disclamer: tout à JKR, rien à moi (sauf mon imagination...)
Eh bien, voilà le deuxième chapitre un peu plus tôt que prévu! J'espère qu'il vous plaira malgré qu'il soit (comme le précédent) un chapitre d'amorce où je m'occupe plus de planter le cadre et les personnages que de faire évoluer leurs relations...pour cela, il faudra attendre le chapitre 3! Après ça, promis, la succession des évènements adoptera un rythme plus soutenu.
Si vous avez des questions, des remarques, ou des critiques, surtout n'hésitez pas; je vous y répondrai avec plaisir!
Chapitre 2 :
En cette fin d'après-midi, un pâle rayon de soleil filtrait à travers le verre dépoli de la lucarne et projetait une mince raie de lumière sur les lattes disjointes du parquet.
C'était une pièce de dimension modeste, principalement occupée par un antique lit en fer forgé, une commode au bois mat et un bureau flambant neuf qui jurait avec le reste du mobilier.
Le papier peint défraîchi laissait entrevoir des traces noirâtres dues à l'humidité, et malgré les efforts évidents qui avaient été accompli pour rendre la chambre habitable, elle dégageait une impression d'ancienneté récurrente.
Un petit 'pop' se fit entendre -signal que quelqu'un transplanait- et Hermione apparut l'instant d'après.
Se débarrassant prestement de sa cape anthracite, elle se dirigea vers un renfoncement exigu –qui faisait office de salle de bains- dans l'intention de se prendre une douche glacée revigorante.
La journée avait été particulièrement exténuante entre ses cours à l'Ecole Supérieure de Sorcellerie, et son emploi à mi-temps chez Grassery's & Co où elle subissait sans cesse moult récriminations de clients mécontents.
Même si l'envie était grande, elle ne pouvait se résoudre à démissionner sachant que c'était avec ce modique salaire qu'elle payait son loyer et ses études -Merlin merci, elle était en phase d'obtenir son diplôme et n'aurait aucun mal à trouver un poste à la hauteur de ses talents lors de la rentrée prochaine.
D'ailleurs, elle se demandait encore ce qu'elle voulait réellement faire.
Travailler au Ministère, comme Ron qui était devenu l'adjoint du directeur du Département des Sports Magiques, lui paraissait un peu insipide ; quant à enseigner, elle savait depuis longtemps qu'elle n'en avait pas la vocation. Tout lui avait toujours paru trop facile pour qu'elle sache transmettre aux autres ses connaissances !
En vérité, cela faisait longtemps qu'elle rêvait de faire de la recherche. Peu importe le domaine : Potions, Arithmancie, Runes anciennes, Métamorphose…tout la passionnait du moment qu'il y avait suffisamment de matière à approfondir.
D'une curiosité insatiable, elle voulait sans cesse découvrir de nouveaux horizons, se confronter aux théories des Grands Sorciers d'hier et d'aujourd'hui.
Au fond d'elle-même, elle nourrissait l'espoir secret de percer les mystères d'un phénomène rare, et d'être considérée un jour comme une sorcière de grande envergure, et non plus seulement comme une insupportable miss je-sais-tout.
oOo
Hermione sortit de la cabine de douche en frissonnant, ses cheveux mouillés serpentant entre ses omoplates.
Le miroir embué lui renvoyait une image floue de son visage, mais elle était consciente que même parfaitement nettoyé, il ne lui renverrait jamais un reflet très flatteur.
Tout en se coiffant, elle se scruta d'un œil sévère.
Ses traits s'étaient considérablement affinés ces dernières années, mais ils conservaient toujours un aspect enfantin, à son grand désarroi. Quant à ses cheveux, ils avaient certes perdu un peu de leur volume –bénis soient les sortilèges- et formaient désormais d'harmonieuses boucles châtain clair, mais n'étaient en rien comparables à la chevelure rousse flamboyante de son amie Ginny, ni à celle dorée de Luna.
Enfin, elle avait appris à s'en contenter tant bien que mal.
