Auteur : kitsu34

Origine : Yuyu Hakusho

Couple : bien classique, Hiei x Kurama

Disclaimers : rien à moi, sauf les cinq ans passés.

Réponses aux rewiews : Merci à tous ! Merci à Tiloup67, Zephis, Marie-chan11, White Fox From North, Shunelodie, koorimé (coucou, revenante XD ! Ca fait plaisir de te revoir !) Naria03, Otite la Frite et Masque ! Vous m'encouragez à prendre moins de temps pour poster !

Note : Je ne pensais pas que cette histoire plairait. Elle correspond à ce que j'aime le plus, les suites, après l'aventure et les péripéties. Mais je pensais qu'il s'agissait d'un goût particulier que peu de personnes partageaient, étant donné qu'à part les personnages, on ne reprend pas beaucoup d'élément du manga d'origine… Je me suis trompé, comme toujours XD ! Je devrais arrêter de penser et de faire des statistiques XD…

C'est parti !

Cinq ans après

Résurrection

Le ciel pourpre parcouru d'éclairs et de nuages bas du Makai se déchira brièvement dans un claquement sec. Les arbres démesurés, aux frondaisons gigantesques et compliquées, se courbèrent violemment sous une brusque rafale de vent.

Un long hululement se répercuta contre les falaises abruptes qui émergeaient de la jungle. Un frémissement parcourut la forêt. La faune bigarrée et étrange peuplant les lieux se préparait à l'orage imminent et se mettait à l'abri.

Un deuxième craquement sinistre retentit et la lumière blanche zébra l'ombre, révélant la masse imposante, enfouie sous la végétation, d'un bâtiment.

Une immense forteresse en ruines, visiblement à l'abandon.

L'édifice, éventré en partie, semblait circulaire. Une série d'étages formaient comme une arène ou une coupole ouverte. En s'en approchant suffisamment, on pouvait voir des séries innombrables de gradins de pierres.

En fait, c'était un stade.

Un stade gigantesque, construit dans un lieu isolé, à proximité d'arbres millénaires démesurés. Une vitrine extraordinaire pour un événement qui avait été hors du commun. Sans précédent dans le Makai.

Pourtant, l'heure de gloire du lieu était passée, à présent. Il n'était plus aujourd'hui qu'une ossature démembrée et vide. Un bâtiment devenu inutile.

Laissé à l'abandon, la nature reprenait tranquillement ses droits sur lui. L'air acide et la végétation agressive du Makai le rongeaient déjà et l'engloutiraient bientôt.

Ce n'était plus un lieu de victoires et de bruits ; on n'y entendait pas même un chuchotement. Rien que le hurlement du vent et les craquements secs des branches agitées de son souffle.

Plus âme qui vive. Rien que le désert et la solitude.

Et les souvenirs.

C'était donc là qu'il avait choisi de se retirer.

Loin de l'agitation politique et de la soif de domination et de lutte du Makai et de ses habitants.

Il ne voulait plus se rappeler qu'il avait lui-même été obsédé par cette soif de puissance, jusqu'à n'avoir que cet unique horizon.

Etre le plus fort. N'obéir à personne. Et jamais, plus jamais, ne connaître la défaite.

Rien d'autre n'avait de prix à ses yeux, que cette lutte infinie pour la puissance souveraine. Et il avait presque réussi, il avait touché des doigts la force invincible de ses désirs.

Mais ce jour-là, quasiment rendu au sommet, le triomphe et la joie absolue d'accéder à son rêve n'avaient pourtant pas envahi son être.

Parce que dans cette quête de domination et d'asservissement, il avait oublié bien des choses beaucoup plus importantes. Et sur cette route de la victoire, en regardant le chemin parcouru, il avait douloureusement pris conscience qu'il s'était égaré.

Il était passé à côté de son vrai triomphe. Il avait raté son but, n'avait pas su voir, ni entendre à temps. En réalité, il n'avait rien compris.

Pas compris que sa force qui se développait et grandissait sans cesse, sa puissance démesurée, venait d'eux. Et qu'elle n'existait que par et pour eux.

Il n'avait pas compris qu'une force ne se développe et ne sert que parce qu'elle permet d'atteindre, de protéger ou de conserver quelque chose, que seule, elle ne sert à rien.

Oui, en vérité, il n'avait jamais rien compris.

C'était une défaite. La plus cuisante de son existence.

Alors il avait choisi d'enterrer sa défaite avec lui, dans le néant des souvenirs, quand tout était possible et qu'il était invincible.

Quand ils étaient encore là.

