Bonjour everybody!
Enfin! Je sais, c'est pas trop tôt, c'est même extrèmement en retard.

Je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse.

Pour ma défense (c'est faible mais bon...) j'avais fini d'écrire cette histoire il y a 7 mois mais malheureusement, j'ai tout perdu dans un crash d'ordinateur...
La vie est mal faite.
Je n'ai pas pris le temps de le corriger comme il se doit car je sens (pour une raison obscur) que vous avez hâte de lire ceci. Je mettrai une version à jour plus tard.
Voiçi donc:


…&´¯X¯'&…

,.-´¨¯¨·-.¸-(Zëphÿr꯯Sølêîl)-,.-¨¯¨·-.¸

…&´¯X¯'&...


CHAT, SANG ET JUSTICE
PARTIE 2 DE 2


« Tic »

Il faisait chaud. Trop chaud. C'était intenable.

Hermione tira doucement sur son col en espérant de toutes ses forces que la chaleur s'en irait par ce mouvement dérisoire, comme un superstitieux qui espère éloigner le mauvais sort de quelques gestes inutiles. Elle se sentait comme une bête traquée et c'est les yeux sur le sol qu'elle tentait de fuir son prédateur.

Assis sur sa superbe chaise victorienne, un bureau massif entre lui et elle, Draco la regardait.

« Tic »

Ses yeux lui donnaient chaud, lui donnaient des frissons d'horreur. On aurait dit que chaque paillette de ses iris argentés était des couteaux qui s'aiguisaient ensemble, créant une harmonie métallique, mécanique, qui lui remplissait les oreilles de tonnerre. Elle n'entendait que cette cacophonie haineuse.

Ça et le feu dans la cheminée qui grondait furieusement. Le brasier semblait vouloir sortir de son foyer, ronger les murs, engloutir le plafond et elle au passage.

Outre ce qu'elle entendait, il y avait ce que son instinct lui hurlait : Vas-t-en! Cours le plus loin possible de cet homme qui veut ta mort! Cours!
Mais il y a bien longtemps que l'être humain dédaigne son instinct au profit de l'intelligence et elle se raisonna en se disant que de toute façon, il la rattraperait facilement.

« Tic »

Il était si beau, dans son costume moderne, mais classique à la fois. C'était dur de ne pas se sentir décalé à ses côtés. Elle se demandait si Malfoy se sentait déplacé dans une foule de centaines de personnes habillées normalement ou ce serait toutes ses personnes qui se retrouveraient mal à l'aise. Sa présence remplissait toute la pièce, jusque dans les fissures dans le mur, ne lui laissant aucun espace pour respirer.
Mon dieu, il fallait vraiment qu'elle respire, il faisait vraiment trop chaud.

« Tic »

Malgré ses efforts, elle ne pouvait pas ignorer ce son. L'ongle parfait de Malfoy, négligemment, courait sur la surface de ce bureau si vieux que l'arrière-grand-père de l'avocat aurait pu y regarder son père y travailler. Sur le bois compact, dur, noble, on pouvait entrapercevoir une marque, minuscule, une rayure. Parfaitement entretenu, pas un grain de poussière ne s'était engouffré dans ce défaut perdu dans les nœuds lisses et travaillés de cet ancien chêne.

Mais, quand Malfoy passait, de façon aérienne, le bout de ses doigts sur cette surface presque royale, son ongle s'y accrochait et créait un minuscule bruit qui retentissait avec la précision d'un métronome.

« Tic »

Inquiète, elle ne pouvait que suivre des yeux ses doigts fins et vifs, pour fuir ses yeux, et constater avec horreur que son cœur suivait ce rythme entêtant. Son cœur arrêterait-il de battre si l'héritier suspendait son geste? L'aura de puissance et de malice qui sortait de tous les pores de la peau du démon semblait vouloir rivaliser avec les flammes du foyer. Elle pouvait même l'imaginer monter dans les airs comme une colonne de vent violent et se disperser sur le plafond pour engluer l'atmosphère et l'étouffer lentement.
Bon sang, il fallait vraiment qu'elle respire...

« Tic »

Elle avait même peur de tousser, comme si ça sonnait le glas du combat.
C'était si stupide de s'être proposé pour être le représentant de la police lors de l'examen médical du mari de Malfoy. Même si c'était elle qui avait exigé cette clause lors de leur débat oral, elle se trouvait tout à coup incroyablement stupide. Stupide, stupide, stupide... C'est le seul mot qui tournait dans sa tête pendant qu'elle se concentrait pour ne pas regarder ses doigts. Elle regardait ses chaussures, un peu trop vieilles, un peu trop paysannes.
Elle aurait dû mieux s'habiller pour venir ici.
Ils attendaient le médecin qui venait ausculter le nouveau marié. Des milliards de questions tourbillonnaient dans sa tête, elle se demandait encore si ses soupçons étaient vrais. Dans ce cas, elle ne comprenait pas comment, ou pourquoi, Malfoy avait épousé Harry.

« Tic »

Il la regardait. Elle se sentait si mal dans sa peau qu'il faillit sourire. Faillit.
Régulier comme une horloge suisse, il laissa trainer ses doigts sur la surface rigide du bois. Ce qu'elle ne pouvait pas savoir c'est que ce bureau était resté vierge de toute imperfection jusqu'au jour où il avait couché avec Harry dessus. Ses ancêtres devaient s'être retournés dans leur tombe, ou bien ils ont explosé, il n'était pas aller vérifier. Après tout, c'est sur ce bois que des déclarations de guerre avaient été signées. Depuis, juré, ils n'ont plus joué avec des couteaux.

Quelqu'un cogna doucement à la porte, faisant sursauter Mme Granger (pardon, Weasley). Le médicomage était là. Il se leva prestement et il vit les yeux de son invité papillonner vers son habillement et son visage. Il savait ce qu'elle pensait.
Gauche, elle le suivit quand il sortit de la pièce.

Déjà, le médicomage était dans la chambre d'Harry (plutôt rarement utilisé, en fait. Mais il ne se voyait pas la faire entrer dans sa chambre à lui).

Son chat était sagement couché sur le côté.

Dès qu'elle le vit, elle ne put retenir un halètement de consternation devant son accoutrement. Couché sur le côté, les yeux bandés (!) et les mains devant lui perdues dans les couvertures, il était nu jusqu'à la taille et le reste de son corps était recouvert par les draps. Immobile, il semblait dormir. Ce qui la dérangea le plus, c'était de ne pas voir son front, le bandeau était trop large et les cheveux en bataille lui tombaient presque sur les yeux.
Mais, immanquablement, elle le reconnut. Elle avait vécu si longtemps avec lui qu'elle ne pouvait pas en douter, son âme elle-même pleurait de joie et de regret. Comment?

Comment pouvait-il avoir été ici si pendant tout ce temps? Comment n'avaient-ils pas pu voir les signes? Y en avait-il eu?

Le médicomage, mystérieusement masqué, ne prêtait pas attention à eux. Tranquillement, il promenait sa baguette au-dessus de la silhouette immobile perdue dans ce trop grand lit qui paraissait froid. Les indications sur l'état de santé apparaissaient en minuscule chiffre suspendu dans les ais et pour ce qu'elle en voyait, tout était normal. La décoration de la chambre était si... impersonnelle. Elle n'imaginait pas que quelqu'un puisse décemment vivre dans un lieu si mort.
Doucement, le médicomage sortit une longue aiguille d'un étui stérile et tourna son visage masqué vers eux. Cette aiguille semblait interminable.
Les doigts de Draco saisirent brusquement le bras d'Hermione qui faillit gémir de douleur. Qu'est-ce qu'il lui prenait?
Hermione ne quitta pas des yeux l'aiguille et Draco fixait son visage.
Pourquoi le médicomage était-il si cérémonieux? Pourquoi donner tant d'importance à une simple piqure, même si la technique était moldue?

Sans la quitter des yeux, le médicomage pressa doucement deux doigts écartés et gantés sur le bras d'Harry qui remua. Massant quelque peu la peau, le regard invisible de l'homme (ou de la femme) la brûla avant que la tête se baisse et que l'aiguille pénètre le bras. Soudainement crispé, Harry, défensivement, rapprocha ses mains de lui, ce qui découvrit les menottes qui lui enserraient les poignets.
Électrisée, Hermione voulut sauter sur le lit pour le détacher, mais la poigne de l'avocat était trop douloureuse pour qu'elle se débatte longtemps. Incommodé, le nouveau marié haleta et quelques étincelles de magie rouge et dorées s'échappèrent des pores de sa peau et glissèrent sur la main gantée du tortionnaire qui trembla un peu.

Doucement, Draco respira bruyamment, comme un soupir pour se relaxer. En l'entendant, Harry se calma et la magie disparut.

Les larmes aux yeux (Draco la tenait si fort), elle regarda le sang monter lentement dans le tube de verre.
Brusquement, elle se sentit transplaner trois ou quatre fois avant d'entrapercevoir le hall d'entrée. Encore un saut et elle se retrouva dehors. La main de fer qui la tenait la lâcha et elle se retourna brusquement dans la direction ou elle supposait voir le maître des lieux.

À deux centimètres de son nez se trouvait la fameuse barrière anti-magie du manoir. Si elle avançait, elle serait pulvérisée. Et à cinq centimètres, se trouvaient deux yeux gris métallique et cruels qui la fixaient méchamment, un peu flous à cause de la consistance élastique et épaisse de la protection qu'il pouvait franchir à sa guise.

« Vous aviez dit qu'il était cracmol... »

L'accusation fut dite d'un ton si bas, si furieuse, qu'elle douta une seconde de l'avoir dite.

« Il l'est. »

Des frissons lui secouèrent agressivement l'échine. Rien ne faisait plus peur que cet effroyable diable quand il parlait de son ton si... persiflant, reptilien, cruel.
Un instant, elle pensa à Snape, puis a Voldemort.

« J'ai vu les étincelles »

« Spéculation »

« Vérité »

« Sorts de protection que j'ai posés »

Elle avait presque de la difficulté à distinguer ce qu'il disait tant ils parlaient bas, mais le sens de ses phrases se gravait dans sa chaire.

