Hey bonsoir tout le monde ! Comme à mon habitude donc, une nouvelle fanfiction en pleine nuit ! Hell yeah ! Bon, que dire dessus… j'ai hésité à la mettre ou non dans ce recueil, me disant qu'elle était tout de même suffisamment complète pour que le choix d'en faire un OS à part entière soit justifié.
Mais… meh, ça reste quand même un test au départ, je voulais surtout décrire le combat =D
J'espère que vous apprécierez ! *coeur*
Il avait fait le vide absolu dans sa tête. Aucune pensée n'avait pu subsister, elles avaient toutes été chassées, balayées d'un simple mouvement de la main. L'environnement s'était effacé jusqu'à n'être plus qu'un minuscule point blanc dans un océan de noir. Une minuscule cible.
A ce moment précis, il lâcha sa flèche, laissant vibrer la corde de son arc. Le projectile glacé fendit l'air à toute vitesse et vint se planter en plein dans la cible la tête d'un homme en pleine course.
Aussitôt, sans laisser le temps à son esprit de se remplir à nouveau de futilités, il banda son arc une nouvelle fois et lâcha la flèche, perçant une gorge.
Tout autour de lui, on remarqua enfin qu'il avait commencé à tirer. Le mouvement s'enclencha et très tôt, son esprit dut résister à un bruit incessant et allant crescendo. Il planta ses flèches dans plusieurs de ces cibles en mouvement avant de changer d'objectif. Quelques hommes armés dégainèrent leur épée et descendirent du promontoire en bois sur lequel ils étaient positionnés.
Malheureusement pour eux, il était un tireur hors-pair et, de surcroît, tuait de sang-froid.
Il n'eut aucune pensée pour la famille de l'homme qu'il abattit d'un tir à la gorge. Peut-être n'avait-il rien à faire avec tout ça. Peu lui importait.
La vision du sang giclant sur le sol faillit le rappeler à lui et le détourner de sa prochaine cible, le second garde, qui approchait dangereusement.
D'un geste rapide et néanmoins souple, il tendit la corde de son arc, prenant bien le temps de viser. En face l'épéiste se rapprochait. Il aurait le temps. Tout juste le temps. A peine. Non.
Le garde lui bondit dessus, abattant son épée avec rage et vigueur. Sans même donner l'impression de ne serait-ce que se fatiguer, le demi-élémentaire attendit le dernier moment puis se glissa sur le côté, esquivant l'attaque à la toute dernière seconde puis positionnant son arc juste en face de la tête de son adversaire.
Avant de relâcher sa flèche, il regarda un peu cet homme qu'il s'apprêtait à tuer, dispersant un instant les ténèbres qui régnaient sur son esprit. Il avait de beaux cheveux sous son casque, des cheveux bruns bouclés qui descendaient avec une candeur presque enfantine sur sa joue. Ses yeux étaient eux verts, verts comme les prairies, verts comme les forêts qu'il avait vu et traversé, verts comme le velours du médaillon accroché à son cou où l'on distinguait les visages d'une femme et de trois enf…
La flèche partit, transperçant le cerveau de part en part et rétablissant l'équilibre dans l'esprit de Shin. Alors que le cadavre tombait contre le sol, le médaillon se referma.
Sur le promontoire de bois aux veinures rouges, seuls cinq hommes restaient désormais. Deux d'entre eux reculèrent de manière apeurée. Ils tombèrent tout deux bien vite, chacun transpercé par une flèche dans le coeur.
Seuls restaient alors trois hommes. L'un était un chevalier grand comme une montagne, l'autre un prêtre avec une longue robe bleue de cérémonie, le dernier un homme musclé portant une cagoule noire et une lourde hache.
Mais peu lui importait qui ils étaient, peu lui importait leurs armures et leur magie, peu lui importait leurs armes mortelles. Il savait qu'ils tomberaient tous.
Le prêtre entama les hostilités, projetant des lances aquatiques vers l'archer de givre, qui se contenta de les glacer en pleine course, les faisant tomber contre le sol dans un fracas assourdissant.