Quand il lui souriait encore…

Il avait souvent repensé à ce jour-là. Ce jour où son chemin avait changé de route et s'était séparé du sien, sans qu'il s'en rende compte à cet instant. Il avait souvent réfléchi à ses dernières paroles, qui l'avaient tant dérangé, à l'époque.

Des paroles qui l'avaient mis en colère, parce qu'il ne les comprenait pas. En réalité, des paroles qui lui avaient fait peur. Atrocement peur.

Et le plus terrifiant dans tout cela avait été qu'il n'avait pas su pourquoi ni d'où était venue cette peur.

Alors il avait fui, comme il faisait, à chaque fois, et s'était lancé à corps perdu dans la lutte de pouvoir et dans le tournoi pour la dominance. Ce faisant, il l'avait définitivement perdu.

« Le temps est la seule chose égale pour les yohkais et les humains. La seule chose implacable et juste. La seule chose qui ne se rattrape jamais. Il est trop tard, Hiei. J'aurai voulu que tu t'en rendes compte quand il était encore temps… »

Aujourd'hui, il comprenait enfin ce que Kurama avait voulu lui dire. Et il avait raison, ce foutu kitsuné, comme d'habitude. C'était trop tard. Bien trop tard.

Il n'avait rien vu ni entendu. Rien compris.

Et il ne lui restait que les souvenirs des temps glorieux et heureux.

Et les regrets.

Qu'il était chiant, à avoir toujours raison…

Kurama…

Une nouvelle bourrasque, beaucoup plus violente que la première, balaya la forêt et fit gémir les géants de bois. Des éclairs se succédèrent rapidement, déchirant le silence qui pesait sur la jungle.

L'orage menaçait.

Bientôt, le déluge noierait les êtres et les choses et, pour un instant, le monde semblerait en suspend. Puis l'orage s'éloignerait et le cours des choses reprendrait, lavé, comme neuf.

Hiei aimait ce sombre déferlement des éléments. Comme il aimait aussi le renouveau après le cataclysme. La violence des tempêtes du Makai allait de pair avec son état d'esprit, ce soir-là.

Il sauta facilement jusqu'en haut du stade et leva le visage vers les nuages mouvants. Un nouvel éclair lui déchira la vue. Un flash incandescent reçu en pleine rétine.

Il ferma les yeux sur la déchirure orange au moment où se précipitaient les premières gouttes de pluie. Les grosses gouttes, lourdes, des pluies d'orage, qui apaisent et lavent les douleurs.

Il resta là, longtemps, sous l'eau. Comme s'il souhaitait au fond se fondre et disparaître sous les éléments. Et plus l'eau ruisselait sur son corps, plus la douleur s'amenuisait et devenait supportable. Plus il lui semblait aussi se perdre avec elle, qui était devenue le point central de son être.

Il ne reprit ses esprits que lorsque la main s'abattit brusquement sur son épaule.

Une multitude de pensées le traversèrent sous l'étreinte.

Et parmi les idées de défense, de lutte, d'ennemi, une l'ébranla profondément. Parce qu'elle fut la première à lui venir à l'esprit.

L'idée que peut-être c'était lui… Qu'il n'était pas vraiment trop tard, qu'il était revenu…

Et il faillit en rire… Ou en pleurer, au choix.

Pourtant, l'idée ridicule et pitoyable prit une force soudaine et nouvelle, comme la flamme d'une lampe sur laquelle on verse de l'huile, quand il entendit la voix. Il l'aurait reconnue entre toutes.

« -Ben qu'est-ce que tu fous à rester là, sous la flotte ? J'sais qu'les yohkais sont jamais malades, mais quand même ! Et puis franchement, t'as vraiment choisi un trou, comme coin où habiter ! J'te jure pour venir, c'était pas la joie… »

Il se retourna d'un seul bloc. Yusuke.

Et les souvenirs jaillirent avec force de la boite mal fermée où il avait voulu les enterrer. Une multitude qui passèrent sous ses yeux en un éclair. Une foule bariolée et joyeuse d'images bien vivantes.

Il sentit l'édifice de sa solitude et de sa tristesse se fissurer.

Yusuke l'attrapa et l'entraîna à l'abri, où il s'ébroua comme un jeune chien.

« -Non mais vraiment ! On s'est pas vu depuis plus de cinq ans, et il faut que je me prenne la route sauvage et la douche pour te trouver ! Eh ben, on peut dire que t'as pas changé question facilité d'accès, toi ! »

La main qui se replie, comme pour tirer un coup de feu. Le jet de lumière bleutée incandescente qui percute le tronc terrassé d'un géant et l'enflamme. Le feu, la chaleur et la lumière. Et ce geste, cette expression familiers qui le ramènent plus de cinq ans en arrière…

« -Qu'est-ce que t'attends ? Sèche-toi ou tu vas attraper la crève ! »

Un sourire et le tissu qui lui arrive au visage. Yusuke.

