Chapitre 2 - Interminable conciliabule

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Harry (ainsi que Mr Weasley et Miss Granger si, par chance, ils sont encore près de toi),

Si cette lettre te parvient, c'est que les événements ne se sont pas déroulés comme je l'avais prévu, ou du moins espéré. Je ne sais à quel moment les choses ont dérapées, néanmoins, je ne pouvais prendre le risque de mourir sans te laisser une dernière opportunité, une dernière chance de détruire Lord Voldemort – et, fais-moi confiance, je sais à quel point cette entreprise est délicate.

Cependant, je me dois de te mettre en garde. Ce que je te propose est dangereux, et surtout, pourrait avoir des conséquences très regrettables sur le monde des sorciers dans sa globalité si tu l'utilises à mauvais escient.

Je m'explique. S'il t'apparaît, au moment où tu lis cette missive, impossible de vaincre Voldemort dans le futur, il reste possible de le détruire à sa source...

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Hermione fit une pause et tourna la tête vers Harry et Ron. Visiblement, elle hésitait encore à leur révéler le plan de Dumbledore.

- A sa source ? questionna Ron, perdu. Quelle source ?

Harry mit lui aussi plusieurs secondes pour comprendre.

- Le passé ? demanda-t-il à Hermione qui acquiesça d'un léger hochement de tête. Mais comment veut-il que nous retournions dans le passé ?

- A ton avis, répliqua-t-elle, franchement agacée, n'es-tu jamais retourné plus tôt dans l'histoire ?

Dans l'histoire ? Oui, Harry s'était déjà retrouvé au temps de Jedusor, mais c'était par l'intermédiaire d'un journal intime à présent détruit. De plus, il n'avait été que simple spectateur d'une scène s'étant déroulée cinquante années auparavant, or Dumbledore voulait qu'ils changent les choses. Qu'ils changent…

- Le Retourneur de Temps ! chuchota Harry, pour lui-même plus que pour ses amis.

Comment avait-il pu mettre si longtemps pour se souvenir. C'était pourtant grâce au sablier magique qui permettait de retourner plusieurs heures auparavant qu'il avait sauvé son parrain. Du moins, qu'il lui avait offert quelques mois supplémentaires.

Soulagée que Harry ait enfin compris, Hermione reprit sa lecture.

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à sa source. Toi et Miss Granger avaient déjà vécu cette expérience, tu en connais par conséquent les dangers.

Tu trouveras dans le coffre trois Retourneur de Temps.

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Harry parcourut de nouveau le contenu de la malle et en retira plusieurs enveloppes qui semblaient contenir un objet solide. Lorsqu'il ouvrit la première, un petit sablier doré accroché à une longue chaine lui apparut.

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S'ils ressemblent en tout point à celui que Miss Granger utilisait pendant sa troisième année à Poudlard, je leur ai apporté quelques modifications. Surtout, ne les passe pas autour de ton cou avant d'avoir fini de lire ce message !

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Harry remit en vitesse l'objet qu'il tenait à présent entre ses doigts dans son emballage d'origine. Il n'était plus vraiment enthousiasmé par l'idée de son ancien directeur.

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Ainsi, chaque sablier a été préprogrammé pour t'envoyer à un moment précis de l'histoire. J'ignore lequel des Horcruxes t'a échappé, et quelle tournure a pris la situation, tu devras donc, je le crains, choisir par toi-même à quelle époque tu souhaites être amené.

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Hermione marqua un nouveau temps d'arrêt et se tourna vers les deux garçons.

- Regarde sur les Retourneurs de Temps, Harry, dit-elle. Dumbledore n'indique pas à quelles « époques » ils vont nous envoyer dans sa lettre, il les a sûrement inscrites directement dessus.

Harry obtempéra et ressorti de nouveau le premier sablier. Prenant soin de ne pas faire de mouvements brusques, de peur de dérégler l'objet, il en inspecta minutieusement les différentes faces.

- Non, il n'y a rien, constata-t-il. Aucune date, aucune inscription.

- C'est insensé, s'exclama Hermione. Pourquoi retourner en arrière si nous ne savons même pas en quelle année nous allons atterrir ?

- Là, intervient Ron qui tenait dans sa main l'enveloppe que Harry avait laissée tomber. C'est marqué à l'intérieur. 1967.

- 1967 ?

Hermione récupéra avidement les deux derniers Retourneurs de Temps qu'elle posa soigneusement devant elle pour ne pas les inverser. Harry y ajouta également le sien.

- Alors ? demanda-t-il à Hermione. A quelle époque pouvons-nous voyager ? Au moyen-Age ?