Le prêtre utilisateur de magie commença à former un orbe d'eau entre ses mains. Ce fut là l'occasion qu'il attendait. Relevant son arc déjà bandé et sa flèche encochée, Shinddha Kory laissa une nouvelle fois partir le projectile, qui vint perforer l'orbe, projetant des gouttelettes d'eau qui se cristallisèrent immédiatement, venant perforer les mains du prêtre. Il n'en souffrit cependant pas bien longtemps puisque la flèche traversa son estomac, le jetant à terre, crachant du sang et toussotant. A peines quelques secondes plus tard, la nuque exposée fut ouverte de part en part par une autre flèche de givre. Il rendit son dernier soupir sans un mot ni même un cri de douleur.
Pendant ce temps, l'homme en armure lourde n'avait pas chômé et s'était rapproché de Shin, levant une immense claymore en menaçant de l'abattre de manière circulaire. Utilisant ses capacités de demi-élémentaire, l'archer bondit hors de portée du coup, se rattrapant difficilement sur le sol quelques mètres plus loin. Il s'efforçait encore de faire le vide dans son esprit, de ne pas prendre en compte toutes les informations sensorielles qui tentaient de l'agresser et de le détourner de son objectif. Tout était noir, silencieux, ni chaud ni froid. Seul ce petit point blanc lui rappelait qu'il était encore en vie. Et il tentait désespérément de l'abattre.
Sa prochaine flèche partit en même temps qu'il expirait. L'air siffla, le chevalier cria, le poignet percé. Son épée tomba à terre en résonnant sur les dalles de pierre. La douleur lui était presque insupportable, une flèche plantée dans le poignet et une autre lui ayant arraché une oreille. Tout sifflait autour de lui et plus rien n'était clair. Il porta sa main gantée encore intacte à ce qui restait de son oreille, un petit moignon sanglant.
Il vit Shinddha s'approcher lentement, une dague de glace récemment cristallisée dans la main gauche et son arc dans l'autre. Il ne semblait pas particulièrement pressé d'en finir et le regardait froidement.
Décollant sa main ensanglantée, il récupéra son épée, prêt à se battre. Même blessé, il devrait être capable de blesser son ennemi, voir même de le tuer après tout, ne se battait-il pas contre un archer ?
Mais l'archer en question approchait toujours sereinement, le regard vide de toute émotion. Le chevalier se leva en hurlant et porta un coup avec sa lame. Tel un serpent, Shinddha se faufila pour esquiver le coup. Ne se laissant pas abattre le chevalier balança son bras vers la gauche, donnant un mouvement circulaire à sa lame.
Un bruit dégoûtant de chair tranchée s'éleva.
Toujours de manière presque automatique et instinctive, Shin se courba, laissant la lame découper de manière nette sa veste et tracer une estafilade rouge sang sur sa peau.
Puis le chevalier tomba de fatigue. L'archer se rapprocha et mis sa dague sous la gorge de l'homme. Alors même que la dague filait à toute vitesse, ouvrant la peau et découpant sa trachée, il jura voir quelques gouttes briller devant ses yeux puis s'éclater sur le sol.
Et lorsque son corps rejoint le sol, il regarda les yeux de son assassin. Certains disent que les yeux sont le miroir de l'âme. Alors si c'est le cas, pensa-t-il, je suis heureux de ne pas avoir l'âme de cet homme.
La vie le quitta et ses yeux restèrent fixés dans ceux de Shinddha Kory, dans une mer dégoulinant de pétrole. Ses orbites continuèrent d'observer les larmes qui coulaient dans les yeux de l'archer, de se noyer dedans, d'y glisser et d'y tomber sans pouvoir en ressortir.
L'archer se tourna vers le dernier homme, l'esprit toujours aussi vide que possible afin de laisser place à la concentration. Il jeta sa dague par terre et leva son arc, qu'il banda en cristallisant une flèche.
