Comme toi !!!
Auteur : Angelscythe
Genre : Deathfic, tristesse, shonen-ai, Flash-Back, POV, Songfic, Suicide
Couple : EnvyEd et RoyEd
Disclaimers : Aucun des personnages de cette fic ne m'appartiennent. Inspiré de la chanson « Comme toi » de Najoua Belyzel.
Chapitre 2 : Souvenirs enracinés.
Je voyais flou, je ne voyais rien peut-être. Je marchais parce qu'on me forçait à le faire. Je ne savais pas où j'allais et je me laissais guider tel un pantin, les larmes dévalant sur mes joues et allant tomber sur le sol. Je ne me rendais même pas compte de la personne qui me faisait avancer. Ni de ses mots. J'entendais sa voix, mais les mots se refusaient de se former pour mes oreilles.
Je restais ainsi dans mon monde, bercé d'images et de voix. Des images, des vidéos. Je revoyais ses sourires, ses mouvements, ses gestes un peu maladroits, ses gestes cruels. Je revoyais son sourire lorsqu'il m'avait tué. Beaucoup plus fréquemment que les autres images. J'essayais de savoir. Pourquoi il m'avait tué, alors que l'on s'aimait ?
Je me demandais, si on se retrouvait, est-ce qu'il me donnerait une réponse. Son sourire avait été sadique, cachant ainsi sa grande tristesse. Il n'avait pas fait ça par bonheur, j'en étais sûr. Il m'avait aimé jusqu'à la fin, et encore après, lorsqu'on s'était retrouvés dans ce monde-ci. Il m'avait dit « Edward, te voilà enfin ». Il m'attendait. Je m'accrochais à cette idée.
Et encore après, il m'avait traité d'imbécile, et je savais…quand il me traitait d'imbécile c'était que je lui avais déplu d'une façon ou d'une autre. Il m'aimait, je l'aimais, on s'aimait. Cette idée persistait en moi. Prouver qu'il m'aimait.
Tout devint subitement noir, je ne m'étais pas rendu compte, je m'étais endormi dans les bras de cette personne qui me forçait à avancer, et ça sans raison réelle. Je m'étais endormi subitement comme si une force mystique me le forçait.
Je revoyais des tas de choses concernant Envy dans ses rêves, c'était presque horrible. Parce que certaines images beaucoup plus dures revenaient sans cesse. Toutes les fois où on s'était fait du mal. Toutes les fois où l'un de nous, souvent moi, avait pleuré. Sans cesse ma mort, puis la sienne.
La sienne était cent fois plus douloureuse. Parce que…je l'avais tué. J'avais détruit la porte, je n'avais pas pensé une seule seconde que ça le détruirait définitivement, car, tant que la porte était active, je suis sûr qu'il était vivant. Et puis c'était ma faute s'il était devenu une porte, à cause de moi qu'il avait été emprisonné, et encore une fois, à cause de moi que Hoenheim l'avait forcé à le tuer pour anéantir ses rêves et ses espoirs et ainsi se muter en cette porte.
Je m'en voulais, encore et encore. Et ça se ressassait sans cesse dans mes rêves. Une dernière séquence m'apparut. C'était comme si je venais d'être pleinement projeté dans mon rêve. J'étais un peu déboussolé. Je me retrouvais dans le manoir de Dante, à califourchon sur Envy, le frappant de mon poing, nous nous battions chacun pour une raison qui nous avait sans doute échappé à chacun.
Je ne faisais que me défendre, je m'enfonçais cette idée en tête. Soudain, il arrêta mon poing avec un sourire doux qu'il n'osait me montrer que quand nous étions seuls. Il tendit son autre main, la posa sur ma nuque me força à me pencher sur lui et m'embrassa. Je haïs ce rêve qui m'empêchait de pouvoir ressentir ses lèvres. Qui me replongeait dans le passé sans pouvoir avoir le contact. Je ne pouvais pas vraiment profiter de ce baiser, mais mon moi dans ce rêve y répondit, et je l'enviais. Nos corps s'enlaçaient, étroitement, ça semblait si bon. Ca semblait si agréable, cette chose que je ne pouvais plus avoir.
Ce corps fictif contre cet autre corps fictif. Comme je les enviais. C'était comme regarder un film au cinéma, je ne pouvais pas mettre pause, je ne pouvais pas rester plongé dedans. Je ne pouvais pas en profiter sans cesse. Je regardais ses corps s'entremêler. Ils semblaient aimer ça. S'appartenir l'un à l'autre. N'avoir plus qu'eux en tête, comme-ci le monde ne pouvait plus tourner autour d'eux.
-Je t'aime. Souffla l'Envy du rêve.
C'est à ce moment que le film se termina, je venais d'être expédié hors de la salle et j'en pleurais. Même si je n'en ressentais rien, j'aurais voulu rester encore et encore. J'ouvris les yeux et remarquais Alphonse et Gracia. Al me sauta au cou en pleurant.
-Tu es enfin réveillé. Pleura-t-il, de joie sans doute.
- Enfin réveillé ? Questionnais-je bêtement.
- Ca fait trois jours que tu dors Edward. Gémit Alphonse.
- Trois jours. Répétais-je étonné.
Alphonse hocha la tête tristement en essuyant ses larmes. Je regardais autour de moi déboussolé. Gracia disparu de la chambre pour me ramener à manger, je la remerciais et me forçait à manger, je n'avais pas faim du tout, mais je ne voulais pas inutilement les inquiéter. Déjà qu'ils s'étaient énormément inquiétés.
-Nii-san, qu'est-ce qui c'est passé ? Interrogea Alphonse.
- Je…Je me suis souvenu de quelque chose !
