* tous touss * Alors, euh. Oui. Oui, j'ai un bon mois d'absence, là. Mais je jure que j'ai une bonne raison! En fait, euh. Non. J'en ai pas.

...Pardon?

Aussi, au moment où je vous parle, j'ai enfin réussi à me connecter! Ce n'était plus arrivé depuis...euh. Le jour où je me suis décidé à poster un nouveau chapitre, oui...

Merci à mes deux derniers (et seuls *s'enterre*) revieweurs d'avoir attendus...enfin, j'espère. Je poste deux chapitres en un pour l'occasion. Merci-merci encore =D


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« Tu n'as pas beaucoup changé, mon garçon. »

La grand-mère de James ne ressemblait à aucune autre femme. Dans sa tête, il n'y avait pas une seule différence entre le petit garçon qu'elle avait vu entrer dans cette maison il y a six ans presque jour pour jour, et le jeune homme qui venait d'en franchir le seuil. Elle arborait une expression débordante de tendresse.

Cependant, ce n'était pas l'opinion de la plupart des personnes présentes auprès de Sirius, et lorsque celui-ci tourna la tête en direction de la mère de James, il n'eut aucun mal à déchiffrer la mine inquiète qu'elle tentait de dissimuler. Elle faisait pourtant partie de ses amis les plus proches, et n'avait jamais de secret à son égard. Bien sûr, Sirius avait vu son reflet, quand son regard était passé sur les morceaux ébréchés du miroir craquelé.

Il avait regardé ce garçon marcher dans sa direction, et tenir les mains de James dans les siennes. Il l'avait vu, enfin, baisser les yeux, enroulé dans sa cape de voyage.

Pendant qu'il parlait avec Remus et Peter, Sirius songea qu'il aurait voulu alors le contempler plus longtemps.

« Si je comprends bien, Patmol, tu comptais ne rien nous dire de ton retour? Pourquoi ne pas être venu chez moi, ou chez Peter...?», demanda Remus, une lueur maligne au fond des yeux.

Son visage était plus marqué que l'année dernière. Et plus en particulier son regard ambré, que ni la maturité ni la souffrance n'avaient altéré.

L'observant, Sirius eut un sourire en coin qui en révélait beaucoup plus qu'il ne voulait le croire. Un tas de filles s'y étaient laissé prendre auparavant.

« Tu sais bien, Mumus, que tu habites un trou perdu en Ecosse. », argua-t-il en y mettant un brin de mauvaise foi.

Cette unique explication rendit Remus perplexe, ce qui se vit sur son visage. Tout le monde attendait la suite, en sachant ce qui allait se passer.

« N'as-tu pas appris à transplaner récemment? »

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Sirius baissa les yeux sur la table. Il y avait quelque d'étrange dans le regard de Remus, comme tapi dans l'ombre de son sourire glacé, et son ami comprenait ce que c'était.

En effet...ils avaient, à eux deux, failli commettre un meurtre au cours de l'an passé. Et seules quatre personnes autour de cette table savaient, en leur âme et conscience, que chacun des deux jeunes hommes qui se faisaient front, était aussi coupables l'un que l'autre.

Mais un seul avait été puni, depuis lors. Depuis cet « accident », qui avait manqué de peu de coûter la vie à un élève de Serpentard. Ce qu'ils fêtaient alors en cet instant était son retour parmi eux.

Le lycan, amenant son verre contre ses lèvres, prit finalement conscience de la tension qui régnait autour de la table. Il eut une moue gênée, mais ne manqua pas d'adresser un dernier regard au jeune Black.

Celui-ci leva enfin les yeux, pour découvrir, pétrifié, que non seulement Remus n'avait pas pardonné, mais qu'il lui en voulait à mort.

Tout le monde fut couché vers minuit. Les deux Maraudeurs restant partirent, non sans avoir vigoureusement serré et secoué Sirius dans leurs bras, bien après que Remus eut prétexté devoir prendre un « médicament ». A la suite de quoi, le jeune homme s'était éclipsé.

Si James partit lui aussi, ce fut dans la chambre voisine de celle de Sirius.

Une bonne partie de la nuit, le Gryffondor, bien que revenu auprès des siens, se retourna dans son lit, l'attitude de son ami encore trop fraîche dans sa mémoire.

Sirius posa ses yeux sur la chandelle qu'il venait d'éteindre.

L'expression hargneuse de Remus...elle lui rappelait vaguement ce garçon.