Le point blanc était immobile, facile à viser pour un maître de l'archerie tel que lui. C'en était presque trop facile. C'était le cas.
Sans laisser le temps à une quelconque épitaphe, il lâcha la corde de son arc, la faisant vibrer, décochant sa flèche. Elle était parfaitement centrée, parfaitement ajustée, parfaitement tirée.
Elle fila à travers les ténèbres de son esprit, se rapprochant du point visé à toute allure.
Elle ne toucha pas sa cible. Un bruit sourd et sec sonna à la place, manquant d'arracher l'archer à sa concentration. Le projectile qui avait arrêté la flèche de Shin roula jusqu'à ses pieds, ensanglantant le sol sur sa route.
Il n'en prit même pas compte et mis de nouveau son ennemi en joue. Puis décocha sa flèche. Lorsque sa main libéra la corde, tout le vide qu'il avait fait en son esprit commença à se rétracter, s'arrachant au passage de la flèche. Les ténèbres de concentration qu'il avait préparé furent peu à peu déchirées, lambeau par lambeau, fil par fil. Ses yeux se vidèrent peu à peu en même temps que son esprit commençait à se remplir.
Elle traversa l'air et vint faire éclater le petit point blanc qu'il avait visé, transperçant parfaitement le coeur de l'homme encagoulé. Ce dernier eut une grimace avant de s'écrouler, brisant la flèche cristallisée sous son poids, poussant de par la même le cadavre qui se tenait à ses pieds.
Shin ne dévia pas son regard, fixant encore sa cible abattue, son arc encore levé. Pourtant, il semblait avoir perdu quelque chose. Son regard était fixé sur un point qu'il cherchait encore et n'arrivait pas à trouver. Une ombre s'agita à sa droite.
Sans réfléchir à qui elle appartenait, il visa, cristallisa sa flèche et tira. Le corps fut transpercé et l'ombre se ratatina. Une nouvelle fois il y eut du mouvement. Encore une fois, il visa, cristallisa, tira, tua.
Il n'y prenait pas particulièrement plaisir. Il tenait juste à éviter le fatidique moment où il devrait regarder le projectile qui avait arrêté sa flèche. D'autant plus qu'il savait pertinemment ce qu'il était.
Donc il tirait, pour avoir une excuse. Il ne cherchait pas à savoir sur qui ou quoi il tirait, il tirait et c'était tout.
Sans qu'il y prenne garde, les larmes dégoulinèrent sur ses joues, brouillant sa vue et irritant sa peau. Qu'importe, il n'en avait pas besoin pour tirer. Et comme preuve de ce fait, il banda une nouvelle fois son arc en y cristallisant une flèche et la décocha, arrachant un hoquet de douleur à une cible inconnue.
Des pas lourds et rapides se firent entendre derrière lui. Sans hésiter, il se retourna et banda son arc, prêt à décocher sa flèche.
Et il la décocha, arrachant non pas un hoquet de douleur ou un râle d'agonie mais plutôt un cri de stupeur. Il le sentit, la flèche n'avait pas atteint son but. Elle avait ricoché contre un bouclier.
- SHIN !
Alors qu'il s'apprêtait à tirer une nouvelle fois, il s'arrêta. Apparemment son nom avait eu un effet sur lui. Il baissa son arc et dirigea ses yeux vers ce qu'il craignait. Derrière les paupières mutilées, il voyait les yeux dans lesquels il adorait se plonger durant la nuit. En-dessous des couches de sang et de boues, il sentait les cheveux bruns dans lesquels il aimait nager. Sous l'atroce grimace, il caressait les lèvres douces et goûtait la bouche qu'il connaissait par coeur.
Il continua de le regarder, ne s'effondra pas, ne se mit pas à vomir, ne serra pas son coeur pour tenter de l'empêcher de quitter sa poitrine.
Théo de Silverberg et Grunlek Von Krayn rejoignirent l'archer. En voyant le corps décapité de Bob et sa tête roulant aux pieds de Shin, ils détournèrent le regard et regardèrent tout autour d'eux. Jusque là, ils s'étaient contentés de suivre le bruit et la foule jusqu'à Shin et, alors, plus rien n'avait compté que lui pour eux.
