Cet os a été écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "chausette" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Fin, petit et mou

Noël.

Aux yeux de James Potter, Noël avait toujours été une des meilleurs périodes de l'année.

La neige engloutissait enfin la boue de l'automne, les arbres défroqués se recouvraient d'un manteau blanc, la pluie froide et mouillante était remplacée par de légers flocons en suspension dans l'air et puis… Noël avait toujours été synonyme de bataille de neige, de vacances, de famille et… de cadeaux !

Depuis qu'il était petit, James accordait une importance toute particulière aux cadeaux qu'il offrait et à ceux qu'il recevait. Pour lui, un cadeau de Noël se devait d'être personnalisé, adapté à chaque personne, longuement pensé. Après tout, on avait toute l'année pour y réfléchir et on savait toujours à l'avance quand Noël tomberait (aux contraires des anniversaires). Il n'y avait donc aucune excuse pour ne pas avoir le cadeau parfait.

Aussi, chaque 25 décembre, James se levait aux aurores, surexcité, déchirant ses paquets cadeaux avec l'enthousiasme d'un enfant qui n'avait jamais rien reçu de sa vie (ce qui n'aurait pas pu être plus loin de la vérité) et les yeux pétillants de bonheur.

Ce Noël, en plus, était tout particulier car Lily Evans, aka la fille dont il était amoureux depuis des mois (si ce n'était des années) avait promis de lui faire un cadeau et il n'en pouvait plus d'attendre. Il repéra immédiatement le paquet de la jeune fille, dans un emballage rouge vermillon adapté à la saison. Il le secoua, le poussa, le pressa. C'était assez fin, petit et mou. Une pièce de vêtement peut-être ? Il n'en était pas très sûr…

Une boule se forma dans sa gorge. Oh non, et si Lily, sa femme parfaite, était de celles à acheter une babiole à Noël ? Le premier truc inutile passant faisant l'affaire, montrant juste à la personne destinataire à quel point elle avait peu d'importance et à quel point on ne la respectait pas.

Non, décida-t-il en déchirant le paquet d'un geste vif et expert. Lily était une femme parfaite, il l'avait décidé des années avant. Jamais elle ne lui ferait un coup pareil… Son cadeau serait merveilleux, adapté, personnalisé et rempli de son amour qu'elle n'osait avouer- une chaussette.

Une CHAUSSETTE. Lily lui avait offert une chaussette. James resta coi pendant un long moment devant l'objet inattendu. Une grosse chaussette rouge, surplombée d'une bande blanche en fausse fourrure et sûrement cinq pointures trop grande. Lily lui avait offert une chaussette. Il vérifia trois fois dans l'emballage s'il ne s'était pas trompé. Avant de réaliser.

Lily lui avait offert UNE chaussette. Pas une paire de chaussettes, non. Une seule et unique chaussette. Non seulement, elle avait acheté le premier truc stupide qui lui était tombé sous la main, à la mauvaise taille, d'une laideur incommensurable mais en plus, elle avait si peu prêté attention à son cadeau qu'elle ne lui en avait offert que la moitié.

Un horrible goût de bile, de déception et de trahison envahit la gorge de James. Avec lenteur, presque douleur, il fourra la chaussette dans la poche de sa robe et descendit dans la salle commune, oubliant même tous ses autres cadeaux géniaux derrière lui, bien décidé à obtenir des explications sur cet acte ignominieux.

Tel un lion tournant en cage, il fit les cent pas, la chaussette à la main, la frustration s'insinuant dans chaque fibre de son corps. Oh la punition qu'il allait lui faire subir… Sa vengeance serait terrible. A quoi pensait Lily ? Se moquait-elle de lui délibérément ? Mais c'était la femme parfaite ! Elle ne pouvait pas !

« James ? Tout va bien ? lui demanda la voix inquiète de Sirius dans l'escalier. Tu n'as pas ouvert tes cadeaux

— J'ai un compte à régler d'abord » grogna l'adolescent en se remettant à marcher.

Son ami n'insista pas et Lily, qui ne descendit qu'une heure plus tard de son dortoir, n'eut pas le temps de voir la tempête qui s'abattit sur elle approcher.

« Qu'est-ce que c'est que CA ? » hurla James en tendant la chaussette infâme devant lui comme preuve du crime.

Lily, les yeux encore gonflés de sa nuit, regarda ce qu'il lui montrait. « Euh… une chaussette de Noël ?

— Oui, exactement, UNE chaussette ! continua de crier James. Une CHAUSSETTE ! Tu m'as offert une chaussette !

— Je t'ai offert une chaussette, répéta Lily dont les neurones peinaient à se reconnecter.

— Alors tu avoues ? Ce… truc – James secoua la chaussette comme s'il avait s'agit d'un sac rempli de bouse de dragon – est ce qui tu as pu me trouver de mieux comme cadeau de Noël ?

— Je pensais que tu apprécierais le symbolisme, expliqua la jeune fille en se rapprochant de lui pour lui prendre l'acte de l'accusation des mains. Tu es plutôt un romantique dans ton genre, non ?

— Le symbolisme ? Romantique ? répéta James en ouvrant les yeux comme un poisson. Et c'est quoi, l'idée ? Je te souhaite de devenir unijambiste à pied de Troll ?

— Non, idiot, c'est une chaussette de Noël ! Tu l'accroches sur la cheminée pour que le Père Noël y dépose des gourmandises la veille de Noël… C'est une tradition moldue… »

James posa à nouveau les yeux sur la grande chaussette, puis sur Lily. Il commençait à réviser son jugement hâtif sur le cadeau le plus pourri de tous les temps.

« Je me disais que peut-être…, murmura-t-elle en prenant la main de James entre les siennes, tu en aurais besoin si nous décidions de passer Noël ensemble l'année prochaine »

James baissa les yeux sur leurs mains entrelacées puis sur l'immense chaussette et un grand sourire vint entacher son visage boudeur.

Pas de doute, cette chaussette était sûrement le plus beau des cadeaux qu'il recevrait cette année…