« J'ai le droit de savoir le nom de son médicomage. Le masque était superflu. »

« Protection de la vie privée. Dans l'optique que cette histoire deviendra publique (et connaissant Weasley, elle le sera) le médicomage peut demander la confidentialité quand il est dans l'exercice de ses fonctions. »

« Les lois sur la vie privée ne sont pas aussi draconiennes »

« Moi oui. »

Elle ne pouvait rien répondre à ça. Pourquoi tant de mystère? Que cachait ce médicomage? Maintenant qu'elle connaissait l'identité de l'inconnu (elle le sentait dans toutes les fibres de son corps), elle devait tirer le maximum de cette rencontre pour avancer vers son but.

« Pourquoi cette prise de sang? »

La question avait fusé de ses lèvres sans même qu'elle y pense. Ça avait paru si important qu'elle ne pût pas oublier ce moment.

« C'est un examen médical. C'est de routine. »

« Ça avait l'air de plus que ça »

Draco avança d'un demi-pas, se rapprochant encore de la limite de la barrière magique. Leur nez pouvait presque se toucher, aussi près que la distance entre les deux ailes d'une mouche, mais aussi loin que le pied et la pointe de l'Himalaya. Si elle voulait le toucher, elle y perdrait au moins un doigt.

« Ça ressemble à ce que c'est. Une prise de sang. »

Il fit une pause pendant une seconde, braqua bien droit ses yeux dans les siens pour un impact maximum.

« Du sang, pour des analyses. »

Un instant confuse, elle cligna frénétiquement des yeux. Pendant un instant, elle avait été engloutie par son aura et elle avait cru y perdre une partie de son âme.
Quand elle reprit ses esprits, il transplana, créant un remous dans la barrière qui fluctua assez pour qu'elle soit forcée de reculer avant d'être gravement blessée.

Flash-back
Du bout des doigts, sans vouloir trop le toucher de peur de le brusquer, il essuya les quelques larmes qui coulaient sur sa joue. Embarrassé, Harry se braqua et s'éloigna de lui. Ils étaient dans sa chambre, dans le manoir miteux et pratiquement hanté des Black. La guerre était commencée, les tranchées étaient creusées, les ennemis avertis et les amis méfiants... Le monde avait semblé être scindé en deux, les familles étaient séparées et les vieux pactes semblaient mourir.
C'était un contexte un peu spécial pour ce qui était en train de se passer dans cette chambre lamentable et pleine de courant d'air.
Un peu gauches, ils tentèrent de communiquer sans succès. Les quelques mots qui sortaient de leur bouche ne voulaient strictement rien dire. Ils pataugeaient dans un marais étrange.
Harry avait pleuré toute la nuit à cause de la mort de Luna et Draco, incapable de l'entendre sangloter plus longtemps, avait voulu mettre un terme à cet océan de larme.
Ce n'était pas vraiment son petit ami. En réalité, c'était un peu flou, ils n'en avaient jamais parlé. Ils n'avaient jamais parlé.
Ce qui s'était passé la semaine dernière restait comme un fantôme dans leur esprit si plein de violence vue et vécue.
C'est ce fantôme qui avait fait en sorte que Draco passe cette porte, la ferme soigneusement derrière lui et tente de le consoler avec le succès qu'on connait. Et en même temps, c'était ce spectre qui les écartait l'un de l'autre avec gêne et qui, paradoxalement, empêchait Draco de s'en aller. Il aurait pu l'ignorer, mais ça avait été plus fort que lui, quelque part, il espérait que cette situation aille un impact sur sa vie. Il savait qu'il se passait quelque chose d'important, il ne saurait dire quoi, mais c'était important.
Il n'a jamais su comment il a réussi à l'apprivoiser, ni comment ils se sont retrouvés ainsi blottis dans les bras l'un de l'autre, mais il le fit la paix dans le cœur, en pensant à ce qui s'était passé il y a une semaine.

Fin du flash back

« Ça n'a aucun sens! Il ne peut pas avoir gardé Harry chez lui tout ce temps! Il se serait débattu, on l'aurait vu! Toutes les inspections de son domaine, toutes les recherches dans ses finances, tous les recensements de ses propriétés! Comment a-t-il pu nous cacher Harry si longtemps!»

« Oui, oui, c'est cela, inconcevable... »

« Chef, je vous jure que si jamais je réussis à trouver la moindre preuve d'enfermement, le plus subtil indice de rébellion ou de peur sur son visage, je jure que je le ferai sortir de là! »

« Auror Weasley j'espère que vous avez parfaitement conscience que vous n'avez même pas l'ombre d'une idée de preuve matérielle pour étayer votre version des faits. Vous ne l'avez même pas vu directement, il n'a pas semblé être attaché ou obstrué dans ses mouvements, vous m'avez même parlé d'une fuite. »

« Il a dit que son mari (bon sang, j'ai vraiment de la difficulté à l'admettre) était cracmol et moi je vous affirme que je l'ai vu faire de la magie. »

« C'est délicat, mais je dois admettre que, malheureusement, les cracmols peuvent hypothétiquement faire des voyages répétitifs en portoloin si le déclencheur est manuel. Il pourrait peut-être vous avoir fui avec un portoloin qui se concentre sur le manoir.
En plus, je dois avouer que sa version se tient. Ses problèmes de santé l'empêchant de voir des gens sans angoisse extrême ont peut-être fait en sorte qu'il vous a fuit même s'il n'a rien à cacher... »

Ron passa avec lassitude sa main blême dans ses cheveux trop rouges. Son uniforme d'auror était fripé, comme s'il avait passé la nuit en enfer.

« Vous et moi, on sait que c'est faux... »

« J'aimerais vous aider... mais vous savez que j'ai les mains liées. J'espère pour vous qu'Hermione nous ramènera quelque chose... même si j'en doute. Malfoy est trop consciencieux. »

Sur cette phrase prophétique, elle traversa la porte, découragée et chargée de mauvaises nouvelles. Elle leur parla surtout du médicomage voilé et de la prise de sang, de ses menottes et des étincelles de magie.
Quelques heures plus tard, ils en parlaient encore.

Flash-back

Ça faisait deux jours que ça c'était produit et ils s'évitaient comme la peste. Personne ne comprit ce comportement pour ce qu'il était vraiment, croyant qu'ils étaient, tout simplement, puérils et incapables de passer au-dessus de leur différent passé. Ron et Hermione, revenu d'une très petite mission de reconnaissance, les avait trouvé distants et... dans leur état normal, en quelque sorte. La vie repris son cours, Ron disait des pitreries, Hermione le corrigeait et Harry riait. Ils n'entendirent pas non plus que son rire se faisait plus mécanique, un peu anticipé. Il riait pour ne pas les inquiéter avec ses préoccupations.
Ce qu'ils ne virent pas non plus, c'était la gêne paralysante qui empêchait les deux jeunes hommes d'être dans la même pièce, même s'ils ne s'éloignaient pas vraiment l'un de l'autre. Toujours aussi froid en apparence, l'air de rien, Draco suivait Harry partout. Et Harry lui laissait savoir quand il partait et ou il allait, en parlant à quelqu'un d'autre (ou en laissant les portes ouvertes, subtilement, comme par accident). Le moindre regard était fuit, un mot entre eux et c'était la paralysie totale.
Personne ne comprit qu'il c'était passé quelque chose de très important il y a deux jours, et personne ne sut non plus qu'ils se rapprocheront dans cinq jours.
Cette histoire est resté un secret.
Et encore aujourd'hui, personne sauf eux sait ce qu'il s'est passé il y a deux jours, la journée de l'arrivée de Draco au QG de l'Ordre du Phénix.

Fin du flash-back

Pendant ce temps, au manoir, Draco détachait très délicatement son mari pour ensuite l'embrasser et lui dire au revoir avant d'aller travailler. En le serrant fort dans ses bras, Draco ne pu s'en empêcher, il l'embrassa de toutes ses forces. Une main plongée profondément dans ses cheveux, serrant assez fort pour bien sentir leur douceur, mais trop peu pour lui faire mal, Draco était rongé par la peur de le perdre.
Pour l'instant, il savait qu'il tenait les autorités à une distance relativement raisonnable de son amoureux, mais il avait parfaitement conscience du fait que Weasley et Granger, après l'avoir vu, ne lâcheront pas l'affaire, et ne le feraient même pas si Merlin le leur demandait.
Que faire? Il savait quoi faire. Il en avait une conscience aiguë, comme la douleur qui lui transperçait le cœur. Aurait-il le courage de faire ce qu'il devait?
Déjà, quand il l'avait attaché et aveuglé ce matin, il avait eu l'impression de le vendre au diable. Il revoyait encore le regard de cette garce qui glissait sur la peau découverte de son trésor, il la sentait encore se débattre pour le toucher. Il savait que cette provocation était nécessaire, il avait conscience qu'il avait fait la bonne chose. Il avait cru mourir en voyant cette aiguille s'approcher d'Harry, (bon sang, il aurait pu tuer quelqu'un à mains nues), mais encore une fois, il n'avait pu que resserrer sa prise sur cette briseuse de ménage et attendre que ça passe.
Mais il avait peur, si peur. Qu'est-ce qu'il ferait sans Harry? Il avait l'impression que si on le lui enlevait, ce serait comme ouvrir sa cage thoracique à coup de couteau pour ensuite casser ses cotes à mains nues pour aller chercher son cœur et le lui arracher. Déjà, à l'idée de partir travailler aujourd'hui en le laissant ici, pas autant en sécurité qu'il le voudrait (maintenant que les aurors savaient comment entrer) il avait déjà l'impression que le vent s'engouffrait dans la plaie béante de son torse éventré. Sans lui...Probablement qu'il errerait dans le monde comme une âme en peine, à moitié morte, sans aucun but dans la vie, sans perspective. Sa vie avant lui, c'était un néant de décadence, vide de sens, guidé par un père dangereux, mais Harry... Harry avait fait de lui ce qu'il était. Ils se serrèrent si fort qu'ils en gardèrent la marque longtemps. Puisant tout le réconfort qu'il pouvait avant de partir, il l'embrassa plus tendrement. Après s'être encore quelques fois effleuré les lèvres, il le lâcha avec regret et partit non sans regarder en arrière. Il lui manquait déjà et la peur, tenace, s'accrochait.

