Mes amis, mes amours, mes emmerdes.

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Chapitre 1 : Tout ça pour ça.

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Tout commence sur les bords du Lac Noir, le grand lac qui était froid et n'inspirait pas confiance. En même temps, on était déjà après le crépuscule en ce 4 novembre et cet hiver était particulièrement froid. Mais un élève ne se préoccupait pas vraiment de l'atmosphère lugubre qui s'emparait du lac dès que le soleil disparaissait, atmosphère lugubre surtout augmentée depuis que le vaisseau de Durmstrang était amarré sur la rive. Le bateau avec lequel les élèves de l'école russe, Harry avait vérifié, étaient venus ressemblait à l'un de ces navire abandonné remplis de fantômes pirates gardant un trésor. La frégate du XVIIème avait fière allure la journée, mais à la clarté intermittente de la lune et des étoiles, elle semblait simplement sinistre.

Harry Potter se fichait que la nuit qui l'entourait donne des frissons à la plupart des autres élèves de son école, il se fichait d'être à la fois perché sur l'un des rochers surplombant le lac, prêt à tomber dans ses eaux troubles et en même temps à deux pas de la lisière d'une des forêts les plus fantastiques et dangereuses du continent européen. Il voulait simplement penser à autre chose que les chuchotements, les pointages du doigt, les remarques désobligeantes, les trahisons … il voulait oublier. C'est pour cela qu'il était là, l'eau l'avait toujours apaisé, Dudley n'avait jamais pu le rattraper quand il était dans la piscine. De même, il se sentait chez lui dans l'obscurité, les ténèbres, bizarre pour le 'Sauveur', le 'Survivant', le parfait gryffondor.

L'année avait assez bien commencé, Ron avait été lui-même, flemmard, ennuyeux et blessant envers Hermione, Hermione avait été elle-même, bavant sur ses bouquins, le rabaissant et ennuyeuse. Les autres avaient été eux-mêmes, hypocrites, bruyants et ennuyeux. Harry exagérait peut-être, il le savait mais il n'arrivait pas à considérer Poudlard d'une autre façon, il n'y avait jamais rien de vraiment nouveau, jamais rien d'inattendu, à part quand ça devenait mortel pour lui, et encore.

Puis le Tournoi, Harry avait été désigné, il y a maintenant 4 jours. 4 jours que Ron l'avait trahit, 4 jours que Hermione ne lui parlait quasiment plus que pour lui asséner qu'il ne survivrait jamais au Tournoi sans elle. 4 jours qu'il était haï par toute l'école sous les regards consternés des représentants des autres écoles. Apparemment, les élèves de Durmstrang et Beauxbâtons avaient une certaine loyauté envers leur école et ne comprenaient pas que les élèves d'une même école ne fassent pas bloc en face de leurs concurrents d'autres pays. Et 4 jours à repenser qu'il aurait sûrement mieux fait de se casser une jambe que d'accepter la main tendue du géant qui était venu le chercher à son anniversaire.

Bien sur, ces 4 jours avaient aussi présenté des avantages, Harry avait beaucoup plus de temps sans personne pour l'ennuyer ou rapporter ses moindres faits et gestes, oh oui, Harry savait que Ron et Hermione l'observaient pour le compte de Dumbledore. Après tout, la carte du Maraudeur ne ment jamais … et le sens de la déduction de Harry n'était pas mauvais … c'était une nécessité après plus de dix ans chez les Dursley. De fait, Harry avait pu travailler un peu plus sur le retour aux affaires de sa Maison, la Maison Potter dont il était le dernier membre et l'héritier jusqu'à son dix-septième anniversaire. Pourquoi un retour aux affaires ? Parce que Harry avait découvert que la Maison Potter avait été dépossédée de tous ses biens et propriétés le 1er novembre 1981, moins de sept heures après la mort de ses parents. Une seule personne aurait pu faire cela, l'autoproclamé gardien magique de Harry, Dumbledore.

Harry avait ragé contre Dumbledore quand il l'avait appris durant l'été de sa troisième année. Son séjour sur le Chemin de Traverse cet été-là avait été très révélateur. Mais finalement, Harry s'était vite ressaisi, il n'y avait rien qu'il pouvait faire contre Dumbledore pour le moment, il en avait parlé avec les gobelins qui semblaient plutôt embarrassés que leurs règlements aient pu permettre le pillage d'un coffre sous leur garde de la sorte. L'un dans l'autre, Dumbledore s'était emparé de sept millions de gallions et de trois propriétés mineures des Potter, les propriétés majeures, manoirs, ayant déjà été détruites ou vendues par son père.

