Ohayo!
Bon... Vous me croyez si je vous dis que je me suis complètement embrouillée l'esprit toute seule? C'est les cours je vous dis, ils nous prennent tous pour des mules à devoirs qui ont que ça à faire de leur vie donc ils nous atrophient lentement et sûrement le cerveau! ... Non je suis pas fatiguée pourquoi? Allez non j'arrête mes bêtises. Sérieusement, j'étais convaincue que c'était le 14 mai que je devais poster le premier chapitre de Coeurs Imprenables. Allez savoir comment mon cerveau en est arrivé à cette conclusion... Bref, je tiens à m'excuser pour le retard! J'essaierai de pas faire la même bêtise. Mais je crois déjà vous voir grimacer à la nouvelle que je vais annoncer en fin de chapitre... Bref, voici ce premier chapitre, profitez en bien il est plus long que le prologue! Ah! Avant que j'oublie! Merci à ceux qui ont laissé un petit commentaire. Ca m'a fait plaisir parce que bon, ça fait quand même un bail que j'ai publié AI. Pour les réponses, le site a de sérieux problèmes en ce moment! Impossible de répondre aux reviews via le lien qui est envoyé dans la boite mail! Du coup j'ai fait sur mon profil! ^^
Voila je crois que c'est tout!
Bonne lecture! ^^
Chapitre 1
Surpris n'était pas un mot assez puissant pour définir l'état de Naruto. Stupéfait l'était. Estomaqué aussi. Vivre en collocation? Avec Sasuke? Le Nara était devenu fou! Comme si ça ne suffisait pas qu'il rencontre l'Uchiha aussi tôt, il fallait qu'en plus il lui colle un statut de colocataire sur le dos? Cette façon de procéder glaça Naruto qui sentit une colère brûlante naître en lui. Mais c'est surtout le sentiment d'avoir été trahi qui le bouleversait. Il se mordit furieusement la lèvre inférieure avant d'exploser, son visage empreint d'un savant mélange de rage, d'incrédulité et d'élégie :
« C'est quoi ce plan tordu Shikamaru? »
Le grand brun ne broncha pas et dit :
« C'est un moyen comme un autre de remédier à tes futurs problèmes financiers et puis... »
Le Nara jeta un coup d'œil à Sasuke et tout en le désignant du menton il continua :
« Tu pourras- »
« Tais-toi! Tu l'as fait exprès! Bon sang! Tu sais bien que je ne suis pas encore prêt pour- »
L'Uzumaki s'interrompit en se rendant compte de ce qu'il avait failli dire et surtout, surtout en présence de qui. L'azur de ses yeux s'obscurcit et des nuages de mauvais augure y naquirent. Et sans que personne n'ait pu le prévoir, Naruto sortit précipitamment de la pièce. Le claquement violent d'une porte ne tarda pas à suivre, signalant ainsi à ceux qui avaient assisté à la scène que le blond avait quitté l'appartement.
Un silence lourd en significations accueillit le départ de l'Uzumaki. Il ne fut cependant pas bien long car Shikamaru le rompit d'une voix blasée, sa main droite fourrageant nonchalamment dans ses cheveux ébène :
« Galère... Vous occupez pas de lui, il reviendra quand il se sera calmé. »
Sasuke eut un mouvement de tête entendu que le Nara ne loupa pas. Les rouages de son cerveau se mettaient rapidement en action lorsque Hinata coupa court au phénomène en objectant :
« Mais- »
« Ne t'inquiète pas Hinata-san. »
« ... D'accord. »
Sasuke devenu muet depuis le départ de Naruto se contenta juste de fixer intensément la porte d'entrée. Regard qui n'échappa pas non plus à Shikamaru qui eut un petit sourire désabusé. Il soupira et marmonna :
« Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour ces deux idiots... »
« Pardon? »
« Rien. Tu expliqueras à Sasuke les détails pour la collocation. Moi j'y vais. »
« Et Uzumaki-san? »
« Naruto n'est pas assez con pour se perdre dans les rues de Paris. Il ne doit pas être bien loin. A plus. »
Sur ce bref salut le brun prit le chemin de la sortie.
Il ne resta plus que Sasuke et Hinata dans le salon. L'Uchiha soupira avant d'entreprendre le ramassage des aliments qu'il avait lâchés au sol afin de les ranger. La Hyûga le regarda curieusement avant de lui demander d'un ton timide :
« Tu- tu connais Uzumaki-san? »
Le visage de l'Uchiha, devenu impassible après le départ de leur nouveau colocataire ne trahit aucune émotion à cette question. Seul le léger tressautement de ses mains prouva qu'il avait bien entendu. Il articula après un court silence :
« Je ne sais pas. »
« Tu ne sais pas? »
« Hn. »
« C'est… C'est pour ça que tu ne l'as pas… salué ? »
« ... »
Aucun timbre de voix ne lui offrit de réponses et la brune, connaissant le caractère parfois froid de son interlocuteur, ne chercha pas à obtenir autre chose de sa part. La Hyûga eut un petit sourire triste devant ce qu'elle considérait être un manque de confiance et s'accroupit aux côtés du brun pour l'aider à sa tâche.