- Tu veux rire, protesta Ron. 1967, c'est presque l'ère des dinosaures !

- Arrête un peu Ron, ça ne fait pas si longtemps. Il se peut que tes parents soient toujours à Poudlard, en 1967.

Ron s'apprêtait à répliquer une fois de plus lorsque Harry, lassé de leurs disputes quotidiennes, s'écria :

- Hermione, les autres dates !

- Oui, alors… 1944, dit-elle en regardant dans la première missive.

- Facile. En 1944, Jedusor était certainement étudiant.

- Et 1977, termina Hermione.

Aucun d'eux ne comprenait la logique de Dumbledore. Pourquoi avait-il choisi ces années ? En quoi retourner dans le monde des sorciers en 1977 pourrait-il les aider à vaincre Lord Voldemort ? Perplexe, Hermione se plongea de nouveau dans la lettre. Harry était impatient d'en écouter la suite. Dumbledore y fournissait obligatoirement des explications.

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Comme tu as sûrement compris…

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- Ou pas, marmonna Ron.

Hermione lui lança un regard noir.

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Comme tu as sûrement compris, chacune de ces dates marque un moment différent dans la vie de Tom Jedusor. Chacune t'offre des possibilités différentes, et comporte également des risques distincts.

Une autre modification de ma part. Pour être certain que tu ne restes pas prisonnier d'une époque qui ne t'appartient pas, j'ai ajouté une limite de temps. Au-delà de 303 jours, soit une année scolaire, tu retourneras automatiquement au jour où tu as activé le Retourneur de Temps.

Je ne peux m'empêcher de te mettre en garde une nouvelle fois. Changer le passé, c'est changer l'avenir. Mais souviens-toi que c'est aussi changer ton propre présent, celui que tu vis actuellement. Réfléchis consciencieusement avant de prendre une décision, et n'agis jamais à la légère.

Je te souhaite bonne chance, Harry.

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- C'est tout, conclu Hermione.

- Quoi ? s'écria Harry, horrifié. Il n'y a rien d'autre ?

Hermione hocha négativement la tête.

- Non ? Mais c'est ridicule, comment peut-il espérer que nous réussissions avec si peu d'indices.

- Il y a encore une phrase, grogna Ron.

Ce dernier venait d'arracher la lettre des mains d'une Hermione désemparée et, après l'avoir retournée plusieurs fois en tous sens, il semblait avoir découvert d'autres lignes au dos du parchemin.

- Une dernière précision, lut Ron. Chaque Retourneur de temps t'amènera, si mes calculs sont exacts- ce dont je ne doute pas – à la date du premier septembre. C'est sûr que si on arrivait le douze octobre, ça changerait la face du monde.

- Pourquoi un premier septembre ? questionna Harry, perplexe.

- Je crois que Dumbledore nous propose de passer un an à Poudlard dans le passé, répondit Hermione d'une petite voix. C'est de la folie. Comment passer un an dans un endroit sans n'y laisser aucune trace ?

- Commençons par le début, dit Harry avec sagesse. 1944, que pouvons-nous modifier ?

- Empêcher Jedusor d'acquérir autant de pouvoirs, répondit Hermione.

- Le dissuader d'ouvrir la Chambre des Secrets, proposa Ron. Nous savons qu'il l'a ouvert durant sa cinquième année.

- Oui mais nous ne savons pas quel âge a Jedusor exactement en 1944. Harry ?

- Je l'ignore. Dumbledore ne s'est jamais étendu sur ce point. Mais qu'est-ce que ça nous apporterait, au final ? J'ai tué le basilic, détruit le journal intime qui est aussi l'un des Horcruxes, et personne n'a été blessé.

Ron lui jeta un regard mauvais. Dire que personne n'avait été blessé, c'était oublier que Hermione avec passé plusieurs semaines dans un lit de l'infirmerie, stupéfixiée, et que sa sœur avait failli mourir à cause d'un journal intime.

- Disons simplement que Jedusor n'a assassiné personne, corrigea Harry. De plus, on risquerait de modifier notre présent.

Il s'assit sur le matelas abîmé situé à même le sol et enfouit sa tête dans ses mains. A peine installé, une intense douleur irradia dans son crâne pour la quatrième fois de la soirée.

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Voldemort se tenait dans une sombre caverne. Le visage tourné vers un bassin de pierre qui lui renvoyait sa propre image en un reflet verdâtre, il hurlait de rage, tandis que Harry, les yeux humides, se retenait de crier sa douleur. Voldemort venait de s'apercevoir de la disparition du médaillon de Serpentard.

