Ils avaient un peu parlé d'Elsa. Pas beaucoup, vu qu'elle n'avait pas eu grande chose à dire sur elle. Mais voilà. Elle lui avait expliqué qu'elle sentait qu'une amitié pouvait bien naître et que la jeune femme avait une assurance exceptionnelle. Et entre quelques blagues comique de Kristoff, Anna dut se résigner à retourner en cours et suivre sa nouvelle classe. Au pire, maintenant, elle se consolait en de disant qu'elle avait une amie pour que le temps passe plus vite, qu'elles pourraient parler et faire connaissance, plutôt de que rester assise à compter ses cheveux jusqu'à se demander si elle n'en n'aurait pas un nombre infinis donc impossible à calculer. Surtout que comme elle avait un chignon, elle n'aurait pas pu le faire aujourd'hui et aurait dut trouvé une autre foutue activité à faire. Le sourire au bout des lèvres, elle se laissa porter jusqu'au fond du rang. Elle pénétra dans la salle toute contente, là ou une forte odeur de nouveauté, de neuf s'infiltra dans ses narines. La salle avait été refaîte il y a peu, ça se voyait.
Et le pas lourd mais pleins de bonnes idées en tête, elle partit encore dans un coin retiré du monde. Elle sifflotait même un peu. Anna s'installa dans un geste brusque sur sa chaise en chêne, et elle espérait juste voir la petite frimousse grande et blonde. Et elle regarda alors la porte vert anis, et les élèves qui s'installaient peu à peu en prenant une nouvelle place. Elle, elle avait opté encore pour la simplicité, vers le fond, à droite, toujours à l'abri des regards indiscrets et de l'obligation de devoir faire tous les devoirs qu'on lui demandait de faire. Elle aimait bien. Comme ça on ne pense pas à elle et elle peut faire de qu'elle veut sans qu'on la fasses chier. Alors qu'elle pointait la salle du regard, à son encontre, elle eu comme un noeud, un coincement au ventre. Où était-elle ? Elle examina chaque personne plusieurs fois. Peut-être encore en retard ? Deux fois de suites ? Non pas possible. Sa gorge se serra. Pourquoi ressentait-elle ce sentiment étrange et désagréable au fond d'elle ? Dans son estomac, dans son corps tout entier ? Pourtant, elles se connaissaient à peine. Même qu'elle ne savait strictement rien de la blonde. Comme celle-ci ne savait rien non plus de la rousse. Elsa. Putain. Merde !
Elle jeta sa trousse sur la planche qui lui servait de support pour écrire. Un air maussade se dessina sur les traits de son visage, d'habitude si doux. Elle observa l'horloge en face d'elle, sur le mur blanc cassé. Elle mitrailla la petite aiguille. Plus elle tournait, plus elle se disait que c'était vraiment étrange qu'elle ne soit pas encore ici. Elle laissa échapper un long soupire de sa bouche, et s'étala alors sur sa table en bois beige, les bras en indien. C'en était presque si elle se demandait si elle n'avait pas imaginé son ancienne camarade de table, et qu'enfaîte qu'elle n'était que le fruit de son imagination. Et la voilà, partie pour une heure d'histoire sans rien à foutre. Ses ongles n'avaient plus de vernis à gratter, ses lèvres aucune peau morte à arracher, ses cheveux étaient attachés dans un chignon haut vite fait, et mordiller un stylo, elle trouvait ça tellement dégueulasse qu'amusant. D'ailleurs, elle ne comprenait même pas les gens qui faisaient ça lorsqu'ils s'ennuyaient ou stressaient.
