Disclaimer: Si je gagnais du pognac à écrire ces trucs, je ne serais pas là à publier...JK Rowling a tout pigé au
Yop!
J'oubliai de dire, ô infamie, que cette histoire est dédicacée aux dames Sombraline et Maladict...Sans déc', j'aurai vraiment arrêté d'écrire pour de bon sans vous!°_°
Que ce soit une bonne chose ou une mauvaise, le fait est que voici le deuxième chapitre. Le point de vue est de Tobias, cette fois...puis Eileen pour le 3e...ensuite Tobias à nouveau, et ainsi de suite...
En avant Simone!
Chapitre 2:
Foutue pluie.
Foutue putain de pluie!
Les godasses trempées faisaient des bruits à la limite de l'obscène, le pantalon tout aussi gorgé et collant, Tobias Snape rentrait à grands pas mesurés chez lui.
Il avait pris le chemin le plus raisonnablement long, mais il avançait rapidement quand même, ça comptait. La plupart des gens étaient pressés de retourner chez eux après une journée au turbin. Le jeune homme, lui, cherchait à retarder l'instant où il arriverait juste devant la porte d'entrée de la maison qu'il occupait avec sa mère. Pas trop non plus, hein. Il finirait par en prendre un peu trop conscience. C'était sa mère tout de même. Ça ne se fait pas.
La sensation le prit, comme d'habitude, alors qu'il tournait à l'angle de sa rue. Cette espèce d'écrasement qui le prenait à l'estomac, l'envie de s'arrêter et de se dire qu'il avait oublié de faire tel ou tel truc. Des courses par exemple. Mais la paye était la semaine prochaine. Raté pour cette fois. Il se trouva soudainement pathétique; et décida de rentrer, comme le ferait n'importe qui d'autre dans son cas, retrouver sa mère qui devait l'attendre.
La porte de l'entrée s'ouvrit en grinçant. Il ne l'entretenait pas volontairement: il fallait qu'il l'entende quand elle s'ouvrait, et ce de n'importe quelle pièce de la maison. Au cas où elle sortirait.
Il mit un moment à retirer ses chaussures, l'eau de pluie dégouttant de ses cheveux et le bas de son pantalon alourdi baignant dans la petite flaque qui se formait à ses pieds. Un temps de chien, bon Dieu. Et il allait devoir nettoyer ça. Comme si la journée n'avait pas été assez difficile comme ça. Et la soirée ne faisait que commencer.
La première chose qu'il devait faire, c'était la localiser.
-M'man? J'suis rentré! T'es où?
Il tendit l'oreille. Rien. Il s'avança vers le couloir qui menait aussi bien à la cuisine qu'au salon ou encore à sa pièce à elle. Il s'approcha tout près de la porte de cette dernière et répéta.
-J'suis rentré, m'man!...T'es là?
Toujours rien. Il sentit la petite pointe d'inquiétude tandis qu'il fit tourner la poignée et poussa la porte. Il ne se sentait pas le courage d'aller fouiller les autres pièces.
Elle était là, immobile dans son fauteuil, à regarder Dieu sait quel objet, imaginaire ou non. Son visage éclairé par la lumière du lampadaire du dehors, les ombres des gouttes de pluie lui faisaient comme des larmes.
Tobias soupira à la fois de soulagement et de lassitude.
-Reste pas dans le noir, tu vas t'abîmer les yeux, dit-il tandis qu'il activa l'interrupteur à côté de lui.
Une lumière jaunâtre éclaira la pièce, faisant cligner des yeux la femme et grimacer légèrement avant qu'elle ne reprenne son masque neutre. Le jeune homme s'avança jusqu'à elle, jetant un regard au plateau posé sur la petite table à côté. Elle n'avait pas mangé. Ca allait faire deux jours...
-Tu devrais manger, tu sais. J'aime pas gâcher d'la nourriture.
-Parle moins fort, tu vas réveiller Edward...
Elle avait à peine soufflé ces mots.
Tobias l'observa quelques instants en silence, l'air blasé.
-Edward est mort, m'man. Et 'pa aussi.
Il avait anticipé la suite des répliques de sa mère. Il avait l'habitude et surtout aucune envie de jouer à ça, ce soir. Trop fatigué. Et il devait encore se changer.
