Thème : Monde.
Bonne lecture :)
Leurs esprits au milieu de la foule.
Le quai de la gare grouille de monde, constate avec amertume Erik Lehnsherr en descendant du train, son sac à dos négligemment jeté sur son épaule.
La masse de gens qui l'entoure lui fait penser au courant incontrôlable d'un torrent, à cela près que le son émis par la foule est nettement moins mélodieux (et qu'elle dégage une chaleur abominable, contrairement à l'eau fraîche et revigorante des montagnes). Seigneur, il regrette déjà d'être venu.
Les grandes villes ne sont décidément pas faites pour lui. Trop de monde, trop de bruit.
Il prend une grande inspiration avant de se jeter dans le flot tumultueux qui l'entoure, bénissant sa haute stature qui l'empêche de se noyer au milieu de tous ces individus.
Il esquive la valise rose vif d'une gamine qui pousse des cris perçants, contourne in extremis un banc jusque-là caché par les nombreux voyageurs, double un couple de personnages âgées et enfin (enfin), parvient à se glisser sur la première marche de l'escalator.
Tandis qu'il laisse l'appareil le guider tranquillement vers le hall principal, Erik sent un murmure effleurer son esprit, ainsi qu'un fort sentiment d'affection et de joie mêlées. Un mince sourire étire ses lèvres et il laisse son être s'ouvrir à la télépathie de Charles Xavier, qui l'attend quelque part au milieu de cette foule insensée et insipide.
« J'espère que ton voyage s'est bien passé, mon vieil ami. », dit-il d'une voix douce.
« Ca peut aller », répond Erik sur un ton qui veut dire le contraire, avant de continuer : « Si on oublie les gamins braillard de la rangée d'à côté, les ados débiles et leurs jeux vidéos bruyants, le couple qui se roulait des pelles sous mon nez... »
Un rire cristallin résonne dans son esprit et vient interrompre sa tirade assassine. Soudain, l'irritation d'Erik fond comme neige au soleil et ne reste plus en lui que la joie de revoir Charles après ces longs mois de séparation.
« Où es-tu ? » demande-t-il, son regard perçant cherchant activement la silhouette aimée au milieu de tout ce monde.
Il a à peine le temps d'esquisser quelques pas hésitants dans le hall, qu'une paire de bras vient entourer sa taille et le presser contre un torse chaud et familier. Il se retourne et caresse le visage de Charles dans un geste empreint de douceur, se noyant dans son regard alors que le temps semble s'être figé.
Autour d'eux, le monde continue de tourner, les gens de courir dans tous les sens pour attraper leurs trains. Le sourire que lui adresse Charles est tout ce qui compte.
« Ne t'inquiète pas, Erik. Même perdus dans la foule, je saurai toujours retrouver la trace de ton esprit. »
J'espère que ça vous a plu !
