Merci pour vos commentaires, c'est vraiment dynamitant (c'est un mot ça ?). Je sais que certains d'entre vous ont apprécié le début « dur » et la narration interne. Or, il n'y a ni l'un ni l'autre dans ce chapitre, donc j'espère que vous ne décrocherez pas quand même. ^^' J'essaierai de poster rapidement, je peux rien promettre mais je m'y efforcerai.

Chapitre 1 « Je te vois »

« Britt, tu penses au futur, parfois ? »

Elles étaient installées sur l'immense divan du salon chez Brittany. C'était un vendredi soir et il était deux heures du matin. La maison était vide et plongée dans la pénombre, mis à part la lueur bleutée de l'écran de télévision devant elles. Chacune portait la fatigue d'une semaine de cours, mais aucune des deux ne voulait encore lâcher prise et dormir, elles avaient l'habitude. Ces heures, qui leur appartenaient à elles seules, pour rien au monde elles ne les auraient gâchées. Plus tard, elle se souviendrait de chacune d'elles.

Un soir glacial de novembre. Et ce soir-là, elles regardaient un film. Un film naze, comme Santana l'avait fait remarquer à plusieurs reprises. Le genre de film gluant et romantique avec un crédit si bas que certains acteurs devaient incarner plusieurs personnages. Mais étrangement, sa meilleure amie aimait particulièrement ce genre de film à l'eau de rose. C'est en voyant l'acteur principal (un blond dont les cheveux étaient si graisseux de laque qu'elle se demandait comment les mouches ne restaient pas engluées dedans) prendre des initiatives envers sa belle que ses pensées se tournèrent naturellement vers son amie, et que vint la question. La question qui brûla les lèvres de Santana. Un léger froncement de sourcil accompagna la réponse de Brittany.

« Parfois... Pas toi ? »

Santana se retourna vers son amie. Elle attrapa une de ses mèches qu'elle tritura nerveusement. Un geste familier. Elle ne répondit pas, au contraire, elle posa une nouvelle question.

« Et... Qu'est-ce que tu vois ? »

La question fit froncer des sourcils Brittany. Elle replia ses jambes sous elle d'une manière plus confortable, pensive. Elle avait complètement oublié le film, qui ne bougeait visiblement pas beaucoup à en juger par la bande son quasiment silencieuse.

« Je ne sais pas trop», avoua finalement la blonde après un long moment. « Peut-être danseuse. Quelque chose comme ça, dans une ville où tout le monde m'aime. Et Lord Tubbington est encore avec moi, même s'il m'a avoué qu'il voulait voyager.»

Santana ne réagit pas. Elle continuait de fixer Brittany avec un mélange d'appréhension et d'espoir.

« Et c'est tout ? Je veux dire... Tu vivrais seule ? »

Brittany se mordit la lèvre inférieure.

« Je ne sais pas... Je ne suis plus avec Artie alors ce n'est pas avec lui que je me verrais je crois. »

La brune lâcha silencieusement un soupir de soulagement.

« Je vais me refaire une infusion aux olives, tu en veux ? » proposa soudain la blonde.

« Sûrement pas », grimaça Santana en retour, « mais je veux bien que tu reviennes avec un autre café. »

Un thé aux olives ? Qui d'autre que Brittany pouvait boire un tel mélange ? Coach Sylvester peut-être, songea t-elle avant de se souvenir que Sue n'était plus sa Coach. Elle regrettait que Brittany ne soit pas allée au bout de son raisonnement. Elle n'avait obtenu qu'un début de réponse, et si ce n'était pas négligeable, ce n'était certainement pas suffisant. Mais qu'attendait-elle au juste ?

Brittany revint avec deux tasses fumantes, et la simple vue de la blonde et de son sourire lui fit oublier tout le reste. Y compris la vérité que son cheminement de pensées aurait pu révéler.

« Et voilà ! » sourit cette dernière en tendant à Santana un café brûlant.