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Naruto ne mit pas longtemps à revenir et c'est la mine fermée qu'il inséra sa clé dans la serrure de la porte d'entrée de son nouvel appartement. Le cliquetis interpella Hinata qui jeta un coup d'œil nerveux à Sasuke. Brun qui ne daigna pas lever ses yeux du poireau qu'il trucidait méthodiquement. La Hyûga réagit donc comme elle se devait de le faire puisqu'apparemment ce n'était pas dans les intentions de son colocataire. Après avoir promptement déposé le magazine qu'elle feuilletait, elle se hâta de se rendre à l'entrée où Naruto se déchaussait anxieusement. Aussitôt que le blond l'aperçut, un sourire maintes fois travaillé et large de dix centimètres apparut sur son visage. La jeune femme fut la première à parler.
« U-Uzumaki-san, bienvenue. »
« Merci de m'accueillir. »
« On a pas été présentés convenablement. Je suis Hinata Hyûga. Enchantée de te rencontrer. » dit la jeune femme en s'inclinant légèrement.
« Uzumaki Naruto. Enchanté aussi. » déclara le blond en faisant de même. La brune sourit timidement puis continua :
« Je... Je sais que tu connais... Sasuke-san donc... je ne te le présente pas. »
Le regard de Naruto se troubla l'espace de deux secondes avant de redevenir pétillant. Hinata ne rata rien du changement mais se garda bien d'en demander la raison. Elle avait bien saisi que quelque chose de grave s'était produit entre l'Uzumaki et son autre colocataire et d'après la réaction du brun, elle doutait que l'un d'eux lui dise quoi que ce soit. C'est pour cela qu'elle fut déconcertée quand Naruto bredouilla :
« Hyûga-san... Ça fait... longtemps que tu... habites avec Sasuke? »
L'étonnement empêcha Hinata de parler tout de suite. Elle jeta un regard inquisiteur à Naruto, notant intérieurement le fait qu'il ait utilisé le prénom de Sasuke et ce, en absence de suffixe. La proximité entre le blond et son colocataire ne faisait désormais plus aucun doute. Hinata se mordilla pensivement la lèvre inférieure et ce fut l'appréhension qui apparut dans les iris azurs qui lui permit de se reprendre. Elle sourit doucement et répondit :
« Oui. Ça fait un an et demi à peu près. »
« Et... tu savais que ce serait moi qui emménagerait avec vous? »
« Heu... Tu veux dire si on connaissait... ton identité? »
« Hn. »
« Et bien non. Shikamaru-san nous a juste dit qu'une de ses connaissances cherchait un logement et comme on cherchait nous aussi un colocataire ça nous a arrangé. Je savais que Shikamaru-san n'amènerait pas n'importe qui alors je l'ai laissé faire. »
« Hn. D'accord. »
La jeune femme observa son interlocuteur avec curiosité. En plus de l'étrange familiarité avec laquelle Naruto appelait Sasuke, l'Uzumaki semblait être imprégné de la manie de Sasuke de répondre par de vagues acquiescements. Remarquant son regard attentif et curieux, Naruto ne put que l'interroger à ce sujet :
« Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai de la glace sur le visage? »
« Non! Je... C'est... surprenant. »
« De quoi? »
« Tu as... Dans ta façon de parler tu me fais penser à Sasuke-san. »
Le blond devint livide et un petit bruit en provenance du salon se produisit au même moment. Naruto détourna les yeux du regard gris qui le scrutait un peu trop attentivement à son goût. Sa main se plaça à l'arrière de son cou et il tritura fébrilement la racine de ses cheveux. Il eut un sourire gêné avant d'articuler :
« Vraiment? Pourtant ça fait un bail qu'on s'est pas vu! J'ai dû conserver certaines de ses habitudes! C'est drôle hein? Hahaha... Haha... »
« Heu… Oui si tu le dis. »
« Bon, je devrais peut être aller ranger mes affaires... »
A peine ces paroles furent-elle prononcées qu'Hinata s'agita nerveusement en s'excusant.
« Excuse-moi! Je manque à tous mes devoirs! Viens! Je vais te montrer ta chambre! Shikamaru-san l'a faîte décorer spécialement pour toi! »
Le blond marmonna pour lui-même :
« Ah ouais... Ce faux jeton... quand je l'attraperai celui-là... »
Les deux jeunes gens traversèrent le salon tranquillement. Naruto rechercha instinctivement Sasuke des yeux et son cœur se serra lorsque tout qu'il rencontra fut le dos certainement volontairement tourné de celui qui était désormais son ex.
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Assis sur son lit, Naruto balaya sa nouvelle chambre de ses orbes azurés. Décidément, Shikamaru pensait à tout. La chambre qu'il occupait était une réplique de celle de son appartement au Japon. Les couleurs orangées et jaunes des murs étaient cependant dégradées avec un peu plus de subtilité. Il ne manquait que les photos et les tâches qui parsemaient ses murs tokyoïtes pour en faire la copie exacte. En mieux.
Malgré cette preuve flagrante d'amitié, Naruto ne pouvait pas encore pardonner à Shikamaru de l'avoir livré ainsi au regard indifférent de Sasuke. Le seul fait d'y penser le mettait en rogne et il détestait l'idée d'avoir été un pantin dans la machinerie du brun. Il croyait que son ami n'userait jamais de ses talents de stratège contre lui. Quelle déception! Il était également fort probable que ce soit lui qui ait fourré l'idée de collocation dans la tête de Hyûga-san! Son cœur se serra à cette éventualité. Être ainsi désillusionné lui faisait mal car depuis toujours, Shikamaru avait été le seul à qui il n'avait jamais menti.