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Harry retrouva peu à peu ses esprits. Il n'eut pas besoin de raconter à Ron et Hermione ce qu'il venait de voir, ils avaient déjà compris.

- Il sait, murmura Hermione.

Tant bien que mal, Harry tenta de réfléchir de nouveau au problème qui les incombait. Il sentait qu'il connaissait la réponse, mais elle ne lui venait pas.

- On pourrait tout simplement supprimer Jedusor, reprit Ron.

- Surtout pas ! s'écria Hermione. Tu imagines retourner dans ton présent et t'apercevoir que tu n'as jamais existé. Ou que tes parents ne sont pas ensemble. De plus personne ne te laissera commettre un meurtre en toute impunité, tu seras puni…

- Calme-toi Hermione. Je disais ça pour rire. Qui n'a jamais rêvé d'un monde où Tu-Sais-Qui n'aurait jamais existé ?

- Et puis, comment savoir si des Horcruxes ont déjà été créés, en 1944, enchérit sombrement Harry.

- Harry ! Les Horcruxes !

Harry se tourna vers Hermione.

- Oui les Hor…

Le déclic se fit enfin dans son esprit. C'était ça, la solution. Dumbledore leur proposait trois dates différentes. Trois dates où les Horcruxes se trouvaient à d'autres endroits que ceux qu'ils connaissaient.

- …cruxes, acheva-t-il dans un souffle.

Ron regardait ses amis à tour de rôle. L'expression de son visage exprimait une totale incompréhension.

- Vous m'éclairez ? demanda-t-il après un moment de silence.

- En 1944, Tom Jedusor devait avoir créé un Horcruxe, expliqua Harry. Peut-être le journal intime, ou la bague des Gaunt.

- Ou les deux ? suggéra Hermione. Nous pensons que Dumbledore souhaite que nous récupérions les Horcruxes dans le passé, développa-t-elle à l'intention de Ron.

- Sans changer le futur. Mais si nous subtilisons la bague à Jedusor, je doute que nous ne changions pas le cours de l'histoire.

- On a juste à la remplacée, remarqua Ron, soulagé de pouvoir lui aussi prendre part à la conversation. En supposant bien entendu qu'il ne fasse pas la différence.

- Oui, mais la remplacer avec quoi ? Tu ne posséderais pas une réplique exacte de la bague des Gaunt, par hasard ? railla Harry.

- Nous nous pencherons sur ce problème plus tard. Que se passe-t-il en 1967 ?

Harry se remémora les longues soirées passées dans le bureau d'Albus Dumbledore. Après avoir quitté Poudlard, Jedusor avait travaillé un temps dans la sombre boutique de Barjow et Beurk, puis s'était évaporé dans la nature de longues années. Il était ensuite retourné à Poudlard.

- Soit vingt-trois ans plus tard, calcula Ron. Vous-Savez-Qui avait sûrement fabriqué tous ses Horcruxes à ce moment-là.

- Encore mieux, dit Harry qui releva la tête avec un sourire. Jedusor est revenu à Poudlard, un soir. Officiellement pour demander un poste d'enseignant, mais Dumbledore pensait qu'il y avait une autre raison. Il a dû cacher l'Horcruxe, ce soir-là. La couronne de Rowena Serdaigle.

- En résumé, l'un de nous va en 1960 et des poussières, récupère le dernier Horcruxe et revient au jour d'aujourd'hui. C'est simple, rapide, efficace, ça me plaît, conclut Ron.

Hermione se mordillait la lèvre inférieure.

- Et si ça tourne mal ? dit-elle. Si nous commettons une faute, et que nous modifions notre présent ?

- Eh bien il suffit d'envoyer une autre personne en…, Ron se pencha pour relire la date inscrite sur la troisième enveloppe, 1977. Comme ça il corrigera les erreurs.

Harry n'était pas emballé par l'idée d'envoyer deux d'entre eux dans deux époques différentes.

- Cela double la probabilité d'avoir des ennuis, fit-il remarquer.

- Oh, je n'en suis pas sûre, le contredit Hermione. C'est aussi une sécurité. Mais nous avons un autre problème avec l'année 1977.

Elle regardait Harry avec anxiété. Celui-ci haussa les épaules pour lui faire comprendre qu'il ne voyait pas lequel.

- Tes parents, Harry. Sirius, Lupin, Pettigrow. Ils devaient encore être à Poudlard.

