Merci pour tous vos commentaires, voici la suite !
Yuya écarquilla les yeux, le souffle court. C'était une blague, forcément. Jamais Kyoshiro ne l'aurait piégée ainsi, en invitant chez eux un ancien taulard.
- Kyoshiro ? C'est une plaisanterie bien sur ? Dis-moi qu'il plaisante !
Mais le jeune homme ne semblait pas rigoler du tout. Très gêné, il finit par regarder son amie dans les yeux.
- Yuya je suis vraiment désolé, mais il n'avait nulle part où aller. Si je t'avais dit la vérité, tu aurais refusé qu'il s'installe ici et il aurait été à la rue…
- Et alors !
Furieuse, la jeune femme se tourna alors vers Kyo qui continuait de sourire.
- Cet homme a tué des gens ! C'est un assassin Kyoshiro, un meurtrier ! Et tu voudrais sérieusement que je le laisse vivre ici ? Tu m'aurais dit la vérité un jour, ou est-ce que t'aurais attendu qu'il vienne m'égorger dans mon lit !
Kyo éclata alors de rire.
- T'es vraiment trop marrante toi ! Comme si je m'intéressais aux fillettes. Regarde-toi, une vraie planche à pain !
- Que… QUOI ? Allez maintenant sors d'ici, je ne veux plus te voir !
Mais Kyo ne bougea pas d'un pouce, et continua de rire comme si de rien n'était. Kyoshiro prit alors Yuya par le bras, et l'entraina dans la cuisine.
- Yuya tu dois me faire confiance, il ne te fera rien.
- Mais comment peux-tu me promettre une chose pareille ? Tu vas me dire qu'il est innocent c'est ça, que tout n'était qu'une grosse erreur judiciaire ?
- Non… Ecoute c'est vrai que son passé n'est vraiment pas glorieux, mais ce n'est pas un serial killer, il ne tue pas des gens au hasard pour le simple plaisir. Tu sais bien qu'il ne serait pas là si je pensais qu'il y avait un quelconque danger pour toi ! Et n'oublie pas que ça fait une part en plus pour le loyer…
Furieuse, la jeune femme devait quand même admettre que payer un loyer moins cher lui ferait du bien car elle avait de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Mais l'idée de partager son appartement avec un homme aussi odieux la répugnait.
- Bon j'accepte. Mais s'il tente quoique ce soit de louche avec moi, je le fous dehors et j'appelle les flics, je te préviens !
Le visage de Kyoshiro s'éclaira.
- Oh Yuya je t'adore ! Tu verras, tout va bien se passer !
xXx
Cela faisait maintenant une semaine que Kyo avait emménagé avec eux, et Yuya devait admettre qu'elle ne remarquait presque pas sa présence. Mais cela ne la rassurait pas pour autant, car elle se demandait ce que le garçon pouvait bien faire de ses journées et surtout de ses nuits. Peu importe l'heure à laquelle elle rentrait le soir après avoir fini son service, il n'était jamais là. Parfois elle apercevait un bout de ses cheveux sortir de sous la couverture lorsqu'elle partait à l'université le matin, mais souvent il n'était même pas rentré. Ils ne s'étaient presque pas adressés la parole, et elle commençait à se dire que ce n'était finalement pas si dérangeant que ça d'avoir un nouveau colocataire. Kyoshiro quant à lui semblait très heureux d'avoir retrouvé son cousin, même s'il ne semblait pas beaucoup discuter avec lui non plus.
Bien qu'elle aurait refusé de l'admettre, toute cette histoire intriguait Yuya et elle mourait d'envie de demander à Kyo ce qui l'avait conduit à finir en prison. On était samedi soir, et elle imaginait plusieurs scénarios possibles tandis qu'elle rentrait chez elle après plusieurs heures de travail. Elle avait récemment demandé des heures sup pour pouvoir régler ses factures, mais le rythme l'épuisait. Kyoshiro lui avait dit lors de la pause déjeuner qu'il dormait chez Sakuya ce soir, et elle comptait donc se mettre au lit directement en rentrant.