Celle-ci lui répondit par un sourire. La blonde se laissa tomber à la place où elle se trouvait précédemment, et prit un air vide en fixant le liquide noirâtre dans la tasse de son amie.

« San... c'est ton troisième café. »

« En effet. »

« Tu ne pourras pas dormir. »

Le sourire tendre de Santana s'étira en un sourire malicieux.

« Mmh... tu comptais dormir ? » répliqua t-elle avec un clin d'œil explicite.

La brune avala une gorgée de café brulant et grimaça. Brittany pris un air confus typiquement... Brittany. Elle posa sa tasse, perplexe. Voyant son geste et sa confusion, Santana l'imita puis se glissa langoureusement jusqu'à elle sans se départir de son sourire. Typiquement Santana. Leur visages étaient très proches.

« D'accord, on va faire autrement... »

Doucement elle prit le menton de Brittany dans sa main, et l'inclina pour atteindre son cou. Cette dernière avait compris ses intentions aussitôt que Santana s'était approchée. Ce n'était pas comme si c'était la première fois que Santana terminaient leur soirée de cette manière. Et son regard était toujours le même, dans ces occasions. Pétillant. La blonde ferma les yeux à demi et s'inclina contre le sofa, se laissant aller...

Elles se couchèrent à quatre heures. Comme de coutume, Santana ne leur permit pas de dormir ensemble après l'acte, et malgré la fatigue, elles ramassèrent leurs affaires et allèrent dans leur chambre. Santana prit la chambre d'ami à laquelle elle était habituée et Brittany sa chambre.

Mais si la blonde s'endormit immédiatement (son amie avait presque dû la porter jusqu'à son lit) après avoir usé de ses dernières forces pour vérifier si rien ni personne ne se cachait sous son lit, la brune mit longtemps à trouver le sommeil. Depuis quelques temps, elle savait que si elle refusait de dormir avec Brittany quant elle venait chez elle, ce n'était pas seulement pour éviter les soupçons que ses parents auraient pu avoir ou des discussions gênantes, il y avait autre chose... Elle avait pour principe de ne jamais embrasser quand elle couchait avec quelqu'un, et à ne pas avoir de sentiments. Cela lui avait toujours semblé absurde de faire l'amour en aimant la personne et non simplement pour avoir vraiment du plaisir. Elle pensait que c'était simplement du gâchis et plaignait les couples dans cette situation. Mais depuis quelques mois, au fur et à mesure de leurs rendez-vous, elle avait eu de plus en plus de mal à ne pas se laisser aller avec Brittany. . Il y avait beaucoup de choses qu'elle aimait chez elle, sans compter ses courbes. Elle aimait la façon de voir le monde de la blonde, son regard bleu azuré, sa manière de pouvoir faire de n'importe qui son ami, sa démarche, son odeur... En fait, elle aimait tout chez elle. Elle n'en avait pas pris conscience tout de suite. Mais la vérité était là, elle se retenait à grand peine de l'embrasser, lorsqu'elles étaient seules. Pire, elle avait faillit lâcher un "je t'aime" au moment ultime. Elle s'endormait lorsqu'elle eut cette pensée et elle sursauta, parfaitement éveillée. La vérité, comme un bourgeon de printemps, commençait éclore dans sa tête. Mais pour l'heure, Santana se sentait beaucoup trop fatiguée pour aborder ce genre de problèmes, et refusait de toute façon d'admettre quelque chose d'aussi absurde que des sentiments, simplement parce que son corps et son esprit n'étaient pas dans leur état normal lorsqu'elle prenait du bon temps avec Brittany. Jamais elle ne reconnaitrait une chose pareille. Jamais, avait-elle pensé.

