Bonjour, la suite de cette petite fanfiction de "souvenir" comme j'aime bien l'appeler :) Surement un peu plus triste... mais c'est un passage que j'avais beaucoup aimé écrire... Oui, j'ai un truc pour les textes à émotions :3


Fíli qui venait tout juste de se réveiller avait beaucoup de mal à suivre le rythme effréné que lui imposait désormais son père.

Celui ci était rentré précipitamment dans la chambre que le jeune nain partageait avec son petit frère alors que le soleil n'avait pas encore dépassé le sommet des montagnes.

Le jeune père s'était arrêté sur le pas de la porte, deux secondes à peine, regardant tendrement ses deux jeunes fils qui dormaient encore paisiblement, un air serein peint sur leurs visages d'enfants.

Gravant cette image dans son esprit il ne perdit pas plus de temps et se dirigea en premier vers son ainé qu'il secoua doucement mais d'une main ferme pour lui faire ressentir l'urgence de la situation.

- Debout Fíli, réveille toi. Vite. Habille toi chaudement.

Il gagna ensuite à grand pas le lit où Kíli dormais encore profondément. Il caressa d'abord ses doux cheveux de jais puis tendrement sa joue du revers de la main pour ne pas l'effrayer.

- Réveille toi petit Kíli.

Le petit nain émit un faible grognement ensommeillé.

Voyant qu'il aurait du mal à se réveiller et n'ayant pas de temps à perdre, le jeune père entreprit du mieux qu'il le put d'habiller son fils avec des vêtements chaud.

Il le prit ensuite dans ses bras et enroula le petit nain encore tout somnolant dans une couverture chaude.

- Aller debout Fíli, ne traîne pas nous devons nous dépêcher, avait-il lancé en voyant que le jeune nain blond tardait à émerger.

- Qu'est ce qui se passe ? Avait alors glapit le blond, les paupières lourde, on part en voyage?

- Non Fíli… non, on ne part pas en voyage… mais toi et ton frère allez quitter Erebor.

Sentant l'empressement dans la voix de son père Fíli avait alors fait du mieux qu'il pouvait pour accélérer le mouvement et s'était finalement trouvé paré à partir en même temps que son père finissait de préparer Kíli.

Le jeune mari de Dís, s'empara fermement de la main de son aîné alors que de son autre bras il portait son deuxième fils. Celui ci s'était blottît contre son torse, ses petits doigts entremêlés dans les tissus des vêtements de son père qui commença alors la traversée de la cité au pas de course.

Ils descendirent plusieurs escaliers, empruntèrent plusieurs portes, traversèrent des salles et, quand enfin ils franchirent une grande porte en pierre les menant sur une petite cour extérieure, le jeune nain blond couina :

- Adad, qu'est ce qui se passe ? Où va-t-on Kíli et moi ? Et où est Amad ? Est – ce que tu viens avec nous ?

Le vent violant rugissait de plus en plus fort et faisait voler leurs cheveux autour de leurs visages. Fíli enfonça le nez dans son manteau.

Son père ne lui répondit pas tout de suite, se contentant de forcer le pas en direction d'un coin reculé de la cour où un petit mais robuste poney attendait sagement, quelques sacoche éparpillées autour de lui.

- Poney ! Gazouilla le petit Kíli qui avait aperçut l'animal alors qu'il tentait difficilement d'ouvrir ses petits yeux chocolat encore lourd de sommeil.

Leur père s'arrêta prêt de la bête et s'agenouilla pour être à la hauteur de Fíli.

- Ecoute moi bien Fíli, tu vas monter sur ce poney et ensuite je vais te donner ton petit frère. Je vais le mettre juste devant toi et il faudra que tu le tiennes aussi fort que tu pourras d'accord ?

- D'accord, mais et toi qu'est ce que tu vas faire ?

Le nain soupira puis regarda son fils dans les yeux.

- Fíli, mon fils, commença t-il, tu as 8 ans, tu es un grand nain maintenant, n'est-ce pas ? Ce que j'ai à te dire ne vas pas être facile à entendre, mais je sais que tu peux comprendre. Il inspira ensuite profondément : la cité est entrain de se faire attaquer par un dragon et toi et ton frère ne pouvez rester ici, il faut que vous partiez vous mettre en sécurité. Maintenant.

À l'entente des mots de son père, Fíli laissa un petit gémissement effrayé sortir de sa bouche.

- Allons Fíli, l'encouragea son père tout en lui donnant une petite bourrade dans l'épaule, tu n'es pas une fillette hein? Tu es un vrai nain ! Un vrai et qui n'a peur de rien comme son père !

Il ponctua toutes ses phrases d'une petite bourrade ce qui amena finalement le blond à laisser échapper un gloussement avant de bomber son fière petit torse.

- Oui père, je suis fort et je sais me défendre !

- Voilà ce que je voulais entendre mon fils.

Ragaillardi par le petit discourt que lui avait fait son père Fíli bomba à nouveau le torse et déclara plein de bonne volonté et de tout le courage dont il était capable :

- Alors moi aussi je reste ! Tu m'as appris à me servir d'une épée ! Je peux me battre à vos côtés.