Quelques minutes plus tard, perché dans sa salle de jeu, Harry était énervé. Il savait parfaitement qu'Hermione l'avait vu, qu'elle était venue dans sa chambre et qu'elle l'avait jugé.
Ça faisait si longtemps... jamais il n'aurait pensé la revoir un jour et ça lui convenait parfaitement. Il en avait mare que les gens le cherchent, le soutiennent, lui disent des mensonges, le manipulent tout le temps! Ne pouvait-il pas tout simplement rester ici, et être heureux pour une fois? Il s'en foutait de toutes les règles de bienséance de la société, de ce qui était considéré par les gens comme « sains ». Il leur en foutrait, à eux, des « sains ». Parce que c'était sain de faire la guerre, de tuer des gens, de faire de la propagande et de mentir à tout le monde?

Ce qu'il savait, lui, c'est qu'il est heureux.

Agacé, il balança ses jouets en bas dans le seul but satisfaisant de les voir s'écraser et faire des bruits horribles. Il savait que le sort anti-chute ne concernait pas les objets et, régulièrement, il s'amusait à balancer des trucs munis de parachutes improvisés.
Mais aujourd'hui, il avait des envies de destruction.
Il voulait la PAIX! Ce n'est pas compliqué! LA PAIX!

De dépit, il se roula en boule dans son nid tout en haut de la salle et versa quelques larmes en priant que son bonheur ne finisse pas à cause de la bonne volonté des gens qui ne comprennent rien à ce qu'il veut... Il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait son bien sur cette terre et il était dévoué à cent pour cent à son bonheur. Ça suffisait bien, non? C'était le seul qui ait jamais compris ce qui se passait dans sa tête, dans son coeur. Il l'aimait à en perdre la raison.
Il voulait se droguer à Draco.
Se soûler à Draco.
Se piquer à Draco tous les jours, tous les soirs, toutes les nuits.
Parfois, il était si intoxiqué que le monde tournait, que les moments s'éternisaient à l'infini. Chaque fois, son seul port d'attache avec la réalité était cette main qui venait toujours prendre la sienne, ses lèvres qui s'égaraient toujours derrière son oreille, cette voix envoûtante (parfois rauque, parfois douce) qui lui murmurait des chansons ou des vers ou encore ce corps brûlant qui le tenait si bien contre lui. Sa peau s'enflamma juste en pensant à son sexe qui entre en lui, si gros... c'était des moments si... doux...
Ça l'exorcisait de toutes ses angoisses, c'était du plaisir directement injecté dans ses veines et qui lui remontait au cerveau. Il entendait déjà sa voix rauque gémir près de son oreille, ses mains s'accrocher à lui comme à un fart avant de défaillir d'extase.
Oh, il avait tellement envie de se droguer à Draco.

Il se tortilla. Ça y est, il avait de nouveau envie de lui. Résolu à l'attendre jusqu'à ce soir, les pupilles dilatées, le souffle court, il tenta de penser à autre chose. Mais Draco était tellement au coeur de toute sa vie qu'il finit par s'endormir en pensant à l'élégance de sa mâchoire carrée et virile, à ses mains fines, son ventre plat et la beauté de son regard.

Flash-back

C'était deux jours plus tôt. Ils s'embrassaient à pleine bouche, furieusement. Ça avait un goût d'amygdale, de salive et d'attente. Les ongles étaient agrippés fermement aux vêtements malmenés, menant les coutures martyrisées au point de rupture. Et tout ce qu'ils pouvaient penser c'était : Plus. Ils en voulaient plus, beaucoup plus. Ça faisait des mois qu'ils ne s'étaient pas vus. La guerre venait juste de commencé, peut-être trois mois, pas plus. Depuis la fin de l'école, ils n'avaient pas pu s'empêcher de penser l'un à l'autre.
Bon sang, ils ne sortaient même pas ensemble, ils n'avaient jamais couché ensemble. Draco avait rapidement été découvert en tant qu'espion dans les rangs de Voldemort car Rogue l'avait dénoncé pour monter en grade, c'était stratégiquement plus viable. Sans protester, il avait accepté de sortir de ce repaire de meurtrier pour rejoindre officiellement la lumière. Pour rejoindre celui pour qui, sans comprendre pourquoi, il avait fait ce choix.
En entrant au numéro 12, tard la nuit, avec ses valises, la maison vide l'avait surpris.
Jusqu'à ce qu'Harry descende la baguette en main, il ne comprenait pas ce qui se passait.
Et il ne comprend toujours pas. En le voyant, il avait lâché ses valises au sol, et Harry avait fait de même pour sa baguette. La seconde suivante, ils s'agrippaient de toutes leurs forces, se frottaient l'un contre l'autre et perdaient la tête. Il ne pouvait pas dire que sa chaleur lui avait manqué, il ne l'avait jamais connu. Ils ne s'étaient jamais embrassés comme ça non plus. Ils n'avaient jamais embrassé un homme avant... sauf... la fois ou...
Draco n'avait aucune idée de ce qu'il faisait, ses doigts détachaient la ceinture d'Harry et l'élu lui arrachaient ses boutons de manteau. Le bruit métallique de la boucle de ceinture qui tombait sur le sol l'enflamma.
Il n'avait jamais fait ça avec un homme, Harry non plus. Bien entendu, il n'était pas ignare, il connaissait suffisamment d'homosexuels pour savoir comment procéder, mais ce n'était pas les étapes à suivre qui le préoccupaient, sa tête était pleine de cris retenus, de gémissement, de tremblement et d'envie. Il voulait l'entendre gémir.
C'était devenu presque violent. Ils avaient renversé la table qui était contre le mur pour prendre sa place. Ils n'avaient pas prit la peine de se déshabiller au complet. Harry avait les deux bras appuyés sur le mur, les jambes écartées, le pantalon au niveau des genoux, le corps coincé entre le mur et son nouvel amant et la seule chose qu'il voulait c'était qu'il y aille encore plus fort. Bon sang, il était vierge, il aurait dû avoir mal ou quelque chose du genre. Il aurait du réfléchir avant d'agir, il devrait prendre conscience de ce qu'il était en train de faire.
Mais en voyant Draco sur le pas de la porte, son cerveau s'était complètement déconnecté. Il avait oublié d'un coup tous ses mois à rager parce qu'il ne l'avait pas suivi, parce qu'il était en danger, parce que lui, il s'inquiétait pour quelqu'un avec qui il n'avait partagé qu'un moment embarrassant... cette fois ou... juste avant la fin de Poudlard...
En découvrant qu'il était espion, en le voyant si seul dans le hall, rien n'aurait pu l'empêcher de l'embrasser.
La tête tournée vers lui, la joue pressée contre le mur, il l'embrassait à en perdre haleine. C'était si fort, si puissant. Pour la première fois, il oublia tous ses problèmes, toutes ses préoccupations et toutes ses obligations pour simplement hurler contre ce mur sale, dans les bras brûlants, démentiels, de son pire ennemi. Draco savait parfaitement avec qui il couchait présentement, qui il faisait crier. Il ne se perdait pas dans un corps anonyme. Les connections de son cerveau avait simplement oublier de déduire qu'il était sensé le détester.
Ils ne savaient pas que leurs ongles seraient en sang le lendemain, à force de griffer les murs, et que la honte les rongerait pendant une semaine entière. Ils ne savaient pas qu'ils avaient failli se faire interrompre par Tonk qui avait finalement rebroussé chemin parce qu'elle avait oublié quelque chose. Ils ne savaient pas qu'après ce moment intense, dans une semaine, ils recommenceraient à coucher ensemble, lentement, tendrement.
À cette étape de leur histoire, ils ne savaient pas grand-chose.

Fin du flash-back

Hermione analysa calmement la situation.

Ils étaient dans la merde.

« Mesdames et Messieurs les Jurés, aujourd'hui nous essayons de déterminer si, oui ou non, le harcèlement psychologique que subit M. Malfoy a causé des torts graves et incriminant.
Bien entendu, le personnel de la police magique était parfaitement en droit de pénétrer dans le domaine privé de Son Honneur Malfoy, mais la question est, je le répète : était-ce justifié? »

Bon sang, même le procureur semblait parti pris et le jury mangeait déjà dans la main de l'avocat blond.
Malfoy s'approcha lentement du jury, les observa, et commença son plaidoyer.

« Il y a quelques semaines, le personnel de la police est venu chez moi pendant mon absence pour fouiller (en toute légalité, n'est-ce pas une honte?) ma demeure.
Je me dois de vous faire la même déclaration que j'ai faite aux aurors: chez moi se trouve quelqu'un de très fragile psychologiquement...
et c'est mon bien-aimé mari... »

Une vieille dame hoqueta dans le jury, les journalistes levèrent la tête avec intérêts et prirent des notes.

« Malheureusement, comme je vous l'ai dit, il est très fragile. Il ne supporte pas la vue d'inconnu et (oui, Madame, il y a un et!) lors de cette perquisition faite à l'improviste et sans ma supervision, un des aurors a vu mon époux (oui, c'est très grave, des mois pour se remettre) et l'a poursuivi dans toute ma demeure! Imaginez l'état dans lequel je l'ai retrouvé! Pouvez-vous simplement l'imaginer? C'était abominable! »

Touché, le jury murmure et Hermione se tenait la tête entre les mains. C'était désespéré...

« Bien entendu » rajouta-t-il, affable « J'ai une déclaration du médicomage, une dérogation officielle et tous les papiers sont en ordre.
Et! (oui madame, il y a encore un Et!)
En plus de se moquer de la santé de ma famille, ils tentent de prouver quelque chose de complètement inconcevable... »

Toute la salle était pendue à ses lèvres, les plumes étaient en suspension, les gestes figés et même le procureur (ainsi que le juge) semblaient fascinés.
Le doigt levé, comme un maître d'école indigné, il prononçait lentement chaque mot pour le meilleur impact possible. Quand il ouvrit lentement la bouche, toute la salle se pencha en avant.

« Le service des aurors tente de prouver que mon pauvre mari traumatisé serait en fait... »

Le silence était tellement lourd qu'il en était étourdissant, Hermione allait s'évanouir.