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Le lit lui semblait plus petit que l'année dernière...S'allongeant dessus, il fit plusieurs mouvements des bras, comme s'il traçait dans ses draps un dessin dans la neige. Peut-être pas celui d'un ange...pas tout à fait. Au dehors, rien qu'en jetant un coup d'œil au travers de la fenêtre, les arbres paraissaient prendre une teinte plus sombre à mesure que la nuit avançait et que le vent se refroidissait.

Sirius dû s'endormir, à un moment donné, car un bruit sourd le tira de sa torpeur aussi vite qu'il y était entré. La respiration coupée, le jeune homme replia ses jambes contre lui et les élançait déjà hors de son lit pour se mettre debout lorsqu'il se rendit compte que le bruit venait de lui.

Un cauchemar...ce n'était rien qu'un cauchemar. Mais pourquoi alors s'en était-il rendu compte aussi tard?

Lentement, Sirius leva une main, puis l'autre, devant ses yeux.

Il tremblait. Les souvenirs affluèrent brusquement.

D'abord aussi flous que devenaient les paysages à travers la fenêtre, dès l'aube, ils se précisèrent très rapidement. Sirius retomba sur son lit, les poumons vides de souffle. Ses paupières papillonnèrent longuement tandis qu'il fixait d'un regard vide le plafond, puis ce fut le brouillard...mais il ne tremblait plus. Plus du tout! Un sourire se dessina sur ses lèvres.

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On toqua à la porte, à un instant donné. Le jeune homme ne savait plus, ayant perdu toute notion du temps, il se releva prestement et fit quelque pas en direction de la porte de sa jambe. Jusqu'à ce que la voix inquiète de James lui parvienne enfin, très clairement. Sirius s'arrêta net et tenta d'écouter, car tous ses sens étaient en ébullition. Pourtant, sa peau était devenue glacée. Sans doute avait-il laissé la fenêtre entrouverte...en fait, le Gryffon brun ne s'en souvenait pas. Tant pis...

« Sirius? »

Ah oui, James...

« Euh...Oui? », répondit l'autre d'un air hésitant, tout en s'assenant d'une baffe mentale. Fais le entrer, bon sang!

« Est-ce que...tu vas bien? »

Mais quelque chose l'en empêchait, malgré tout. Peut-être à cause du ton qu'avait pris son meilleur ami. Mais après tout, il savait que ce à quoi il venait de rêver ne s'était pas totalement évaporé de sa mémoire. Le jeune homme se mordit méthodiquement les lèvres et se passa la main dans les cheveux, gêné.

« Oui, euh...Pourquoi? », répondit à nouveau Sirius, un peu comme s'il lançait cette réponse à tout hasard, et attendant de voir si cela convenait au garçon qui attendait de l'autre côté de la porte. Lui-même pesait de tout son poids contre la porte, les bras croisés. Et d'ailleurs, il commençait à avoir mal aux fesses. Sirius se prit soudain la tête entre les mains. Une part de lui-même criait: ce n'était pas un rêve! Il y avait bel et bien un type dans ta chambre! Et l'autre rétorquait: mais il s'agit de ton meilleur ami, bon sang! Laisse-le te voir!

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Il soupira bruyamment. Pourquoi se comportait-il ainsi? Sirius jeta un regard désespéré à la chambre vide. Il n'y avait personne. On aurait dit que James était sur le point de violer son intimité...et Merlin seul sait le peu d'intimité qu'on peut avoir en ayant partagé une amitié fraternelle d'aussi longue date. Cela n'avait aucun sens!

« James...Réponds-moi! », lança subitement le jeune homme, agacé sans raison.

« Excuse-moi. », répondit James, en retard.

Sa voix s'était alourdie dans ces deux seuls mots.

« Mais...Tu semblais avoir mal, et ensuite, tu as crié, à plusieurs reprises, et ce nom, que tu répètes... Ouvre-moi. Je veux simplement t'aider.»

Sirius crut que son cœur allait le lâcher.

« Quoi? J'ai appelé quelqu'un? Dis-moi... »

Il le suppliait presque, et grinça même des dents vers la fin de sa phrase. Enfin, le brun prit conscience qu'il effleurait le bois de la porte de ses poings, et appuyait de toutes ses forces, se servant de son corps comme barricade.

Ne pas le laisser entrer, disait une petite voix dans sa tête, ne surtout pas faire cela.

« Non, rien. »

Et les pas de James retentirent lourdement dans le couloir, comme pour lui signaler qu'à présent, il repartait se recoucher. Sirius recula, et en pivotant, vit que la fenêtre était fermée.