En faîte, plus elle réfléchissait, plus elle re pensait à son visage. Plus ses pensées se tournaient vers elle. Elle n'y pouvait rien, elle devait revoir son sourire, et sa façon d'être dans sa tête. Une face longue, et si pâle, si blanche. On aurait presque dit de la neige. Et ses lèvres rouges, elles ressortaient tellement bien de son visage, on ne voyait pas que ça quand on la regardait. Elles semblaient douces et fines. Oh. Elsa. Elle avait une aura froide qui se dégageait d'elle mais ça attirait encore plus l'attention d'Anna. Et si quelqu'un l'avait vu comme ça, il n'aurait même pas remarqué qu'elle aussi avec quelques tâches de rousseurs sur le bout de son nez arlequin et ses jolies fossettes. Mais Anna, elle, y avait fait attention. Surtout qu'elle trouvait que ça lui donnait tellement de charme, beaucoup plus qu'à elle.
"Anna ?"
Ouais ça lui donne un putain de charme.
"Anna !"
Non ce n'était pas sa tête qui l'ordonnait de cesser de rêvasser, mais bien son professeur d'histoire qui voulait la sortir de sa rêverie pour qu'elle puisse donner sa réponse à la question posée une minute plus tôt.
"Ah euh, oui ?" Répondit-elle déboussolé et plus confuse qu'autre chose, les yeux dans le brouillard.
"Tu ne connais pas quand à débuté la guerre de Sécession et à quelle période elle se termina ? Ni pourquoi celle-ci a commencé ?"
Oh non, merde. Rien que de se rappeller de l'an dernier ça lui baissait encore plus son sourire, et elle fit de même avec ses yeux.
"Hum, je ne sais pas trop. Désolée. C'est par rapport à de l'esclavage je crois." Murmura-t-elle sans remords.
Quand même t'étais obligée de te faire remarquer comme ça ? Aller ta gueule. J'ai même pas envie de penser ça me soûle trop. Tous les élèves qui étaient retournés vers elle re prirent place de telle sorte à être en face, les yeux fixant le tableau blanc et neuf. Une main hésitante se leva parmi la foule de gens qui se trouvait devant elle, et lorsque le professeur l'interrogea, elle sut répondre juste. J'étais pas loin en plus. Anna plaça sa petite tête entre ses deux mains. Putain. Je sais pas comment je pourrais supporter cette ambiance de merde pendant encore un an. Et nous ne sommes que le premier jour. Le premier. Elle eut envie de balancer tout ce qu'il y avait sur sa table par terre.
Mais sa mauvaise humeur et ses mauvaises idées lui changèrent l'esprit permettant au cours de se finir plus rapidement qu'elle ne l'aurait prévu. Alors que tout le monde était déjà sorti lorsque le bruit crispant de la sonnerie avec retentit dans un vacarme digne d'un cirque, la rousse, elle, avait prit son temps. Elle avait autant bien deux mots à demander au professeur pour savoir pourquoi Elsa n'était pas venue au second cours, surtout que sa première journée était enfin terminé. Il était 17 heure. Juste savoir pourquoi. Ca lui avait prit le cerveaux et ça avait trotté dans un coin de sa tête jusqu'à la fin de l'heure. Elle rentra de force un livre dans son sac blanc, poussa la chaise d'un trait, et re bascula son "porte tout" sur son dos. D'un pas ferme, elle s'approcha du bureau de l'enseignant. Il s'arrêta de ses occupations, recadrant un paquet de feuilles et posant ses lunettes sur le bois luisant.
"Tu voudrais me demander quelque chose en particulier ? Sur les cours ?" Lui demanda-t-il poliment comme l'aurait fait un prof' normal. M. Molti la regardait neutrement, pas très étonné qu'elle vienne lui parler en fin d'heure.
"Euh non non c'est pas pour ça c'est juste que... Au cours précédent, il y avait une élève française, Elsa, dans la classe. Alors que là, elle n'a même pas été comptée dans l'appel. Du coup, ça m'intriguait. J'aurais bien voulu savoir pourquoi elle n'était pas venue en cours ?" Paraître normal ? Tu devais surement être loin d'un résultat crédible. Mais bon t'allais pas lui dire que t'étais paumée parmi tous ces gens et que c'était la seule avec qui t'avais envie de t'entendre.
