Chapitre 2
La demeure des Enfants de l'Ombre fut visitée de fond en comble par les Assassins et les trois enfants qui les accompagnaient ne tardèrent pas à se poursuivre à travers les grandes pièces, malgré les remontrances de leurs mères.
Yassima fit un geste de la main :
« Laissez-les. L'innocence de la jeunesse est le plus beau des cadeaux. »
Malik intervint alors :
« Pourquoi vos... assassins ne révèlent pas leurs visages ? »
« Car pour l'instant, elles sont toujours en mission. Ce soir, vous verrez leurs visages. »
« Ainsi, la rumeur disait vrai. »
« Et que disait-elle ? »
« Que vous n'étiez que des femmes. »
« C'est le cas. »
« Mais... pourquoi ? »
Elle répliqua, un sourire aux lèvres.
« Et pourquoi pas ? Vous étiez Assassins et certaines femmes voulurent vous égaler. »
« Alors vous avez créé cet Ordre ? »
« C'est exact. Peu de temps après la création du vôtre. »
Oo*oO
Enfin, le soir tomba.
Chaque Enfant de l'Ombre arriva, le visage désormais visible.
Une dernière silhouette entra, toujours encapuchonnée.
À sa droite, souple et silencieuse, une panthère noire.
À sa gauche, la main enlacée à la sienne, un petit garçon.
Habillé à la manière des Enfants de l'Ombre, il avait le visage découvert.
Et les yeux bleus ne trompèrent personne.
« Qu'est-ce que tout cela signifie ? »
« Mon cher Malik, il faut savoir que vous n'êtes pas le premier Al-Sayf à pénétrer dans notre demeure. »
« Kadar... »
« Oui, Kadar. »
« Mais... comment ? »
L'Enfant de l'Ombre et petit garçon furent arrivés et, comme le voulait la tradition, elle rejeta sa capuche, révélant des yeux noisette et une tresse à la couleur du caramel.
Mais elle, contrairement aux autres, avait le bas du visage masqué.
Les Assassins questionnèrent Yassima du regard mais ce fut Tilia qui révéla :
« Elisha est une Gardienne. C'est pour cela qu'elle porte ce masque. »
« Gardienne de la Cité. »
« Je vois que vous nous connaissez, maître Al-Sayf. »
« Des rumeurs, encore et toujours. »
« Mais elle est bien réelle. »
« Et qu'en est-il de l'enfant ? »
« Justement, il est sous la protection d'Elisha, depuis sa naissance. »
« Mais comment Kadar s'est-il retrouvé ici ? »
Yassima lui répondit :
« Elisha et Tilia étaient en train de faire une ronde, à l'extrême est de la ville, quand elles ont découvert votre frère, assoiffé. Apparemment, sa mission à Jérusalem avait mal tourné. Mais il n'a jamais voulu nous dire ce qu'il s'était réellement passé. »
« Et... qui a-t-il rencontré ? »
La cheftaine des Enfants de l'Ombre sourit.
« Samia. Elle était chargée de changer les pansements de Kadar et une chose en entraînant une autre... »
« Ainsi, c'est mon neveu. »
« En effet. »
Malik baissa la tête vers l'enfant qui, intimidé, se serra davantage contre Elisha, lui tenant toujours la main.
L'Enfant de l'Ombre ne broncha pas, totalement impassible.
Mais son regard suivait chaque mouvement de chaque invité.
Ainsi, à la moindre menace, elle était prête à réagir.
Plus animale qu'humaine...
Oo*oO
Finalement, Elisha lâcha la main du bambin qui geignit.
Mais elle claqua de la langue et immédiatement, il se tut.
Yassima tendit la main vers lui, l'appelant :
« Terak, viens près de moi. »
« Terak ? »
« C'est ainsi qu'il a été appelé. »
« Et quel âge a-t-il ? »
Ce ne fut pas la cheftaine qui répondit mais une voix au ton totalement enfantin.
« Trois ans. »
« Et tu es un Enfant de l'Ombre ? »
Son neveu secoua la tête, répondant :
« Non. Je suis trop petit. »
« Oh. »
« Mais quand je serai plus grand, je deviendrai un Enfant du Noir. »
Les adultes sourirent puis Yassima l'assit sur ses genoux, se tournant vers les Assassins.
« Cet enfant a un énorme potentiel. »
« Je m'en doute. »
Bonus chapitre 3 :
« Qui est-elle, pour lui ? »
« La personne qui veille sur lui, tout simplement. »
« Elle aurait pu prendre la place de sa mère. »
« Elle aurait pu, c'est vrai. Mais Terak sait qui est sa mère. Et Elisha lui a promis de toujours veiller sur lui. »
Tilia y était déjà, plongée dans la lecture d'un parchemin.
Mais il y avait également Elisha, curieusement immobile.
La raison était toute simple : Terak s'était endormi sur elle, allongé en travers de ses genoux.