La forteresse de sa détresse continua de se fissurer de toutes parts. Il sentit la force revenir en lui, la puissance regagner ses droits. L'étincelle pourpre se ralluma dans ses yeux et il lui sembla se réveiller d'un long, d'un très long et douloureux cauchemar.

Il attrapa la serviette et la lança à toute volée en travers du visage goguenard de Yusuke.

« -Fais pas chier ! Je me sèche si je veux ! J'habite un trou si j'en ai envie et t'as rien à dire ! Et qu'est-ce que tu fous là, pour commencer ?! »

Yusuke jeta la serviette sur une pierre à côté de lui, puis le regarda en silence, un demi-sourire aux lèvres. Enfin, sans se presser, il s'assit et attrapa un sac qu'il avait visiblement amené. Il en sortit une bouteille de saké et deux verres.

Il déboucha la bouteille et remplit les deux gobelets. Puis il en tendit un à Hiei, dans un sourire.

« -Allez, trinquons. Ca fait une paye, quand même… Et je suis vraiment heureux de te revoir, Hiei. Vraiment, tu sais. Ca fait du bien. »

Hiei le regarda longuement en silence, puis avec un haussement d'épaules et une légère moue, il s'assit également et prit le verre.

Pendant un instant serein, aucun d'eux ne parla. Ils burent en silence, respectant l'apaisement de l'autre.

Le feu allumé par le rayon astral crépitait joyeusement, éclairant la pénombre délabrée du stade. Lentement la chaleur se répandait autour d'eux et Hiei se sentait revivre.

Sacré Yusuke ! Il n'y avait vraiment que lui pour pouvoir, ainsi, à l'improviste, débarquer et effacer les souffrances et les hésitations. Il avait toujours eu cette force, ce rayonnement.

Le regard rouge se perdit un instant dans les flammes, puis erra à la surface du verre qu'il tenait dans ses mains. Durant cet instant où le démon se perdit en lui-même, Yusuke ne prononça pas un mot.

Il se contenta de le regarder, le cœur étreint de constater les ravages.

Les yeux ternes et les cheveux sales et emmêlés, le visage sans expression, il avait tellement changé. Où était ce feu et cette passion contenus qu'on devinait en lui, avant ? Que lui était-il arrivé, pour qu'il baisse ainsi les bras ?

Il baissa à son tour les yeux sur le verre entre ses mains.

Qu'étaient-ils tous devenus…

Un soupir presque inaudible s'éleva dans la chaleur humide des ruines.

Soudain, le détective releva la tête vivement, une lueur déterminée brillant au fond des yeux bruns. Un sourire glissa rapidement sur son visage et ses mains se serrèrent avec fermeté sur le verre.

« -Hiei, je suis venu te voir parce que j'ai besoin d'aide. J'ai besoin de toi. »

Le démon releva la tête et le regarda. Son regard était indéchiffrable, pourtant Yusuke aurait juré avoir vu une étincelle s'y raviver. Il attendit. Mais aucune question ne vint. Un nouveau soupir, d'exaspération cette fois, s'échappa.

« -En fait, depuis quelques années déjà, je vis dans le Makai. Tu le sais, je pense…

-Oui. J'ai entendu dire que le clan de Yakumi, le trafiquant d'esclaves, avait été exterminé.

-Après… Après la mort de Keiko, je me suis lancé à la poursuite de son meurtrier. Il avait été envoyé par Yakumi, justement.

-Alors c'est bien. Tu as fait ce que tu devais faire pour elle. »

Yusuke sentit sa gorge se serrer brusquement tandis que son estomac s'alourdissait. Dès qu'il parlait d'elle, cela arrivait immanquablement. C'est pour cela qu'il n'en parlait jamais.

Après la mort de Keiko, la rage de la vengeance avait détourné son être de la perte et du vide. Il n'y avait pas de place dans cette traque sans pitié pour le deuil et le manque.

Mais après avoir vengé sa fiancée, il avait perdu toute raison d'avancer et un gouffre béant s'était ouvert devant lui. Et le courage, la volonté de continuer et, inévitablement, d'oublier lui manquaient pour réussir à sauter ce précipice.

Alors, il avait rebroussé chemin. Et emmuré son souvenir dans sa mémoire, toujours aussi fort et vivant, sans que les mots ne puissent l'atteindre et la dissoudre. Il refusait de l'oublier et de continuer sans elle. Elle resterait en lui jusqu'au bout. Et il ne parlerait plus d'elle pour ne pas la perdre à nouveau.