Naruto savait que son ami avait agi avec de bonnes intentions mais le confronter aussi brusquement à Sasuke était trop cruel. Il ne se sentait pas assez fort pour lui faire face. La preuve en était qu'il avait été forcé de venir en France... L'Uzumaki secoua vivement sa tête en jurant. Mais qui croyait-il berner en se voilant la face de cette façon? Les autres? Lui? Certainement pas.
La vérité c'était que Sasuke lui manquait. Il lui avait tellement manqué qu'il avait sauté sur la première occasion pour avoir une excuse qui expliquerait son retrait subit de la société. Il avait profité de leur rencontre au parc pour en faire une raison valable pour aller se terrer chez lui. Sa conscience rassurée, il s'était perdu à foison dans leurs souvenirs heureux, négligeant sa santé et son hygiène. Alors quand Shikamaru était venu lui secouer les bretelles en agitant devant lui un billet à destination de Paris, il n'avait pas hésité. Même si en apparence il n'avait pas l'air conscient de ses actes, en vérité, il savait tout ce qu'il faisait. Il avait voulu revoir Sasuke malgré tout le mal qu'il lui avait fait et malgré toutes les morts dont il était responsable. Et ça, Shikamaru l'avait aisément deviné. Ce con le connaissait trop bien...
Alors si tout était volontaire, de quoi se plaignait-il? Pourquoi se plaignait-il de l'aubaine que lui avait offerte le brun? Parce qu'il était fort pour accuser les autres et faible pour reconnaître ses torts. Parce qu'il était facile de jouer les victimes mais difficile d'assumer ses actes, surtout lorsque ceux-ci relevaient de l'ordre du monstrueux.
Deux années avaient passé depuis sa trahison et pourtant, il en était toujours au même point. Incapable d'avancer, de relever la tête et de dénoncer ses conneries. Combien de personnes avaient perdu leur vie à cause de son égoïsme? A force de ressasser continuellement cette question, il en était à ne plus pouvoir parler aux autres en les regardant en face. Ses yeux se rivaient toujours au sol au bout de quelques secondes et renverser le mécanisme lui paraissait aujourd'hui impossible.
Chienne de vie... Et maintenant? Que faire?
Sasuke lui avait manqué certes. Il était indiscutablement accro à lui et son cœur se crashait chaque fois que l'obscurité de ses yeux se posait sur lui. Surtout lorsqu'il se remémorait les atrocités dont il était l'auteur. Directement et indirectement. L'Uzumaki regarda durement ses mains. Celles-ci étaient si sales. Si tâchées du sang des autres, du sang de milliers de personnes... Il les pressa sur son visage et il espéra qu'elles pourraient le tuer. Mais il savait que c'était impossible... Ses épaules s'affaissèrent tandis qu'il refermait lentement ses yeux.
« Qu'est-ce que tu fais ici? »
Naruto n'eut pas à relever la tête pour savoir à qui appartenait la voix qu'il venait d'entendre. Toutes les intonations de ce timbre étaient gravées dans sa mémoire et c'est sans surprise que sa fréquence cardiaque s'alarma. Le blond déglutit péniblement avant de répondre, son volume vocal affreusement bas :
« Ben… Je teste le matelas. »
« Question conneries t'as déjà fait beaucoup mieux. Sors-moi autre chose. »
Naruto écarquilla les yeux. Sasuke était-il en train de faire... de l'humour? Avec lui? Le jeune homme détacha ses paumes de son visage et dévisagea, incrédule, le brun qui lui faisait face. L'Uchiha l'observait, les bras croisés, appuyé négligemment sur le cadre de la porte. Son visage était de marbre mais ses yeux brillaient d'une lueur d'amusement. Il s'approcha du blond toujours stupéfait et prit place à côté de lui sur le bord du matelas. Sa voix grave résonna doucement, berçant agréablement les tympans de Naruto :
« Tu es devenu bien silencieux tout d'un coup. Aurais-je réussi l'exploit de te faire taire? »
La langue de Naruto se délia et c'est avec une volubilité presque automatique qu'il répliqua :
« Pas du tout! Qu'est-ce que tu racontes? C'est juste que- »
« C'est bien alors. »
L'Uzumaki perdit de nouveau son vocabulaire. Il se sentait écartelé dans toutes les directions. Des émotions toutes plus incompatibles les unes que les autres se bousculaient en lui, chacune cherchant à prendre l'ascendant sur l'autre. Le résultat apparent de ce cafouillis était un rougissement incongru que Sasuke ne pouvait évidemment pas manquer. L'Uchiha en eut un rictus malicieux qui se ternit cependant bien vite au profit de ces propos :
« Naruto, sérieusement, qu'est-ce que tu fais en France? »
Le dénommé se stoppa dans ses élucubrations et fixa celui qu'il aimait durant le laps de temps que lui permettait sa culpabilité. A travers le verre des lunettes qui étaient posées sur le nez de Sasuke, il lut dans les orbes noirs un étrange amalgame de sentiments. Il était incapable de deviner les pensées du brun. Et c'est dans un imprévisible élan de courage qu'il murmura :
« Tu... Tu me manquais. »
Si Sasuke fut atteint par cet aveu, il n'en montra rien et Naruto sentit une déception terrible l'envahir. Juste avant qu'un sourire ne vienne embellir les traits de l'Uchiha.