Ses parents. Une pierre lui tomba dans l'estomac. Hermione avait raison, vingt ans plus tôt, Lily et James Potter étaient encore étudiants. Harry regarda les petits sabliers posés par terre. L'un deux avait le pouvoir de l'emmener près de ses parents. Alors que tout semblait perdu pour lui, que la puissance de Voldemort atteignait son paroxysme, Dumbledore offrait à Harry la possibilité de passer un an avec les êtres chers qu'il avait perdu. Aurait-il la force de ne pas céder à la tentation ?

Hermione hochait nerveusement la tête de gauche à droite.

- Non, souffla-t-elle. Harry, c'est trop dangereux. Tu es le portrait craché de ton père, tout le monde fera le lien entre vous. C'est de la folie.

- J'irai, Hermione, lui répondit-il d'un ton sans réplique. Tu ne m'en empêcheras pas.

- Bien, il nous reste donc à décider qui va en 1967, intervient Ron, qui ne souhaitait pas vouloir prendre part au combat entre ses deux amis.

- C'est moi.

Les sourcils froncés, Hermione fixait Harry comme si elle espérait le faire changer d'avis rien qu'avec son regard.

- Et pourquoi donc. Ce n'est pas parce que tu sais tout que tu t'en sortiras mieux que moi dans le passé. Je refuse de rester en arrière ! s'emporta Ron.

- C'est plutôt en avant qu'il faut que tu sois, ironisa Harry.

- Qu'importe, si vous partez sans moi, je prends le troisième Retourneur de Temps.

- Enfin, Ron, c'est n'importe quoi ! Qu'iras-tu faire exactement en 1944 ? s'irrita Hermione. Une promenade de santé ?

- Je pourrais toujours récolter des informations sur Tu-Sais-Qui. Si tu ne l'avais pas remarqué, on en manque un peu.

Ron tourna regarda Hermione dans l'attente d'une réponse. Il cherchait juste à la provoquer, mais la jeune femme semblait réfléchir à sa remarque.

- C'est peut-être une idée, chuchota-t-elle. Chacun de nous part à un moment différent de la vie de Tom Jedusor.

Ron leva les bras en signe de victoire. Harry se contenta d'un signe de tête en guise d'assentiment. Depuis qu'Hermione avait mentionné Sirius et ses parents, il était prêt à tout accepter pour pouvoir les rejoindre.

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Après plus d'un quart d'heure de cris et de disputes, les trois adolescents s'étaient enfin mis d'accord. Hermione avait cédé, elle partirait en 1967 récupérer le diadème et Harry se rendrait en 1977, avec sa famille. Son rôle était de s'assurer que son amie avait bien trouvé l'Horcruxe dans la Salle sur Demande. En quelques sortes, il multipliait par deux leurs chances de réussite. Ron retournerait en 1944 dans l'unique but de recueillir qu'autres infirmations sur la jeunesse de Lord Voldemort.

Hermione attrapa les quelques enveloppes qui restaient dans le coffre et, après les avoir parcourues, elle reprit :

- Bien. Résumons. Chacun de nous sera envoyé le premier septembre d'une année différente. Nous partons d'une chambre de la Tête de Sanglier. Je pense, puisque Dumbledore ne dit pas le contraire, que nous arriverons donc dans cette même pièce. Nous devrons traverser Pré-au-Lard, puis rejoindre le quai d'arrivée du Poudlard Express afin de nous mêler à la foule des étudiants.

- Mais, Hermione, l'interrompit Ron venait de réaliser quelque chose. Comment va-t-on faire pour passer un an à Poudlard alors que nous ne sommes pas étudiants ?

- Dumbledore a écrit trois lettres qui justifient notre entrée au château en cours de cursus, expliqua Hermione en montrant les trois dernières missives.

- C'est possible, ça ? demanda Harry.

- Dans le règlement de l'école, oui. Tu le saurais si tu avais lu l'Histoire de Poudlard. Néanmoins, je ne me souviens pas que cela se soit produit pendant nos années au château. Ron, tu seras accueilli dans le cadre d'un échange inter-scolaire. Harry, après avoir voyagé avec tes parents aux quatre coins du monde, tu souhaites obtenir des diplômes reconnus par le Ministère afin de trouver un emploi.

Hermione distribua à chacun l'enveloppe qui lui était destinée.

- Vous remettrez ce message au directeur de Poudlard de l'époque. Prions pour que Dumbledore sache dans quoi il nous entraîne, acheva Hermione.

Harry retourna s'asseoir près du coffre désormais vide et récupéra sa lettre. Plusieurs sentiments l'envahissaient. Il avait été soulagé d'apprendre qu'il leur restait une solution, et était plus déterminé que jamais pour réussir. D'un autre côté il avait hâte de revoir ses parents, tellement hâte.

