Salut tout le monde,
Je reviens vers vous avec la suite de mon histoire "L'Arcadia et le dragon d'Emeraude"
Cette histoire se passe juste après le film sorti en 2013.
Je rappelle la chronologie de la série Capitaine Harlock : d'abord Albator 84 (Avec les humanoïdes), puis Albator 78 (Avec les sylvidres), puis The Endless Odyssee (avec les Noos) et finalement le film d'animation Albator le corsaire de l'espace.
Je sais que cet ordre posera des problèmes de cohérence, mais il suffit d'ajouter quelques informations et tout colle ^^
La correction est signée Gulian que je remercie et qui me suivra tout au long de cette histoire.
Bonne lecture
Chapitre 1
De tout temps et partout, il n'existait pas une chose plus crainte par l'homme que l'Arcadia et son célèbre Capitaine. Ce capitaine que l'on disait immortel et que l'on accusait de la destruction de nombreux vaisseaux. Ainsi lorsque l'humanité apprit la capture du Capitaine Harlock, elle fut soulagée. Le diable d'homme ne troublerait plus le sommeil des équipages de cargo et autres vaisseaux de la flotte de Gaia.
Malheureusement, il réussit à s'échapper. Pire encore, du moins pour les dirigeants de la coalition de Gaia, il dévoila la vérité sur ce qu'était devenu la Terre, créant par la même occasion, un chaos sans nom dans les nombreuses colonies humaines. Les images de la véritable planète Terre passait alors en boucle sur les différents réseaux de l'univers depuis deux semaines, depuis la grande révélation.
- Tu regardes encore ça ? râla Kei en jetant un regard à ce que faisait son camarade, Yattaran.
La jeune femme blonde, second lieutenant de l'Arcadia, jeta un regard désapprobateur au premier lieutenant, Yattaran. Un homme avec une forte stature, des petites lunettes et en permanence une barbe de trois jour qui lui assombrissait le bas du visage.
- Certain des commentaires postés sont intéressants, se défendit le lieutenant.
- Qu'est-ce qui se dit ? demanda alors Yama.
Le jeune homme, dernière recrue de l'équipage, était à la barre et jetait un coup par-dessus son épaule en direction de Yattaran. Il était jeune, à peine la vingtaine, et arborait une cicatrice et un bandeau exactement comme le capitaine.
- Oh, à part bien sur ceux qui déclarent que le capitaine devrait mourir dans d'atroces souffrances, il y en a certain qui disent que c'est une bonne chose d'avoir recouvert la Terre de matière noir, de cette manière s'est réellement devenu un sanctuaire.
- Donc, il y en a qui comprennent, le capitaine serait surement satisfait de savoir cela, commenta Yama songeur, en jetant un coup d'œil en direction du fauteuil vide du capitaine.
Depuis la révélation au sujet de la Terre, le capitaine ne s'était plus montré, restant en permanence enfermé dans sa cabine. Seule Mimée pouvait lui rendre visite. Cela inquiéta Yama et les deux lieutenants.
Parce que l'absence du capitaine n'était pas la seule chose qui avait changé depuis leur capture par la coalition de Gaia. Les révélations que le capitaine leur avait fait, avaient changé plusieurs mentalités et un groupe d'homme s'était formé au sein de l'Arcadia. Un groupe de personnes qui ne voulait plus faire confiance à Harlock après ses mensonges, des mutins. Par chance ils n'étaient pour le moment qu'une dizaine, mais ils risquaient de devenir plus importants. Jusqu'à présent aucun d'entre eux n'avaient pu prévenir le capitaine.
Yama écouta d'une oreille distraite, la dispute des deux lieutenants tout en réfléchissant à ce qu'il devait faire. Il ne pouvait pas parler au capitaine, étant donné que ce dernier avait interdit qu'on l'approche ou qu'on approche de sa cabine. Mimée restant la plupart du temps avec lui, il leur était impossible d'informer la Juracienne. Pourtant, Yama devait quand même prévenir quelqu'un. Finalement, il prit une décision, il ne pouvait en parler qu'avec une seule "personne", mais il ne pourrait le faire qu'à la fin de son service.
Ainsi, deux petites heures plus tard, Yama parcourait les coursives de l'Arcadia en direction de la salle de l'ordinateur principal. Il avait déjà vu le capitaine parler à la machine et celle ci avait semblé lui répondre. Alors s'avança-t-il avec une certaine appréhension jusqu'à se retrouver devant l'ordinateur.