Dans l'immédiat, elle fallait qu'elle songe à se préparer pour son rendez-vous avec Powle. C'était un grand type, plutôt baraqué, et paradoxalement, un peu timide, qui travaillait comme Auror avec Harry. D'ailleurs, elle soupçonnait fortement son ami d'avoir arrangé la petite fête à laquelle ils s'étaient rencontrés, en fonction de ses disponibilités.
Cette idée la fit sourire tandis qu'elle s'habillait rapidement. L'empressement de ses amis pour lui trouver un jeune homme digne d'elle était touchant, quoiqu'un peu vexant en même temps; mais elle ne dirait rien pour cette fois, le Powle en question ayant tout l'air d'un gentleman.
Non pas qu'elle soit prête à tout pour quitter son célibat ; au contraire, elle s'en accommodait parfaitement même si elle avait parfois un léger pincement au cœur en voyant ses amis. En effet, cela faisait trois mois que Ron avait épousé Luna -qui dirigeait à présent le Chicaneur- et presque un an que Ginny était devenue Mrs Potter.
Mais pour l'heure, elle avait d'autres préoccupations en tête.
Troquant sa cape habituelle contre une en popeline bleue qui mettait en valeur son teint hâlé, elle verrouilla sa porte d'un petit coup de baguette et transplana sur les coups de dix-huit heures.
oOo
Le Lys d'Or était un café d'apparence luxueuse, situé en plein cœur du quartier londonien sorcier. Jadis un lieu de prédilection pour les réunions de familles entre aristocrates, il avait conservé tout son prestige d'antan, toutefois, les clients se faisaient de plus en plus rares.
Hermione, qui pénétrait pour la première fois dans l'imposante bâtisse, fut saisie par la richesse de la décoration intérieure. Deux siècles d'art et de modes semblaient s'être accumulés sur les murs lambrissés, parmi les tables vernies, et au détour de chaque niche tapissée de velours.
Au serveur qui vint l'accueillir, elle demanda, le cœur battant, si un certain « Powle Douglass » s'était présenté et reçut la réponse négative non sans appréhension.
Décidant de l'attendre avant de commander quelque chose, elle partit s'installer au fond de la salle, sans se douter qu'elle focalisait malgré elle, l'attention d'un jeune homme en particulier, Draco Malfoy.
oOo
Il n'arrivait pas à détacher son regard d'elle.
Une demie heure qu'elle était arrivée, une demie heure qu'elle patientait, son visage à demi caché trahissant les multiples émotions qui l'habitaient.
Au froncement de son nez et à la crispation de ses mâchoires, il devinait sans peine les interrogations qui devaient se succéder dans son crâne.
On pouvait lire dans ses yeux tour à tour, la jubilation, l'impatience, l'attente, l'angoisse, l'énervement et l'amertume.
Ses prunelles marron perdaient de leur éclat de minute en minute, et bientôt, leur pétillement habituel ne fut plus qu'un souvenir.
Et Draco restait là, immobile, hypnotisé par les reflets ambrés de ses cheveux, qui luisaient dans la lumière tamisée du café. Plus particulièrement par cette mèche rebelle, qu'elle repoussait sans cesse derrière son oreille, d'un geste machinal.
Mais bon sang, qu'est ce qu'il lui prenait ? Il n'était pas là pour admirer l'aura qui se dégageait d'elle en cet instant ! Une aura fascinante où volonté et incertitude semblaient intimement mêlés, une aura qui gommait tous ses défauts l'espace d'un court moment. Elle était tellement...
Draco serra les poings de frustration : depuis quand ses réflexions étaient devenues hors de contrôle ?
Regagnant sa maîtrise coutumière, il tenta de s'amuser de la situation : après tout, n'était-ce pas pour cela qu'il était venu?
A sa grande déception, elle ne l'avait pas remarqué en arrivant ou avait fait tout comme -mais il était encore temps de la provoquer, d'autant plus que l'attente avait probablement entamé ses réserves de politesse et de diplomatie.
Il se leva et s'avança silencieusement vers elle. Juste pour le plaisir de l'ennuyer et de la déstabiliser, évidemment.