Plusieurs semaines avaient passés depuis cette nuit-là, et Santana refusait de laisser émerger des sentiments qui se faisaient de plus en plus pressants en elle et elle se montrait par conséquent plus tyrannique que jamais envers quiconque qui n'était pas Brittany, autrement dit tout le monde et surtout Rachel, sa cible favorite. En fait, elle avait essayé de tout effacer dès son réveil. Elle avait appliqué la méthode Couet jusqu'à se convaincre elle-même qu'elle ne ressentait rien pour personne, mais dès lors qu'elle avait croisé le regard de Brittany, ses résolutions avaient fondues, à son plus grand dépit. Puis elle avait essayé toutes sortes de médicaments qu'elle avait trouvés dans un des tiroirs de sa mère, mais elle avait seulement réussis à se rendre malade pendant trois jours. Brittany était venue lui apporter les cours et avait, à nouveau, dissout d'un battement de cils tout ses projets. Elle s'était remise à sortir le soir avec Puck, d'une manière frénétique, qui étonnait le principal concerné. Mais ça ne servit à rien, sortir avec Puck lui donnait juste envie d'imaginer que c'était Brittany, et de mettre son compagnon à la porte quand elle admettait qu'il ne pourrait jamais la remplacer, au plus grand désarroi de celui-ci, complètement perdu par les humeurs de la jeune fille. Il lui fallut cinq semaines pour admettre qu'elle n'était ni malade, ni sous influence quelconque, et que c'était bien elle, Santana Lopez, qui avait un gros problème. Cependant, malgré la tension croissante en elle, elle refusait encore d'ouvrir les yeux.

Mais la situation devint vite intenable. Elle avait dû refuser deux fois à grand peine les propositions de Brittany de venir passer la nuit chez elle (elle n'était pas sûre de pouvoir se tenir si jamais elles se retrouvaient à nouveau dans le même lit) et avait failli se raviser en voyant le regard de déception de son amie les deux fois. Ses yeux revenaient sans cesse vers la blonde, malgré elle, et son corps se montrait de plus en plus incontrôlable en sa présence. Ses mains ne cessaient de la toucher pour un rien, et Santana trouvait très désagréable de devoir se battre pour l'autorité d'une chose aussi évidente que son propre corps. Sans compter que ses pensées aussi, se mettaient fréquemment à dériver vers son amie. Elle tremblait intérieurement de terreur à l'idée que quelqu'un puisse remarquer son attitude.

Un matin, alors qu'elle s'installait à sa place habituelle en cours d'espagnol après s'être excusée rapidement auprès de Mr. Schuester de son retard, elle remarqua que la place de Brittany était vide, et son cœur manqua un battement. Les pires scénarios lui traversèrent instantanément l'esprit. (Tombée à vélo dans la rivière. Ecrasée par une voiture. Coincée dans une faille spacio-temporelle. Perdue puis kidnappée. Assassinée dans un raccourci douteux.) Elle fut incapable d'entendre un mot du cours, et heureusement que Schuester la connaissait suffisamment pour comprendre qu'elle n'était pas dans son état normal et la laisser tranquille, parce qu'elle aurait été incapable de suivre quoi que ce soit. Elle envoya une dizaine de messages et aucun ne reçut de réponse. Elle tenta toute la matinée de se raisonner. Il y avait milles raisons sans gravité pour que Brittany ne soit pas venue, elle pouvait être malade ou penser que le dimanche était arrivé plus tôt cette semaine. Elle attendit jusqu'au déjeuner que son amie apparaisse, les cheveux ébouriffés, les joues rougies de s'être dépêchée et avec un sourire d'excuse maladroit à fondre. Mais nul Britt n'apparut. Santana ne tenait plus, et avant que les cours de l'après-midi aient repris, elle courait hors du lycée avec la ferme intention de se rendre chez la blonde. Il gelait, dehors, on était en novembre, mais au moins ne pleuvait-il pas.

