Auteur : Mellya
Pairing : HP/DM
Rating : M (comme toujours en fait)
Bêta : Lindelea54
La mécanique du cœur
Chapitre 2 : Mal au cœur
« L'enfer est un cœur vide. » Gibran
Immédiatement après être arrivé au manoir, Draco convoqua ses elfes de maison pour leur donner les nouvelles directives.
L'obliger à manger matin et soir fut sa première préoccupation. L'amaigrissement de Potter n'était pas passé inaperçu. Peut-être devait-il prendre une potion qui le rendrait plus joyeux. Heureusement, l'aristocrate n'était pas aussi souriant que le Survivant, le changement serait moins visible. Enfin il l'espérait.
Il devait réfléchir rapidement avant que le sort ne fasse effet. Quels autres changements étaient apparus chez Potter ? Il parlait beaucoup moins. Draco passa le reste de l'après-midi à se faire des notes pour se souvenir de tout ce qu'il devait faire pour paraitre le plus « normal » possible.
Le soir arrivait quand il sentit les premiers effets.
C'était une sensation étrange. Cela ne faisait pas mal et pourtant, c'était horrible. C'était comme si tous ses souvenirs perdaient leur couleur, leur saveur… Tout devenait gris et froid.
Les souvenirs passaient.
Ses elfes de maison qui lui faisaient son dessert préféré quand il était de mauvaise humeur. Sa mère qui lui préparait un lait chaud quand il était malade. Son père qui l'avait consolé la première fois qu'il était tombé de son balai. La fierté de ses parents quand il était entré à Serpentard.
Cela s'accélérait, prenait plus d'ampleur. Toutes les sentiments disparaissaient, les bons comme les mauvais, remplacés par le vide.
Sa peur quand Voldemort était revenu. Quand il avait pour mission de tuer Dumbledore. Sa terreur quand il avait reconnu Potter à côté de sa tante Bellatrix au manoir et qu'il avait menti. La joie de voir Pansy et Blaise enfin fiancés. Les discussions sans fin avec Théo. Son procès et son envie de hurler sur toutes ces heures d'intérêts généraux. Son amitié bizarre avec Granger. La première fois qu'il avait revu Potter ce lundi et qu'il lui avait tendu la main. Son frisson quand il avait compris que Potter était devenu Harry dans son esprit. Le sourire quand le brun l'avait vu venir à la réunion des Aurors alors que ses heures étaient finies. Ce sourire si franc, si plein d'espoir qui avait fait faire un bond au cœur de Draco. Les autres Aurors qui l'avaient invité à boire un verre après pour le remercier silencieusement de son retour. La douloureuse compréhension de son amour pour Harry. Le sourire de Potter quand il lui avait proposé un rencard. Le sourire de Harry. Lumineux et doux. Le sourire de Harry. Harry. Harry. Harry…
oOo
Le Survivant tomba sous le choc. Pendant un moment, il ne respira plus, trop occupé à tenter de gérer l'impact.
« Harry ! »
Hermione hurla à côté de lui mais il ne l'entendit que vaguement.
« Est-ce que ça va ? Harry, qu'est-ce qu'il y a ? »
Il percevait l'inquiétude de son amie mais il n'était pas en état de lui répondre. Il allait partir pour rentrer chez lui quand, d'un coup, il avait eu l'impression d'une explosion dans sa poitrine. Il hoqueta sous la douleur quelques secondes avant de prendre une grande bouffée d'air salvatrice. Et là, Harry se mit à rire et à pleurer en même temps. Hermione sortit sa baguette mais sans savoir quoi en faire. Elle tentait de voir s'il était blessé et s'il ne fallait pas l'amener rapidement à Sainte Mangouste. Entre deux rires et sanglots, le brun essaya de la rassurer.
« Ça va. Ça va. »
Ce n'était qu'un murmure et cela n'arrangea pas la situation. Finalement, le Survivant parvint à se redresser au moins sur ses genoux et essuya ses yeux.
« Oh par Merlin, Herm'… »
Il ne savait pas par où commencer.
« Je suis désolé, vraiment désolé. J'ai été stupide et… »
« Quoi ?! » L'interrompit abruptement son amie.
Elle se plaça devant lui et le regarda attentivement dans les yeux. Puis elle réalisa.
« Oh ! Harry. C'est toi, c'est bien toi ? »
Il hocha la tête en souriant de plus belle et elle se jeta à son coup en reniflant.