Il la regarda droit dans ses pupilles couleur émeraude, comme pour dire qu'il avait tout compris, et il se mit en route pour feuilleter quelques fiches. Après une dizaine de copies passé sous son doigt qu'il avait préalablement passer sur sa langue pour faire glisser les feuilles, il laissa sortir un petit "Ah" affirmatif de sa bouche.
"Oui. C'est juste qu'elle devrait être en terminal normalement, mais que les seules classes qui font français ici sont les trois classes de seconde du lycée. Enfaîte elle doit s'entraîner à améliorer son anglais pour pouvoir suivre les autres cours adapter à son niveau en cette langue, et le français pour qu'elle puisse encore parler sa langue maternelle et ne pas être perdue."
Ses yeux s'écarquillèrent. Donc enfaîte, elles ne se parleraient que lors de deux cours. Seulement deux cours. Elle eut une sorte de frémissement. T'inquiète pas. Tu auras juste à te trouver d'autres potes. Sauf qu'au fond c'était pas ce qu'elle voulait, c'était pas si facile que ce qu'elle aurait voulu. Elle sentait bien qu'il y avait autre chose et qu'elle s'était déjà très vite attachée à Elsa. C'était même pas de l'attachement. Un peu comme si elles étaient faîtes pour s'entendre. Anna remercia rapidement l'homme d'un geste de tête amical et prit la porte qui se trouvait non loin de là, les idées un peu floues. Elle avait encore une boule au ventre, mais différente de celle de ce matin. La première était agréable et donnait envie de l'avoir toute la journée, voire toute l'année. Celle là, t'avais juste envie de t'en débarrasser le plus vite possible. Elle n'avait plus vraiment le sourire et sortit du bâtiment un air boudeur. Elle foutu un vent à Kristoff lorsque celui ci voulu s'approcher savoir comment c'était passé le dernier cours. Elle voulait juste rentrer chez elle et boire un lai au chocolat. Sur le parking, elle espérait juste voir la voiture noire de sa mère qui serait patiemment entrain d'attendre son arrivé. Et ce fut le cas. Elle ouvrit la portière qu'elle claqua d'un coup sec, tout en s'attachant. Première journée d'emmerde passé.
Elle débarqua chez elle avec une moue fatiguée, en balançant son sac sur le sol violemment sur le parquet, et elle fit de même avec sa veste qui atterrissait directement sur son lit tel une plume tombe sur le sol se décrochant d'un pigeon en plein vol. Puis elle claqua encore la porte à en faire trembler la maison, ou du moins sa chambre et les meubles qu'elle contenait. Et elle se dirigea sur un des canapés en cuir du salon, sautant dessus et s'étalant sur toute la surface possible. Anna saisissait la télécommande grise qui se trouvait juste à côté d'elle lorsqu'une voix sortie de la cuisine pour troubler le silence qui régnait dans la demeure.
"Ca va ma chérie ?" Lui demanda sa mère étonnée de son attitude.
S'il te plait, ta gueule. Non ça va pas, tu devrais le voir. J'suis juste en colère laisse ça ira mieux demain.
"Oui parfaitement bien t'inquiète" Répondit-elle avec une pointe d'ironie au creux de sa voix. Elle n'avait pas envie de parler. Pas du tout. Elle alluma le post de télévision qui se trouvait en face d'elle, et elle se plongea dans une émission de télé réalité pour un peu oublier la réalité entre deux trois clashs de sang-chaud dans une télé-réalité. Anna lâchait un soupire, elle aurait voulu se perdre dans son monde et tout perdre. Ne plus penser à rien. Mais voilà, elle était humaine. Et être humain veut dire souffrir. C'était comme ça. L'air humide et chaud du radiateur envahissait la pièce. Elle osa alors un regard vers le couloir. Puis elle s'enferma dans sa tête.