« Qu'il serait en fait... Harry Potter. »

La salle sembla exploser d'exclamation consternée. On criait à la folie, au blasphème, à la diffamation. Draco, seul sur le plancher pour plaidoyer, laissant le procureur discuter vivement avec le juge, observait calmement la salle. Analysant la réaction de chaque personne de l'assemblé, les regards ahuris des jurées, il calcule son prochain coup.
Son regard se pose sur le banc des accusés. Le chef des aurors, Weasley, sa femme et quelques autres représentants des forces policières sont restés assis. Il évaluait lentement ses chances d'obtenir ce qu'il veut. Ce n'était pas le procureur qui allait l'aider, il semblait sur une autre planète . Exaspéré, le chef des aurors se lèva. Pendant un instant, Draco cultiva un certain espoir.

La salle se taisait lentement. Le chef, Kingsley, avait presque autant de prestance que lui, même s'il n'avait pas la langue acérée.

« Ce sont des raisonnements logiques et tangibles qui nous ont poussés à nous poser cette question.
Personne ne sait ou se trouve Potter, ni s'il est vivant. L'auror Weasley que voilà, et qui a exécuté la perquisition légale de votre demeure m'affirme qu'il a vu un type de magie qui lui a fait penser à une caractéristique spécifique au Sauveur. Nous sommes alors en droit de nous poser des questions. »

Jugeant son adversaire, et constatant que la salle s'était malheureusement calmée, il décida de reprendre le contrôle. Il devait arriver à but extrêmement précis, il devait y arriver sinon tout serait perdu.

« Le type de magie spécifique que Weasley a cru observé est un sort inventé par Severus Snape qui sert à masquer la nature d'un sort, grâce à une potion. J'ai cru comprendre que, lors de la guerre, il avait testé sa potion sur le survivant, ce qui l'avait (entre autres) mené à la victoire. Avec le peu de contact que j'ai eu avec le survivant, je ne pourrais en jurer. À la mort de mon vénérable parrain, mort en héros, j'ai hérité de toutes ses recettes et notes. Naturellement, dans un but de protection, tous les sorts provenant du portoloin personnel et multidirectionnel de mon mari sont masqués par ce procédé.
Bien entendu, comme je l'ai dit aux aurors, mon mari est cracmol et le transplanage était une activité de son portoloin.
Je ne nie pas non plus qu'il y aille des sorts de protection sur ledit portoloin...qui aurait pu, hypothétiquement, causé le même type de brûlure que causait la magie de Potter. »

Les journalistes prenaient furieusement des notes. Hermione envoya au diable les médias ainsi sa réputation et se leva.

« Nous avons également constaté que de nombreuses choses nous sont cachées, comme le nom de votre mari, son origine et le nom de son médicomage traitant, qui, je souhaite le préciser, était masqué lors du rendez-vous médical que nous avons eu la permission d'observer! »

« Tout ceci, bien entendu, dans le respect de ma vie privée. »

« Ce qui peut éveiller des soupçons, vous en conviendrez! »

« Je n'en conviens certainement pas. »

« Vous avez torturé mon mari! »

« Mais bien sûr que non. »

« Il l'affirme! »

Ron se leva.

« Je l'affirme! »

Kingsley, impressionné par la bêtise de ses subordonnées, se rassit lentement et attendit que ça passe. La tempête médiatique n'avait pas fini d'en parler, de celle-là. Il avait l'intuition qu'on lui en parlerait jusqu'à sa retraite.

Soupirant, croisant des mains, Draco les sermonna doucement.

« On en a déjà parlé, vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez. »

« Et vous n'avez pas de preuve que votre mari n'EST PAS Harry Potter! »

« Je n'ai pas à prouver ce qu'il n'est pas. La liste serait bien trop longue : il n'est pas français, il n'est pas russe, il n'est pas néerlandais, il n'est pas américain, il n'est pas... »

« Arrêtez! »

«... Une femme, il n'est pas blond, il n'est pas attardé, il n'est pas unijambiste, il n'est pas... »

« Malfoy, vous êtes ridicule! »

« Ce n'est pas moi qui suis ridicule en ce moment. »

Hermione réfléchissait à toute allure. Elle sentait qu'elle savait la réponse, elle savait quoi faire, mais elle n'arrivait pas à se souvenir... Draco la regardait avec un tel regard, comme si, subtilement, il attendait quelque chose d'elle.
Elle cherchait, elle savait qu'elle s'était fatalement engluée dans le jeu de Malfoy qui l'avait fait passer pour une folle. Elle avait perdu son sang-froid.
Ron était dans le même état: consterné. Il n'avait aucune piste de preuve! Il ne pouvait même pas forcer Malfoy à donner des informations, il ne pourrait plus jamais avoir de mandat de toute sa vie! Cette histoire allait gâcher sa vie, il le sentait, mais il n'abandonnera pas.
Il faisait ça pour Harry!

« Vous n'avez aucune preuve... »

Malfoy les appâtait.

« Pas une piste de réponse. Bien entendu, ma bonne foi est immense et si je peux régler ce quiproquo rapidement, je le ferai dans la mesure du possible avec la santé de mon époux »

Les journalistes notèrent même le long silence. Le procureur ne servait strictement à rien, il observait la salle d'un œil vide et il observait Maître Malfoy en pensait aux montages suisses et au champagne.
Soudain, l'illumination!

"Le meilleur moyen de trancher, ce serait une prise de sang!"

Le discret sourire satisfait de Draco faisait bien trop peur pour qu'elle le regarde longtemps.

"Vous avez conscience que vous n'avez aucun élément de comparaison avec l'ADN et la signature énergétique de Potter, bien entendu. "

"Bien sur" Balbutina-t-elle.

"Mais, si cela peut vous aider à surmonter votre deuil, je consens à fournir une fiole de sang de mon mari au service des aurors pour y analyser la teneur en magie. Étant donné que mon mari est cracmol et qu'Harry Potter était un sorcier puissant, les résultats devraient vous prouver mes dires..."

La mâchoire de Waesley n'aurait pas pu tomber plus bas, mais rapidement, un griffondor comprend que les serpentards sont retors.

"Vous savez que nous exigerons que cette prise de sang soit faite à Sainte-Mangouste par un professionnel et sous surveillance policière..."

"Parfaitement."

"Que nous voudrons également que cette fiole soit testée par des professionnels de Sainte-Mangouste..."

"Oui, je sais..."

"Et que les résultats seront probablement publiques..."

"Mais je n'ai rien à cacher sur le fait que mon mari soit cracmol, je l'ai déclaré ici-même."

Les jurés, retranchés aux rangs de spectateur, observait le duel visuel.
Finalement, Kingsley, conscient que l'offre ne se fera pas deux fois, se lèva et serra la main de Draco pour sceller l'accord.

"Alors, nous sommes d'accord." Dit-il prudemment" À Sainte-Mangouste, par des professionnels avec une surveillance policière. Un test de magie..."

"Parfaitement."

Signant ainsi un contrat magique déclaré valable par le juge lui-même, la poignée de main s'entoura d'un halo bleu et le signe officiel du tribunal apparu en rayon de la même couleur avant de se disperser.

Presser d'en finir, Kingsley continua sur sa lancée.

"Et nous ferons ça quand?"

Sérieux comme un pape, Draco fit semblant de réfléchir quelques secondes, mesurant son effet...

"Ça dépend de vos préparatifs militaires, ça pourrait prendre quelques jours..."

Le temps (et le cœur de tous les aurors présents) se suspendit quelques secondes avant de brusquement s'accélérer. Les plumes repartirent à toute vitesse.

"Les... préparatifs militaires?"

Haussant les sourcils, toujours aussi sérieux, presque grave, il leur fit comprendre l'ampleur de la situation dans laquelle ils venaient tous de s'embarquer.

"Étant donné que mon mari est complètement incapable de supporter des contacts humains autre que les miens et qu'il doit déjà absolument rencontrer un médicomage, l'impact d'un tel évènement serait catastrophique. Pour minimiser les dommages au maximum, la seule solution serait de vider complètement Sainte-Mangouste."

"Vider...Sainte-Mangouste?"

"Bien entendu. Je ne peux pas lui bander les yeux dans un lieu inconnu de peur qu'il ne fasse une crise d'angoisse. Il faut donc qu'il voit son environnement mais sans croiser personne à partir de la porte d'entrée (ou nous allons transplaner) jusqu'au bureau du médicomage qui le rencontrera pour la prise de sang. Bien entendu, ce ne sera qu'un test de magie, qui, je croit, se fait d'un sort. Immédiatement après, nous détruirons l'échantillon pour préserver ma vie privée et celle de mon époux. Nous venons bien de signer un contrat stipulant que la prise de sang se fera à Sainte-Mangouste, non? Assumez. "

"Vider... Sainte-Mangouste!"

La logistique d'un tel évènement serait du jamais vu, inconcevable. Kingsley, ahuris, calculait le coût d'une telle opération, le danger pour les malades graves, le transport des malades mentales. Et vers ou?

"Aucun auror, aucun médicomage, aucun patient, aucun urgentiste, aucun recherchiste, aucun analyste. Je n'ai, bien entendu, pas oublié la surveillance aurorale voulu, mais des détecteurs infrarouges suffiront. Des détecteurs magiques pourraient l'affoler. Vous verrez mon mari se faire prendre du sang et tout le monde sera content. Ah, et je veux le médicomage le plus gradé. Le plus expérimenté. Et lui seul! Peu importe lequel, mais un gradé!
Je ne veux pas un seul son dans tout Sainte-Mangouste pendant la totalité de l'opération, pas un craquement, pas un soupir. Je me fout de ou vous allez mettre vos centaines de malade et d'employés. C'est peut-être un peu plus de mille personnes mais voyez-vous, ce n'est pas mon problème.
Si vous voulez son sang, vous devez vider Sainte-Mangouste.
Et avant une semaine, je n'ai pas que ça à faire!"