Hors d'haleine, elle s'accorda cinq minutes de pause devant l'immense portail qui gardait la demeure des Pierce. Ils étaient riches, et ne le cachaient pas, bien que d'aussi loin qu'elle se souvienne, Santana n'avait jamais vu aucun membre de la famille se montrer hautain ou méprisant envers quiconque, surtout elle, qui ne venait pas d'un milieu aisé mais des bas quartiers. Ils étaient au contraire courtois et aimables, et très simples compte tenu de leur condition. Ce qui expliquait en partie le caractère facile à vivre de leur fille.

Une fois un peu remise de sa course, elle appuya, en se retenant à grand peine de rester le doigt dessus, sur le bouton de l'interphone jusqu'à ce qu'on lui réponde. La voix masculine du gardien lui répondit. Ce n'était pas une personne très agréable, mais au moins il connaissait Santana et ne ferait pas d'histoire. La jeune latina se présenta rapidement et expliqua qu'elle venait voir Brittany, et quelques instants plus tard, elle traversait le parc d'un pas rapide en direction de l'escalier d'entrée.

Ce fut la mère de Brittany qui lui ouvrit avant même qu'elle ait pu esquisser un geste.

« San, ça fait plaisir de te voir ici, ça faisait longtemps. Tu es venue pour Brittany ? » ajouta t-elle d'un trait tout en faisant entrer la visiteuse. Un trait soucieux barra son front. « Elle a été si malade la pauvre, on l'a veillée toute la nuit mon mari est au travail, il ne pouvait pas se désister malgré tout, je suis restée pour elle mais elle a l'air d'aller mieux, alors je vais devoir y aller, tu sais ce que c'est, on est tellement demandés... Mais ça lui fera plaisir de te voir, je vais demander qu'on vous apporte quelque chose, monte, vas-y, tu connais le chemin... »

Elle enchainait les phrases sans reprendre sans respiration, tout en débarrassant Santana de ses affaires avec des gestes rapide, en l'accompagnant jusqu'à l'escalier et la brune ne put en placer une. Si bien que la mère de son amie était repartie sans qu'elle ait pu lui dire un seul mot.

Elle monta rapidement les marches de l'imposant escalier jusqu'au premier palier, et suivit le chemin bien connu de la chambre de Brittany. Ainsi elle était malade. Pourquoi n'avait-elle pas répondu à ses messages, la laissant se morfondre dans son inquiétude ? Elle ressentit une pointe de colère alors qu'elle ouvrait doucement la porte de la chambre. Mais toute sa colère s'évanouit lorsqu'elle entra dans la pièce, en refermant la porte derrière elle. Brittany était recroquevillée sous une montagne de couvertures, et seul un bout de sa chevelure dépassait de cet amas, la faisant paraitre si vulnérable et innocente que tous les reproches acerbes et toute la colère que Santana avait pu ressentir fondirent instantanément en un amalgame de sentiments indistincts qui allaient de la tendresse à la panique de se découvrir. Elle ressentit même une stupide envie de pleurer qu'elle refoula de toutes ses forces.

Elle s'approcha lentement, veillant à ne pas perturber la tranquillité de la pièce. Et chercha le regard de son amie. Avant même qu'elle ait pu atteindre la chaise près du lit, une voix s'élevait. Elle était faible et presque inaudible mais Santana l'entendit comme si elle lui avait parlé à l'oreille :

« San... »

L'appelée s'approcha, et s'agenouilla près du visage enfiévré.

« Je suis là, B. Je suis là, maintenant. »

Brittany tenta de bouger, de se relever en position assise. Mais elle grimaça sous l'effort et retomba dans son lit. Ses joues étaient rouges, son front luisant de sueur. De nombreux médicaments étaient posés en désordre sur la table de nuit, et un linge humide était au sol, comme tombé pendant son sommeil. Santana lui pris la main et sans que son amie ait pu faire quoi que ce soit, elle posait son front contre le sien, et fermait les yeux. Aucune des deux ne bougeait vraiment et après quelques secondes, Santana s'écarta de quelques centimètres. Aussi surprenant que cela puisse paraître, quand on savait le nombre de fois où leurs corps s'étaient mêlés, jamais elles n'avaient eu un tel contact. Aussi… personnel.

