Merci pour tous ceux qui ont lu le prologue de ma nouvelle fic. Voici le premier chapitre.

Bonne lecture.


Chapitre 1

Je ne sais plus quelle heure il est… Enfin, je crois qu'on se rapproche de minuit. Il me reste donc quatre heures avant la fin de mon service.

Je vois un homme s'adosser à l'autre côté de la balustrade. Il me fait signe. Je m'avance vers lui en le détaillant. Il doit bien avoir la cinquantaine, marié de surcroît d'après le gros anneau en or brillant à son annulaire gauche. Il me jauge en retour d'un regard lubrique. Je me sens nue sous son regard. Je me sens faible. Je me sens soumise, à sa merci. Et j'aime çà. Je m'avance donc en roulant des hanches vers lui alors qu'un long frisson me parcoure l'échine. Il me demande à boire avec un sourire carnassier et je le sers alors qu'il s'installe devant moi.

Un autre homme s'avance vers le bar. Jeune cette fois. Et je ne m'occupe déjà plus de mon ancien client, avide de chair fraîche. Le nouveau lève un regard presque candide vers moi et me demande d'un air timide à boire. Je le sers également en me penchant par dessus la balustrade lui laissant par là l'occasion d'avoir une meilleure vue sur mon décolleté plongeant et il rougit de plus belle alors que je lui octroie un clin d'œil plus que suggestif.

Je guette alors d'un œil vif le moment où mon patron quitterait la piste de danse et vaquerait à d'autres occupations dans son bureau puis me ressers clandestinement un autre verre de vodka… sur le compte de la maison bien sûr. J'occulte pendant un instant le fait que mon patron menace de me virer depuis quelques temps à cause des ces quelques dérapages et je plonge encore vers le stock d'alcool afin d'en trouver un encore plus fort. Moi alcoolique? Du tout. C'est juste que j'essaye de passer le temps et d'oublier l'ennui qui pèse sur ma vie et me fait presque suffoquer. Bon je vous l'accorde, je suis peut-être de très mauvaise foi mais de là à dire que je virais en mode alcoolique… Je trouve çà un peu exagéré.

Boire, je dirais, me fait perdre la raison. Mais boire me permet ainsi de me perdre totalement et irrémédiablement dans les méandres de l'ivresse… salvatrice? Enfin pas tant que çà puisque j'essaye toujours inconsciemment de la rattraper cette infime partie de moi qui m'échappe, de la capturer, de l'appréhender en plein vol. Sans doute est-ce parce que je tremble de peur à l'idée de ne plus retrouver la Ginny d'avant et que je peux ainsi avoir l'illusion que mon état lamentable –aux dires de mes amis- est réversible…

Mais je ne réussis jamais mon coup.

Me perdre demeure l'une de mes plus inavouables frayeurs et je sens tangiblement que c'est ce qui m'arrive sans pouvoir réfréner un tant soit peu le processus afin d'inverser la donne.

Je prends une nouvelle lampée de vodka et alors que j'ingurgite le liquide ambrée, je continue à déshabiller du regard le jeune inconnu qui, intimidé, boit à peine de petites gorgées et se dissimule derrière son verre afin de cacher son embarras.

Je lève mon regard vers la pendule se trouvant derrière moi. Minuit moins cinq… J'échange alors de place avec Sabrina, une autre serveuse et me rue comme une endiablée vers la piste de danse. Il fait un peu froid en dehors de la place derrière le comptoir et j'ai omis de prendre ma petite veste à sequins.

Je m'élance alors vers un homme qui devait bien avoir entre vingt et trente en ans et me colle à son dos. Il se retourne en m'apostrophant d'un sourire séducteur. Ses mains viennent se loger dans mon dos… puis amorcent un mouvement un peu plus bas. Et moi loin d'être rebutée par le contact, me colle encore plus à lui jusqu'à ce que mon corps adhère au sien. Je me démène sur la piste comme prise d'une fièvre soudaine. Et je ne sais pas comment je me retrouve soudainement vers le centre de la piste à côté des barres métalliques. Je n'hésite pas. Et je ne flanche même pas en resserrant ma prise autour de la barre de fer et me laissant glisser contre elle. Le contact froid m'arrache un petit frisson… de plaisir peut-être?

Je prends mon élan. Et m'accrochant à la barre, je fais tournoyer mon corps afin d'attiser l'intérêt de mon public. Une salve de cris encourageants et appréciateurs me répond et quelques uns scandent mon nom de scène: "Jenna".

Je commence à faire quelques pas lascifs et bouge mes hanches et mes jambes au rythme effréné de la musique. Je sens alors l'excitation poindre dans mon bas ventre et me laisse entraîner. Mes jambes glissent contre la barre métallique et ma tête se vide petit à petit.

Et soudain je n'ai plus conscience, à travers mes sens exacerbés, que de mes mains qui parcourent lascivement mon corps…. De mes doigts qui s'attardent sur mes courbes voluptueuses, qui buttent sur les protubérances saillantes à travers le tissu de mon t-shirt… De mon souffle qui se fait haché… De mon cœur qui bat à la chamade… De la tension qui grimpe en crescendo et qui cherche à se libérer sans vraiment y parvenir… De la chaleur qui monte entre mon corps et mes doigts et qui se répand sur chaque surface que je frôle… Et enfin, de mon corps frémissant, impatient que j'aime de mes mains et qu'ils aiment de leurs yeux.