J'avais honte de lui dire que j'aimais Envy. Alphonse avait beau être la douceur et la pureté incarnée, est-ce qu'il comprendrait que j'aimais notre ennemi juré, celui qui nous avait séparé lorsqu'on aurait put se retrouver, il y a quatre ans. Et aussi, que j'aimais un homme. J'ignorais, j'avais peur, il fallait bien que je l'avoue, qu'il ne me comprenne pas.
Je le regardais un peu honteux. Trois jours, je sautais sur mes pieds.
-Il faut qu'on retourne voir William. M'écriais-je.
- Tu as le temps Edward, nourris-toi d'abord. Me conseilla Gracia en me posant un verre d'eau sur le plateau repas qu'elle m'avait apporté.
J'hochais la tête et mangeais et buvais comme elle me l'avait conseillé. Elle me conseilla ensuite d'aussi aller me laver. J'hochais la tête et m'exécutais. J'allais me laver à l'eau bouillante qui brûlait agréablement mon corps. Ça me plaisait de blesser mon corps ainsi, comme il l'avait déjà fait de nombreuses fois. Je pouvais ainsi me rapprocher de lui, j'espérais vainement, à nouveau.
« L'espoir fait vivre » tout d'un coup je n'y croyais plus. L'espoir était en train de me faire dépérir. Parce que j'espérais le revoir, et que la seule manière qui me permettrait de le revoir ça serait la mort pour moi ! Et je ne pouvais décidément pas laisser Alphonse comme ça.
Je sortis de la douche et me dirigeais vers le miroir, je m'observais dedans. Les années n'avaient pas semblé prendre sur moi, je semblais un peu plus mature c'était vrai, mais j'avais toujours mes joues d'adolescent, c'était déplaisant.
J'aurais voulu grandir, pour me séparer de ce moment qui me rattachait à lui encore et encore. Mais rien n'y faisait. Je frappais cette glace de mon poing. Je baissais les yeux sur mon auto-mail, comme je ne me battais plus, comme je l'entretenais, il était encore en parfait état.
Lui aussi me ramenait à la vie avant que je n'arrive aussi, lui aussi me faisait mal. Je m'essuyais et m'habillais. Je sortis ensuite de la salle de bain et allait rejoindre Alphonse. Il alla prendre une douche et j'allais un peu m'allonger sur mon lit pour me reposer un peu, comme Al avait de toute façon préparé nos valises pendant que je prenais ma douche.
Je fermais les yeux. Aucune image ne vint, j'avais encore espéré vainement. Une main se posa sur mon front, c'était la main d'Alphonse, je rouvrais les yeux et lui offrait un pâle sourire. Il me lança un large sourire, et me releva pour me faire un câlin. Je lui rendis son câlin difficilement, je ne savais plus comment réagir avec les gens à présent.
-On va y aller Nii-san.
- William a été prévenu de notre retard ?
- Nous ne le prévenons jamais quand nous partons et il ne sait jamais quand nous revenons. Me rappela-t-il.
C'était vrai, mais cette fois nous étions partis de Berlin et avions dit que nous revenions vite. Je me levais du lit et allait demander à Gracia si je pouvais user de son téléphone, elle me dit que oui et j'allais appeler William.
-Allô ? Me dit sa vieille voix pourtant semblant être remplie de sagesse. Elle était rude.
- C'est Edward. Lui dis-je.
- Oh, Edward, où es-tu mon garçon ?
- Nous sommes encore à Munich, Al et moi. J'ai eu comme qui dirait un petit problème.
- Rien de grave, j'espère, Edward ?
- Il semblerait que j'aie dormi trois jours… Soufflais-je.
- A ton âge, ca ne peux qu'être des peines de cœur…
- Vous me dites cela parce qu'il vous est arrivé pareille chose ? Questionnais-je.
- Nous en parlerons lorsque tu seras arrivé chez moi, ça sera plus agréable Edward.
- Bien ! Nous allons partir, comptons que nous serons ici ce soir. Ne fermez pas votre porte à clé.
- Je veillerais jusqu'à votre retour.
J'aurais put essayer de lui dire de ne pas prendre cette peine pour nous, mais ça aurait été sans espoir. Quand William avait une idée en tête, pas moyen de la lui ôter. Je soupirai doucement.
-Très bien, nous partons alors.
- Fais bonne route Edward.
- Merci !
Et sur ce dernier mot, il raccrocha, il raccrochait toujours en premier. Je raccrochais également et allait voir Alphonse. Nous dîmes au revoir à Gracia puis nous sortîmes. Je prenais les clés dans ma poche et allait ouvrir la voiture, je grimpais côté conducteur. Après tout, j'avais le permis et pas Alphonse.
-William va bien ? Me demanda Alphonse avec un large sourire.
J'hochais la tête et évitais de lui spécifier qu'il comptait nous attendre jusqu'à ce que nous arrivions, sinon, il se serrait un peu énervé, serait retourné chez Gracia et aurait tenté vainement de résonner William, le résultat des courses serait dès lors très simple. Nous resterions une nuit supplémentaire à gêner Gracia, et William ne pourrait profiter de notre présence.
Il nous arrivait de penser que William en avait marre de nous, mais ce n'était pas le cas, il nous adorait en réalité. Nous étions un peu comme les petits enfants qu'il n'avait jamais put avoir.
Je fis un sourire à Alphonse et enclenchait le contact de la voiture. Elle émit un grondement de protestation, comme toujours. Cette voiture se faisait déjà vieille. Je me mis à conduire et fit un geste d'au revoir à Gracia, tout comme Alphonse. Je quittais ensuite Munich à l'aide de cette voiture, nous en aurions pour environ six heures de routes, et la nuit tombait. Ca tombait bien, j'aimais conduire la nuit.
C'était si excitant, le danger presque omniprésent.