« Je prends ta maladie », dit-elle simplement.

Et c'était vrai, ç'avait été la seule chose à laquelle elle avait pu penser avant de se pencher. Brittany la fixait, et son regard était brûlant de fièvre, mais un éclat de lucidité et de joie y brillait comme une flamme quand elle répondit, dans un souffle :

« Je t'aime. »

A nouveau, le temps sembla se figer. Nul mouvement dans la pièce, et il semblait que le monde ne reprendrait jamais son souffle. En tout cas, c'est ce que ressentait Santana. Stupidement, sa première pensée fut que Rachel Berry aurait adoré le romantisme du moment. Avait-elle bien entendu ? Elle ne croyait pas à l'amour, aux âmes sœurs et tout ce qui pouvait avoir trait avec les sentiments un peu trop forts. Mais son cœur menaçait de sortir de sa poitrine et elle balbutia lamentablement :

« ..Quoi ? »

Mais son amie se contenta de sourire, sans la quitter des yeux.

« Tu es malade, Britt. Faut que tu te soignes », continua t-elle d'une voix qui ne lui ressemblait pas.

Oublier ce qu'elle dit, l'oublier dès maintenant. Mais ce n'était pas dans les intentions de Brittany. Alors que la brune ramassait le linge et le rinçait dans la bassine proche en s'efforçant d'ignorer le tremblement de ses mains, Brittany s'était assise au bord de son lit en grelottant et aussitôt que Santana se fut retournée vers elle, elle l'enlaçait et la serrait dans ses bras.

« Britt !» protesta Santana, prise au dépourvu par le geste. « Tu es malade, tu vas aggraver tes symptômes si tu fais n'importe quoi, lâche-moi. Faut que tu te reposes. Ta mère va me tuer si je repars en te laissant dans un état encore pire. »

Mais au contraire, la blonde resserra son étreinte, et posa son menton sur l'épaule de son amie.

« Je ne plaisantais pas, Santana. Je t'aime, comme amie et plus, plus qu'Artie, plus que n'importe qui au monde. »

« Tu es malade », répéta mécaniquement la brune, figée, sans répondre à l'étreinte de son amie. Mais elle ne la repoussait pas non plus. Elle ne pouvait pas. Elle fixait obstinément un point sur le mur en face d'elle, par-dessus l'épaule de Brittany.

Cette dernière la repoussa brutalement, visiblement blessée par son attitude.

« Non ! Je me sens parfaitement consciente arrête de fuir Santana Lopez», s'emporta t-elle. «Tu ressens la même chose. Tu l'as dis, dans ton sommeil », ajouta t-elle devant le regard interrogateur de son amie.

« Je dis n'importe quoi dans mon sommeil », répliqua Santana sans se départir de son attitude indifférente. « Et... quand est-ce que tu qu'on a dormi ensemble d'ailleurs ? »

« Je suis venue chercher des affaires dans la chambre où tu dormais, une fois, et ça a suffit. Tu fuis encore, tu as toujours fuis. Pour quelqu'un qui prétend régner sur le lycée et être bien dans sa peau, tu es vraiment lâche Santana. Si tu étais aussi sûre de toi que tu le dis, tu sortirais avec moi. Mais ta réputation est sûrement plus importante. Excuse-moi, je t'ai sûrement surestimée. Merci pour la visite, ça m'a fait plais... »

Et soudain, elle gémit et retomba sur le lit, le visage déformé par la douleur les paupières refermées comme retenant le mal à l'intérieur.

« Britt ! » paniqua Santana.

Elle remonta les couvertures sur son amie jusqu'à ce qu'elle cesse de trembler, puis la borda. Brittany ne rouvrit pas les yeux. Des perles de sueurs s'emparaient de son front. Et soudain, elle n'en put plus des mensonges.