« Mon dieu, que s'est-il passé ? Tu nous as fait si peur, on ne comprenait pas ce que tu avais. »
Le brun serra la jeune fille, tentant de la calmer.
« Je vais tout t'expliquer mais attendons que Ron soit rentré. »
« Je vais lui envoyer un hibou. Il doit encore être à ton appartement. »
« Pourquoi est-ce que Ron est à mon appartement ? »
Harry fronça les sourcils en voyant l'air gêné de la brunette.
« Il est allé chercher des indices pour trouver ce qu'il t'arrivait. »
Elle évita délibérément de mentionner Malefoy, préférant attendre le retour de son mari.
Le rouquin arriva quelques instants après le départ de la missive, l'air étrangement sombre. Néanmoins son regard s'alluma quand il vit le sourire de son meilleur ami.
« Bordel, tu nous as fait une de ces frayeurs mon pote. Ne recommence jamais un truc comme ça. »
Ron le serra dans ses bras et Hermione partit dans la cuisine chercher de quoi enfin nourrir le Survivant.
« Raconte-nous tout. » Déclara la brunette, d'un ton sans appel.
Et Harry raconta.
Il était sur une enquête de trafic d'objets maudits et il devait interroger une certaine Hécate dans l'allée des embrumes. Et il avait rencontré cette femme étrange et envoûtante. Il savait qu'il aurait dû se méfier mais elle avait tout de suite vu qu'il n'allait pas bien.
« Je ne me remettais pas du refus de Malefoy. Je n'arrêtais pas d'y penser et d'essayer de comprendre. Je revoyais sans cesse les mots qu'il m'avait dit et ça faisait tellement mal. Je sais que j'aurais dû passer à autre chose mais je n'y arrivais tout simplement pas. Et Hécate a promis de régler mon problème. »
« Oh Harry…. »
Il savait bien sûr qu'elle était dangereuse mais elle avait trouvé les mots pour le persuader. Au début, il avait résisté mais la douleur ne voulait pas partir et croiser Draco tous les lundis était devenu une torture. Alors il était allé voir Hécate.
« Probablement la décision la plus stupide de ta vie, mon pote. »
Le brun sourit. Bien sûr qu'il avait été stupide. Mais sur le moment il n'avait vu que la fin de la douleur et était passé à côté du piège flagrant. Et il avait échangé son cœur contre la promesse de ne plus ressentir cette souffrance au fond du ventre.
« Tu paraissais tellement apathique. Tu ne mangeais plus et rien ne te faisait réagir. On ne savait plus quoi faire. » L'informa Hermione.
« C'était bizarre comme sensation. Je ne me sentais pas mal. C'est comme si rien n'avait de saveurs. Rien ne comptait. Juste… être là. »
Et puis la question était venue, inévitable.
« Mais comment as-tu récupéré ton cœur alors ? »
« Je ne l'ai pas fait. » Répondit Harry en fronçant les sourcils.
Ron s'éclaircit la gorge et tous les regards convergèrent vers lui.
« Comme tu refusais de nous expliquer ce qu'il t'était arrivé, on a dû chercher par nous-même. Comme personne ne pouvait nous donner d'informations, on a tenté une approche plus radicale et Hermione devait te tenir occupé chez nous pendant que nous fouillions ton appartement. » Raconta son ami un peu mal à l'aise.
« Nous ? »
Le Survivant ne s'attarda pas sur l'invasion de sa résidence et espéra que Ron n'était pas tombé sur ses revues pornos.
« Oui. Moi et Malefoy… »
« Quoi ?! »
« J'avais besoin d'aide et Malefoy a dit qu'il se sentait coupable de ce qu'il t'arrivait. »
« Ah oui bien sûr. »
Harry pouvait sentir que son cœur était bel et bien revenu rien que par la morsure de la déception qu'il ressentait.
« Oui, enfin, ça c'était son excuse mais j'étais déjà pas vraiment convaincu. Je ne l'ai jamais vu aussi inquiet pour quoi que ce soit. Plus on interrogeait les gens, plus on perdait espoir de pouvoir te sauver et plus il devenait vraiment dingue. Il a quasiment agressé la secrétaire du service. Et puis… »
Le garçon prit une inspiration avant de continuer, incertain sur la réaction de Harry.
