Au nom des liens de l'amitié Chapitre 2

Une fratrie attachante

Avant de commencer ce chapitre, j'admets mon erreur sur les liens de parenté entre les deux nations. Il apparaît comme étant plus logique que tous deux soient cousins.

C'était la première fois qu'il quittait sa terre natale, la première fois qu'il était si loin de chez lui, livré à l'inconnu, accompagné seulement par sa mère.
La première fois également qu'il ferait la connaissance de sa tante : la mère de Calédonie, la future nation écossaise.
Francis ne s'était jamais douté que son cousin n'était pas enfant unique. Un point commun de plus entre eux qui les rapprochait d'une certaine manière.

Le paysage qui s'offrait à ses yeux n'avait rien de très engageant : des landes presque désertes entrecoupées de petits murets de pierre, un ciel gris acier bas et menaçant.

Par endroits, on apercevait des collines, des montagnes un peu plus loin. Mais toujours cette absence de végétation, ce manque d'arbres de fleurs. Il n' y avait que du bleu et du vert, du bleu et du vert à perte de vue… Une alliance étroite, une alchimie entre la terre et l'eau.
Seul, assis sur un rocher et pris par la mélancolie, la petite nation enfouit son visage dans ses bras. Comment diable pourrait il passer d'aussi bons moments comme le lui avaient répété sa mère et sa tante ? Il n'y avait pratiquement rien de distrayant ici il voulait rentrer chez lui ne plus voir ce lieu aride et supporter ce silence.

Il était tellement pris par cet accès de tristesse qu'il ne sentit pas une petite main lui tirer la manche. La seconde fois, Francis tourna son regard vers ce qui se passait tout en gardant ses yeux rivés sur le sol. Il voulait qu'on le laisse tranquille, honnêtement était ce trop demander que d'avoir la paix ? Personne ne pouvait donc piger ce qu'il ressentait ?

-Pourquoi tu es si triste, hein dis ? Faut pas pleurer comme ça !

Cette fois Francis daigna accorder une pleine attention au fauteur de troubles : un enfant qui ne devait pas avoir plus de trois ans et le regardait avec des yeux emplis de compassion.

Des yeux qu'il ne connaissait que trop bien : un regard vert émeraude pénétrant qui vous donnait la sensation d'être un livre ouvert. Deux émeraudes véhiculant de manière déconcertantes les émotions les amplifiant au centuple.
-Je ne pleure pas, marmonna le petit blond en tentant de détacher sa main de celle de l'enfant qui lui faisait face.

Mais il devait tout de même avouer qu'il était craquant avec ses cheveux châtain clair légèrement bouclés, ses vêtements un peu trop grands pour lui et son air candide.

-Si tu pleurais, riposta le plus jeune sur un ton d'évidence. Qu'est ce qu'il y a tu t'ennuyais ?

Si petit et tellement avenant…

-Non ne t'en fais pas tout va bien, le rassura Francis avec un petit sourire en coin. Le premier depuis qu'il était arrivé ici.
A cet instant précis sans crier gare, il se sentit tomber en arrière sans crier gare. Et pour cause : tellement soulagé par le changement d'humeur du plus grand, la petite nation galloise lui avait sauté dans les bras.
Après tout c'était son cousin, et il faisait partie de la famille. Tout comme ses grands frères donc il devait bien s'en occuper et se montrer gentil avec lui. Qui plus est Scott lui avait brossé un portrait de lui si engageant qu'il avait hâte de faire sa connaissance.

-Alors, c'est toi mon cousin ? Demanda il sur un ton d'excitation. C'est la première fois que tu viens ? Tu aimes cet endroit ?

Ca y est, le moulin à paroles s'était mis en marche sans prévenir… Mais c'était compréhensible : il ne devait pas voir beaucoup d'enfants en dehors de ses frères et donc le blesser.

Il était si jeune… Il avait besoin d'attention, qu'on s'occupe de lui, qu'il lui apprenne des trucs : comme monter aux arbres ou dessiner sur le sol par exemple.