« Je suis tellement désolée... » murmura t-elle, ignorant si elle l'entendait ou pas. « Bien sûr que je t'aime. Depuis... depuis toujours je crois. Je me suis menti si longtemps. J'ai peur tu sais, je suis morte de peur de ce qu'on pourrait penser de moi. Les gens parlent, persécutent ceux qui sont différents... Regarde Kurt. Mais je t'aime et je ne suis pas aussi courageuse que toi Britt. J'ai tout fais pour fuir mes sentiments ces dernières semaines, mais on ne fuit pas des sentiments aussi forts. Je t'aime tellement. Je n'arrive pas à croire qu'une personne comme toi puisse m'aimer. Je n'y arrivais pas, alors j'ai réagis stupidement. Pardonne-moi je t'en supplie. Je t'aime, je veux t'aimer, je veux être avec toi... »

Une larme glissa sur sa joue, jusqu'à son menton puis tomba sur leurs mains entrelacées. Réagissant à ce contact, la main de Brittany serra brièvement la sienne. Elle avait parfaitement entendue.

Et soudain, Santana se sentie apaisée. Seule Brittany pouvait avoir cet effet sur elle. Seule Brittany pouvait calmer le feu qui brûlait perpétuellement dans son corps.

"Enfin, pensa Santana. Enfin je me sens moi-même."

Les jours passaient et l'état de Brittany s'améliorait. Il semblait que la présence de Santana à elle seule suffisait à accélérer son rétablissement. Son amie lui rapportait les cours et les ragots au quotidien. Apparemment Finn était de nouveau avec Quinn qui se félicitait de son victorieux retour sur le trône de McKinley et Rachel avait en conséquence chanté une chanson d'amour déchu ou quelque chose dans le genre au Glee club pour que tous comprennent bien sa douleur, enfin un truc comme ça, Santana n'avait pas trop suivi elle n'arrivait pas écouter Rachel plus de cinq secondes (quand elle était en forme) alors... Parfois, Brittany n'écoutait même plus ce que disait Santana, elle écoutait seulement sa voix et la contemplait et cela suffisait. Lorsqu'elle lui rendait visite, Santana s'asseyait auprès d'elle, lui prenait la main et lui parlait. Parfois, elle s'endormait même à côté d'elle. Elle n'avait rien à voir avec la Santana de McKinley, et Brittany en avait parfaitement conscience. Elle était surprise que Santana l'ai choisie, elle, alors qu'elle pouvait avoir qui elle voulait. Mais avec elle, Santana retirait son masque et la fille qui apparaissait alors était extraordinaire. Et fragile. Si fragile.

Au bout de quelques jours, Brittany était de retour au lycée. Le Glee club se montra ravi de la retrouver, plaisantant à propos de Mike, en ignorant les protestations de celui-ci, comme quoi il s'était mis à faire n'importe quoi avec les chorées depuis qu'elle était absente et qu'il était grand temps qu'elle revienne pour sauver les Régionales qui approchaient.

De son côté, Santana se sentait mieux depuis que son amie était revenue. Non pas qu'elle ait besoin de quiconque pour terrifier ceux qui ne se poussaient pas assez vite de son chemin ou qui ne lui donnait pas une part de leur déjeuner qu'elle réclamait, mais les journées étaient longues en son absence, et il fallait l'avouer, elle était sa seule véritable amie, sans compter Quinn. Cette dernière avait plus souvent été sa rivale que son amie et de toute façon c'était une peste. La nouvelle Santana, moins emportée, étonnait, elle qui avait été si virulente ces dernières semaines. Mais ce fut Rachel la plus surprise lorsque qu'elle avoua en lui souriant et devant tout le monde que si elle chantait le solo aux Régionales, ils mettaient toutes leurs chances de leur côté.