« Et puis à ton appartement, il a trouvé quelque chose et il m'a menti. Je savais très bien qu'il avait vu un truc parce que, si avant il avait juste l'air inquiet, là il était littéralement terrifié. J'étais persuadé qu'il me cachait quelque chose et je ne comprenais pas pourquoi. Alors je l'ai suivi après qu'il soit parti de chez toi. Et je l'ai vu rentrer chez Hécate. »
Le brun sentit les pulsations de son cœur s'accéléraient. Draco n'avait pas fait ça.
« J'avais déjà entendu parler d'elle et je savais que c'était pas bon signe. Et j'ai réalisé qu'il m'avait menti car il ne voulait pas que je sois mêlé à ce qu'il allait se passer, ce qui voulait dire que c'était pire que ce que j'imaginais. »
Harry se leva, incapable de rester tranquille. Qu'est-ce que Draco avait fait ? Il essayait de se raisonner, tentant de se persuader que l'aristocrate n'avait rien fait de stupide, que ce n'était pas son genre.
« Il n'est pas resté longtemps, à peine vingt minutes mais il semblait mal en point quand il est sorti. Et peu après j'ai reçu le hibou de Hermione. Il a dû trouver le moyen de te rendre ton cœur mais… »
« Mais à quel prix ? » Finit Harry.
Il secoua la tête. Pourquoi Malefoy avait-il fait ça ? Par culpabilité ? Ou pour une autre raison ? Et plus important encore… qu'avait-il échangé contre le cœur de Harry Potter ?
« Il faut qu'on aille le voir. Je dois savoir ce qu'il a fait. »
« Eh bien, ça attendra demain ! » S'exclama Hermione.
Le Survivant voulu répliquer mais elle l'interrompit.
« Tu as presque frôlé l'internement à Saint-Mangouste et Merlin sait depuis combien de temps tu n'as pas eu un vrai repas et une nuit de sommeil complète. Je t'ai vu dépérir pendant des semaines alors tu vas d'abord reprendre des forces aujourd'hui. Nous irons voir Draco demain. »
Les deux garçons pouvaient entendre dans sa voix toute l'inquiétude qu'elle avait enduré pendant ces semaines d'incertitude. Ron posa une main sur l'épaule de son ami et hocha la tête, signe qu'il était d'accord avec sa femme. Comprenant qu'il n'avait pas le choix, Harry signala son accord et soupira, toutes ses pensées dirigées vers une seule personne.
oOo
Le lendemain, le célèbre trio alla frapper à la porte du manoir Malefoy. Un elfe vient leur ouvrir et Harry expliqua qu'ils désiraient voir son maître.
« Je regrette Mr Potter mais Mr Malefoy est très occupé. »
« Peux-tu lui dire que c'est moi qui veut le voir ? Je pense qu'il s'attend à ma visite. »
L'elfe sembla hésiter et disparut un bref instant avant de revenir dans un « pop » caractéristique.
« Je suis désolé. Mr Malefoy ne peut pas vous recevoir. »
Le survivant fronça les sourcils. Il se tourna vers Ron et put dire à son expression qu'il était en train d'évaluer leur chance de réussir à rentrer par effraction. Vu sa moue, le taux de réussite était trop bas pour essayer.
Hermione les tira tous deux, comprenant la première que ça ne servirait à rien d'insister.
« Vous n'aurez qu'à le coincer après la réunion du lundi. » leur conseilla-t-elle.
Le lundi, Harry tenta bien retenir le blond mais celui-ci se faufila dehors avec une dextérité qui aurait forcé le respect si le Survivant n'était pas si désespéré de lui parler.
Une semaine plus tard rien n'avait changé et, ayant essayé toutes les possibilités « acceptables » le brun passa au plan B.
Hermione se tordait les mains nerveusement. Elle était autant persuadée du fait que c'était une mauvaise idée que du fait qu'ils devaient en passer par là.
Quelqu'un toqua à la porte de son bureau.
« Oui ? »
Draco pénétra dans la pièce.
« Tu m'as demandé de venir pour un dossier ? »
« En effet, entre, je t'en prie. »
À peine le blond ferma la porte que Harry sortit de sous sa cape d'invisibilité et jeta un sort sur l'entrée.
« Qu'est-ce que cela signifie ? »
« Je suis navré Draco mais… » Se désola Hermione.
Le brun se jeta immédiatement sur l'aristocrate et enserra ses bras.
« Je veux savoir ce que tu as fait comme échange avec Hécate. » Dit-il, déterminé.
