Coucou ! Voici l'acte 2, comme promis, sur Ginny. Toujours la guerre et une jeune fille qui perd beaucoup de choses : les pédales ; son cœur ; sa flamme.

Genre : Drama/Romance

Rating : T

Disclaimer : Je ne possède rien.

Pairing: ( Attention tout en un ! ) GinnyHarryHermioneRon !

Bonne lecture, merci de lire ! Si ça vous plaît laissez une review.


Acte 2 : La déesse

Elle crie. Elle crie, cette gamine. Torturée à 11 ans, torturée pour son sang. Toi, tu ne dis rien Ginny. Tu te blottis dans ton confortable silence, tu laisses Neville faire le justicier. Il a attendu cela toute sa vie, un peu d'attention, d'admiration. Alors tu l'admires, tu te tais.

Tu écoutes les cris, le sort touché Neville. Une balafre en plus, sanglante. Tu restes calme, détachée. Parce qu'Harry Potter reviendra tous vous sauver, c'est ça Ginny ? Tu l'attends encore ton héros ? Tu sais, il n'a rien de fantastique, juste un peu de malchance. Les filles préfèrent les malmenés au glorieux. Les torturés au joyeux. Tu auras beau l'aimer de tout ton être. Te consumer de bon sentiment, stoïque devant les hurlements, il ne reviendra pas.

Tu penses que la guerre est bientôt finie. Tu coches les jours de ton calendrier, dans un soupir. L'ombre d'un sourire. La guerre t'épuise, c'est bien cela ? La guerre tue des gens, elle lasse seulement ceux qui ne font rien.

Tu fais quelque chose ? La passion au cœur ? J'aimerais bien voir cela, les murs tagués. J'aimerais voir la rébellion, l'opposition. L'ébullition et la révolution entre les murs. Tu fais tout ça ? Certes, mais tu oublies l'essentiel.

La détermination, la flamme de volonté. Tu es une lionne, une rousse. Où est ton feu sacré, Ginny Weasley ? Où est ta puissance, toute grande ? Ta couronne, mademoiselle, c'est le sauveur qui l'a emporté. Bien cachée au fond de ton cœur. Maintenant, tu n'as plus que du vide dans la poitrine.

Parce que ton cœur, il court la forêt. Ton cœur est un fugitif, un recherché.

Tu voudrais avoir la fougue, la destructrice des récits épiques. Un coup de sceptre et que tout le peuple s'abaisse. Ma jolie rousse, tu n'es pas reine.

Simplement, jetée dans l'arène. Ce n'est pas contre un lion que tu dois combattre mais face à une armée de serpents.

Le sifflement dans tes oreilles, c'est la peur à tes oreilles.

Tu pleures, princesse ? Tu veux ton héros ? Il n'est pas là. Pas là pour toi.

Tu cries, princesse ? Tu veux sa mort ? La sienne et toutes les autres. Celle de ton frère et de leur amie. Pourquoi ? La solitude. La solitude dans un couloir bondé. Les murmures aigus de la terreur. Les regards vides de ceux qui ont perdus. Tout perdus.

Tuer le trio d'or, si cher et si fort, pour la guerre.

Puis tu te réveilles et tu l'aimes. Ton âme emplit de l'éclat des histoires qui finissent bien. Dans ces bons jours, tu te lèves. Tu montes sur la scène, bouscules les habitués. Tu te révoltes.

Au loin, gronde la révolte. La victoire.

Dis-moi, Gin, tu aimes l'obscurité ? La lueur nocturne, en tailleur sur ton lit. Tu ne dors pas, plus. Tes rêves sont trop douloureux. Presque autant que tes cauchemars. Bonheur, douleur. Présence, absence.

Le réveil surtout, te procure des vertiges. La peur du ravin de la mort, de la falaise du désespoir. Chaque jour, tu te lèves. Chaque jour, un peu plus près du bord.

Tu es seule, jolie rousse. La seule rousse. Jolie Weasley, le nom que tu es seule à porter. Un étendard au-dessus de ta tête. Ton nom tâche ta chevelure.

Ardente. Furieuse. À réprimer, à écraser. Ta survie était hasardeuse, petite Weasley.

Un jour, les murmures ont changé de courants. Remontant du nord au sud, tu ne sais plus qui te l'a appris. Tu te souviens juste du poing dans le mur, de l'explosion de ta fureur. De la douleur indolore qui n'avait pas sa place.

La traîtrise. La traîtrise ronge le bois du navire. Les lions sont rentrés dans l'arène, ils ne cessent de feuler.

Méfiant. Ma Ginny, tu es l'accusée. Acculée. La pierre est froide, le reste du monde est glacial.

Pourquoi le monde veut ta tête, princesse ? Ton frère. Ton frère, ton frère.

Ta chair, un roux, ton nom. Ton boulet qui dévale les escaliers. Partis, peureux, traître. Médiocre.