Théo, escomptant le rassurer, l'enlaça, mais l'archer resta de marbre, la tête de Balthazar restant l'unique objet de ses pensées.
- Shin, on doit partir, et vite.
- Pourquoi ?
L'archer n'avait pas déplacé son regard, fixant toujours les lèvres du feu pyromancien. Seule lui importait cette tête séparée du reste de son corps.
Le paladin s'écarta pour le dévisager comme s'il ne comprenait pas.
- Pourquoi ? Est-ce que tu as seulement vu ce tu as a fait ? On ne savait pas où tu étais et on s'est mis à ta recherche. Il faut dire que ça n'a pas été bien compliqué au vu des mouvements de foule que tu as créé et des hurlements.
- Et on aurait déjà beaucoup de chance de s'en sortir maintenant. Je pense que d'autres gardes arriveront bientôt, et on ne sera pas capable de tous les combattre ajouta Grunlek en ramassant le corps mutilé du demi-diable.
Shin regarda alors tout autour de lui. La place dallée était recouverte de sang et de cadavres. Pour la plupart, de simples citoyens ayant eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Mais surtout, les gardes de la plateforme d'exécution, le prêtre de l'eau, le chevalier et le bourreau.
Le liquide écarlate coulait entre les pierres et, un instant, Shin revit son village, revit son clan, revit les morts, revit le sang.
Qu'avait-il de mieux que ceux qui avaient massacré tout un clan uniquement pour un enfant ? Rien. Il avait massacré soldats comme civils impitoyablement, d'abord dans le but de sauver celui dont il connaissait chaque parcelle du visage par coeur, puis par pure vengeance, puis enfin pour exorciser cette mort. Il avait tué des pères de famille, des mères, peut-être même des enfants.
Il y eut un mouvement dans une rue proche. Par réflexe, il pointa son arc en direction de la silhouette qui en sortait. C'était un enfant. Blond, aux yeux verts. Perdu. Tout comme Shin l'avait été. Tout comme il l'était maintenant. Il s'était perdu, et avait perdu dans ce massacre une partie de ses rêves et de ses espoirs.
L'enfant serrait un bel ours brun dans les bras. Il était terrifié et cela se voyait, il se retenait de pleurer à la vue des Aventuriers. Shin abaissa son arc.
Le petit avança à pas de loup, faisant bien attention à ne pas toucher les cadavres et à ne pas marcher dans le sang.
Il récupéra le médaillon tombé par terre et partit en courant.
Théo sourit à son ami en lui tapotant le dos.
- T'as bien fait. C'est pas moral de tuer des gosses.
Ce à quoi Grunlek répondit en se raclant la gorge et en chuchotant.
- Et ça donne des leçons hein ?
- Mais ça suffit oui ? Elle n'est pas morte, c'est pas bien compliqué à comprendre, non ?
Le nain ricana en ajoutant :
- Mais oui, bien évidemment. Pas plus qu'une flèche en plein dans la jugulaire n'aurait pas été létale pour ce pauvre bambin. Mais c'est toi le paladin, c'est toi qui soigne, pas vrai ?
Alors que Théo et Grunlek se lançaient des piques, Shin s'effondra, épuisé, n'ayant plus de larmes à laisser couler. Il tomba dans les bras de Théo, et murmura dans son sommeil :
- Reviens… reviens… reviens…
Théo haussa les épaules, grimaça, prit Shin, et suivit Grunlek, qui avait déjà commencé à s'engager dans une ruelle sombre pour échapper à d'éventuels poursuivants.
Voili voilou ! Je vous laisse une petite balayette pour ramasser vos sentiments si besoin est !
*câlin*
Si vous pouviez laisser une review au moins sur le « combat » (même si à ce niveau c'est plus du meurtre en combo que du combat) ça m'arrangerait et me ferait très plaisir !
Plein de dragibus sur vous !