Le père des deux petits princes ne put empêcher un sourire de fierté de franchir ses lèvres

Oui, il était très fier de son fils, il deviendrait un vaillant guerrier. Tout comme le serait son magnifique petit Kíli. Il en était certain. Après tout, ils étaient ses fils ! Et de plus grâce à leur mère il possédait le gène royal et fier des Durin. Ils s'en sortiraient. Il en était sur, et cela apporta un peu de réconfort à son cœur.

- C'est vrai je t'ai appris à te battre mais même si tu te débrouilles bien tu es encore loin d'avoir le niveau pour combattre. C'est pour cela qu'il faudra que tu continues à t'entraîner. Pour devenir encore plus fort. Et tu transmettras ton savoir à ton petit frère.

- Mais Adad, quand tu nous retrouveras tu nous entraînera à nouveau, n'est ce pas ? Tu continueras de veiller sur nous ?

Le jeune nain regarda tendrement son fils … oui, il espérait tellement pouvoir le faire… Pouvoir continuer d'éduquer et d'aimer ses fils.

Ses précieux enfants. Les mélanges parfaits nés de l'amour qu'il partageait avec sa si jolie et courageuse femme.

Ses seuls et uniques trésors.

Sa fierté.

Qui sait s'il en aurait à nouveau l'occasion…

Ne voulant pas inquiéter son fils mais ne voulant pas mentir non plus, car pour lui l'honnêteté était fondamental, il répondit énigmatiquement :

- Peut importe où je suis, Fíli, je continuerais toujours de veiller sur Kíli et toi. Il vous suffira de penser à moi.

Entourant ensuite ses deux fils de ses bras, il les emprisonna dans une dernière étreinte. Il les serra fortement contre lui, s'absorbant de leurs odeurs, de leur contact.

Le vent, semblable à un rugissement s'éleva plus fort encore, secouant violemment les branches des arbres. Le jeune père au cœur déchiré s'arracha douloureusement à l'étreinte et se releva rapidement. Il aida Fíli à monter sur le poney puis accrocha rapidement les sacoches à la selle. Une fois fait, il attrapa Kíli, posa un baiser remplit d'amour sur sa petite joue potelée et le plaça sur la selle devant son frère. Le petit brun, frigorifié, fatigué et malgré ses trois ans, semblait comprendre que quelque chose de grave était en train de se produire. Des petits gémissements avalés par le vent sortaient régulièrement de sa bouche mais ils se calmèrent quand une des mains de son grand frère se posa sur son épaule. Fíli avait toujours été l'une des rares personnes à pouvoir apaiser le petit prince aux cheveux de jais.

- Vous allez chevaucher le plus rapidement possible sans vous arrêter jusqu'à chez notre cousin éloigné Daín, déclara leur père d'une voix forte pour couvrir le vent, ne t'arrêtes sous aucun prétexte Fíli. Et surtout il faut que tu restes avec ton petit frère, n'oublies pas : tu dois le protéger conte tous ceux qui lui voudront du mal. Il est ta famille Fíli, le même sang coule dans vos veines. Ne l'oublie jamais et ne te sépare jamais de lui.

Le blond presque vexé que son père lui rappel quelque chose qui était pour lui une évidence se récria avec hardiesse en même temps que son père attachait un poignard à sa ceinture et rangeait l'autre dans une sacoche :

- Jamais ça ne me viendrait à l'esprit !

À nouveau, le père des deux princes sentit son cœur gonfler de fierté.

- Je suis fière de toi mon fils, de vous deux et pour toujours.

Le vent qui grondait toujours plus fort, couvrait de plus en plus sa voix et faisait valser incontrôlablement ses cheveux en travers de son visage. D'une main il les retînt de façon à ne rien avoir devant les yeux pour pouvoir graver une dernière image de ses fils au plus profond de son être. Puis soudain, avant de perdre son courage et faisant presque sursauter Fíli il cria.

- Aller hue ! Il donna en même moment une violente claque sur la croupe de l'animale qui henni avant de partir au galop.

Le poney avait de puissantes pattes et il eu rapidement traversé la petite cour, le bruit de ses sabot raisonnant sur la pierre à son passage, pour enfin traverser le pont qui reliait la petite cour au versant de la montagne. Fíli s'était retourné du mieux qu'il le pouvait pour regarder la silhouette de son père rétrécir petit à petit à travers les tourbillons de feuilles furieuses agitées par le vent.

Quand le poney disparu, emportant au loin ses deux fils, sa chair, son sang; quelque chose de petit et humide se fraya un chemin sur la joue du jeune père avant de tomber dans un éclat scintillant pour disparaître aussitôt, emporté par le vent.

Un rugissement sinistre résonna faisant trembler la montagne sous ses pieds et redoubler le vent de violence.

Il était là.

Mais eux ne l'étaient plus.

C'est tout ce qui importait.


Traduction Khuzdul :

Adad :père

Amad : mère

C'est rare d'entendre parler du père de nos deux nains préférés, alors voilà, j'ai voulu essayer d'écrire un texte permettant d'offrir un peu plus sur ma vision de lui. Même si c'est un contexte un peu triste... La suite ne tardera pas je pense étant donné qu'elle est écrite depuis bien longtemps ^^