« Toi aussi tu m'as manqué. »
Il n'y avait pas de mots pour décrire l'état dans lequel Naruto fut lorsque ces six mots furent prononcés. Il avait l'impression d'être dans un rêve. C'était mièvre, c'était cul-cul la praline mais ça lui faisait tellement de bien... L'atmosphère était douce et une chaleur tendre commençait à envelopper son cœur glacé par des monceaux de culpabilité et de souffrance. Il respirait aussi silencieusement que possible tant il avait peur de détruire cet instant apaisant qu'il passait avec Sasuke. Sasuke qui lui souriait. Comme avant. Comme si rien ne s'était passé. Comme s'il ne l'avait jamais trahi. Comme s'il l'aimait toujours. Comme s'ils n'avaient jamais été séparés.
Et tout d'un coup ce fut comme si toutes les horreurs qu'il avait faites s'étaient dissipées jusqu'à l'effacement complet. La sérénité dans laquelle Naruto baignait depuis l'aveu de Sasuke l'engloutit entièrement et il se laissa aller. Complètement. Il ferma les yeux et sa tête vint trouver l'épaule du brun. Le brun se raidit avant de se détendre à son tour. Un soupir de bien-être s'échappa des lèvres de l'Uzumaki. Mais ce qui arriva par la suite lui coupa littéralement le souffle.
Sasuke vint emmêler ses doigts fins aux mèches blondes en une caresse habituée qui rappela à Naruto les moments tendres qu'ils avaient vécu au creux d'un canapé moelleux et accueillant. Le jeune homme ronronna presque lorsque les mains de l'Uchiha effleurèrent paresseusement ses joues. La voix rauque de Sasuke murmura, les chuchotis presque inaudibles :
« Tu sais, quand on s'est vu au parc, j'étais sincère. Je ne t'en veux pas Naruto. »
Ces paroles redonnèrent à Naruto la définition de la liberté. Il ne s'était jamais senti aussi bien de sa vie et ce, même lorsque le brun lui avait dit qu'il l'aimait avant de se donner à lui pour la première fois. Pourquoi? Tout simplement parce qu'à ce moment-là, sa vengeance l'avait empêché d'apprécier totalement le bonheur qui avait irrigué toutes les parcelles de lui-même. Naruto sentit les larmes venir mais il se retint car il sentait que Sasuke n'avait pas encore fini de lui faire des déclarations surprenantes. Le brun reprit, son ton se faisant cette fois un peu plus froid :
« Cependant, je ne sais pas comment me comporter avec toi. Je ne sais pas ce que tu veux et j'aime à croire que tes paroles ne cachent pas de sombres desseins. »
L'Uzumaki se figea. Puis une amertume entendue naquit en son sein. Les propos de Sasuke étaient bien trop beaux pour être vrai. C'était impossible que le brun ne se méfie pas après ce qu'il lui avait fait. Naruto le comprenait mais ça lui faisait mal. Il avait été con sur ce coup-là. Car il se l'avouait maintenant, il avait espéré que son aimé croit en lui sans qu'il n'ait à se justifier sur la sincérité de ses actes. Après tout, ne lui avait-il pas avoué auparavant les raisons de sa vengeance? S'il était ceint de mauvaises intentions, pourquoi serait-il revenu vers lui alors que sa vendetta était accomplie? Mais c'était stupide de penser ainsi. C'était stupide de vouloir que tout de suite, Sasuke ne doute pas de lui. C'était complètement idiot et s'il l'avait avoué au brun, celui-ci aurait certainement considéré son souhait comme du foutâge de gueule.
Il commençait à bafouiller avec imprécision quand Sasuke le coupa sans ménagement au profit d'une phrase qui l'estomaqua :
« A vrai dire, pour être honnête, je t'aime encore. »
Les yeux de Naruto s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit en une exclamation muette qui témoignait de sa stupéfaction. Même dans ses rêves les plus fous il n'avait jamais imaginé ne serait-ce qu'une seule seconde que Sasuke puisse lui faire ce genre de déclaration et ce, le jour même de leurs retrouvailles. Il était totalement confus et incroyablement heureux. Ses sentiments étaient plus contradictoires les uns que les autres mais les réactions qui en découlaient étaient similaires : le coeur de Naruto battait fort. Il ne savait que dire et en même temps il mourrait d'envie de confesser au brun que ses sentiments étaient réciproques. Et alors que ses lèvres esquissaient enfin l'ombre d'une parole, une violence inouïe tacha les gestes de Sasuke.
Le brun le repoussa vivement, le faisant s'écrouler sur le lit, et ses jambes se placèrent de part et d'autre des siennes, appuyant sans considération son bassin de sorte à l'entraver. Les mains de l'Uchiha enserrèrent rudement ses poignets et le brun emprisonna ses iris assombris aux siennes. La pression des doigts sur sa peau s'accrut et Naruto lâcha un geignement de douleur qui parut résonner dans la pièce comme un assourdissant cri de souffrance. Et pour la première depuis longtemps, la victime d'une telle brusquerie eut peur. Il régnait une tension à couper au rasoir dans la pièce. Une tension pesante associée à un silence qu'il paraissait plus que malvenu de briser. Naruto déglutit difficilement, ses pupilles céruléennes verrouillées à celles de Sasuke. Plus que jamais il eut du mal à soutenir ces yeux. Des yeux qui ne souffraient d'aucune compassion et dont le but était visiblement de le faire souffrir.