« Cela ne te regarde pas. » Répliqua l'autre tranquillement.
« Tu ne comprends pas, elle est dangereuse. Il peut y avoir des effets secondaires et… »
Le survivant pâlit soudainement et regarda Malefoy plus attentivement.
« Lâche-moi. »
Mais Harry ne l'écouta et, au contraire, commença à déboutonner la chemise du garçon. Celui-ci essaya de se débattre et de protester mais l'Auror était plus fort, sans surprise. L'ancien Gryffondor trouva finalement ce qu'il cherchait et il ne put retenir un gémissement douloureux en comprenant ce que Draco avait fait. Il contemplait la cicatrice au niveau du cœur qu'il avait lui-même abordé quelques jours plus tôt.
« Pourquoi ? Pourquoi as-tu échangé ton cœur contre le mien ? » Murmura le Survivant.
La jeune fille écarquilla les yeux à ses mots et se pencha pour voir elle aussi la blessure. Harry chercha dans les yeux vide du blond une réponse que celui-ci n'était plus en mesure de lui donner. Cette réalisation fit encore plus de mal au brun. L'homme qui se tenait devant lui n'était pas Draco Malefoy. Pas entièrement.
Le Survivant contempla encore un instant ce regard sans sentiment, sans joie ni tristesse, juste un vide qui brisa le cœur de Harry.
« On va trouver une solution. On va te sortit de là. » Promit-il.
« Je m'en sors très bien tout seul, Potter. »
Malefoy reboutonna sa chemise comme si de rien n'était.
« Tu ne peux pas… t'en sortir. Tu ne te rends pas compte dans quel état tu es. » S'inquiéta-t-il.
« Sache Potter qu'avant que le sort ne fasse effet, j'ai pris certaines dispositions. »
« Quelles dispositions ? » Demanda Hermione, curieuse.
« Je n'ai pas à vous en parler. »
Harry réfléchit rapidement pour faire parler Malefoy. Basé sur sa propre expérience, il ne servait à rien d'appuyer sur ses sentiments.
« Sauf que… Si tu nous en parles, on ne t'embêtera plus. Si tu ne le fais pas, je vais devoir en parler à tout le monde de ce que tu as fait. »
Le blond fronça les sourcils et sembla peser le pour et le contre.
« Soit. Je me suis lancé un sort qui m'oblige à chercher chaque soir pendant deux heures une solution dans les livres de ma bibliothèque. »
« Intéressant. » Fit la jeune fille.
Son esprit logique reprenait le dessus. Probablement un dérivé du serment inviolable.
« Maintenant, je dois retourner travailler. »
Et Malefoy partit sans plus de cérémonie. Harry s'affala sur la chaise, se sentant affreusement coupable.
« Tout est ma faute. Draco est en train de risquer sa vie à cause de moi. »
Hermione se mordit les lèvres ne sachant pas comment réconforter son ami.
« Ecoute, on va trouver une solution, d'accord ? Et c'est aussi un peu de la faute de Draco. Il n'aurait pas échangé son cœur, s'il ne tenait pas réellement à toi. Je ne comprends donc toujours pas pourquoi il t'a rejeté. » Finit-elle pensive.
« J'aurais dû me montrer plus prudent, plus malin. Comment est-ce que je n'ai pas vu les risques ? »
Le Survivant prit sa tête entre ses mains. Il pouvait sentir la culpabilité le ronger de l'intérieur. Pourquoi prenait-il toujours des décisions impulsives et irréfléchies ? Il avait grandi, par Merlin, il était même Auror. Comment avait-il pu laisser cela se produire ?
« Je ne me le pardonnerais jamais s'il lui arrivait quelque chose. »
« Je sais Harry. Va avec Ron voir cette Hécate et s'il n'y pas un moyen d'arranger ça maintenant qu'on sait quel marché Draco a passé avec elle. »
oOo
Directement après le travail, les deux amis se dirigèrent vers la minuscule devanture. Harry poussa la porte et Ron découvrit pour la première fois le magasin. L'endroit l'oppressait quelque peu et il ne pensait pas que c'était seulement dû à l'étroitesse du lieu. Il y avait quelque chose dans l'atmosphère qui ne le rassurait pas.
Ils atteignirent bien vite le comptoir et Hécate sortit de l'arrière-boutique.
« Que puis-je faire pour vous ? »
« Nous voulons savoir comment rendre son cœur à Draco Malefoy. »
Le rouquin grimaça un peu. Il n'était pas sûr que d'y aller franchement avec cette femme soit la meilleure des tactiques.