- Eh, regardez ! les interpella Ron.

Pendant que Harry et Hermione étaient plongés dans leurs pensées, Ron avait observé le coffre d'encore plus près, et semblait avoir découvert quelque chose qui avait échappé aux autres.

- Il y a un double fond, expliqua-t-il.

Harry se rendit compte à son tour que le coffre était intérieurement moins profond qu'il ne semblait l'être au premier abord. Lui et Ron, à l'aide de leur baguette, extirpèrent avec difficultés la planche de bois qui séparait le deuxième compartiment que possédait la malle.

- Par la barbe de Merlin ! s'exclama Ron. Ce sont des potions.

Plusieurs flacons contenant des liquides colorés étaient soigneusement calés par des morceaux de tissu.

- Polynectar, Veritaserum, Bézoard, Filtre de Confusion, énuméra Hermione. Et celle-ci on dirait…

- De l'Amortensia, termina Harry en soupirant. Nous allons détruire Jedusor avec un filtre d'amour. C'est ridicule. Et la dernière fiole contient du Félix Félicis.

- C'est toujours mieux que rien, affirma Ron.

Ils se jetèrent tous trois des regards inquiets. Pourquoi leur ancien directeur leur avait-il fait parvenir ces mixtures ? Cependant, Harry choisit de ne plus se poser ce genre de questions. Dumbledore était un homme intelligent, et il lui faisait confiance.

- Dépêchons-nous, dit Harry. Il va bientôt s'apercevoir que la bague à disparue elle aussi. Nous n'avons plus de temps à perdre.

Ils se répartirent les différents objets qu'ils possédaient à la hâte. Harry confia à Ron sa cape d'invisibilité après qu'Hermione lui ait fait remarquer que c'est James Potter qui la possédait en 1977, ainsi que le Veritaserum. Il garda cependant sa carte de Poudlard, et récupéra l'Amortentia lorsque Ron commença à s'énerver contre Hermione.

- Hors de question que tu balades avec un philtre d'amour dans la poche, disait-il.

- C'est grotesque, protestait Hermione, je ne compte pas m'en servir pour qu'un garçon tombe amoureux de moi.

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Ils étaient à présent debout, leurs affaires prêtes. Hermione distribua à chacun un Retourneur de Temps.

- Que fait-on pour Abelforth ? demanda Ron. Il s'apercevra sûrement de notre absence.

- Pas forcément, répondit Harry. Dans sa lettre, Dumbledore indique que nous serons de retour aujourd'hui. Il est une heure du matin, dit-il en regardant sa montre. Avec un peu de chance, nous rentrerons avant l'aube.

- Tu as raison, ce n'est pas notre problème prioritaire…

- C'est la première fois que nous sommes aussi mal préparés, coupa Hermione. Cela reflète l'urgence de la situation. Faites attention à vous, n'oubliez pas de changer votre nom et, surtout, ne soyez pas trop proche de gens que vous recroiserez dans votre futur.

Cette dernière recommandation s'appliquait surtout pour Harry.

- On se retrouve ici, finit Hermione, la voix tremblante d'anxiété, dans un an.

C'était le moment. Hermione prit Harry et Ron dans ses bras et, après une rapide accolade, chacun reprit sa place.

- Bonne chance, marmonna Harry en regardant ses amis une dernière fois. Vous allez me manquer. A trois ! Un, deux…

- Trois, prononcèrent-ils à l'unisson.

Hermione leva la chaine qui retenait son Retourneur de Temps vers son visage et stoppa son geste. Elle regarda ses deux amis disparaître, et une larme roula sur sa joue. Ils ne se verraient plus pendant plusieurs mois. Hermione chassa cette triste réalité de son esprit. Comme elle l'avait répété plusieurs fois, c'était de la folie. Leur entreprise n'avait aucune chance de réussir, les variables étaient trop nombreuses, mais avaient-ils seulement le choix ?

Il fallait qu'elle parte, elle aussi, avant que Ron et Harry ne reviennent de leur voyage. Hermione regarda le petit sablier qui se balançait au bout de la chaîne en or. Elle n'avait pu laisser Harry partir en 1977, c'était le fiasco assuré. Pendant que Ron et Harry regardaient ailleurs, elle avait précipitamment inversé les Retourneurs de Temps avant de les distribuer, dans un acte désespéré pour éviter la catastrophe.

Le problème, c'est qu'elle n'avait pas la moindre idée de celui dont elle venait d'hériter. Elle ne savait pas en quelle année elle allait se retrouver.

Contrainte, Hermione passa la chaine autour de son cou, et ce fut le flou autour d'elle.