Le bois craqua et une partie du tronc s'effondra dans les braises. Hiei regarda les flammes danser. Yusuke avait tourné le visage dans l'ombre et ne parlait plus. Un long moment passa, puis le mazoku reprit d'une voix ferme.

« -Le tournoi reprend, tu es au courant, n'est-ce pas ?

-Oui, mais cela ne m'intéresse pas.

-Il s'agit de nommer les gouverneurs des régions. Et moi, cela m'intéresse.

-Tant mieux pour toi.

-Mais je ne peux pas gagner seul.

-Pourquoi ? Tu es bien plus fort que moi, maintenant. Je ne te serais d'aucune utilité.

-Il s'agit d'un combat d'équipe. J'ai besoin de toi.

-Non. Je te l'ai dit. Cela ne m'intéresse plus. Plus rien ne m'intéresse, à présent.

-S'il te plaît, Hiei. Sans toi, je n'ai aucune chance ! Aide-moi, je t'en prie. »

Le démon tressaillit. Le regard rouge rencontra brièvement les yeux bruns qui le fixaient intensément. Et Yusuke sentit Hiei vaciller. Il se pencha un peu plus en avant, vers lui.

« -Si le combat n'a plus d'intérêt pour toi et si aucune contrée du Makai ne t'intéresse, fais-le pour moi, en souvenir du bon vieux temps… S'il te plaît, j'ai besoin de toi. »

Le visage mangé d'ombre se tordit d'émotion un bref instant, puis redevint inexpressif.

« -En souvenir du bon vieux temps ? Ca ne servirait à rien, c'est du passé… Et je ne pense pas qu'on ait une chance, à seulement deux, il faudrait que l'autre abruti et… »

La voix s'effrita brusquement dans l'enrouement de l'émotion et le silence. Et ce fut au tour de Hiei de regarder les ombres, tandis que Yusuke réfléchissait les yeux perdus sur les flammes.

Décidément le temps et le chagrin n'avaient épargné aucun d'entre eux. Il leur manquait à tous deux un être cher perdu.

Un nouvel instant de silence seulement troublé par les crépitements du bois brûlant passa. Hiei, enseveli dans l'ombre, ne bougeait plus. Il ne vit donc pas le visage de Yusuke s'éclairer d'une farouche résolution, ni le sourire heureux glisser sur sa bouche.

« -Tu as raison, Hiei. J'y avais déjà pensé, en fait. Je ne te demande pas de lutter seul avec moi. Ce serait ridicule et, tu l'as dit, nous n'aurions aucune chance. En fait, je veux reconstituer l'équipe et participer au tournoi encore une fois, une dernière fois, comme l'équipe Urameshi. Je veux que nous combattions à nouveau tous ensemble, comme avant, toi, moi, Kuwabara et Kurama. »

Cette fois, il en était sûr. L'étincelle s'était rallumée dans les yeux pourpres. A la mention du yohko.

Bien. Il pouvait y arriver. Tout espoir n'était pas perdu.

« -Alors, tu vois, tu ne peux qu'en être !

-Et… Les deux autres… Ils sont d'accord pour cette connerie ? »

Il le tenait.

« -Je pars demain pour le ningenkai, pour les voir et obtenir leur accord. Tu veux venir ?

-J'en étais sûr. Tu ne lui… leur a pas encore parlé. Il va dire non, c'est évident !

-Moi, je pense le contraire. Kuwabara a toujours été prêt à se battre et ce n'est pas près de changer !

-Hn. Non. Je parlais pas de cette andouille… De lui… Lui, il sera jamais d'accord…

-Tu parles de Kurama ? Pourquoi est-ce que tu ne dis pas son nom ? Que s'est-il passé entre vous ? »

Seul le silence lui répondit. A nouveau le regard de sang s'était noyé dans la pénombre.

« -Quoiqu'il se soit passé, c'est peut-être l'occasion de mettre les choses à plat et de tout rattraper, tu ne crois pas ?

-Le temps est la seule chose qui ne se rattrape jamais… La seule chose implacable et juste… La seule chose égale pour les yohkais et les humains… Et il est trop tard… Il a toujours eu raison, cet enfoiré de yohko… »

Hiei semblait se parler à lui-même et être parti loin de lui et de l'instant présent, comme si le passé l'avait soudainement happé. Yusuke le contempla un instant tandis que la boule au fond de son ventre se mettait à chauffer et à se tordre.

