Chapitre II

Comment ose-t-il ? Après tous ces mois à faire le mort ? Après tout ce temps où j'ai essayé de m'en remettre ? Comment ose-t-il revenir dans ma vie et faire comme si de rien ne c'était passé ?

-Reste calme, fais bonne figure ou il va te prendre pour une folle.

-T'es qui toi ?

Attendez… Pause… Retour en arrière…Quoi ?! Je me parle à moi-même ?! Franchement il doit y avoir quelque chose qui ne va pas chez moi.

-Tu auras tout le temps que tu souhaite après pour philosopher sur tes monologues intérieurs mais trouve quelque chose à dire avant qu'il ne te prenne pour une statue à force de le fixer comme ça.

Je n'ai même pas vu la gifle partir. (Yeaah !) Mon moi intérieur jubilait et moi je rayonnerais, je l'avais giflé et j'en étais fière. Le truc que je n'ai pas compris, c'est pourquoi j'ai explosé derire après. (Oh mon dieu…) C'est clair, je suis folle.

-Aïe ! Mais qu'est-ce qui t'arrive ?! s'écria Ethan. Tu me frappes et tu rigoles ?! Tu dirais quoi si je te faisais la même chose ?

Sa réplique a à peine eu le temps de parvenir jusqu'à mon cerveau que sa main avait atterrie sur mon visage. En moins de temps qu'il faut pour le dire la colère avait remplacé la surprise. Et en deux temps trois mouvements, tout avait dégénéré en bagarre. Un coup de poing par ci, une morsure par là, jusqu'à ce que Mallory et Catcher nous séparent avant que Tate –le proviseur- arrive.

Après que Mallory nous ait calmés, j'ai couru aux toilettes sans que personne ne me voie. J'ai toujours eu honte de pleurer en public, ça ne va pas changer maintenant. La solitude m'a permis de me souvenir de notre dernière rencontre.

Flash-back :

C'était à Miami, on était parti ensemble en vacances. Je ne suis pas fan du soleil mais j'en avais besoin pour redorer un peu mon teint de papier mâché.

C'était l'été dernier, Ethan et moi étions assis sur la plage à discuter de nos vies et de mon récent déménagement à Washington. Mon père étant un grand nom dans l'immobilier, il aimait déménager souvent pour tester toutes les sortes de maisons possibles et imaginables. Il y a deux ans, on vivait dans une maison victorienne et il y a quatre mois, dans une maison laide en forme de cube.

Pendant notre discussion, sans prévenir, il lança :

-Tu vas vraiment manqué.

-Pardon ?!

-Tu m'as vraiment manqué, répéta-t-il.

-Pourquoi tu me balances ça comme ça d'un coup ? lui demandai-je confuse.

-Parce qu'il y a quelque chose que j'ai toujours voulu te dire.

-Ah ! je comprends mieux ! Et c'est quoi cette chose

Et là, il lâcha la bombe. Comme si de rien n'était, en me regardant droit dans les yeux :

-Je t'aime…

-Qu… ?!

Sans que je m'en rende compte, ses lèvres étaient déjà posées sur les miennes. C'était le baiser le plus doux que j'avais jamais reçu. Mais petit à petit, il se fit plus pressant, comme s'il voulait plus, sans oser me le demander.

Alors je lui donnai ce qu'il attendait. Je pressai un peu plus mon corps contre le sien en lui rendant son baiser. Il comprit et sa langue franchît la barrière de mes lèvres. Ses mains se baladaient un peu partout sur mon corps, mes fesses, mes cuisses, mon dos, mes seins il repassait toujours, comme s'il avait peur d'avoir oublié un centimètre de peau.

À ce moment-là, je ne sais pas pourquoi, en voulant aller plus loi –beaucoup trop loin- j'ai touché son membre dur par-dessus son short et c'est là que j'ai réalisé ce que nous allions faire et pourquoi je le laissais faire : j'étais –et avait toujours été- amoureuse d'Ethan.

Trois semaines plus tard, je n'avais toujours pas eu de nouvelles de lui. Enfin si une. Lui et sa copine –Amber- me passait le bonjour depuis Chicago.

Le lendemain du jour où on est passés à l'acte, j'étais partie très tôt car je ne voulais pas être découverte. Il ne m'avait pas rappelé et n'avait pas répondu aux messages et à mes appels. Rien. Il ne voulait que du sexe. Pour l'aimer, il avait Amber.

Fin du flash-back

J'étais tellement dans mes pensées que je n'avais pas entendu que Mallory cognait –littéralement- la porte.

- …marre ! Ouvre ! Ca fait dix minutes que je frappe sur cette foutue porte et tu réponds pas ! À 3 si tu n'ouvres pas, je la défonce et tu paieras les frais ! 1…2…

Les meilleures amies…toujours là aux bons moments…

-Et tu veux la défoncer avec quoi ? Les spaghettis qui te servent de bras ? me moquai-je. Pas la peine d'abîmer le peu que tu as, j'ouvre !

-Ah ! Ben enfin ! Il y a Ethan qui te cherche partout et …

-Dis-lui d'aller se faire foutre, la coupai-je, je n'ai aucune envie de lui parler !

-Alors tu m'écouteras, lança une voix dans mon dos.

Non mais je rêve ! Déjà qu'il débarque dans mon bahut, il veut en plus faire sa loi ?!

-Qu'est-ce qui m'y oblige ? Et puis d'abord, t'es pas mon père !

-Non mais tu t'entends ? Tu parles comme une gamine de cinq ans ! Grandis un peu ! Je veux juste t'expliquer ce qui c'est passé.

-Je ne veux pas t'écouter ! Et puis c'est pas vrai ! Je ne suis pas une gamine ! Et puis c'est celui qui dit qui est !

-Vachement Mature de ta part…

-T'es de retour toi ?

-Théoriquement, j'ai toujours été là, vu que je suis dans ta tête.

-Si tu veux mais fous-moi la paix !

-Je veux juste que tu saches qu'à chaque fois que tu verras Ethan, je sortirais de ma cachette pour te pourrir la vie et je ne te…

-Merit ?!

-Nan sérieux ! Vous pouvez arrêter de couper mes dialogues intérieurs ?

-Tes dialogues intérieurs ?!

-Laisse tomber. Qu'est-ce que tu veux encore ?

-Que tu m'écoutes.

-Alors là va te faire foutre ! Quand je voulais te voir, tu as fait le mort ! Donc je ne vois absolument pas pourquoi MOI, je serais obligé de t'écouter et de te supporter à longueur de journée ! Merde !

-Un jour ou l'autre, tu seras obligé d'entendre ce que j'ai à te dire.

-C'est ça ouais ! Connard !