Son père … son père était un abruti, il avait littéralement détruit la famille Potter. La fortune des Potter, dite capable de rivaliser la toute puissante fortune des Malefoy, une fortune envolée … les manoirs du Pays de Galles et d'Écosse, des trésors architecturaux, vendus après plus d'un millénaire aux mains des Potter, des artefacts inestimables, perdus par sa faute. La seule chose qui restait à Harry était le coffre de Lord Potter, c'était un coffre à Gringotts, en addition aux 2 coffres familiaux qui n'était ouvert qu'à Lord Potter, le dernier Lord Potter avait été Charlus Potter, l'oncle de son père.

Selon les gobelins, il y avait de l'or ainsi que de nombreux objets et artefacts magiques, Harry espérait qu'il y aurait l'histoire de sa famille, de sa 'Maison', comme lui avaient martelé les gobelins, à l'intérieur. Charlus Potter, l'aîné par rapport à Andrew, le grand-père de Harry, avait été beaucoup plus habile dans sa gestion, les gobelins lui avaient chanté les louanges de ce véritable gobelin dans la peau d'un humain.

Depuis sa visite, Harry s'était efforcé de faire fructifier les 250 000 gallions qu'il lui restait dans son coffre éducationnel, il avait été extrêmement efficace dans son effort. Avec l'aide des gobelins et d'un de leurs conseillers financiers humains agissant dans le monde moldu, ils avaient remarqué les profits possibles dans le monde moldu. La recette de son succès était simple, faire passer un basilic de vingt deux mètres de long sous le nez de Dumbledore. Il en avait tiré pour la bête entière pas moins de 7 millions de gallions. Il n'avait pas voulu s'embêter à vendre les ingrédients de potions, la viande ou encore les écailles aux différents potentiels intéressés lui-même, les gobelins étaient bien plus rapides et ça les fidélisaient. 7 millions de gallions valaient environ 35 millions de livres sterling, c'était amplement suffisant pour faire fortune dans le monde moldu.

- C'est pour ça que tu as refusé mon offre d'amitié alors ? Je dois avouer que je suis plutôt déçu, Harry se retourna à la vitesse de l'éclair, baguette sortie, en parfaite position d'équilibre malgré le fait qu'il devait composé sur des pierres mouillés constituant une falaise pratiquement à pic au-dessus d'un lac Noir lisse. Harry regarda Malefoy, emmitouflé dans son uniforme doublé fourrure avec écharpe et bonnet. Il n'y avait aucune malice dans le regard du blond, même pas la lueur espiègle de quand il cherchait simplement son petit affrontement quotidien, généralement avec Ron. Simplement des yeux gris le regardant sans ciller, empli de déception et d'une once de … regret.

- Malefoy ? Dit Harry calmement d'un ton interrogatif.

- Weasley. Précisa le blond. Harry soupira un peu et se remonta facilement à la hauteur du serpentard. Ils s'assirent tous les deux à regarder le lac d'un commun accord.

- Ron … murmura doucement Harry d'un ton égal. Pourquoi déçu ? Je croyais que tu serais satisfait, ça te fait un nouveau sujet de moquerie contre moi. Questionna Harry tout en regardant le reflet de la lune sur le lac. Il sentit un peu de mouvement, Harry regarda sur le côté du coin de l'œil, Malefoy était clairement gêné.

- J'aurais préféré mettre moi-même un terme à votre amitié … là, c'est juste pathétique. Plus de trois ans que je m'efforce de séparer le trio déjà légendaire et il suffit que quelqu'un essaie d'en tuer un tout en égratignant les insécurités de l'autre pour que vous voliez en éclat. Lança Malefoy avec amertume, Harry était étonné d'entendre cela, il avait toujours cru que Malefoy voulait juste faire tourner Ron en bourrique, Harry, lui, trouvait simplement ça marrant de jouer au con avec les deux et ça rassurait Dumbledore et Rogue sur son comportement, il était bien un idiot de gryffondor qui sautait avant de penser.