C'est décidé, il resterait aux côtés de son plus jeune cousin autant qu'il le faudrait. Et comment ne pas passer du bon temps avec un gamin aussi adorable ? Il n'aurait jamais pensé en venant ici que chaque membre de la famille ait un caractère différent. Et pour dire vrai, le côté tendre du petit Galles l'apaisait. Il avait l'impression d'être un modèle pour lui, mais était ce réellement le cas ?

Quelques minutes plus tard, assis en tailleur, Francis lui montrait les nuages dans le ciel (qui avait enfin pris un aspect plus engageant) en lui expliquant pourquoi celui qu'il voyait ressemblait à un poisson.
-Et celui qui est à côté, on dirait un château tellement il est gros et là, il y a une tour…

-Si ce n'est pas attendrissant, fit une voix narquoise qui capta leur attention .

-Scott ! Tu es enfin là ! Il y avait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus, bien trop longtemps. Mais pourquoi le regardait il avec autant de mépris ?

-La prochaine fois, je ne vous dérangerais plus, fulmina le petit roux. Au contraire, tu pourras passer tout le temps que tu veux avec lui. Puisque j'ai un « siiii merveilleeeux petit frère » !

Qui n'est pas « aussi turbulent que certains et dont je devrais m'inspirer », acheva il avec énervement. Non mais c'était pas vrai, ils s'étaient tous donnés le mot pour le trouver adorable ce gosse ou quoi ?! Qu'avait il vraiment de plus que lui, quelqu'un pouvait le lui dire ? A part ce côté candide et rêveur calme. Et à présent, même SON cousin préféré était sous son charme. Si avec ça il n' y avait pas de quoi être sur les nerfs…

-Ne sois pas stupide, tu m'as manqué !

-J'en suis pas si sûr ! Tout en parlant, il rattacha soigneusement ses cheveux roux qui lui tombaient sur les épaules. C'est ça il lui avait manqué, et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu !

Tu peux me dire ce que t'as à te marrer bêtement dis ?

Car Francis était à présent en train de rire à gorge déployée, particulièrement amusé par la petite scène. Si il avait su que son cousin était jaloux, et pas qu'un peu visiblement ! Qu'est ce que ça donnerait quand sa tante ferait la connaissance de son plus petit neveu… Encore une chance qu'il y en ait d'autres qui ne soient pas comme ça.

-Hé, continue à te payer ma tête et je te jure bien que je te laisse te débrouiller SEUL pendant tout le temps du séjour, crétin !

-Hooo ca va hein, calme toi ! C'est la première fois que je vois ton frère, j'ai bien le droit d'être un peu avec lui non ? Ca ne veut pas dire que je serais tout le temps collé à lui. Tu m' avais dit que tu connaissais des lochs.

-Aye, les plus poissonneux ! On a pratiquement qu'à tendre la main pour attraper un poisson…. Ou on pourra partir accompagner mon frère à la chasse. Il y a toujours des grouses dans le coin, quand on sait tirer à l'arc, c'est un jeu d'enfant de les avoir !

Tout en parlant, son ton s'adoucissait et devenait cordial. C'était évident que ce n'était pas son cadet qui montrerait à Francis les milles et une merveilles que recelaient l'Ecosse, ha ça non !

Tard le soir, les quatre enfants avaient continué à chuchoter blottis sous leurs couvertures malgré les rappels à l'ordre. C'était le premier soir et rencontrer des membres de sa famille, se découvrir peu à peu des points communs donnait de bonnes raisons pour prolonger les discussions.

Francis aimait bien l'aîné de la fratrie, calme chaleureux, il connaissait le plus de choses en matière de créatures magiques et de sortilèges… Semblait avoir appris bien des choses en matière de combat ou de chasse. Il le dépassait largement dans bon nombre de domaines et bien qu'il soit encore un peu distant avec lui, il avait l'impression de faire partie de la fratrie et qu'il l'aiderait ou le protégerait en cas de danger.