C'est la colère du peuple quand il n'y a plus personne pour les sauver. Tu écris ta colère. C'est une lettre et l'encre est rouge. Le sang est rouge, quoi de mieux en temps de guerre. La réponse courte et tardive.

Pourquoi tu saignes, mignonette ? Le rouge macule tes lèvres. C'est hypnotique, ce sang. Ce sang. Tes dents qui tranchent dans la chair. Rose. Rouge. Les mots qui tranchent dans le papier.

L'encre rouge et le sang. Maculés.

Hermione. Hermione. Le son te percute, rentre dans tes côtes. T'arrache un cri de douleur. Hermione. Traîtrise. Tu souffres, petite fille ? Tu as envie de hurler mais rien ne sort. Tu n'as plus de cordes à ton arc. Muette. Silencieuse, tu t'oublies.

Tu te meurs dans ton lit car le monde n'a pas besoin de toi pour tourner. Il se cabosse tout seul, toi, tu ne veux plus prendre les coups. Les bleus sont rouges sur ton cœur. Le monde se déchire sans toi et tu souris car. Car. Car.

L'idée te répugne. Tu te détestes, jolie rousse ?

Car si tu restes là, tu ne mourras pas. Tu souris. Tu ris et tu as envie de t'arracher les yeux. De couper l'image, pourquoi pas le son, aussi ? Ne plus voir, ne plus entendre.

Le souffle rance de la mort te suffit.

Dans ta douce mort qui dure longtemps, ta torture, tu penses. Hermione. Tu imagines ses mains, ses douces mains. Ses cheveux, ses longs cheveux. L'éclair transcendant. L'unanimité. Tu penses. Hermione, ses doigts qui courent le long d'Harry. Le rire qui emplit la pièce, vivant. Ses baisers souples sur ses lèvres.

Un seul élément pour entacher le tableau, un détail en noir et rouge. La guerre.

Alors, tu effaces et tu recommences. Tu as la rage inventive, joli cœur brisée, tu ne trouves pas ? Tu les vois devant toi, ils emplissent tes rêves éveillés. Ils s'embrassent dans la hâte, s'arrachent des étreintes fiévreuses. Avancent ensemble, la baguette sous la gorge. Tu aimerais tenir la mort entre tes mains, Gin ? Ils tombent, la tête dans la poussière, dans l'esprit un plaisir, face à la mort.

Tu es malade Ginny. Tu pourrais mourir de chagrin, tu pourrais mourir d'amour, aussi. Le seul problème, ton cœur, tu l'as perdu.

Piétiné, égaré. Dans la terre battue. Alors tu ne pourras pas mourir de sentiment. Simplement ou facilement.

Les gens comme toi, ils meurent sans voir les étoiles. Ils goûtent à l'amertume de la mort sans en connaitre les douceurs. Ces gens-là, ils meurent sur le champ de bataille.

En combat singulier face à la Mort. Tu penses qu'elle est belle ? Radieuse et splendide pour mettre tant de gens à ces pieds. Tu te demandes bien ce que les hommes peuvent lui trouver.

Ce duel, ce n'est pas demain que tu le remporteras. Pour l'instant, tu veux écouter les pleurs des orphelins. Regarder le sang qui laisse des traces sur les murs. Sentir le parfum des cadavres, l'odeur humide des cachots qui remonte jusqu'au dortoir. Gouter à la bile qui te monte à la gorge.

Tu es abrasive, Gin. Tu es toxique.

Ma belle princesse, ne prends pas les armes. Pas tout de suite.

Après car ce qui fait les beaux souvenirs, ce sont les belles morts. Un genou dans la crasse, une main sur le cœur que tu n'as plus. Tu sais ? Là où ta poitrine bat dans le vide. Le regard fixé sur la Mort. Aimerais-tu qu'elle te chante ses plus grands secrets ? Ton oreille qui attend le souffle douloureux d'Harry. Sa douleur en offrande.

Tu n'es pas encore reine, joli feu sacré, tu as perdu ta couronne.

Tu es déesse, rousse désincarnée, au-dessus de l'Homme, ton nom en trophée et tes complots vengeurs. Les problèmes des dieux sont futiles alors.

Alors tu es une envoyée des dieux sur terre, destiné à mourir dans la tragédie humaine. En attendant tu te nourris de la folie divine.

Déesse, tu prendras les armes dans la toute fin. Toute grandiose et toute puissante.


Fin de l'acte 2. Qu'en avez vous pensé ? Il suit bien la lignée du premier ? Moins bien, mieux ? Des choses à dire ? Exprimez vous ! Le troisième et dernier acte sera sur Ron, il n'est pas encore écrit mais cela ne saurait tarder. J'hésite à faire un quatrième acte ( donc véritable dernier ) centré sur Hermione, votre avis ?

Merci d'avoir lu jusqu'au bout. Je vous adore.

By Lges