En arrivant elle trouva l'appartement plongé dans la pénombre, ce qui ne l'étonna qu'à moitié. Le lit de Kyo ne semblait même pas avoir été défait. Elle se demandait où il pouvait bien passer ses nuits, même si elle commençait à avoir sa petite idée sur la question. Après tout, il devait bien avoir une copine. Yuya devait bien l'admettre, c'était un très bel homme et il y avait donc probablement pas mal de filles qui lui tournaient autour. Mais du moment qu'il payait sa part, il pouvait bien dormir n'importe où.
Elle posa ses affaires dans sa chambre, et décida d'aller prendre une douche avant de se coucher. En arrivant devant la salle de bain, elle s'arrêta net. Un filet de lumière passait sous la porte, et elle pouvait entendre de l'eau couler. Hésitante, elle frappa doucement à la porte.
- Kyo ? C'est toi ?
Comme aucune réponse ne lui parvenait, elle frappa plus fort.
- Kyo ! Est-ce que ça va ? Bon je te préviens, j'entre !
Yuya ouvrit alors en grand la porte, et aperçut Kyo torse nu penché au-dessus du lavabo.
- Tu pourrais répondre non ? Qu'est-ce que tu fais ?
Mais le jeune homme restait toujours muet, les yeux obstinément fixés sur le lavabo et l'eau qui en coulait. Commençant à être inquiète, Yuya s'approcha et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.
- Mais Kyo c'est… c'est du sang !
Abasourdie, la jeune femme plaqua une main contre sa bouche pour s'empêcher de crier. Elle le savait, elle savait qu'elle n'aurait jamais du accepter sa présence. Elle s'apprêtait à faire demi-tour lorsqu'il se décida enfin à parler.
- C'est le mien.
- Que… quoi ?
- Le sang, c'est le mien. Je n'ai tué personne, si c'est ça que tu veux savoir.
Il s'était retourné et se tenait maintenant face à elle. Une blessure était en effet visible sur son ventre, et elle avait l'air de saigner abondamment. Troublée à la fois par le sang et par la nudité partielle de l'homme devant elle, Yuya avait du mal à rassembler ses pensées. Elle pensait qu'il passait ses nuits dans les bras de filles, mais apparemment elle était loin de la vérité.
- Il faudrait te soigner non ? Je vais appeler l'hôpital.
- NON !
La jeune femme sursauta en sentant la main de Kyo s'abattre sur son bras.
- Je ne veux ni de médecins, ni de pompiers, ni de flics. C'est bien compris ?
Sentant sa poigne se resserrer, Yuya s'empressa d'acquiescer.
- Mais tu t'es fait ça comment ?
- Ca te regarde ?
Yuya déglutit, mais se força à insister.
- Et bien oui, parce que si tu es impliqué dans quelque chose d'illégal, en t'hébergeant je suis complice.
Kyo lui jeta un regard noir, mais elle l'ignora et continua à le regarder droit dans les yeux pour lui faire croire qu'il ne l'impressionnait pas.
- C'est un coup de couteau, voilà tout. Ni mon premier, ni mon dernier. Maintenant si tu veux te rendre utile passe-moi mon portable, je dois appeler quelqu'un.
- Attends tu vas pas ramener un de tes potes ici je te préviens !
- Il faut bien que je me fasse soigner non ? A moins que…
Avec un sourire pervers, il approcha son visage de celui de Yuya, dont il tenait toujours le bras.
- … tu ne veuilles faire mon infirmière ?
Le visage empourpré, elle se dégagea violemment.
- Non mais ça va pas ? Je ne m'intéresse pas aux petites racailles dans ton genre !
- Petite racai… Hahaha t'es vraiment trop marrante toi !
De plus en plus furieuse, Yuya sortit en claquant la porte de la salle de bain derrière elle. Même si elle ne voulait absolument pas se mêler des affaires louches de Kyo, maintenant qu'elle savait qu'il allait ramener elle-ne-savait-qui chez elle il était hors de question de dormir. Elle soupira, et alla mettre en marche la cafetière.
Qui donc Kyo va-t-il appeler ? Suspens !