Ce qu'il avait pensé à l'encontre de James, se remémora-t-il en allant l'ouvrir pour prendre un bol d'air frais, ce genre de pensées...Cela ne lui était plus arrivé depuis Durmstrang.


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Le lendemain, le jeune homme se leva de bonne heure. Il savait d'avance que ses décisions allaient être source de conflit, mais quelque chose en lui se fichait éperdument des conséquences de ses actes. En effet, tard dans la nuit, le Gryffondor avait pris la décision de retourner au Manoir Black. Pour quelques heures, seulement. Après, Il reviendrait auprès des siens, les Potter.

Mais James ne l'entendit pas de cette oreille. Pour commencer, il déboula dans la salle de bains pendant que Sirius se brossait les dents, ce qui eut pour effet de le faire postillonner de surprise sur le miroir. Son meilleur ami exigea de pouvoir partir avec lui, et lui annonça qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir – dit-il une main sur le cœur- afin de faire oublier les craintes et les angoisses du bon vieux Patmol, surgies de nulle part la nuit passée.

Tout en boutonnant sa chemise, les yeux fixant aveuglément le sol, Sirius lui demanda d'un air nonchalant ce qu'il avait bien pu entendre la nuit passée, profitant de cet accès de générosité de la part de son ami.

Il sentit presque, sans même le regarder, les joues de James s'embraser. Le jeune homme sut alors qu'il ne voulait plus connaître sa réponse. Il l'arrêta d'une main quand il ouvrit la bouche, et sourit, lui permettant par la même occasion de l'accompagner jusqu'au Manoir des Black.

« C'est vrai? », s'enthousiasma James. Il ressemblait un peu à Peter dans ces moments-là...

« Oui. Mais à une condition. », l'avertit-il.

« Laquelle? »

« On part tout de suite. Je veux en avoir fini le plus vite possible.»

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La mère de James ne dit rien en apprenant la nouvelle. Cependant, on voyait au pli soucieux qui marquait son front qu'il en était tout à fait différent de ses pensées. Les deux garçons revêtirent une cape de voyage. C'est à ce moment que Sirius rencontra son reflet dans le miroir du salon. Il tentait de garder ses bras immobiles sous le lourd tissu quand son regard fut attiré par un éclat brillant. Il fut singulièrement surpris de trouver ce genre d'expression au fond de ses propres yeux.

« Grand-père avait raison. Tu nous reviens changé. », murmura James, presque confiant, alors qu'il se penchait pour lacer ses chaussures.

Lorsqu'il se releva, le Sirius qui lui avait sourit un peu plus tôt à travers le miroir arborait une mine étonnée. Et alors qu'il observait minutieusement son image, James quitta la pièce.

Il avait raison. Le caractère, la maturité ou ce genre de trucs subtils et un peu gnangnans n'étaient pas les seuls à avoir changés.

Pour commencer, ses cheveux étaient un peu plus courts, et lui balayaient à peine les épaules. Ils descendaient auparavant, longs, très longs, jusqu'à la taille. Quand les avait-il coupés? Et puis ce teint, pâle, presque fade...comme s'il s'était éteint.

Le gris froid de ses yeux n'en ressortait que plus fortement, à présent.

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Le jeune homme écarta les bras, baissant les yeux sur son corps. Il n'avait pas maigri, heureusement, mais paraissait beaucoup plus élancé. Bien entendu, le Gryffondor s'était toujours trouvé beau, mais ce type dans le miroir l'était encore plus! Voilà de quoi embêter Cornedrue, se dit -il soudain, un rictus au coin des lèvres. Loin d'être rassasié, Sirius s'observa encore une minute sous toutes les coutures, puis tourna brusquement la tête. Ce n'était pas que l'air féminin qu'il venait de se trouver l'incommodait, mais il ne se reconnaissait plus. Dans l'ensemble, il s'agissait encore de lui, néanmoins, l'espressione endurcie qui revenait de temps en temps par-dessus tout cela semblait le narguer.

Ce garçon au fond de la glace semblait le narguer.

Sirius eut un sourire. Malgré tout, il ne pouvait s'empêcher de se trouver...parfait. Ce mot lui convenait parfaitement.

Bizarrement, l'attention du jeune homme fut appelée ailleurs, quand, tout à coup, les pas d'une personne retentirent. Il s'agissait sans doute de James. Le garçon l'entendit, lui et ses pas le porter hors de la pièce, bruyamment encore une fois. Etrangement, l'idée même que James ait pu assister cette scène ne le gênait en rien. Son assurance devait avoir quelque chose de dégoûtant, d'arrogant, mais il se sentait très à l'aise.