Flash-back
Dans la salle de réunion de Voldemort, Draco rêvassait. Ça faisait peut-être un mois ou deux qu'il était espion. Malgré une efficacité optimale, le risque de se faire prendre était énorme et Snape passait son temps à s'arracher les cheveux devant le peu d'attention de son filleul! Il le savait! Il devait se passer quelque chose de particulièrement important dans sa tête blonde pour être aussi distrait en pleine mission d'infiltration mortelle! Les informations qu'il ramenait était systématiquement trop exactes et trop fréquentes alors maintenant, Voldemort était absolument certain d'avoir une taupe dans ses rangs et ça le rendait complètement fou! Snape savait qu'il allait devoir sévir sévèrement, mais avant, il voulait savoir ce qui se passait dans sa foutue tête pour se mettre ainsi en danger!
Ça avait intérêt à ne pas être une fille sinon il allait le regretter amèrement! Il avait pris des risques incommensurables en le prenant sous son aile pour qu'il devienne espion, il n'avait pas le droit de le décevoir ainsi!
Ce que Snape ne pouvait pas savoir, fulminant sur son siège de réunion dans le château de Voldemort, au fin fond du monde, c'est que Draco rêvait à un certain moment, dans un endroit aussi glauque qu'ici, mais ou, pour la première fois, il a comprit qu'il passait à côté de quelque chose...
Quand il voyait toutes les émeraudes qui parsemaient le château, ce n'était certainement pas à Salazar qu'il pensait.

Fin du flash-back

En arrivant chez lui, Draco avait immédiatement retrouvé son chat dans sa chambre. Dès qu'il l'avait vu, Harry avait eu un frisson violent qui avait fait chanter son grelot. Les jeux étaient faits, Draco avait sauté sur le lit, l'avait attrapé à la gorge pour le plaquer sur le matelas et l'embrasser. Ultra réceptif, Harry gémissait lourdement à chaque effleurement, la langue de son maître jouant agressivement avec la sienne.

Ils avaient couchés ensemble dans le lit, maintenant en fouillis et plutôt souillé. Ils avaient étendu du sang, du sperme et de la sueur sur les murs (reste de la première fois) en s'y appuyant pour leur deuxième. Les marques d'ongle et encore du sperme sur la porte laissaient supposer une troisième. Après s'être effondré sur le sol non loin de la porte , épuisé, Harry avait enfoui sur visage contre le torse de Draco qui lui enserrait la tête de ses bras, peu soucieux du sperme sur les joues de son chat qu'il étendait encore plus. L'élu saignait de la lèvre inférieure et du cou, ou Draco avait mordu sur sa morsure trop peu cicatrisée de la dernière fois. Ses mains, encore menottées depuis qu'ils avaient commencé dans le lit, reposaient ensemble sur le ventre plat du dominant, flattant par intermittence l'épiderme si délicieusement soyeux.

Tendrement, l'avocat lécha son front sale pour enlever toutes les traces de liquide séminal. Distraitement, sans arrêter son œuvre, il se demanda si c'était le sien qui se serait retrouvé là quand son amant l'avait sucé et qu'il s'était étouffé à cause de la position, disons... peu courante, ou celui d'Harry qu'il lui aurait transféré d'un manière ou d'une autre. C'était tout à fait possible, il en avait lui-même un peu partout. Du bout des ongles, il effleura les griffures dans le dos de son amant avant d'observer attentivement si du sang avait taché ses doigts: ça avait arrêté de couler. Continuant son observation, il recueillit un peu de sperme qui coulait lentement le long des cuisses d'Harry pour jeter un regard sur la couleur. Rien de rouge, parfait, il ne l'avait pas blessé. Il le sentit cependant frissonner à ses effleurements et dirigea ses doigts vers l'entrée qu'il pénétra d'un doigt.

Encore soucieux, il le retira pour observa la couleur. Rien de grave, pensa-t-il pendant que son chat soupirait de volupté et remontait le long de son corps pour lécher son cou. Encore un autre doigt et Harry gémit contre son oreille. Maintenant qu'il était à portée, il nettoya comme il se doit sa joue et ses lèvres. Il suça sa lèvre en sang et descendit ensuite lécher son cou. Ronronnant, Harry se tourna sur le dos et Draco se redressa au-dessus de lui pour enlever les trainées de sang qu'il y avait laissé quelques minutes plus tôt. Il en profita pour, du bout du nez, secouer doucement le grelot qui avait largement chanté sa part aujourd'hui. Les petites pointes roses le fascinèrent un instant et il leva les mains menottées de Harry au-dessus de sa tête pour se ménager un espace de jeux. Délaissant son torse, il descendit entre ses jambes. Se souciant très peu du sperme sur les cuisses d'Harry qui s'étendait sur ses joues et dans son cou, il alla lui lécher l'anus sans prêter beaucoup plus d'attention à son propre goût sur sa langue. Il remplaça sa langue pas trois doigts qui eurent le mérite de le faire se cambrer violement.

Grognant, Draco s'assit sur le sol et attira son chat dans ses bras, dos contre lui. Son coeur manqua de lâcher quand il vint frotter sa joue contre la sienne et ses fesses contres son érection de plus en plus douloureuse. Ses mains glissèrent lentement sur la peau blême sur ses cotes et s'encrèrent sur ses hanches étroites et frissonnantes, quoique blessées depuis la fois contre la porte. Avec son genou, il lui fit s'écarter les jambes et le chevaucher. Comprenant son intention, Harry se laisse descendre sur le sexe volumineux et raide et haleta violemment. C'était... c'était presque trop bon. Ses yeux se fermèrent et il expira lourdement. Avaler sa salive devenait difficile, il se sentait trembler encore une fois de tout ses membres. Ses mains entravées remontèrent pour aller passer la chaîne derrière le cou de Draco et pour s'accrocher à sa nuque, se cambrant indécemment contre le corps brûlant derrière lui. Les mains sur ses hanches, lui mordant violement la nuque, Draco le guida dans un rythme brusque et fort.
Le soumis gémissait avec langueur. Il sentait avec un acuité affolante la taille, la lourdeur, la forme et la rigidité du sexe qui le fouillait avec rage. Ses dents sur sa nuque lui faisait penser qu'un prédateur l'avait à sa merci pendant que ses mains sur lui, attentionnées et brûlantes, le rendait fou. Les jambes ainsi très largement écartées, les mains liées, son coeur battait la chamade en pensant à l'image qu'il projetait en ce moment, et à l'excitation que ça devait causer chez Draco. Il le sentait gronder d'envie dans son cou, son souffle chaud lui caressant la naissance des cheveux par à-coups raides et envieux, entre ses dents bien serrées sur sa peau sensible. Ses ongles griffèrent ses hanches, laissant une autre marque parmi tant d'autres. Hoquetant, gémissant, frémissant, soupirant, Harry continua de monter et descendre à la force de ses cuisse qui tremblaient de plus en plus.

Soudainement, Draco se redressa et il se sentit tomber. Si le dominant n'avait pas tendu une main pour amortir leur chute, il se serait sans doute blessé. Reprenant le contrôle, le dominant donnait des coup violents et saccadés en lui en les déposant avec lenteur sur le sol. La main qui les soutenait vint de poser sur ses reins pour l'empêcher de bouger et il y mit tout son poids.

Il mordit de nouveau la nuque qu'il avait été forcé de lâcher dans le mouvement. Sa deuxième main vint prendre Harry par la gorge pour lui donner une meilleure prise sur sa nuque offerte.

Il avait une envie furieuse de l'entendre crier, hurler sous lui. Tous les sons que son chat poussait vibraient sur sa paume.
Les ongles de ses mains attachées crissant sur le sol dur, en sueur, immobilisé, Harry miaulait, feulait, suppliait, grondait, se tordait sous lui mais ne criant pas encore.
Écartant encore ses cuisses, il le pénétra si fort que cette fois, c'était sur, même avec tout le sperme qui le lubrifiait, il allait le faire saigner.
Le cri qui le récompensa le fit frémir. Si ça continuait comme ça, il allait avoir un orgasme dévastateur.
Continuant toujours plus fort, plus vite, les gémissements affolés d'Harry, ses cris de plaisir lui firent perdre la tête.
Il avait tellement chaud! Draco le prenait si fort qu'il ne pouvait s'empêcher de se débattre, de bouger pour essayer de se contenir mais rien à faire. Les pupilles dilatées, les yeux grands ouverts sur du vide, aveuglé par sa sueur et son plaisir, il se crispait chaque fois que son propre sexe, comprimé sous lui, se frottait sur le sol parce que ses hanches ne pouvait rester immobiles sous la force que déployait son amant. La grande main sur sa gorge et les dents sur sa nuque empêchaient toute forme de réflexion, la main sur ses reins l'écrasait tellement fort qu'il avait l'impression qu'il était encore plus serré autour de ce sexe définitivement immense qui le prenait. Tout ce qu'il entendait, c'était son coeur qui battait trop vite, la respiration haletante de Draco, ses grognements animaux, le bruit indécent et mouillé que faisait le membre de Draco en s'enfonçant en lui et ses propres cris frénétiques et rauques.

Car il criait, il criait car il n'en pouvait plus, il avait trop chaud, c'était trop fort, c'était trop bon. Il sentait le plaisir monter presque trop haut. Ses mouvements devenaient saccadés, il n'arrivait plus à se contenir, il criait, il criait. Incapable de garder les yeux ouverts, il les ferma de toutes ses forces, son corps se crispait en entier. Il n'en pouvait plus, chaque cris qu'il poussait faisait que son amant accélérait, même si ça paraissait physiquement impossible. Il allait... il allait...
Il ne pouvait pas bouger, il n'arrivait plus à en supporter autant, il criait, il criait...

Chaque cris se répercutaient directement dans la paume sur sa gorge, dans les oreilles de son amant qui grondait furieusement. Il voulait entendre des hurlements, il voulait qu'Harry en perde la voix pendant des jours, que chaque fois qu'il respire, la douleur dans sa gorge lui rappelle comment il a aimé se faire prendre comme une bête à même le sol, lui rappelle qu'il est à lui seulement, que c'était lui qui lui avait fait ça et qu'il avait adoré ça. La grande main sur la gorge se resserra, empêchant son amant de respirer correctement et ses ongles s'enfoncèrent dans la plaie sur son cou en même temps que les dents déchirèrent sa chaire pour le faire saigner.
Le hurlement étranglé que poussa Harry en rendant les armes, en éjaculant sur le sol, le fit frémir si fort que, les yeux fermés, le cœur affolé, l'orgasme qui le foudroya le fit le mordre si fort que du sang coula jusque sur le sol. Pris de faiblesse, il ne pu se maintenir au-dessus d'Harry plus longtemps et s'écroula sur lui. Il était même incapable de lever le moindre membre si ce n'était pas pour embrasser son amour.
Mais l'improbable se produisit. En se redressant laborieusement pour se pencher sur la bouche en sang de son chat (qui s'était remordu violemment), il vit quelque chose de fabuleux.
Entre les mèches humides de sa tignasse noir en sueur et collé sur son front, les pupilles dilatées (comme sous l'emprise d'une drogue forte) et le regard pervers et fiévreux de son chat était braqué sur lui pendant que, gémissant langoureusement, il léchait son propre sang sur le sol en se crispant sur le sexe encore en lui, le corps cambré et frémissant.
Il ne pensait pas que c'était encore possible mais il banda de nouveau.