Le DJ change de morceau et en met un plus langoureux, plus sensuel. Alors que l'autre m'incitait à me déhancher, celui-ci me paraît plus comme une invitation à la débauche. Je ne me fais pas prier bien-sur et je cède comme toujours à l'appel de la luxure. En silence, sous les yeux avides de mes fans, je commence comme chaque soir un effeuillage sensuel qui laisse mon public pantelant. Mes vêtements tombent un à un comme dans un ballet macabre. Déjà que je n'en avais pas beaucoup à l'origine, mais cette fois-ci, je suis là, debout, exposée aux yeux de tous dansant sans honte ni gêne, jouissant de l'amour que me faisait ces centaines de paires d'yeux braquées sur moi.

Mais on arrive déjà à la moitié du morceau choisi. C'est l'heure… L'heure où Jenna devra choisir l'heureux élu. Celui qui l'accompagnera dans sa chorégraphie ce soir. Mon regard balaye la masse de gens présente. J'hésite… Je n'arrive pas à décider qui du beau brun au centre ou de celui qui lève son verre en ma direction me rejoindra.

Sauf que cette fois, un imprévu vient contrecarrer mes plans. Je sens des mains baladeuses venir se promener sur mon ventre et des bras forts venir m'encercler la taille. Un inconnu a prit l'initiative de venir empiéter sur mon territoire sans m'en demander la permission et je ne sais pas si je dois m'en contenter ou m'en offusquer. Pour l'instant je me délecte de la sensation de ces doigts étrangers qui m'explorent et j'apprécie le fait que je n'ai pas à mener la danse. Je me laisse aller à cette étreinte aussi douce que charnelle et je m'accorde ce temps de répit. Après tout je l'ai bien mérité non? L'inconnu ne me lâche pas et le désir vient s'immiscer sournoisement entre nous et je prends alors conscience de ces coups de butoirs légers à travers le peu de vêtements qui me restent. Mes hanches viennent donc à l'encontre des siennes et son corps plus grand et plus large que le mien vient épouser mon corps. Je m'abandonne à cette avalanche de sensations qui déferlent en vagues plaisantes sur moi et je ne peux m'empêcher de me retourner vers cet inconnu à la recherche de plus de sensations.

Au loin, la pendule sonne comme dans un mauvais rêve les douze coups de minuit sonnant ainsi le glas de ce moment de pur extase.

Au loin, un verre d'alcool se brise en écho au son des éclats tranchants de mon cœur qui tombent au sol.

Un maelstrom de sentiments les uns plus confus que les autres m'étourdit et je sens presque mes jambes flancher sous mon poids. J'ai la vague et douloureuse impression que les liaisons entre mes neurones se disloquent. Et pourtant je n'ai conscience que d'un seul fait. Dean Thomas se trouve devant moi.

Dean me regarde. Je tremble.

Dean me fixe. Je défaille.

Dean me jauge. Je flageole et je tremble à l'idée saugrenue qu'il puisse me reconnaître. Pourtant, j'ai bien changé depuis la dernière fois où nous nous sommes vus.

Mais ce que j'ai craint le plus arrive lorsqu'il murmure d'une voix à peine audible un: "Ginny?" incrédule.

Je ne peux empêcher la panique de venir s'emparer de moi et se resserrer autour de ma gorge comme un étau implacable alors je saisis la seule alternative qui se présente à moi: La fuite. Je quitte alors la scène sous les huées du public qui ne comprend pas ce qui arrive et je courre m'affaler derrière le comptoir. Les images du passé m'assaillent et un nom vient précéder celui de Dean. Ce même nom que je m'acharnais depuis un an à oublier et qui revient me hanter alors que j'ai presque réussi à l'effacer de mon existence. Harry. Et cette question à laquelle il s'associe. Pourquoi? Je n'esquisse aucun geste afin d'effacer les larmes qui font leur apparition au coin de mes yeux. Je ne veux même pas les réfréner.

Flash Back

Je venais de rentrer plus tôt que prévu sans voiture puisqu'elle avait refusé de démarrer de chez mes parents. J'avais donc transplané. Les sachets de course pesaient lourds et je m'avançai avec grande peine vers le perron de mon appartement.. "Enfin NOTRE appartement," me fustigeai-je à la pensée tendre de mon mari et en me passant une main affectueuse sur le petit ventre qui pointait sous mes vêtements. Je farfouillai dans mon sac à la recherche des clés qui semblaient ne jamais vouloir être retrouvées lorsque j'entendis un gémissement étouffé provenant de l'autre côté de la porte.