Un dernier tout pour s'apercevoir que la fine cicatrice au-dessus de sa lèvre n'avait pas disparu, et qu'il se tenait beaucoup plus droit qu'auparavant, et Sirius s'en alla rejoindre James.

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Ce dernier paraissait plus qu'indifférent à son retour dans la cuisine, nettoyant minutieusement les verres de ses lunettes.

Sirius s'approcha de lui en douce, et les saisit rapidement. Surpris, il le regarda directement après avoir ré observé ce qu'il croyait avoir rêvé. James, quant à lui, ne fit même pas un geste pour récupérer ses lunettes.

« Eh, depuis quand sont-elles brisées dans les coins? », lança Sirius avec curiosité.

« C'est Lily....Evans, je veux dire. », se rattrapa-t-il devant le regard ahuri de Patmol.

Celui-ci haussa encore plus haut les sourcils.

« Elle m'a jeté un Stupéfix, juste ici... », et il accompagna ces paroles d'un geste dirigé entre ses deux yeux.

C'était impensable. Elle, viser la tête avec Stupéfix? Il n'y avait rien de plus dangereux! Sirius fourra ses mains dans ses poches quelque peu trouées, tout de suite après avoir rendu le bien de Cornedrue et de sa myopie affligeante.

« Et sinon, combien de temps es-tu resté dans le coma? », dit le jeune Black d'un ton nonchalant.

« Trois jours. »

«...Comment? »

Sirius ne pouvait s'empêcher de le prendre pour un dingue, à cet instant précis. Pourtant, James avait l'air le plus sérieux du monde, et troublé aussi.

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Peut-être était-ce le moment de partir, se demanda Sirius en le voyant pivoter et saisir très vite un objet dans le tiroir.

Je ne veux pas savoir qu'il s'agit de mouchoirs.


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« T'es parti trop longtemps, mon vieux. »

Les mots avaient le bon sens de se perdre par le temps qu'il faisait; pluvieux, le vent balayant les branches avec autant de force que Hagrid jetant les gnomes de jardin en hiver. Il leur fallait environ une minute entière pour atteindre l'autre bout du parc. Un peu comme les paroles de James en cet instant.

Ils arrivèrent non sans mal, trempés, et s'ils ne l'avaient pas été, ils auraient été malgré cela en sueur. Afin d'éviter qu'on ne les voie transplaner, enfin surtout James, il fallait courir vite. Cependant, ils n'avaient pu éviter la pluie. Leurs vêtements leur collaient littéralement à la peau. Sirius eut une pensée émue envers la chemise soyeuse qui l'avait accompagné pendant de nombreuses années – à partir du moment où sa taille s'était un peu stabilisée – et garante d'un bon nombre de filles attirées.

James le taquina en demandant d'un air narquois: « tu vas pas mettre une main sur le cœur et chanter une ode, quand même ? »

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Square Grimmaurd, un coin tranquille où les voisins restent à leur place, et les Black aussi. Il s'agissait de la même raison qui avait poussé les grands-parents de ses parents à s'installer ici, et les descendants n'étant pas très chauds pour se bouger le derrière, Sirius n'avait pas eu à changer d'amis dans un quelconque déménagement. Puisqu'il n'avait pas d'amis. Du moins, à part les Maraudeurs, il existait peu de personnes au monde qu'il considérât en tant qu'amis. Dans sa famille, une seule.

Et c'était elle qu'il désirait voir aujourd'hui.

« Tu me dis ce qu'on fait chez toi? Ces gens m'énervent, sans vouloir t'ennuyer. », soupira James après un instant de réflexion, tous deux parvenus sur le seuil de la porte. Cependant, il témoignait une volonté farouche de ne pas l'abandonner là-bas, sans ressources. Et ces ressources comportaient quelques trucs sans grande importance à l'extérieur de cette maison... Des armes, être sourd, James, une bombe, par exemple...

Black souriait, une expression douce sur le visage. Il hésita un instant, puis ramena quelques mèches de cheveux sur son front, se cherchant un air familier et rassurant.

« Ne t'inquiète pas, elle est différente des autres. Mais, en ce qui concerne ma mère, tu peux t'amuser sur son compte autant que tu veux...j'espère juste qu'elle ne sera pas là pour t'entendre. »

La porte s'ouvrit brutalement, et un joli visage encadré de mèches noires, si typique des Black, apparut dans l'embrasure. L'aîné des Black lui adressa un sourire plein de tendresse. Presque immédiatement, Bellatrix dépassa le seuil en courant et se jeta dans les bras de Sirius.