Trois secondes passèrent et le mal-être habituel que ressentait Naruto lorsqu'il regardait un interlocuteur dans les yeux culmina. Pourtant il n'arriva pas à détourner son regard. C'était comme si Sasuke le lui interdisait. Il avait l'impression qu'il était totalement assujetti au bon vouloir de l'Uchiha. L'emprise que celui-ci avait sur lui ne cessait de croître avec le temps. L'Uzumaki se décomposa. Son visage exprima toute la terreur qu'avait exprimé celui de Sasuke le jour où il avait détruit leur vie. Mais ça il ne le savait pas et dans le cas contraire il en aurait certainement été paniqué.
Sasuke eut un rictus mauvais. Un rictus qu'il accompagna d'un ricanement sardonique juste avant d'écraser âprement ses lèvres sur celles de Naruto. Sa langue transperça la barrière de la bouche comme si elle n'était faite que de papier et parcourut avidement la cavité buccale du blond. Juste avant de se retirer au profit d'une morsure peu scrupuleuse qui manqua de percer la chair tendre de la lèvre inférieure de Naruto.
Ce baiser fut résolument brutal. Ce fut un contact qui ressembla étrangement à un autre qui avait eu lieu près de trois ans plus tôt, dans le sang et la réalité. Ce fut un attouchement dénué de tout sentiment heureux qui s'acheva aussi sèchement qu'il avait débuté. Sasuke toisa froidement celui qu'il maintenait sous lui et sa voix, pourtant singulièrement basse, se répercuta intelligiblement dans la tête de Naruto :
« Quelques soient mes sentiments pour toi, je n'irai pas vers toi. Même si je n'ai pas tout ce que je veux, j'aime ma vie comme elle l'est. Je ne te laisserai pas tout bousiller à cause de tes pulsions égoïstes. »
Dans une rapidité qui pouvait être perçue comme motivée par le dégoût, l'Uchiha se releva et quitta la pièce, sans se soucier de l'état de Naruto.
L'Uzumaki ne bougea pas tout de suite. Puis il se recroquevilla sur lui-même en serrant des poings. Sasuke l'avait embrassé... Mais à quel prix... Le baiser qu'il lui avait volé n'avait pas été un échange. Tétanisé par la peur, il s'était totalement laissé faire sans pour autant être consentant. Car il n'avait pas voulu ça. Pas comme ça. Pourquoi un tel revirement? Alors que juste avant le brun lui parlait avec tant de tendresse... Naruto renifla doucement. Ce baiser cruel et insensible lui était apparu comme un avertissement, comme une menace. La brutalité de Sasuke lui avait clairement signifié que le brun ne voulait pas qu'il s'approche de lui et ce, même s'il l'aimait. Alors quoi? Que faire maintenant? Les larmes de joie qui avaient menacé de s'écouler auparavant muèrent en larmes de souffrance et Naruto ne tenta même pas de les refluer. Ca ne servirait à rien...
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Hinata n'était pas quelqu'un de particulièrement douée. Petite déjà, elle obtenait toujours des résultats moyens, que ce soit en sport ou dans les matières plus théoriques. Hiashi, son père, exaspéré par ce qu'il considérait être la tare de la famille – car il convient bien sûr que les membres de la famille Hyûga appartiennent à la crème des crème, à l'élite de l'élite! – avait alors décidé d'en faire au moins un excellent maître des arts martiaux. Et plus précisément de celui qui se transmettait dans leur famille depuis bon nombre de générations : le Byakugan. Malheureusement pour lui, Hinata s'était révélée être tout aussi moyenne que dans les autres disciplines. Et lorsque Hanabi, était née et qu'il s'était trouvé qu'elle était beaucoup plus habile que sa sœur aînée, il avait fait comme s'il n'avait jamais eu qu'une fille. Dès lors, les seuls mots qu'il avait échangés avec Hinata étaient ceux que la politesse lui imposait de prononcer.
C'est pour cela que lorsqu'à ses sept ans, Hinata avait vu débarquer dans la demeure principale un garçon aux longs cheveux bruns qui devait avoir à peu près son âge, elle n'avait pas su la bêtise qu'elle était en train de faire lorsqu'elle lui avait dit :
« Bonjour... Qu'est-ce que... tu fais là? Où sont tes parents? »
La réaction de l'enfant n'avait pas tardé. Il s'était littéralement rué sur la fillette et lui avait administré une baffe qui l'avait faite tomber au sol. Hinata avait hurlé. Le tapage avait rameuté la vieille gouvernante et, en voyant la situation, elle s'était précipitée vers le jeune garçon et l'avait elle aussi giflé. Sa voix sévère et contenue avait ricoché sur les murs pour se graver à jamais dans la mémoire d'Hinata :
« Petit insolent! Comment oses-tu frapper un membre de la branche principale? Qui t'a autorisé à lever la main sur quelqu'un de plus important que toi? »
« Barrez-vous vieille bique! C'est à cause de vous si mes parents sont morts! C'est à cause d'elle! C'est à cause de- »
« Tais-toi! Tu es si mal élevé! Je me demande pourquoi Monsieur fait preuve de bonté en te prenant avec lui alors que tu dis de telles monstruosités! »
« Normal! C'est parce qu'il sait que c'est de sa faute si- »
Le reste de la phrase n'était jamais venu puisque Hiashi était entré dans la pièce et qu'il incendiait le fauteur de trouble des yeux. De sa voix forte, il avait ordonné à la gouvernante de ramener Hinata dans sa chambre tandis que lui se chargeait de régler quelques problèmes...