Puis sans crier gare, Francis se laissa mollement tomber sur son lit s'endormant aussitôt alors que Galles couché à côté de lui était déjà au pays des songes agrippé à son bras gauche suçant son pouce.
-Quelle marmotte, remarqua Scott avant d'attraper son oreiller et de regarder un bref moment les étoiles.
Irlande fit un signe rassurant à une fée : tout allait parfaitement bien, il n'y avait rien à craindre. A présent il était vraiment temps de dormir, le lendemain serait une journée chargée.

-Non, non et non ! tu dois bien plier ton coude Francis si tu veux que ça marche !

-Mais c'est ce que je fais protesta le petit blond en tendant davantage la corde. Qui avait eu la bonne idée de lui dire que se servir d'un arc était simple comme tout qu'il lui dise son point de vue ?

Ca allait faire trois jours qu'il était avec ses cousins et ce matin, Scott avait décidé de lui apprendre à se servir d'un arc en lui assurant qu'il adorerait ça.

-J'en ai marre ! En plus la corde me fait MAL ! Ca suffit j'arrête !

Scott réprima un sourire en voyant son cousin poser dans un geste d'agacement son arc. Il était vraiment pas patient quand il s'agissait d'apprendre quelque chose. Et il y retrouverait de l'intérêt à tirer…. Il fallait seulement utiliser la bonne tactique.

Il reprit son arc, sortit de son carquois une flèche bien équilibrée et se mit en position de tir. Il y avait un nœud sur l'arbre à vingt mètres de là. Ajustant avec soin sa flèche et prenant le temps de bien viser tout en gardant son bras bien droit, il lâcha la corde. Aussitôt, le projectile se planta dans la cible visée.

-Mais pourquoi toi tu y arrives et moi pas ? C'est pas juste ! pesta le petit blond en tapant du pied.

Il en avait marre ! Comment il pouvait arriver à tirer si facilement et à ne pas se faire mal au bras, à atteindre ses cibles ? Alors qu'il avait beau y mettre toute la bonne volonté dont il était capable, il n'y arrivait presque pas. C'en était vraiment rageant… Il voulait leur montrer de quoi il était capable !

-Bon, on va essayer ensemble, ok ?

Sentant les mains corriger sa tenue de l'arc et l'aider à bien placer sa fléche, Francis se sentit un peu plus confiant dans cette nouvelle tentative.

-Surtout tu fixes bien ce que tu veux atteindre et tu tends plus ou moins ton arc en fonction de la distance d'accord ? Donc ici tu le tends moyennement. Prêt ? Vas y !

La flèche se planta après quelques mètres dans le sol bon c'était pas encore ça mais il y avait quand même du progrès.

Oui sauf que là… Il fallait vraiment qu'il apprenne à viser avant que ça devienne dangereux : les flèches qu'il envoyait partaient dans tous les sens.

Bon… Dans ces cas là, il valait mieux se mettre dans un endroit où il n'y aurait aucun risque. Comme l'endroit où il y avait l'arbre mort par exemple.
La flèche alla se fiche en direction de l'arbre mais ne pénétra pas le tronc. Au contraire elle semblait avoir traversé du vide. Qui n'en était pas vraiment un, songea Scott en voyant l'essaim d'abeilles furieux sortir du tronc. Plus qu'une seule chose à faire : FILER, ET VITE !

Quelques minutes plus tard à bout de souffle, il regarda son cousin et… Explosa de rire.

-J'y crois pas non sérieusement j'y aurais jamais cru ! Que tu sois un tel danger public avec un arc dans les mains… Allez avoue, tu faisais ça exprès pour m'amuser ?

Francis se contenta de secouer négativement la tête avec un air piteux qui prouvait sa sincérité.
Bon sang… Qu'on lui rappelle de ne JAMAIS toucher à un arc à moins qu'on veuille déclencher des catastrophes ! Jamais rencontré un tel danger public auparavant…
Il regarda à nouveau Francis et repartit dans son fou rire alors que ce dernier le fusillait du regard. Mais puisque ce n'était pas de sa faute et qu'il faisait de son mieux !