Flash-back

Malgré tout, il était persuadé de faire une énorme connerie.
Assit dans le bureau de Dumbledore, il était en ce moment même en train de s'engager comme espion, le travail le plus pénible et dangereux de tous.
Et tout ça pour... Ce que c'était STUPIDE! Aberrant! Et le plus dangereux dans tout ça, c'était qu'il n'arrivait pas à le regretter alors même que le directeur lui donnait des instructions et des recommandations.
La seule chose qu'il avait demandé en échange, c'était qu'on ne l'interroge pas sur ses raisons.

Dire que ça avait choqué Snape et Dumbledore serait un euphémisme, mais il y tenait. Il ne voulait pas leur parler de cet étrange évènement qui s'était produit il y a deux semaines, à la fin de Poudlard.
Il n'en était pas question et il sentait que Snape tentait de percer les défenses mentales qu'il avait érigé avec rigueur.

Mais même pendant qu'il recevait ses instructions, qu'il luttait pour garder l'intégrité de son esprit et qu'il se traitait d'idiot, il arrivait quand même à penser à ce qui c'était passé il y a deux semaines dans la chambre des secrets.
Et ce qu'il s'était passé hier... dans un couloir vide.

Fin du flash-back

"Si je vous dis que cet homme est complètement indéplaçable! On vient tout juste de l'opérer au coeur et au cerveau!"

"Madame l'infirmière, vous savez qu'on a pas le choix, il ne peux pas rester ici..."

"Pas le choix, c'est relatif! Tout ça pour une prise de sang!"

Kinsley avait entendu cette conversation au moins cent fois aujourd'hui. C'était le lendemain du procès et, pour éviter que Malfoy trouve une nouvelle attrape pour les mener en bateau, ils se dépêchaient de vide Sainte-Mangouste. Dire que cette démarche était controversée serait minimisé une catastrophe sociale.

Imaginez vous que toutes les familles enragées (qui ont un des leur à l'hôpital magique) envoient constamment des hiboux au service des aurors pour les injurier et les menacer de milles procès... L'effet était catastrophique.

Cette partie du ministère avait été condamné à cause du danger que causait les beuglantes en éclatant. Une, le danger était gérable, mais à mille beuglante, c'était un peu plus complexe.

Énervé, il laissa ses aurors gérer l'infirmière récalcitrante avant d'aller prendre l'air.
Malfoy allait le rendre fou!
En plus de vider Sainte-Mangouste, il avait exigé un médicomage haut gradé! Quel médicomage au monde aurait envie d'être celui qui planterait une aiguille dans le bras du mari de Malfoy, de peur de représailles? La seule et unique personne qui avait acceptée était la directrice de Sainte-Mangouste et elle l'avait fait avec réticence et à la condition qu'elle puisse avoir son assistant comme secours.
Le faire accepter à Malfoy avait été la pire conversation qu'il aille eu de toute sa vie, ainsi plié en deux pour parler dans la cheminée. Car, bien entendu, Malfoy ne voulait parler qu'à lui!

En entendant un potionniste se faire sortir de force, en hurlant, parce qu'on l'éloignait de son sujet de recherche qu'il étudiait depuis 20 ans (au moment le plus critique), il se sentit soudainement si vieux.

Au même moment, dans l'hôpital, Ron avait pour mission de fixer et coller chaque objet qui pourrait tomber, rouler, craquer, siffler et émettre n'importe quel type de son pendant qu'Hermione insonorisait toutes les fenêtres qui pourrait s'ouvrir et faire entrer du vent (qui siffle!) dans Sainte-Mangouste. Malgré leur rancœur extrème, ils se sentaient si près du but.
Tous les détecteurs étaient posés, ainsi ils pourraient apercevoir la silhouette de chaleur des deux invités. Bien entendu, ils ne pourront pas apercevoir les traits ou les subtilités corporelles d'aucun des deux mais l'essentiel était là.
Draco Malfoy devait arriver à 7h le soir, accompagné de son mari, dans l'attrium.
Tout devait être parfait.

Il était 6h15, et le couple se préparait.

Flash-back

C'était la veille de l'engagement de Draco, deux semaine (moins un jours) après l'évènement dans la Chambre des secrets. Poudlard était fermé pour la guerre, c'était l'été, ils avaient réussi à finir leur années scolaire cette fois. L'autre était annulée jusqu'à ce que les temps se calment.
Draco était troublé, il pensait principalement à ce qui s'était produit dans la Chambre des secrets, mais aussi à son engagement dans cette guerre.

C'est sur que, avant la Chambre des secrets, il n'aurait pas douter une seconde de ce qu'il devait faire, mais la donne avant changé.

Il se maudissait de douter, à cette instant précis, de ce qu'il avait à faire.

Il marchait lentement dans les couloirs de l'école complètement vide. Seuls les guerriers de la lumière patrouillait ici mais en tant qu'élève, ils ne pouvaient pas vraiment le chasser.

Dans la salle des trophées, il s'arrêta devant une des vitrines et observa les prix que des élèves qu'il ne connaissait pas avaient mérité.

Un son à sa droite lui fit brusquement tourner la tête: oh mon dieu, il était là...

Harry se tenait à l'entrée de la salle, figé.

D'habitude, ils auraient dit quelque chose, ils se seraient insulté vertement avant de se sauter dessus et de se faire mal.
Mais ils avaient peur de se toucher. Depuis cette fois dans la salle des secrets, ils redoutaient de s'approcher l'un de l'autre et s'évitaient comme la peste. Cette rencontre fortuite dans cette salle était un hasard désagréable et gênant.
Ils n'arrivaient cependant pas à se quitter des yeux, c'était trop dur car malgré la distance qu'ils s'imposaient, ils pensaient constamment à ce qu'il s'était produit dans cette salle souterraine. En le voyant, il ne put s'empêcher de penser à ce qu'il avait ressentit, cette sensation de planer... Et il prit une décision pour son avenir.

Fin du flash-back

Draco habillait lentement Harry avec ses propres habits dont il avait adapté la taille et ses mains tremblaient. Harry avait tellement peur qu'il n'arrivait plus à respirer correctement: il n'avait jamais quitter le manoir les yeux ouverts depuis maintenant une éternité. Il n'avait pas envie de revoir ce lieu de malheur et de maladie, il n'avait pas envie de risquer de perdre son seul lieu de paix pour toujours. Il ne voulait pas s'approcher des aurors ni des journalistes, même s'ils ne les verront pas et il sentait que Draco était aussi nerveux que lui.
Les vêtements qu'il portait était guindés et recouvraient sa peau qui n'avait plus l'habitude d'être aussi caché. Draco lui peigna les cheveux avec douceur, avec un succès relatif, lui l'aida à marcher quelques pas.
Il n'avait pas marcher pour se déplacer depuis très longtemps, et il se sentait mal à l'aise, décalé. Il avait l'impression de se mentir, de retrouver un masque social qu'il avait pris plaisir à quitter en même temps que la vie publique. Ainsi coincé dans cette image, il redevenait Harry Potter et c'était la pire chose qui pourrait lui arriver.
Draco avait peur. C'était probablement un des pires moments de sa vie, il était terrifié. Si les aurors n'avaient pas suivi ses instructions à la lettre, s'ils jouaient les cowboys et qu'ils bravaient les règles en dépit de ce que pouvait leur faire subir Draco, s'en était fini de la santé mentale d'Harry et de leur tranquillité.
Il n'avait aucun doute que si quelqu'un reconnaissait Harry, on le lui prendrait et qu'Harry n'y survivrait probablement pas.
Il était 6h50. Lentement, ils allèrent à la zone de transplanage et à 6h pile, il disparurent du manoir.

Le centre de commande des aurors sembla explosé quand les deux silhouettes rouges apparurent sur les moniteurs magiques de surveillance. Les quelques rares journalistes admis dans le centre de commande prirent discrètement des notes en se ratatinant dans des coins pour éviter de bloquer la circulation frénétiques des aurors. Ron, Hermione et Kinsley étaient posté, immobile au milieu de la mêlée, devant un écran. Ils observait attentivement les moindres fait et gestes des silhouettes flous. Ils pouvaient déduire que la silhouette plus frêle qui était entre les bras de la personne plus grande était le mari de Malfoy. Ils le virent sortir de l'étreinte (qui semblait protectrice) de Malfoy, faire quelque pas hésitant.
Puis, faisant figer tout le centre de commande, la petite silhouette plaqua sa paume contre ses oreilles en se recroquevillant sur lui-même pour tomber sur le sol.

Draco se jeta sur Harry pour le redresser et la serrer contre lui. Ces cons d'auror, durant leur test de son, n'avait pas penser à couper le bruit des piétons en extérieur mais aussi le bruit que faisait le poste de commande!
Harry, paniqué par des sons inconnus et caractéristiques de l'activité humaine rapprochée, avait disjoncté et sa respiration était sifflante. Il s'agrippait de toutes ses forces à Draco, incapable de faire abstraction du fait qu'il était à Londres, à Sainte-Mangouste, entouré de tous les gens qu'ils détestaient.
Harry n'arrêtait pas de trembler et ses jambes se dérobaient sous lui. Draco ne pouvait pas le lâcher pour attraper sa baguette de peur qu'il tombe ou qu'il panique. Il ne savait pas quoi faire! Harry avait si peur! La panique l'envahit à son tour! Incapable de faire quoique se soit, il ne pu que prier pour de l'aide.