Peu de temps après, au cours d'un dîner familial, Hiashi avait présenté le jeune garçon comme étant le fils de Hizashi, son frère cadet qui était parti de la famille à l'âge de vingt ans et qui venait de cruellement décéder. Il avait décidé de recueillir son neveu car il était désormais orphelin, sa mère étant également morte alors qu'il n'avait que deux ans. La nouvelle avait été assez bien prise et Hinata avait alors compris que c'était sa question qui avait été le déclencheur de la colère de son cousin. Un vague sentiment de culpabilité l'avait alors assaillie. Et il s'était aggravé lorsque le nouvel arrivant s'était muré dans un silence dérangeant et accusateur.
Chaque fois qu'elle le croisait, il la regardait avec une espèce d'indifférence froide qui la glaçait de l'intérieur. Elle n'avait pas su quoi faire. Son caractère s'était alors progressivement mis à changer. Sa timidité s'était exacerbée et elle n'était plus arrivée à s'adresser aux autres sans bafouiller misérablement. Les autres la regardaient désormais avec pitié et elle finissait par se calfeutrer dans un coin isolé où elle pleurait silencieusement sur l'être pathétique qu'elle était devenue. Un jour cependant, quelqu'un l'avait surpris. Elle n'avait rien pu faire pour empêcher cette catastrophe. Et cerise sur le gâteau, c'était Neji qui l'avait découverte. Il n'avait rien dit d'abord, puis finalement il avait articulé :
« C'est moi qui devrais être en train de pleurer. »
Et il s'en était allé. Comme ça. Sans rien ajouter d'autre.
Les pleurs de la fillette avaient redoublé et elle s'était endormie, prostrée. Ce même scénario s'était répété les jours suivants sauf que Neji n'était pas revenu la voir. Tout aurait pu continuer ainsi si, par une froide journée de pluie, une servante n'avait pas cassé un lot d'assiettes près d'elle. Le mot qu'elle avait répété à s'en écorcher la gorge avait tournoyé dans la tête d'Hinata.
Presque inconsciemment, la fillette s'était mise à marcher en direction de la chambre de son cousin. Devant la porte, elle avait toqué doucement avant d'entrer lorsque l'occupant de la pièce le lui avait intimé. En la voyant, le visage de Neji avait brièvement été déformé par la surprise. Il avait cependant bien vite repris contenance et il lui avait demandé :
« Qu'est-ce que tu fais ici? »
« ... Désolée... »
« Pardon? »
« Dé- désolée. Je savais pas... pour tes parents. »
« ... »
« Je suis vraiment... vraiment... désolée... »
Un long silence s'était installé avant qu'un rire triste ne le trouble. C'était Neji.
« Tu es la seule à me l'avoir dit. Personne d'autre dans cette maison ne s'est soucié de ça. »
« … Neji-kun? »
Ce fut tout. Le jeune garçon n'avait rien dit d'autre. Hinata avait mollement baissé la tête. C'est la caresse d'une feuille de papier sur son bras qui lui avait fait relever le visage. Lorsqu'elle avait vu le sourire maladroit que lui faisait Neji et les crayons de couleur qu'il tenait dans son autre main, elle avait compris. Et c'est gentiment qu'elle s'était installée à côté de lui en face du bureau pour faire le plus beau dessin de sa vie...
A partir de ce moment-là, Hinata était devenue très proche de Neji. Elle en était même venue à le considérer comme son frère, et son cousin, implicitement, lui avait fait comprendre qu'elle était tout aussi importante pour lui. Les années avaient passé et avaient amené avec elles leur lot de joie et de changements. Hinata avait grandi. Neji aussi. Ils avaient désormais treize ans et ils vivaient dans une certaine sérénité.
Cependant tout avait basculé lorsque du jour au lendemain, Hiashi les avait fait appeler pour s'entretenir avec eux. Ils s'étaient présentés en silence dans le bureau du chef de famille et la discussion qui en avait découlé avait été l'élément déclencheur de la présente situation.
« Hinata, Neji, si je vous ai fait venir ici c'est que j'ai à remettre certaines choses à leur bonne place. Je n'ai pas voulu vous imposer cela auparavant car vous étiez bien trop jeunes pour comprendre. J'estime que, maintenant que vous avez atteint un âge où vous avez un minimum de raison, il est temps de vous mettre au courant. »
« ... »
« ... »
« Hinata, je ne t'apprends rien en te disant que malgré moi, tu es l'héritière principale de la famille Hyûga. Étant moi-même le chef de la majorité des entreprises et des firmes que nous possédons, à ma mort, ce sera à toi que reviendra ce rôle. »
« Oui, Père. »
« Bien. Neji est quant à lui le fils de mon frère cadet. Il appartient donc à la branche secondaire de la famille Hyûga. »
« La branche secondaire? »
« C'est une branche de la famille constituée du cadet des fils Hyûga et de sa descendance. Les membres de cette branche sont dévoués à la branche principale. »
« Vous voulez dire que Neji nii-san est- »
« Il t'appartient. Tu as droit de vie et de mort sur lui. Il te doit le respect et est destiné à te servir jusqu'à la fin de sa vie. C'est pour cela que je lui saurais gré de ne plus te tutoyer désormais et de t'appeler par ton titre honorifique. »
Un long silence s'était installé. Mais Neji l'avait rompu en articulant :
« Mais c'est complètement désuet! Comment une telle loi peut encore s'appliquer? Nous sommes au XXIème siècle! »
« Ne remets pas nos principes en cause. Tu n'es qu'un ignorant qui n'a aucune mesure de ce que notre grandeur signifie. Ça a toujours été comme ça. Ce n'est pas un insolent comme toi qui viendra mettre un terme à cela. »
« Père, je suis... Je suis d'ac- »
« Bien. C'est tout ce que j'avais à vous dire. Vous pouvez disposer. »
« Père, comment- »
« Tais-toi Hinata! Je n'ai plus envie de t'entendre! »
La conversation s'était clos sur ces mots et ce malgré les poings serrés de Neji et l'indignation d'Hinata.