« Je crains que vous ne deviez demander cela au principal concerné. » Répondit-elle sans sourire.
« Nous nous sommes dit que vous seriez plus à même de nous renseigner. »
« Je suis navrée mais il existe un principe de confidentialité avec mes clients. Comme vous le savez. » Ajouta-t-elle narquoise.
Harry serra les dents. Il n'avait ni la subtilité, ni la rhétorique de Malefoy et il avait dû mal à garder son calme. Mais il était aussi déterminé que Draco l'avait été à le sortir de là.
« Ecoutez-moi attentivement. Je ne suis pas le premier sorcier venu. Je suis Auror. Je peux fouiller chaque aspect de votre affaire, chercher la moindre erreur que vous auriez pu faire et retourner votre magasin jusqu'à obtenir ce que je veux. Croyez-moi quand je vous dis que vous ne voulez pas avoir Harry Potter comme ennemi. »
Les deux se jaugèrent du regard et Ron retient son souffle. Harry répugnait à faire valoir le nom qu'il portait (et de toute la partie « vainqueur du mage noir » que cela sous-entendait) pour obtenir quelque chose. Mais quand il le faisait, il avait généralement une bonne raison.
« Je peux seulement vous montrer le contrat que Mr Malefoy a signé. » Finit-elle par dire, réticente.
Weasley souffla de soulagement et Harry hocha la tête. Elle sortit le papier et les deux garçons le regardèrent attentivement. Le Survivant serra les dents. Impossible d'échanger son cœur contre celui de Draco puisqu'aucun autre cœur de pouvez remplacer le sien selon le contrat. Le brun se demanda si le blond avait anticipé le fait que Potter pourrait le faire.
« Qu'est-ce que vous entendez par « Un objet d'égal valeur » ? » Questionna Ron.
« Un cœur vaut énormément de pouvoir. Il faudrait un objet qui a un pouvoir équivalent. Comme une relique ancienne et magique. »
Ce qui sous-entendait un objet de magie noir se dit le garçon en frémissant. Ils partirent peu après, pas plus avancé qu'avant.
« Comment on va faire ? » Se lamenta Harry.
« Tu sais ce que dirait Hermione ? »
« Non… »
« Allons à la bibliothèque ! »
Le Survivant essaya de rire sous la boutade mais le cœur n'y était pas.
« Je suis sérieux tu sais. Va à Poudlard. Il doit bien y avoir un ouvrage qui parle de ce satané sort dans la réserve interdite. Pendant ce temps, je vais chercher après des objets anciens. »
« C'est vraiment gentil à toi de m'aider Ron, mais tu n'es pas obligé. Je me suis mis tout seul dans cette situation. »
« Dis pas de bêtises. Si les amis ce n'est pas fait pour aider, alors qui le fera ? »
Le soir même, Harry envoya un hibou à la directrice de Poudlard pour avoir accès à la bibliothèque de l'école. Il se coucha et dormit mal, ne pouvant arrêter de penser à Draco.
Étrangement, McGonagall accepta tout de suite et sans poser de questions. L'ancien Gryffondor espérait que la femme avait dans l'idée que c'était pour son travail d'Auror et non pour des raisons personnelles.
La semaine qui passa, Harry fouilla chaque livre, chaque recoin de la bibliothèque en vain. Même les ouvrages concernant la magie noire n'en parlaient pas ou seulement à demi-mot ce qui ne donnait pas d'informations pertinentes. Le Survivant espérait que Ron s'était montré plus prolifique dans sa recherche que lui. Peut-être qu'il aurait dû proposer à son ami de regarder dans son coffre à Gringotts s'il n'avait pas quelque chose. Après tout, il n'y avait pas eu que de l'argent dans celui de Bellatrix Lestrange, alors pourquoi n'en serait-il pas du même dans celui d'un Potter. Harry n'avait jamais pris la peine de regarder mais peut-être que… Soudain le brun se redressa brusquement de sa chaise. Par Merlin pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ! Sa cape ! Sa cape d'invisibilité !
Un objet ancien et magique, c'était exactement ce qu'il cherchait. Si une Relique de la mort ne valait pas un cœur amoureux alors rien d'autre ne le pouvait.
Immédiatement, Harry partit chez Ron pour lui annoncer sa trouvaille.
Il toqua énergiquement à la porte et rentra rapidement, encore agité.