Hermione réfléchissait à tout allure! Qu'est-ce qu'ils avaient pu oublier? Quel était le bruit qui dérangeait autant cet homme fragile? Elle tentait de réfléchir mais le véritable tapage autour d'elle l'empêchait de se concentrer correctement. Soudain, elle comprit: ils avaient insonorisé tout Sainte-Mangouste en elle-même, mais pas de l'extérieur!
Elle bouscula Ron, Kinsley, la moitié des aurors présents et quelques journaliste en se jetant à l'extérieur de la grande tente blanche plantée à vingt mètres des portes d'entrée. L'autre moitié des aurors étaient paniqués par l'attitude d'Harry (et les journalistes étaient trop occupés à écrire qu'ils étaient mignons) pour prêter attention à elle.
Essoufflée, Hermione se dressa devant les portes, la baguette levée, et eu tout juste le temps de voir Draco, les cheveux en vrac et la regardant avec panique, Harry tremblant dans ses bras, avant qu'elle ne prononce les sorts qui obscurcirent et insonorisèrent les portes.

Harry se calma presque aussitôt. Sa respiration ralentit, se normalisa jusqu'à ce que Draco redresse son visage pour bien le voir. Les larmes dans ses yeux déchirèrent son cœur déjà abimé.
Il allait tué un par un tous les aurors du département de Londres autant de fois que le nombre de larme qu'il avait dans les yeux.

Respirant enfin, les aurors et les journalistes virent les deux époux se redresser et, sans se lâcher, se diriger malgré tout vers les ascenseurs. Hermione revint, toujours secouée, et la tente entière baissa les yeux sur son passage. Une telle erreur était catastrophique, surtout maintenant que tout le monde se rendait compte que ce que disait l'avocat était véridique.
Sans rien ajouter, Hermione retourna auprès de Ron et de Kinsley. Elle n'avait pas pu croiser le regard d'Harry mais celui de Draco avait été si parlant que, pendant un instant, elle douta de la froideur légendaire des Malfoy et elle se demanda, si, par hasard, Harry n'était pas là de son plein gré. Est-ce qu'ils s'aimaient vraiment ou est-ce encore une mise en scène?

Il fallait qu'ils se dépêchent. Draco ne voulait pas risquer de croiser un autre problème avant d'avoir fini cette sale histoire. Ils étaient à une prise de sang d'avoir la paix, même si Harry ne comprenait pas comment Draco allait falsifier la prise de sang malgré les aurors qui regardent. L'ascenseur le paniqua un peu mais ce n'était pas aussi horrible que d'entendre des gens. Marcher ainsi le dérangeait, il aurait trouver plus simple de transplaner mais dans Sainte-Mangouste, ce n'était pas possible. Chaque chambre vide lui rappelait les morts et les blessés qu'il était aller voir pendant la guerre. Chaque toile dans le couloirs, chaque seringues ramenait un souvenir amère.
Sentant son mari de plus en plus fragile et inquiété, Draco accéléra le pas pour arriver au bureau du huitième étage. La médicomage et son assistant les attendait et il ne pu s'empêcher de sourire ironiquement, et il se permit de garder son sourire car les aurors ne pouvait pas le voir.
Il les avait eu en beauté...
En pénétrant le bureau, Harry gémit de crainte. Une femme blonde, les cheveux courts et au carré les attendait avec un air sévère mais doux. Il ne la connaissait pas, il ne voulait pas la voir, ou pire, lui parler. S'il lui arrivait de dire un ou deux mots à Draco de temps en temps, quand c'était important, il refusait catégoriquement que quelqu'un d'autre lui adresse la parole, le force à répondre. À côté d'elle se trouvait un homme à l'air revêche et rebelle qui le toisa rapidement avant de s'approcher de lui.

Tous les occupants de la tente crièrent au scandale ou retinrent leur souffle. La plus petite des silhouettes faisait des geste frénétiques pour se dégager de l'étreinte de son mari qui l'empêchait de s'enfuir. En même temps de s'agripper à lui, il tentait de partir et de fuir cet homme inconnu qui s'approchait de lui. Ils virent la seule silhouette féminine sortir une aiguille d'un étui sur son bureau, en leur tournant le dos, pour ensuite s'approcher du plus petit des homme qui se débattait. Soudain, Malfoy semblait avoir laisser échapper son époux (ou l'avoir lâché sans faire exprès?) et l'homme inconnu, surement l'assistant, attraper vivement la petite silhouette qui tremblait, le retourner violemment dans ses bras pour le mettre face à la femme à l'aiguille, présentant son bras. La tension dans la tente était palpable.

Harry pleurait. Cet homme inconnu l'avait touché! Il l'avait attrapé quand Draco avait volontairement (?) desserré son étreinte, il l'avait empoigné pour le plaquer sur lui avant de le retourner. Son dos était maintenant contre son torse et la main ferme de l'assistant enserra son poignet pour présenter son bras à la femme avec la seringue.
"Je suis vraiment désolé"
C'est seulement à ce moment là qu'il comprit ce qui clochait.
Draco ne l'aurait jamais laissé dans les bras de quelqu'un ainsi et l'homme derrière lui qui le tenait si fort lui murmurait des excuses au fond de l'oreille, subtilement, pour ne pas que les aurors le voit.
"on ne te ferai pas de mal, laisses-toi faire"
Harry arrêta de se débattre en voyant que la main qui tenait son poignet avait un doigt en moins. Il connaissait cet homme, il ne l'avait tout simplement jamais vu. Il avait parfois dormit avec lui, ils se rencontraient à peu près tous les mois...
Étonné, Harry leva le regard vers la femme.
"C'est bientôt fini..."
Il ne pouvait pas être certain que c'était elle, il n'avait pas déterminé de marqueur physique clair pour la reconnaître, ils ne s'étaient jamais vraiment touchés. Elle lui avait parfois flatté les cheveux, sans plus. Elle le regarda dans les yeux puis lui dit:
"Tu vas voir, on va arranger ça."
Il reconnut immédiatement sa voix. Draco lui lança un regard d'encouragement et s'éloigna avec réticence. Pourquoi? Voulait-il laisser les aurors bien observer la scène? S'ils étaient tous un par-dessus les autres, les aurors ne verraient qu'une masse rouge et réclamerait peut-être une autre prise...

En le voyant arrêter de se débattre, tout le monde se décrispa. Le moment ultime était venu.
La femme approcha des deux hommes dont la chaleur se mêlait en une masse rouge. Les détecteurs thermiques ne permettait pas une meilleur image. Ils virent cependant que la femme approchait son aiguille de la masse rouge qui formait les deux bras superposés des deux hommes. Elle approcha ses deux doigts pour masser un point dans la direction approximative d'un creux de coude. Puis l'aiguille descendit et le mari de Malfoy sursauta.

Harry sursauta. L'aiguille n'était pas venu se planter dans son bras comme il le supposait mais plutôt dans le bras de Manque-un-doigt. La femme qu'il supposait se nommer Annie leva le regard pour observer le sourire satisfait de Draco, à l'écart, pendant qu'elle retirait le sang de son assistant. À la fin de la prise, elle se redressa avec l'aiguille et pris sa baguette pour refermer la micro-plaie sur son bras. Ainsi les aurors pensaient qu'elle soignait Harry mais elle cachait les preuves de son méfait. Un sourire mesquin aux lèvres, elle s'éloigna du groupe pour que les aurors observe bien. Exagérant son geste pour que les aurors le distingue, elle fit le petit Z nécessaire au sort, prononça la formule et une puissante couleur verte illumina le sang. Puis, elle jeta la fiole dans chaudron d'acide qui était au fond de son bureau. La potion, au contact du sang, se désintégra, engloutit par sa propre réaction chimique.
Mission accomplie.

Aucun auror ne remarqua le subtil subterfuge et chacun pu voir la couleur du sort sur le moniteur thermique (spécialement adapté pour voir la couleur des sorts). Vert voulait dire aucune magie. Au fur et à mesure que le sorcier est puissant, le sort devenait de plus en plus bleu, puis mauve et les plus puissants des sorciers obtenaient une couleur rouge. Harry Potter devait avoir au moins un sort rouge. C'était la fin de cette histoire.
Ron et Hermione s'étaient figés. Ils savaient parfaitement que jamais Draco n'aurait laissé un simple test prouver son mensonge et ils savaient que le sort n'allait pas devenir rouge mais ils avaient espéré de plus profond de leur âme comprendre quel avait été le subterfuge.
La prise de sang, malheureusement, était en règle. Ils n'avaient rien à y redire.
C'était... impossible, improbable, incohérent. Ils le savaient, que c'était Harry, ils le savaient du plus profond de leur âme. Personne ne pourra jamais leur dire le contraire, ça n'avait aucun sens...
Aucun sens...

Draco et Harry descendirent par l'ascenseur, seuls. "Annie", en réalité nommé Annabeth Angleheart, directrice générale de Sainte-Mangouste et "Manque-un-doigt", réellement Samuel Jonhson, secrétaire assistant-médical de son état, étaient restés pour écrire un rapport. La dernière fois qu'Harry les avait vu, en se retournant un dernière fois avant de partir, ils s'engueulaient à propos de tel ou tel document officiel à remplir. M. Angleheart attendait à la sortie de Sainte-Mangouste que sa femme le réconforte et lui explique ce qui se passait.
Harry était euphorique et il ferma les yeux de soulagement quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur l'atrium. Encore quelques mètres et ils seraient dans la zone de transplanage de l'hôpital magique puis encore deux secondes et ils seraient au manoir pour toujours.
Quelques mètres seulement.
Mais dans la vie d'Harry, rien n'a jamais été simple.

"Harry!"

Ron et Hermione étaient dans l'atrium. Draco sentit son sang se figer, qu'est-ce que ces cons faisaient? Ils ne l'avaient pas vu paniquer tout à l'heure? Ils ne s'étaient pas rendu compte qu'Harry était fragile? Voulaient-ils le lui voler? Car il ne le permettrait jamais!

"Harry? Harry, est-ce que c'est toi?"

Harry ne bougeait plus d'un poil et il avait fermement fermé les yeux pour ne pas les voir. Une terreur sans nom l'envahissait de plus en plus. Qu'ils se taisent, qu'ils partent. Ils ne voulaient pas leur parler, ils ne voulaient pas qu'ils le jugent, qu'ils le regardent de haut, qu'ils critiquent son dernier choix. Bon sang, il était heureux, ce n'était pas suffisant?
Le couple les séparait de la zone de transplanage, Draco devait les convaincre de partir, parce qu'il n'arriverait pas à les chasser devant Harry sans faire du tapage.

"Non, ce n'est pas lui et maintenant PARTEZ!"

