Acte I: Retour à la Lumière
Paris 1870. Une jeune Suédoise de 16 ans du nom de Christine Daaé et à la voix enchanteresse devient la nouvelle soprano vedette à l'Opéra Garnier. Elle attire le regard de nombreux amateurs de chant lyrique et même de profanes en la matière tels que le vicomte Raoul de Chagny. Pendant ce temps, dans les catacombes du théâtre, celui que l'on surnomme le "Fantôme de l'Opéra" ne cesse de l'écouter chanter et de l'observer jour et nuit sans jamais se montrer aux yeux des autres. Une passion inimaginable s'empare alors de lui, l'obligeant à se montrer ouvertement à la jeune fille et à risquer de voir son secret révélé au grand jour. Qu'importe, il faut tenter l'expérience. Il vient alors chanter dans sa loge, l'entrainant par le miroir dans une sorte de labyrinthe souterrain menant à son domaine mystérieux. Douceur et séduction semblent efficaces jusqu'à ce que...jusqu'à ce qu'elle lui enlève son masque !
Que de cris de douleur et de rage s'échappent alors de lui ! Une folie presque meurtrière semble l'envahir en quelques secondes. Mais très vite après la tempête, le calme revient et là, ce ne sont plus que des larmes de désespoir et de tristesse que l'on voit couler sur ses joues. Christine, quand à elle, est totallement pétrifiée de peur et de dégoût. Quand elle reprend ses esprits, elle ne pense qu'à une chose : s'enfuir très loin et ne surtout jamais revoir ce monstre. L'entrée du souterrain est tellement bien dissimulée que jamais Christine ne pourrait s'en échapper par ses propres moyens. Le fantôme, comprenant sa réaction et sa volonté, la ramène alors à la surface pour qu'elle puisse rejoindre Raoul et Marie, sa meilleure amie et confidente depuis fort longtemps. Celle-ci est la fille de Marguerite Giry, plus communément appelée Madame Giry par les gens de l'Opéra. Christine, de retour parmi ses proches, décrit les conditions de sa disparition de deux jours et ce qu'il s'est passé avec cet être étrange. Christine explique à Marie, dans sa loge, ce qu'il s'est passé.
Scène 1: Christine, Marie
- Ohh! Quelle horreur quand je lui ai enlevé ce masque qui me parraissait jusque là superflu... J'aurais vraiment mieux fait de m'abstenir. Cet homme, cette chose, est un véritable monstre. Personne n'a jamais rien vu de comparable. Jusque là j'avais de l'affection pour lui, il était même séduisant mais rien que cette vision d'enfer a suffi pour que tout s'effondre d'un seul coup. Je ne veux plus retourner là-bas et je sais pourtant qu'il va probablement insister...je pense qu'il ne renoncera jamais totallement à moi et je n'en aurai jamais fini...il viendra toujours fredoner dans ma tête et m'hypnotiser avec sa voix de sirène. Je t'en prie Marie, dis moi ce que je dois faire, je suis perdue.
-Hum, et il t'a fait du mal? Il t'a brutalisée ou il a essayé de te...
-Non ! jamais il n'aurait osé. Il me vénère, je suis sa muse et la seule personne qu'il ait jamais aimée et donc il est incapable de me faire du mal. Tu aurais déjà dû voir sa réaction quand je lui ai simplement carressé le visage! Il était déjà en extase alors tu penses bien que jamais il ne m'aurait...
-Et bien dans ce cas, je pense que tu aurais dû être sincère avec lui et lui avouer que votre amour était impossible. C'est vrai que parfois la vérité est cruelle mais les faux espoirs le sont tout autant si pas plus. Certes, il aurait souffert mais il aurait compris et il n'insisterait peut-être plus.
-Oh mais je suis sure qu'il a compris. Vu ses pleurs et son désarroi, c'est certain.
-Sincèrement, je pense que tu devrais aller le voir et lui expliquer gentillement ce que tu ressens.
-Ca, jamais! plutôt mourir que d'y retourner et de le voir!
-Bon, j'irai moi même et je verrai de quoi il retourne...
-Non surtout pas! Quiconque descend dans les souterrains n'en revient pas mis à part moi qui ai ses faveurs.
-Nous verrons bien... Oh, Edouard arrive, silence il ne doit pas savoir!
Scène 2: Marie, Edouard
-Je vous ai cherché partout ma très chère dulcinée. Où étiez-vous passée?
-Oh, mais ici mon ami. Je n'ai pas bougé de la loge de mademoiselle Christine et nous avons eu une petite discussion toutes les deux.
-Fort bien. Nous dînerons ensemble ce soir dans un restaurant chic de la rue du Scribe. Vous verrez ce n'est pas loin. Soyez prête et sur votre 31 à 20h, je viendrai vous chercher devant la porte de l'Opéra.
-Bien, j'y serai. A tout à l'heure. J'ai des choses importantes à faire maintenant alors si vous voulez bien m'excuser.
-Naturellement.