- Euh… Bonjour, commença avec hésitation le jeune homme. Euh, je … il faut qu'on parle.
Il se sentait stupide de parler comme ça à une machine, si quelqu'un de l'équipage le voyait il était bon pour un petit tour à l'infirmerie. Mais alors qu'il s'apprêtait à faire demi-tour en se traitant d'imbécile, les voyants de l'ordinateur s'allumèrent plongeant la pièce dans une douce clarté. Yama sursauta et fit de nouveau face à la machine, cette fois ci quelques chose lui disait qu'il allait être écouté.
- Il y a un problème à bord de l'Arcadia et je n'arrive pas à contacter le capitaine. Un groupe de mutin est en train de se former, ils ne font plus confiance au capitaine et… à vrai dire, je pense que plus personne, hormis Yattaran Kei et moi, ne fait confiance au capitaine. On ne sait plus quoi faire, soupira le jeune homme.
Il jeta alors un regard en direction de l'ordinateur principal de l'Arcadia, espérant une réponse, un bruit ou même un clignotement des lumières, mais rien, l'ordinateur, bien qu'allumé resta désespérément muet.
- Bien sur, à quoi tu t'attendais, espèce d'abruti, marmonna finalement le jeune homme en faisant demi-tour.
Il quitta la salle de l'ordinateur et s'engagea dans l'une des coursives qui lui permettrait de rejoindre sa cabine. Ce faisant, il passa devant une porte qui s'ouvrit. Surpris de cela et surtout de voir qu'il n'y avait personne derrière pour déclencher l'ouverture, il jeta un coup d'œil a l'intérieur. C'était une vieille pièce de stockage remplie de tout un bric-à-brac. Le jeune homme hésita un instant, de ce qu'il savait cette porte avait toujours été fermée. Cependant la curiosité l'emporta et il entra, la porte se refermant dans un doux chuintement juste derrière lui.
Il s'avança parmi les cartons déposés et empilés un peu partout, il en ouvrit plusieurs par curiosité et fut surpris d'en trouver un rempli de maquettes et de modèles réduits. Qui avait pu emmener ça à bord de l'Arcadia ? Il trouva aussi divers jeu de société, plusieurs bouteilles d'alcool vide et un ballon de foot.
Yama continua son exploration, de plus en plus surpris par ce qu'il trouvait dans les divers cartons. Et lorsque finalement, il arriva au bout de la salle, il ne trouva pas un autre carton mais un coffre en bois, finement ouvragé. Sa curiosité de plus en plus forte, il s'agenouilla devant le coffre et à sa grande surprise, réussit à l'ouvrir sans problème. Il fouilla un peu à l'intérieur et trouva plusieurs livres. Intrigué, il en prit un et le feuilleta avant d'haleter de surprise en comprenant qu'il tenait dans les mains les livres de bord de l'Arcadia depuis sa mise en service, d'après les différentes dates.
C'était ça la solution à son problème, les hommes de l'Arcadia ne faisaient plus confiance à leur capitaine car ils ne le connaissaient pas assez. Mais avec ces livres de bord, l'équipage pourrait apprendre à connaitre son capitaine.
Puis, le jeune homme fut alors pris d'un doute, ces registres, ces livres de bord parlait du passé du capitaine, s'était un peu sa vie privée. Il se mordit la lèvre, hésitant sur la marche à suivre avant de se décider. Il ne lirait pas les passages les plus sensibles, mais s'assurerait que l'équipage sache qui étaient vraiment leur capitaine. Même si cela risquait de n'avoir aucun effet sur les mutins déjà présents, au moins cela éviterait que d'autres les rejoignent en attendant que le capitaine sorte de sa cabine.
Il remit les livres dans la malle et s'empara de celle-ci avant de se rendre dans sa cabine, en chemin il croisa Kei qui l'observa avec surprise en le voyant si chargé.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Kei curieuse.
- Je l'ai trouvé dans l'une de salle de stockage et tu ne croiras jamais ce qu'il y a dedans.
- Quoi ? fit Kei
Etant arrivé devant la cabine de Yama, la jeune femme lui ouvrit la porte et s'écarta pour le laisser entrer. Le jeune homme posa alors la malle dans un coin de la pièce et l'ouvrit. Puis il en sortit l'un des livres et le tendit à Kei. Celle-ci le parcourut, ses yeux s'écarquillant en comprenant ce qu'elle avait entre les mains.