Les trois jours suivants s'était déroulés en l'absence de Neji. Le brun avait mystérieusement disparu. Lorsqu'il était revenu, il n'était plus celui qu'Hinata avait connu. Il ne la tutoyait plus et il se conduisait comme si les six années où ils s'étaient rapprochés n'avaient jamais existé. Hinata s'était sentie isolée comme jamais. Son père lui avait alors fait prendre des cours de gestion pour qu'elle soit prête à reprendre le flambeau lorsqu'il mourrait. Elle y assistait avec résignation suivie d'un Neji toujours plus silencieux. Cependant, elle avait remarqué que les yeux du jeune homme brillaient d'intérêt durant ces cours. Elle avait alors rangé cette information dans un coin de son cerveau, sachant intuitivement qu'elle lui resservirait plus tard.
Et elle avait eu raison. A la mort de son père, elle fit la chose la plus courageuse de sa vie. Elle céda son poste de chef de famille à Neji. Les autres Hyûga s'en prirent à elle et tentèrent de la remettre sur le chemin de la raison par mille stratagèmes plus pervers les uns que les autres. Pour eux, Hinata n'était qu'une bonne poire à qui on pouvait facilement soutirer des faveurs. Mais la jeune fille n'avait pas fléchi. Elle avait même défendu avec véhémence les qualités de son cousin à ce poste. Le brun lui-même avait été surpris par cette volonté qu'il ne connaissait pas à sa cousine.
Les plus sceptiques s'étaient définitivement tus lorsque les premiers résultats de cette nomination arrivèrent. Ils n'étaient ni mauvais ni fantastiques. Ils étaient excellents. Il était difficile de dire qu'un changement de directeur avait eu lieu, tant ces résultats étaient dans la lignée de ceux qu'obtenait l'ex directeur désormais décédé.
Neji s'était vu ouvrir les portes du haut monde et il avait commencé à faire fructifier le capital Hyûga en investissant dans de jeunes entreprises prometteuses – qui avaient démontré leur potentiel en raflant des parts du marché indéniablement dense – et en achetant des actions aux grands groupes auparavant rivaux avec la Hyûga Corp. Du jamais vu. Car la politique de Hiashi Hyûga n'avait jamais été en faveur d'une entente entre ceux qu'il appelait les « gêneurs ». Surtout lorsque ces « gêneurs » portaient pour patronyme « Uchiha ». Autant dire que cette action avait valu beaucoup de remarques à Neji mais celui-ci était resté ferme.
Les conséquences de cette « union » s'étaient rapidement fait sentir et les deux entreprises avaient multiplié les collaborations et ce, malgré les éternels sceptiques qui s'obstinaient à nier les avantages d'un tel partenariat. Hinata avait observé tout cela de près, insufflant de temps à autre du courage à son cousin qui parfois craquait sous le poids de sa position. Ils étaient toujours aussi proches et il n'était pas rare qu'Hinata l'attende à la fin d'une de ses réunions afin qu'ils aillent dîner dans un quelconque restaurant juste après.
C'est alors qu'elle l'attendait qu'elle avait fait la rencontre de Shikamaru Nara. Elle l'avait tout de suite identifié car Neji en parlait comme quelqu'un à l'aspect ennuyé mais au regard étincelant de malice. « C'est un homme particulièrement doué pour élaborer des stratégies et ce, quelle qu'en soit la nature. » lui avait-il dit et Hinata avait soigneusement noté dans sa tête les caractéristiques de cet homme que son cousin considérait indubitablement comme une perle pour la corporation.
Le paresseux génie était sorti avant les autres actionnaires en marmonnant des « Galère » ennuyés auxquels elle n'avait pu s'empêcher de rire. Il l'avait alors observée avec surprise alors qu'elle essayait désespérément de se calmer. Il s'était approché d'elle et elle s'était excusée tout en rigolant. Le brun avait patiemment mais mollement attendu qu'elle se calme avant de lui demander si elle avait besoin d'un renseignement. Elle s'était alors présentée et ils avaient commencé à échanger des banalités. L'arrivée de Neji avait fait cesser la conversation et elle avait salué le Nara en souriant.
Par la suite ils s'étaient souvent revus et leurs rencontres fortuites avaient débouché sur une solide amitié qui s'était renforcée avec le temps.