Malgré tout, les deux filles ignoraient si elles devaient ou non parler au Glee club de leur nouvelle relation. Santana ne se sentait pas encore prête à la dévoiler à des tiers (« je me suis faite slusher une fois et ça m'a suffit» (mais Brittany ne s'y trompais pas et savait que c'était bien plus qu'une histoire de slushie)), et Brittany préférait éviter de blesser Artie, alors elles optèrent pour la discrétion. Evidemment c'était difficile, même insupportable de devoir se cacher chaque jour alors que tout en elles les poussaient à se tenir la main, s'enlacer... Mais Santana avait pris sur elle et accepté qu'elles se déplacent parfois en se tenant par le petit doigt, vu que ça ne représentait rien pour personne et lorsque Jacob avait tenté une interview douteuse en les voyant, il s'était mystérieusement retrouvé à l'infirmerie dans l'heure avec des morceaux de son micro familier coincés entre les dents et les cheveux. Après cet épisode, elles se détendirent un peu (Santana, principalement) et personne ne fit plus la moindre remarque sur le fait qu'elles étaient plus que jamais inséparables. Du moins, devant elles.

Ce n'était qu'après les cours, le soir, qu'elles se retrouvaient vraiment. Souvent, elles allaient se promener dans un parc, toujours le même, puis allaient chez l'une ou l'autre, généralement chez Brittany. Ses parents étaient fréquemment en voyage d'affaire et les employés ne comptaient simplement pas, elles les connaissaient trop bien. Ainsi, même si le froid mordant de décembre rougissait leurs joues et rendait leur souffle court, elles continuaient ces promenades. C'étaient leur moment, leur habitude à elles.

C'est lors de l'une de ces promenades que Brittany repensa à une vieille conversation.

« San, tu te souviens de ce soir où tu m'avais demandé, pour mon avenir ? »

« Bien sûr... je n'ai oublié aucun de nos moments », répondit son amie en lui souriant tendrement. « Et tu n'as jamais répondu... »

« Je voulais le faire. » reprit Brittany en fixant un point devant elle. « San… en réalité quand je pense à l'avenir je ne vois rien de particulier et ça me fait peur. En fait, il n'y a qu'une seule chose qui soit sûre… Quand je réalise ça, je me sens mieux. Quand je pense à l'avenir... je te vois. Tant que tu seras avec moi, je pense que tout ira bien. »

Santana ne put s'empêcher de sourire avec douceur.

« Je voulais te le dire ce soir-là », continua la blonde. Son souffle s'éparpillait sous forme d'un léger nuage vaporeux tandis qu'elle parlait. « Mais j'avais tellement peur que tu te moques de moi ou que tu me repousses. Je te connais, je sais que tu veux ton indépendance, sans forcément avoir quelqu'un auprès de toi. Tu… tu n'as besoin de personne... »

« J'ai besoin de toi Britt, l'interrompit Santana en fronçant les sourcils. Je pensais que tu le savais... Quand tu n'es pas venue ce matin, je n'étais plus rien. J'ai vraiment besoin de toi à mes côtés. Regarde-moi. »

Brittany obéit. Ses yeux étaient plus bleus que jamais dans la lumière hivernale déclinante.

Elles s'étaient arrêtées, près d'une étendue d'eau. Quelques couples et familles se promenaient, de l'autre côté, mais dans leur allée, elles étaient seules.

« Je t'aime. Et donc j'ai besoin de toi. Tu me crois ? »

A son tour, Brittany ne put retenir le sourire qui menaçait d'envahir son expression. Pour toute réponse, elle étreignit son amie de toutes ses forces.

« Moi aussi j'ai besoin de toi. »

« Hé, ria Santana, tu vas me tuer. Aller, vient, on rentre il gèle ici », ajouta t-elle en lui prenant le bras.

Les deux silhouettes s'éloignèrent d'un pas léger, comme étrangères à tout ce qui pouvait se dérouler autour d'elles.