- Je ne suis pas sur qu'on puisse les lire, hésita à son tour la jeune femme.
- Oui, je sais, c'est un peu la vie privée du capitaine, mais avec ça les hommes le connaîtront mieux et ils lui feront sans doute plus confiance. Il suffira de choisir les passages que l'on lira à l'équipage.
Kei hésita et jeta un coup d'œil sur le journal de bord qu'elle tenait entre les mains.
- D'accord, mais il faut qu'on choisisse soigneusement les passages que nous allons lire et que nous voyons ça avec Yattaran.
Yama acquiesça doucement et se pencha sur le coffre, il sortit un à un les livres et commença à les trier par date. Kei s'approcha de l'interphone de la chambre et demanda à Yattaran de venir les rejoindre dans la chambre de Yama.
Puis une fois le lieutenant arrivé, ils lui expliquèrent tout. Yattaran émit le même doute que Kei et Yama, mais il se laissa convaincre. Ils s'installèrent alors dans la cabine et se mirent à feuilleter les différents journaux.
- Yattaran ? demanda soudainement Yama.
- Oui ?
- Pourquoi vous portez les noms des membres d'un autre équipage de l'Arcadia ? voulut savoir le jeune homme.
Il avait en effet remarqué que les noms d'un précédent équipage correspondaient à ceux de ses camarades.
- Et bien, lorsque nous avons rejoint l'Arcadia, nous voulions changer de vie, oublier et tout recommencer. Alors le capitane nous a donné d'autres noms. Mais j'ignorais que c'était les noms de l'équipage précédent, souffla le lieutenant en jetant un coup d'œil à Kei.
- Maintenant que je sais d'où vient mon nom, je trouve ça triste, regretta Kei dans un murmure.
- Oui, approuva Yattaran sur le même ton. Et en même temps je ne changerais pas de nom.
- C'est un hommage que le capitane fait à l'un de ses précédents équipages, approuva Kei.
- Assurons nous, dans ce cas, que l'équipage actuel fasse honneur à celui qui vous a donné vos noms, annonça alors Yama.
Les deux lieutenants acquiescèrent et tous trois se plongèrent dans la lecture des registres de bord, découvrant alors un capitaine bien moins sombre que celui qu'ils connaissaient.
Quelques ponts plus haut, dans une grande cabine, un homme était assis à même le sol le dos appuyé contre la paroi en bois. Il relâcha un souffle créant de la buée alors que la glace gagnait du terrain. Le capitaine était torse nu et pied nu et pourtant il ne sentait pas le froid.
Depuis sa capture par la coalition de Gaia et surtout son sevrage de la matière noir, quelque chose s'était réveillée en lui, quelque chose de puissant. Et il n'arrivait pas encore à le contrôler. C'est pourquoi, il était resté enfermé dans sa cabine dès qu'il avait pu, laissant le commandement du vaisseau à ses lieutenants et à Yama.
Des coups frappés à la porte attirèrent l'attention du corsaire. Mimée entra alors en faisant attention à la glace, elle apportait le repas du capitaine. Elle posa celui-ci sur le bureau alors que le capitaine se leva pour la rejoindre. Il s'installa à son bureau mais ne toucha pas à la nourriture. Il mangeait très peu en particulier depuis qu'il avait été maudit par la matière noire.
- Il faut que tu manges, Harlock, murmura Mimee.
Le capitaine soupira doucement, mais obéit à la requête de son amie.
- Tu commence à contrôler tout ça ? demanda Mimée en désignant la glace qui recouvrait la totalité des murs et du sol de la cabine.
- Non, pas vraiment, soupira le capitaine, c'est plus compliqué qu'on ne l'imagine.
- Ca ne pouvait être que toi, rit doucement la Juracienne, il n'y avait que toi pour être choisi par une âme. Il serait si fier de toi, Harlock.
La jeune femme se leva alors et sortit, laissant le capitaine seul dans sa cabine. Il repoussa le plateau vide et retourna contre le mur le plus éloigné de la porte.
Puis, il se remémora les dernières paroles de Mimée. Fier ? Harlock n'en était pas aussi sur, bien au contraire, il était même sur qu'il serait déçu et en colère, s'il savait ce qu'il avait fait à la Terre.
Alors qu'il replongeait dans une douce torpeur, il entendit venir du plus profond de lui, un rugissement. Le rugissement d'un dragon.
