prix.
Le capitaine Crochet observait la situation d'un œil amusé, un brin nostalgique. Lui aussi avait commencé sa carrière de pirate par une simple mutinerie. Seulement personne ne lui avait montré la vérité en face ou n'avait mis de mots sur ses actes. Il avait sombré dans le banditisme petit à petit, sans jamais en prendre pleinement conscience. Et un beau jour, il ne resta plus rien du jeune lieutenant droit et discipliné qu'il avait pu être.
Mais l'homme qui se tenait devant lui pouvait encore être tiré d'affaire. La culpabilité le rongeait. Seule une noble cause avait pu le faire sortir du droit chemin, comme cela avait été le cas pour lui. Mais il pouvait encore mettre fin à son inexpérimentée vie de pirate, il n'était pas trop tard pour lui.
« Comment s'appelle-t-elle ? » finit-il par demander calmement après avoir accordé un peu de répit à l'homme.
Ce dernier ne répondit pas. De plus en plus mal en point.
« J'ose espérer qu'elle en vaut vraiment la peine et que vous ne serez pas amené à regretter d'avoir renié tous vos principes. »
La colère vînt enfin combler son regard vitreux. C'en était trop. Il ne pouvait plus subir un instant de plus cette situation. Il sembla subitement se souvenir qu'il pouvait toujours employer la force pour faire taire ce plaisantin et lui faire ravaler sa fierté. Perdre son navire, perdre ses espoirs et se faire ridiculiser par un pirate ? Il ne pouvait en supporter d'avantage.
David se décida à intervenir avant que l'affrontement n'ait lieu. Il se plaça entre les deux hommes, dos à l'autre capitaine et chercha à intercepter le regard aguerri de Killian.
« Vous battre ne mènera à rien. Nous sommes à présent tous ensemble sur ce bateau et nous devons trouver un moyen de cohabiter. »
Il se retourna à présent vers l'autre homme qui avait déjà desserré les poings. Si le dialogue n'était pas possible avec l'un, il semblait ouvert avec l'autre.
« Qu'est-il arrivé à votre navire ? Le… Godspeed, c'est bien cela ? »
Il hésita quelques secondes avant de répondre. Il regarda les autres membres de l'équipage et tout compte fait, il se demanda si on pouvait vraiment leur attribuer ce titre. A l'exception de l'animosité du capitaine, il n'y avait aucune autre menace à bord.
« Tout est allé si vite… », finit-il par dire en reposant ses yeux sur David.
« A vrai dire, je n'ai pas vraiment compris ce qui s'est passé. Nous naviguions depuis plusieurs jours, l'océan était calme. Et puis subitement, une tempête venue d'un autre monde s'est déchainée. Elle était violente et impitoyable. Elle nous a pris au dépourvu, nous n'avons rien pu faire. Et puis elle est repartie comme elle est venue, nous laissant là, impuissant. Je n'ai perdu aucun homme, mais un des mâts n'a pas tenu le choc et la coque s'est fendue. Nous avons essayé d'évacuer l'eau qui montait, mais c'était peine perdue. Et c'est là que je vous ai aperçu ».
Face à ce discours, leurs regards s'assombrirent. Silencieux et interdits, ils compatissaient.
Même Killian semblait avoir perdu toute hostilité à son égard.
« C'est un drôle d'équipage que vous avez là capitaine » lui dit-il pour mettre fin au malaise. « Des femmes, un enfant et même un vieil homme, comment parvenez-vous à mener cette barque tous ensemble ? »
« Pardon ? » cracha Rumpelstiltskin, mais personne n'y prêta attention.
L'homme continua : « Je réalise que je manque à tous mes devoirs. J'ai omis de vous remercier pour votre aide. Vous nous avez sauvé et nous vous en sommes reconnaissants ».
Face à ce climat plus léger, Killian ne put s'empêcher de répondre : « Ne le faites pas tout de suite, vous pouvez encore servir de repas aux poissons ».
De toute évidence, il se délectait de la situation. Ce capitaine était sans nul doute un homme droit, honorable et surtout un adversaire de taille. Mais pas aujourd'hui. Il était dévasté et affaibli. C'était l'occasion d'affirmer sa position et de garder le dessus. Il ne pouvait pas y avoir deux capitaines à bord.
David prit pour parti d'ignorer le pirate. « Je vous en prie, c'est tout à fait normal et je suis sûr que dans le cas inverse vous n'auriez pas hésité non plus à en faire de même ». Son sourire parlait pour lui, il en était persuadé.
« Vous êtes les bienvenus parmi nous. » dit-il en s'adressant à tout l'équipage. « Nous étions justement sur le chemin du retour. Nous rentrons chez nous, à Storybrook dans le Maine. Nous serons à terre d'ici quelques jours normalement. Je suis certain que vous trouverez le moyen de vous y retourner quand nous y serons. Nous vous aiderons de toutes façons, soyez en sûrs ».
L'homme ne sut quoi répondre. Cette aide était inespérée, ils leur en étaient tous reconnaissants. Contrairement aux apparences, ils étaient tombés sur des hommes de bien.
David commença à s'éloigner afin rejoindre sa femme. Pensif, il marqua l'arrêt et se retourna subitement.
« Comment avez-vous dit que vous vous appeliez déjà? »
L'homme sourit.
« Je ne l'ai pas dit. Mon nom est Smith, John Smith. »
Normalement c'est à ce chapitre là que tout se décide : soit vous accrochez et commencez à me supplier pour la suite, soit je vais chercher la corde et le tabouret sur un fond de James Blunt. Mon destin est entre vos mains. (mais pas de pression, on est entre nous!)