- Perspicace Malefoy, commenta Harry.

- Je ne suis pas un serpentard sans raisons, répondit Malefoy avec un sourire en coin.

- Que me vaut l'honneur de ta visite alors ? Surtout si ce n'est pas pour échanger quelques insultes et remarques bien senties, tu ne portes même pas ton badge. S'enquit finalement Harry.

- Trois fois rien, je veux simplement connaître la réponse à une question, si je refaisais mon offre d'amitié là maintenant, est-ce que tu l'accepterais Potter ? Demanda le blond en observant Harry avec attention. Harry, de son côté, ne s'était pas attendu, ni à cela, ni à autant de franchise.

- Je ne sais pas … que diraient les autres étudiants ? Que diraient les professeurs, la presse ? Une amitié entre Drago Malefoy et Harry Potter, ce serait la révolution assurée ... » Déclara Harry en montant graduellement la voix avec un ton moqueur. Non, vraiment, je suis surpris … Dit-il finalement calmement.

- Pas étonnant... Marmonna l'héritier de la famille Malefoy avant de prendre son inspiration comme s'il rassemblait son courage. Sais-tu pourquoi j'ai été comme ça dans le train ? Demanda-t-il.

- J'ai ma petite idée, je me suis documenté sur l'étiquette, les familles, le système ... Énonça Harry, il savait exactement de quoi Drago parlait mais il voulait voir si l'autre garçon était véritablement intéressé.

- Tu … Je … Mais alors pourquoi tu agis de la sorte ? Pourquoi tu es avec un Weasley ! Encore les jumeaux ... S'indigna Malefoy avant qu'Harry ne le coupe d'un signe de la main.

- J'ai mes raisons, viens-en au fait. Exigea Harry d'une voix indifférente. Drago eut alors une lueur de compréhension dans les yeux et reprit plus calmement.

- Weasley était une mauvaise fréquentation pour quelqu'un comme toi Potter. Tu as du t'en rendre compte, peu de sang-purs te parlent vraiment, tu t'es retrouvé dans le camp des parias à cause de lui … et me parle même pas de la Sang-de-Bourbe. Râla Malefoy, Harry ne réagit même pas, il savait pourquoi Malefoy parlait de la sorte d'Hermione, il devrait remercier sa chance douteuse pour avoir pu aller à l'Allée des Embrumes avant sa deuxième année, il avait piqué un livre qui valait vraiment le coup à Barjow et Beurk.

- Explique ... Dit-il d'un ton amusé. Drago le regarda intensément avant de se retourner vers le lac.

- Les Weasley sont des traîtres à leur sang, et là, je parle sérieusement, je ne suis pas dans mon rôle de fils de Lord Lucius. Leur famille est une famille connue à travers tout le monde sorcier pour ce statut. De même, Granger est une sang-de-bourbe, l'une des pires qu'on puisse rencontrer. Je ne dis pas cela pour son sang, la plupart des sang-purs reconnaissent, en privé, que les nés-moldus sont nécessaires et peuvent être respectables, comme ta mère, Potter. Granger, elle, est le stéréotype même de ce que l'on entend par sang-de-bourbe, elle est hautaine, juge notre culture comme si elle en avait le droit, ne cherche pas à comprendre, ne cherche pas à s'intégrer dans notre monde, elle n'y a aucune place et ses idées, ses convictions sont dangereuses, elle est une menace contre la Magie elle-même. Expliqua consciencieusement Malefoy. Harry se mit à applaudir doucement sous le regard appréciateur de Malefoy.

- Tu as sûrement maintenant compris que je savais déjà tout cela avant que tu ne me le dises, merci d'ailleurs de t'être prêté à mon petit … jeu. Maintenant, pourquoi aurais-je intérêt à rester collé à Weasley ou Granger toutes ces années ? Testa Harry en conjurant des cailloux qu'il s'amusa à jeter dans le lac.

- Je ne ... Commença Malefoy avant d'écarquiller les yeux. Apparences, lâcha-t-il presque malgré lui.

- Parfait Malefoy ! Quelque chose que peu ici ont l'air de comprendre, c'est que je ne peux faire ce que je veux, ma laisse est extrêmement courte. Je dois donc donner l'apparence de suivre les ordres comme un parfait petit chien. Confirma Harry. Maintenant, peux-tu me dire, qui tiens la laisse ? Qui s'est assuré de ma mise sous surveillance ? Et à qui Ronald Weasley et Hermione Granger doivent allégeance ? Questionna finalement Harry.