« Ron, Ron ! J'ai trouvé une solution pour Draco. »
Il pénétra dans le salon où Hermione et son époux, le regardèrent un moment, perplexes.
« Quoi ? » Demanda la jeune fille, perdue.
« La relique de grande valeur ! Ma cape d'invisibilité fera parfaitement l'affaire. »
Le brun souriait, soulagé d'avoir enfin trouvé le moyen de sauver la vie de Draco. Il se tourna pour voir l'expression du rouquin. Et ce n'était pas une expression contente ou soulagée. Harry fronça les sourcils.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Puis il réalisa. « Tu y avais déjà pensé... »
Ce n'était pas une question mais son ami hocha la tête.
« C'est pour ça que tu as dit que tu allais t'occuper de la relique. Tu avais déjà pensé à ma cape quand on était chez Hécate. »
Il y avait un accent de colère dans la voix de Harry que Ron perçut tout de suite.
« Oui, j'y ai rapidement pensé. Et j'ai rejeté cette idée aussi rapidement. »
« Mais pourquoi ? Tu avais le moyen de le sauver et tu n'as rien dit ! » S'exclama le brun, indigné.
« Parce que je savais aussi ce que cela impliquerait. »
« Comment ça ? » Demanda le brun sans comprendre.
« Pour la majorité des sorciers, cette cape est une Relique de la mort. Un objet puissant. Mais pas pour toi. Pour toi, c'est le seul lien que tu as avec tes parents. »
Ron força son ami à s'asseoir et prit place en face de lui. Il se pencha vers le Survivant et le regarda droit dans les yeux.
« Tu n'as aucun souvenir d'eux. Tout ce qu'ils t'ont légué, c'est un album photo, une maison détruite et une cape grâce à laquelle nous avons vécu et accompli des choses extraordinaires, tout comme ton père avant nous. Ce n'est pas une relique magique pour toi, Harry. C'est une partie de qui tu es. »
Le rouquin soupira et son ami resta silencieux.
« Je te connais. Je sais que si tu penses que c'est la meilleure chose à faire, tu le feras. Qu'importe le prix. Comme lors de la bataille finale quand tu es allé trouver Voldemort dans la forêt interdite, seul. Mais et après ? Tu penses que tu pourras pardonner à Draco de t'avoir fait perdre ce dernier lien avec tes parents ? Comment tu penses que lui se sentira quand il comprendra le sacrifice que tu as fait ? »
« C'est mon choix, je peux vivre avec. »
« Mais peut-être pas lui. Il a échangé son cœur pour toi, en sachant pertinemment les risques qu'il prenait. Mais il l'a fait et il s'est en plus assuré que tu ne puisses pas refaire un échange. Que tu ne fasses pas deux fois la même erreur. »
Ron appuya bien sur la dernière phrase, pour être certain que Harry comprenne. Il baissa les yeux et continua de parler.
« Tu sais, avant la dernière bataille, j'aurais peut-être hésité mais je t'aurais laissé faire. Je me doutais de l'importance de ta cape d'invisibilité à tes yeux mais ce n'est qu'après… après la mort de Fred que j'ai réellement compris ce que cela signifiait. Il y a une différence entre savoir quelque chose et le comprendre. Je vois comment George se rattache à tout ce qu'il peut de Fred. Cela te brisera le cœur de perdre ta cape. »
Le Survivant déglutit, bouleversé par les paroles de son ami. Il avait raison, bien sûr. Une part de lui savait qu'il n'avait pas pensé plus tôt à la relique car il ne voulait pas s'en séparer. Mais…
« Et si c'était le seul moyen de sauver Draco ? » Demanda-t-il.
« Je suis sur une piste en ce moment. Laisse-moi encore une semaine… »
« Une semaine ! »
« Tu as tenu près de trois mois. Je pense que Malefoy survivra trois semaines. Et Hermione l'a à l'œil. »
La jeune fille sourit et posa une main rassurante sur celle de son ami.
« Je te demande juste une semaine de plus. Si d'ici là je n'ai rien trouvé… On repensera à la cape d'invisibilité. »
Harry prit sa tête et soupira lourdement.
« D'accord. Une semaine. Mais pas un jour de plus. »
Ron lui sourit et cela ne le rassura pas.
À Suivre…
N'hésitez pas à laisser une petite review pour le petit auteur que je suis :)
À dans deux semaines pour le chapitre 3 !