Paniquée à l'idée que quelque chose de grave puisse être arrivé à mon mari, je vidai le contenu de mon sac et ramassai triomphante les clés, les introduisis dans la serrure puis tournai vers la droite. Ironiquement, la serrure céda facilement alors qu'elle me causai d'habitude beaucoup de retors. Je revois encore comme dans un cauchemar la porte s'ouvrir dévoilant la petite affaire qui se tramait depuis des mois à mon insu. Enfin pas si petite comme affaire puisqu'elle durait encore aux dernières nouvelles.

Je ne puis que rester figée en spectatrice improvisée du corps de mon mari qui s'emboitait avec celui de Draco Malfoy en une danse charnelle endiablée.

Harry au son de mon mascara qui buttait contre la porte, leva la tête. Ses yeux, devenus noirs de désir, s'ancrèrent aux miens. Et je pus voir à travers cette lave en fusion qu'étaient devenues ses prunelles toute la passion et tout l'amour que ressentait Harry en ce moment là. Je pus enfin connaître la vue de mon mari au paroxysme de sa jouissance. Je pus me rendre compte de la fosse entre ce que j'avais prétendu lui apporter et ce que lui apportait Malfoy.

Alors catastrophée, et le cœur en miettes, je refermai la porte derrière moi et laissai la douleur fulgurante m'envahir.

Alors que Harry jouissait comme me l'indiquaient ses cris derrière la porte, je sentis des coups marteler contre la paroi interne de mon ventre. Mon bébé manifestait sa présence pour la première fois.

Fin du Flash Back

Un ricanement amer s'échappe de ma gorge et je me saisis du verre de vodka que tient Sabrina et l'avale d'une traite. Rien de mieux qu'un bon petit remontant pour faire face à ce genre de désagréments.

J'étais bête à l'époque, naïve aussi bien que certains diraient que j'étais plutôt amoureuse. Et je me voilais la face en me disant que Harry m'aimait aussi, que j'étais la personne parfaite pour lui. Sauf que j'avais beau m'acharner et me tuer à la tâche en voulant tinter comme du verre, mes efforts furent voués à l'échec… Je sonnais creux, je sonnais aussi faux que du plexiglass… J'étais loin d'être la personne qui pourrait se targuer d'avoir pu captiver l'attention notre cher survivant. Et je faisais office dans cette mascarade de figurine en plastique malléable et modelable selon les exigences de l'auteur.

Bien-sûr, je n'ai pas à me plaindre de ma destinée ni à déplorer mon sort puisque sans me l'avouer explicitement, j'avais d'ores et déjà consenti à participer à cette mise en scène –plutôt réussie je l'avoue- et je ne pouvais que m'en blâmer. Oh Harry avait lui aussi tenté de se voiler la face en m'épousant, en me faisant un enfant et en croyant ainsi oublier son blondinet et entrer dans les normes de la normalité. Il était donc aussi fautif que je l'étais, peut-être même plus. Et je n'ai toujours rien pardonné.

Un rictus satisfait vient se dessiner sur mes lèvres charnues en voyant Dean s'avancer vers moi le regard hagard et un peu perdu. "L'heure de la vengeance vient de sonner", me dis-je en mon fort intérieur.

Je transforme donc mon rictus en un sourire plus plaisant, plus enjoué et presque sincère et je laisse une petite pointe de mélancolie transparaître dans mes yeux bleus. Puis je m'élance vers lui, l'air émue, la bouche en cœur en clamant dans une parodie de retrouvailles émouvantes:

"-Oh Dean! I missed you so much…. So much!

-Ginny…, me répondit une voix plus rauque que dans mes souvenirs."

Un silence apaisant s'étend entre nous comme une extension à nos paroles et nous prenons chacun le temps de noter les divers changements opérés par le temps. Il est plus grand qu'avant et a une carrure un peu plus imposante. Sa peau est toujours aussi brune, ses cheveux aussi crépus et ses yeux aussi clairs. Mais son regard lui est plus doux et remue en moi un regain de culpabilité inopportun que je me hâte d'ignorer. Je jette un coup d'œil vers l'horloge accrochée au mur du fond et constate avec agacement qu'il me reste cinq minutes avant que mon colocataire Kris ne passe me chercher. Je me tourne donc vers Dean et lui dit d'un ton suppliant:

"-Ecoute Dean je suis vraiment désolée mais je dois y aller là. Y'a un ami qui m'attend et…

-Oui, enfin je comprends..

-Ecoute tu pourrais pas passer demain soir pour qu'on se revoie? Mine de rien tu m'as vraiment manqué.., ajoutai-je d'un air gênée.

-Je…. Oui je passerai demain alors."

Je lui octroie alors un sourire ravi alors que je vois la silhouette de Kris se profiler de l'autre côté de la scène. Je le saisis alors brusquement par le bras et l'embrasse sur la joue me délectant du spectacle charmant qu'il m'offre en devenant rouge de gêne. Puis je m'éloigne vers Kris secouée par cet échange en sentant le regard Dean peser sur mon corps et j'ai une pensée fugace vers Harry... Oh que oui! La vengeance est vraiment un plat qui se déguste froid!

Si vous avez un avis à me donner, envoyez moi une review. Merci pour avoir pris le temps de lire.

Je vous retrouve pour le prochain chapitre.