- Dumbledore ... Chuchota le blond horrifié.

- Le Bien, le Mal, la Lumière, les Ténèbres, la Loi ou le Libre-arbitre, ils ne valent rien devant le Plus Grand Bien. Récita Harry avec mépris. Les ressemblances entre Grindelwald et Dumbledore étaient faciles à voir quand on avait croisé Tourdesac en allant visiter la tombe de ses parents pour la première fois. La vieille était bavarde et savait beaucoup de choses.

- M-mais … tu es Harry Potter … avec ta popularité et la fortune des Potter, tu dois bien pouvoir faire quelque chose ! S'agita Malefoy. Harry regarda le blond, rouge d'indignation et ne put se retenir, il éclata de rire, il se mit à rire comme il n'avait jamais rit, il lui fallut même plusieurs minutes pour s'en remettre.

- Ça y est Potter ? Je voudrais bien savoir ce que j'ai dit de si drôle. Grommela Malefoy, les joues rosissantes.

- Désolé, c'est juste que les deux forces que tu m'as prêté ne sont pas miennes du tout. Se justifia le quatrième année aux cheveux noirs. Malefoy le regarda avec curiosité, demandant silencieusement des explications.

- C'est simple ... Commença Harry avant de se résigner. Quand l'incident du 31 octobre 1981 a eu lieu, qui était présent ? Qui a assisté à la défaite du Seigneur des Ténèbres ? Qui a bien pu voir quel sort je m'étais pris ? Qui a bien pu savoir à quoi je ressemblais ? Martela Harry tout en gardant un ton calme et relaxé. Il vit la compréhension commencer à se dessiner sur le visage du vert et argent. Quatre personnes étaient dans la maison à ce moment-là, James Potter, Lily Potter, Lord Voldemort et Harry Potter. De ceux-là, seulement deux ont survécu, et aucun des deux n'a vraiment pu se permettre ou pouvoir donner une interview ou écrire un livre. Qui alors a rapporté ce qu'il s'était passé ? Qui a donné ma description, jusqu'à ma toute nouvelle cicatrice ? C'est simple, la seule personne qui a pu le faire, le vieillard sénile qui m'a envoyé chez ma 'famille'. Cracha Harry.

- M-mais alors, ça veut dire que … Murmura Malefoy en se torturant visiblement l'esprit.

- Dumbledore est le seul, je dis bien le seul qui a été à l'origine de toute ma renommée, c'est lui qui a créé tout le mythe du Survivant, du Garçon-Qui-A-Survécu … Ensuite, concernant la fortune des Potter, c'est très simple, qui est le gardien magique du héros du monde magique ? Questionna Harry d'une voix moqueuse, il vit dans l'effroi et le dégoût présents dans le regard de son interlocuteur qu'il avait compris le message.

- Maintenant, je préférerais que tu jures solennellement sur ton honneur en temps qu'héritier de la Maison Malefoy que tu ne répéteras rien de ce que je viens de te dire à personne, sauf avec ma permission. Conseilla d'une voix glaciale le gryffondor, le blond écarquilla ses yeux quand il sentit la baguette du rouge et or s'enfoncer dans sa nuque et hocha la tête frénétiquement. Il n'avait même pas vu Potter bouger.

- Moi, Drago Lucius Malefoy, jure sur mon honneur en temps qu'héritier de la Noble Maison des Malefoy, que je ne révélerais jamais sans autorisation expresse d'Harry James Potter, le contenu de la conversation de ce soir. La baguette du blond s'alluma brièvement et Harry retira la sienne de la nuque du serpentard.

- Je suis sur que tu peux comprendre mon hésitation à faire confiance à qui que ce soit. Fit Harry avant de se lever. C'était très … éclairant comme conversation, je m'arrangerais pour donner suite quand j'aurais trouver un moyen de ne pas attirer l'attention du grand manitou. Termina-t-il en partant vers le château, s'étant machinalement désillusionné.

La réconciliation Harry/Drago, j'aime bien l'idée. Un Dumbledore manipulateur au possible, obligatoire. Et un Harry qui doit refonder sa Famille.