Susan Snape se contenta de secouer la tête en gémissant.
-Pourquoi tu dis des choses pareilles devant lui...? Il va encore pleurer...
-M'man, y a personne. Ils sont morts tous les deux...'Pa a eu un accident et t'as fait une fausse couche juste après...Il y a sept ans, tu t'souviens?
Il détestait avoir à lui rappeler ça. Il ne comprenait pas pourquoi elle était devenue comme ça, persuadée que rien de tout ça n'était arrivé. Que la vie avait suivi son cours comme elle aurait dû le faire. Ça le minait autant que ça avait l'air de la contrarier.
-Tu fais un fils exécrable, Tobias...Tu verras quand ton père va rentrer...
-Il est mort aussi, m'man...
-Tais-toi! TAIS-TOI, TU M'ENTENDS?
Il resta impassible, tandis que le ton était monté brusquement. Ca aussi, il en avait l'habitude. Elle n'avait pas mangé depuis un moment, elle n'aurait pas la force de se lever et de lui lancer ce qu'elle pourrait trouver à la figure en hurlant. Il se contenta de hocher vaguement de la tête et de prendre le plateau, lui laissant l'eau et les biscuits au passage- elle demandera quand elle voudra autre chose, en attendant, ça lui suffira- et de la laisser, marmonnant ses délires.
-Tu ne dois pas l'écouter Eddy, tu m'entends bien? Il ne sait rien...Il n'a rien compris. Alors...tu attends avec moi le retour de papa, et on lui dira, d'accord?...Il ne devrait pas tarder...Il va avoir froid...Tu lui prêterais ta couverture? Tu es gentil...
Tobias referma la porte. Elle se tiendrait calme, ce soir. Il allait pouvoir souffler un peu. Il posa le plateau sur la table de la cuisine, et monta suspendre ses vêtements dans la salle de bain. Elle allait avoir besoin d'un coup de décrassage, celle-là...Il ferait ça demain. Pas le temps ni l'envie ce soir, décidément.
Il finit la viande froide et la soupe de sa mère, qu'il avait faite réchauffer en vitesse. Frugal, mais il s'en contenterait. Il alla se faire du café et s'assit sur le rebord de la fenêtre en attendant que l'eau chauffe. La pluie avait repris de plus belle, et la nuit était quasiment tombée. Il sentit quelque chose dans son champ de vision. Une lueur. Il leva les yeux vers le toit de la maison voisine. Une lumière venait de s'allumer. Beth Grubb avait dû se trouver un nouveau locataire...
Il sursauta presque en entendant la bouilloire siffler sur la chaudière. Il versa d'abord de quoi faire un thé à sa mère avant de se faire ce café que ses nerfs réclamaient. Il alla fouiller un peu les étagère. Ah presque plus de thé. Il allait devoir en acheter...Un petit sourire lui monta au lèvres: une raison de rester encore un peu dans le monde des vivants...Son sourire s'effaça lorsqu'il se rappela qu'il n'aurait pas d'argent avant cinq jours. Et merde...ce n'est que partie remise...Il irait en demander à la vieille Grubb s'il y pensait demain. Ça lui fera une occasion de voir la tête du nouveau voisin...
Il entendit un bruit sourd en provenance de la pièce de sa mère. Puis un cri.
-JULIAAAAAAANNNNNNNN!
Tobias se figea un instant avant de s'appuyer un moment sur la table, la tête basse. La soirée s'annonçait si bien...et il fallait qu'elle ait ses éclairs de lucidité maintenant. Il souffla un grand coup, histoire de calmer les tremblements nerveux qui le prenaient. Il ne restait plus que lui de sain dans cette maison.
Hors de question qu'il craque, lui aussi. Ça ne se faisait pas.
A suivre...
Merci infiniment à celles qui ont reviewé, anonymes, non connectées et celles qui ont un compte( si lecteur il y a, qu'il se désigne, svp, j'veux pas faire dans le sexisme non plus). Il n'y a rien de plus motivant que de savoir qu'on écrit pas dans le vide. ^^
Bref...review?
Sur ce, que les petits cochons ne vous mangent pas!