Il sentait la colère se réveiller en lui. La colère, la douleur et le sentiment d'injustice. Quand il parla enfin, sa voix était devenu froide, coupante comme celle de son père, Raizen. Et en cet instant, il lui ressemblait vraiment.

« -Ce n'est pas vrai. Kurama s'est souvent planté. Beaucoup plus que tu ne le crois. Il n'est pas infaillible. Personne ne l'est. Et ces paroles, si ce sont les siennes, ne sont que des foutaises. La seule chose implacable et qu'on ne peut jamais rattraper, ce n'est pas le temps. C'est la mort. Elle, elle est égale et implacable. Tu peux me croire, je sais de quoi je parle. »

Hiei releva brusquement la tête. Dans les yeux de sang, Yusuke lut de la compassion et de la pitié. Et cela le mit encore plus en colère. Qu'est-ce qu'ils croyaient, ces deux foutus yohkais ! Qu'ils pouvaient se permettre le luxe des malentendus ?! Qu'ils auraient toujours le temps ?! Quelle connerie !

« -Je pars demain. Et j'aurai l'accord de Kuwabara et celui de Kurama, tu peux me croire ! Alors je ne te laisse pas le choix ! Tu seras de la partie.

-T'as un sacré culot ! Je viens de te dire que je ne suis pas d'accord pour recommencer ce cirque ! Surtout avec l'autre crétin dans la bagarre ! Il est tellement con qu'on va se faire éjecter avant même les quarts de finale ! Pas question ! J'ai une réputation à tenir, moi !

-Ah ouais ? Depuis quand les ermites ont une réputation ? La seule réputation que tu dois avoir c'est d'être vermoulu, comme cette ruine où tu te caches. Je me demande si je fais bien en essayant de t'avoir dans mon équipe…

-Quoi ?! Tu vas voir un peu si je suis un ermite vermoulu ! Je te donne un mois, ça devrait suffire pour retrouver mon niveau et pour convaincre les deux autres, et après je te bute ! T'entends, abruti de demi-mazoku ?

-A la bonne heure ! Voilà mon petit Hiei retrouvé !

-Petit ? Connard, j'vais te cramer !

-Doucement, doucement ! Je sais que tu m'aimes, Hiei, j'en suis d'ailleurs tout ému, mais je pars tôt demain, et il est tard ! Bonne nuit, donc ! Tu me témoigneras ton affection dans un mois… »

Ils se regardèrent un instant en souriant tous les deux, puis Hiei se renfonça dans l'ombre, adossé au mur, tandis que Yusuke s'allongeait auprès du feu. Les yeux bruns se fermèrent rapidement tandis que la respiration du dormeur se faisait plus régulière.

Mais les yeux rouges restèrent grand ouverts, sur des images qu'eux seuls voyaient. Des images sans doute belles, car un sourire discret les habitaient à présent, ainsi qu'une vie et une détermination nouvelle.

Mais par instant, au beau milieu de leur rêverie, ils quittaient les flammes et se posaient sur la silhouette endormie à terre avec reconnaissance et une émotion vague ressemblant assez à la tendresse.

Le feu s'éteignit progressivement à mesure que la nuit s'avançait. Bientôt il ne resta que quelques braises faiblement actives au milieu d'un monceau de cendres. La masse noire, sur le sol, eut un frisson qui n'échappa pas à deux grands yeux rouges dans un coin.

Une main lança une bûche sur les braises et sous l'haleine légère de la nuit, celles-ci s'activèrent et firent naître des flammèches qui vinrent lécher le bois.

En contemplant le feu renaître, vif et intense, de quelques pauvres braises presque éteintes, Hiei sentit son être chanter d'allégresse et d'espoir.

Peut-être n'était-il vraiment pas trop tard… Peut-être Kurama s'était-il effectivement trompé… Et peut-être que pour eux deux les choses fonctionneraient comme pour le feu…

Les yeux rouges se fermèrent doucement. Demain serait un autre jour.

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Deuxième chapitre terminé. J'espère qu'il vous a plu. En tout cas, j'ai aimé l'écrire. J'ai essayé de donner la mesure de la perdition de l'équipe des Reikai Tantei. Aucun d'entre eux n'est indemne, chacun dans sa situation propre.

Ce n'est pas vraiment parce que j'aime les faire souffrir (quoique, vous avez raison, j'adore ça, et cela n'a sans doute échappé à personne… Je suis grillé ! XD ) mais surtout parce que je pense vraiment que la vie peut être cruelle et que souvent, elle n'épargne personne. Jusqu'à la fin du manga, les choses ont été idylliques pour eux, alors, comme la roue tourne, c'est leur tour d'en baver…

Une petite rewiew ?