Aujourd'hui encore, Hinata avait un rendez-vous avec Shikamaru. Bien qu'elle l'ait eu plusieurs fois au téléphone, elle ne l'avait pas revu depuis le débarquement de son nouveau colocataire. Un nouveau colocataire qui de par sa présence avait fait Sasuke se retrancher dans le silence froid de leurs débuts. A cause de cela, elle en avait voulu à l'Uzumaki mais elle avait compris que celui culpabilisait déjà bien assez. L'accabler explicitement reviendrait à vouloir qu'il parte et bien qu'elle regrette l'entente douce qui régnait auparavant entre elle et Sasuke, elle n'était pas assez égoïste pour forcer le départ du blond.
La Hyûga poussa la porte du café, faisant ainsi résonner la petite cloche qui était située au-dessus de l'ouverture. Elle scruta les alentours avant de repérer une tête coiffée d'une queue de cheval haute. Elle sourit et vint s'installer en face du propriétaire de l'ananas capillaire. Shikamaru l'accueillit d'un petit sourire avant de lui demander si elle voulait boire quelque chose. Elle refusa poliment et un silence agréable s'installa. Le brun joua quelques secondes avec la paille de son melon-soda avant de demander d'un ton qui aurait pu paraître curieux s'il n'avait pas été... eh bien, lui-même :
« Alors? Comment ça se passe? »
Hinata soupira avant de répondre avec hésitation :
« C'est... C'est tendu. »
« Tendu quel sens? Dans le sens « silence glacial » ou dans le sens « Tu bouges je te butte? » »
La formulation du Nara arracha un petit rire à la brune qui, une fois calmée, répondit d'une voix lasse :
« Silence glacial. »
« Ok. C'est plus sérieux que je le pensais... Galère... Ils pouvaient pas se taper dessus plutôt? Au moins y'aurait eu un échange! »
La brune garda le silence. Elle ne savait que dire car elle ne connaissait presque rien de la situation. Elle savait juste que Naruto et Sasuke se connaissaient et qu'ils étaient ou qu'ils avaient été proches. Rien d'autre. Il lui manquait beaucoup trop d'éléments pour qu'elle puisse commenter les propos de Shikamaru.
Le brun retomba dans son silence et la jeune femme l'observa timidement. Elle mourrait d'envie de lui poser des questions. Cependant, quelque chose en elle, son intuition ou quelque chose du genre, lui intimait de ne rien en faire. Elle sentait que les réponses – si réponses il y avait – que lui apporterait Shikamaru ne lui plairaient pas. Celui-ci releva ses yeux noirs de son verre pour l'observer de son regard si particulier. Un regard qui vous donnait l'impression d'être analysé et que vous ne pourrez rien cacher à son propriétaire. Hinata déglutit laborieusement avant de rougir. Elle se sentait toujours confuse lorsque le Nara la dévisageait de la sorte. Ses iris gris se rivèrent sur ses mains qu'elle avait inconsciemment nouées dans un geste nerveux et elle bredouilla :
« Que… Qu'il y a-t-il? »
Son interlocuteur ne répondit pas tout de suite et lorsqu'il le fit, ses yeux arboraient une lueur perspicace qui mua en indolence.
« Chaque chose en son temps Hinata-san... »
La dénommée redressa la tête et la tendresse imprégna le petit sourire qu'elle eut alors.
Il faisait nuit lorsqu'Hinata rentra chez elle. La noirceur de l'appartement l'étonna. Naruto et Sasuke n'étaient pas là? Elle appuya sur l'interrupteur du salon et manqua d'avoir une crise cardiaque quand la silhouette de Naruto apparut brusquement devant elle. Elle porta une main à son cœur qui battait à une cadence effrénée avant de demander en haletant :
« U...Uzumaki-san... Que fais-tu... dans le noir? »
Le blond l'observa étrangement, comme s'il venait de quitter un certain état de transe avant de murmurer d'une voix morne :
« J'avais pas envie d'allumer les lumières. »
Hinata considéra cette réponse avec méfiance avant de soupirer devant l'étrangeté de son colocataire. Elle alla poser son sac à main dans sa chambre avant de revenir dans le salon où elle articula :
« Où est Sasuke-san? »
Elle crût voir Naruto sursauter mais le flegme avec lequel il répondit la convainquit du contraire :
« Je sais pas. Il est juste sorti. Ça doit faire deux ou trois heures qu'il est parti. »
« Ah d'accord. Tu as déjà mangé? »
« Non, j'ai pas faim de toute façon. »
Et sans rien dire de plus il alla s'enfermer dans sa chambre.
Hinata resta quelques minutes dans la même position, réfléchissaient profondément aux réactions de ses deux colocataires depuis près d'une semaine. Entre Sasuke qui était pire qu'une tombe au niveau de son débit de paroles – déjà pas très élevé à la normale – et Naruto qui devenait de plus en plus étrange, elle n'avait pas fini de nager en plein brouillard! Alors soit! Si Shikamaru s'obstinait à ne pas vouloir lui expliquer la singulière relation de ces deux-là, elle irait chercher elle-même ses réponses!
A suivre...
Voila c'est tout pour aujourd'hui! Alors prochain chapitre pour le... 23 juin. Ca fait encore une fois plus d'un mois mais j'ai des examens à préparer et j'ai pas trop envie de me foirer sur ce coup là... Bref, merci de m'avoir lue! Je vous retrouve bientôt pour la suite! ^^