Hermione recula d'un pas, elle n'avait jamais vu Draco perdre son sang-froid avant aujourd'hui, d'abord dans l'atrium à cause du bruit et puis maintenant.

"Harry?"

Ron s'approchait lentement, comme devant une bête sauvage. Il ignorait obstinément Draco.

"Partez! Allez-vous en!"

"Harry? Harry, parle moi..."

"Vous lui faites peur! Arrêtez!"

"Harry?"

"Arrêtez!"

Ils se rapprochaient tous les deux maintenant. Dans la tente de commandement, Kinsley s'arrachait les cheveux et les autres aurors avaient peur d'intervenir car la présence policière empirerait le problème.
"Reculez!"
Draco tenait farouchement Harry dans ses bras. Il avait caché son visage dans ses bras et tentait de faire abstraction du fait que ses anciens amis étaient là. Non, Draco allait le protéger, Draco allait tout arranger. Draco avait trop peur de le lâcher pour prendre sa baguette, il ne savait pas quel sort il aurait du lancer.
"Partez!"
Harry tremblait et pleurait en silence et ça obstruait tout son esprit. Harry était triste, il ne pouvait pas le supporter, chaque cellule de son corps hurlait de désespoir de ne pas savoir quoi faire. Il ne pouvait pas transplaner avec Harry, il ne pouvait pas reculer car il devait atteindre la zone de transplanage pour s'en sortir. Avancer serait comme offrir Harry à ces aurors et il n'en était pas question.

Soudain, Ron se figea. Il venait d'apercevoir les deux morsures qu'Harry avait sur lui: celle sur son cou et celle sur sa nuque, toutes les deux rouges et récentes.
Sans réfléchir, il fit un bond en avant pour prendre Harry des bras de Draco mais ce dernier fit un bond de côté pour l'éviter, entraînant Harry avec lui. Il réussit à courir quelques mètres avec Harry dans les bras avant que Ron ne lui saute dessus, le faisant tomber sur le sol. Ils roulèrent tous les trois sur le sol. Harry arriva jusque dans la zone de transplanage, à un mètre de Draco. Il s'était fait mal au bras en tombant et Ron et Draco luttait à même le sol, non loin de lui. Perdu, recroquevillé sur le sol, meurtri, il se mit à pleurer. Quand Draco vit Hermione s'approcher d'Harry en position de faiblesse (et surtout en train de pleurer), il réussit à se débarrasser de Ron d'un coup de poing vicieux au visage et il se jeta sur lui.
En une seconde, ils transplanèrent et les aurors envahirent l'atrium.

Flash-back

C'était la dernière journée d'ouverture de Poudlard avant longtemps. Draco et Harry, après s'être battu toute l'année scolaire, ressentait une frustration intense. Il n'avait jamais réussi à en découdre vraiment.
Chacun de leur combat était interrompu, que ce soit quand ils se rouaient de coup dans les couloirs le jours ou la nuit, quand ils luttaient sur le terrain de quidditch, quand ils s'insultaient. Chaque fois quelqu'un intervenait et les empêchait de faire ce qu'ils voulaient: décider lequel des deux étaient supérieurs à l'autre.

Chaque matin, ils se levaient avec l'envie d'en finir, d'en venir au poing une dernière fois. Ils voulaient soumettre l'autre, le forcer à s'allonger et abandonner.

Ils en rêvaient la nuit, le jour, constamment.

Alors, durant un cours de Défense contre les forces du mal, Harry lui avait envoyé ce mot. Il lui avait demandé de le rejoindre à minuit au seul endroit isolé de tout Poudlard. L'endroit qui ne pouvait être franchit que par lui et ceux à qui il ouvrait la porte.

À minuit dans la Chambre des secrets. Il allait lui laissé la porte ouverte pour qu'il le rejoigne, s'il en avait le courage.
Toute la journée, ils ne s'étaient pas quitté du regard, les yeux pleins de promesse de haine.

S'ils savaient...

Fin du flash-back.

Au garde-à-vue, Hermione et Ron attendirent longtemps qu'une procédure judiciaire leur tombe sur la tête. Ce qui n'arriva jamais.
Ils purent retourner chez eux sans être inquiété par Draco, disparu de la circulation depuis l'incident dans l'atrium, une journée auparavant. Draco ne se présenta pas à son travail pendant une semaine mais personne ne tenta de le contacter. Tout le monde avait lu le journal du lendemain. La détresse de l'avocat ne fut mentionné nulle part, comme un sujet tabou.
Deux semaines après l'incident, Draco était de retour dans la vie publique, comme si de rien n'était. Personne ne lui parla de son époux, ni de l'incident. L'auror et sa femme attendirent encore quelques temps, mais rien ne vint. La seule et unique chose qui arriva par rapport à l'incident fut une lettre.

Après la lecture, elle s'était désintégrée. N'ayant aucun valeur officiel, ils n'essayèrent pas de la reconstituer ni de rpendre leur souvenir pour un éventuel procès. De toute façon, elle n'était pas incriminante, elle ne faisait qu'expliquer rapidement quelques faits qu'ils n'avaient jamais compris. Elle demandait aussi la paix, l'acceptation et l'éloignement. Elle n'était pas aussi haineuse qu'on pourrait penser.

Hermione et Ron se demandèrent s'ils ne s'étaient pas trompé quelque parts dans les intentions de Malfoy. Ou, en tout cas, ils avaient déduit que c'était Malfoy.

Car la seule forme de signature était un vif d'or dessiné d'une main un peu infantile, en contraste avec la belle écriture qui racontait une histoire.

Une histoire qui débutait dans la Chambre des secrets.

Flash-black

Il faisait sombre dans la Chambre des secrets. Leur baguette devaient être quelques part au pied de la statue de Salazar, à l'autre bout de la pièce. Ils les avaient laissé là quand les sorts ne leur avait plus suffit.

Ils avaient roulé sur le sol en se battant comme des déments. Harry saignait du nez, Draco aussi. Ils avaient les coudes et des genoux écorchés, leur cuirs cheveux leur faisait mal, à force d'agripper les cheveux de l'autre. Leurs lèvres étaient fendues et Draco allait surement avoir un oeil au beurre noir, et un très réussit, Harry avait surement la cheville foulée car il n'arrêtait pas de boité depuis dix minutes.

Mais ils avaient arrêté de se battre.

Dans le feu de l'action, pendant qu'ils luttaient en plein milieu de la salle, couché dans les trous d'eau glacé et les restes du basilic, leur visage s'était un peu trop rapproché.
Dans leur état, ils auraient aussi bien pu se mordre, on était loin du combat élégant et du fairplay anglais.

Mais non, sans s'en rendre compte, leurs lèvres s'étaient touchés. Ça aurait pu passé inaperçu, ils se touchaient tellement partout que l'accident aurait paru comme un coup de tête raté, une tentative de mordre, d'arracher une oreille.

Mais non, ça les avait calmé. Comme par curiosité, ou encore dans le feu de l'action, ou pour confirmer l'évènement, ou encore par erreur, ou par provocation, ou simplement à cause de la gravité, Harry avait redescendu ses lèvres sur celles de Draco. C'était étrange, inconcevable. C'était comme s'il ne se passait rien du tout, ils nageaient dans l'irréel mais en même temps ça voulait tout dire, ça changeait tout.

Ce n'était pas un baiser au goût d'amygdale et de salive comme ils en partageront plus tard, dans des mois, pour l'instant, ce n'était qu'un léger contact.

C'était... étrange. Aucun des deux n'avait déjà embrassé un homme, c'était si... différent. Les lèvres n'était pas menue ou douce, ni fragile ou sucré comme avec une fille.
C'était un peu plus intense, un peu plus tangible. Plus rêches, sans être désagréable. Ni plus agréable, juste... différent. C'était plus réel et concret que toutes les filles qu'ils avaient embrassé sans réelle distinction.

Draco avait fermé les yeux. Il avait oublié qu'il était à moitié dans de l'eau gelé, les vêtements déchirés, le corps meurtri et à moitié assommé. Les mèches de cheveux d'Harry lui tomba un peu sur le visage.
Il était doux, mais pas comme ceux d'une fille. C'était... différent. Il ne se noyait pas sous des tonnes de cheveux fins, c'était délicat, subtil, les cheveux étaient courts.
Expérimentalement, sans s'en rendre vraiment compte, il leva une main pour la mettre sur la hanche de son adversaire. C'était étroit, solide et plus fort que ce qu'il était habitué.

Il savait qu'avec lui, il n'aurait pas constamment peur de le briser, comme avec cette fille de serpentard dont le nom ne lui revenait vraiment plus en ce moment. Elle avait accepté de sortir avec lui hier, mais son nom... il ne s'en souvenait plus.

Harry était couché sur lui. Il y a quelques secondes, c'était une position haineuse, mais ils ne se rendirent pas compte de l'ambiguïté de la situation.

C'était... étrange. D'habitude quand Harry embrassait une fille, ses seins empêchaient leur plexus solaire de se toucher vraiment, ça créait une minuscule distance. Avec Draco, c'était différent. Il le sentait entièrement sous lieu. Ils étaient de la même grandeur, on aurait dit deux miroirs. Leur cœur était bien plus proche. Il le sentait battre du côté opposé au sien. Sur le coup, ça avait paru important.

Lentement, parce qu'ils avaient envie de bouger, parce qu'ils détestaient l'immobilisme, parce qu'ils étaient encore dans le feu de l'action, parce qu'ils étaient engourdit ou parce qu'ils en avaient envie (la raison restait obscur), leurs lèvres se mirent à bouger, à se découvrir un peu plus.

Ils ne savaient pas qu'ils allaient se fuir prendant deux semaines, se revoir une dernière fois avant que Draco ne s'engage dans l'Ordre du Phénix, obsédé par le souvenir de ce baiser. Ils ne savaient pas que Draco, incapable de se concentrer sur autre chose que ce souvenir, allait être jeter du cercle des espions pour ensuite retrouver Harry chez lui et coucher avec lui. Ils ne savaient pas qu'ils allaient ensuite se fuir une dernière fois pour se retrouver, vivre heureux quelques temps ensemble avant que la guerre ne réussisse presque à les séparer pour de bon.

Ils ne savaient pas qu'Harry arrêterait de grandir mais que Draco le dépassera bientôt, que Luna Lovegood allait mourir, qu'Harry vaincra.

À ce stade de l'histoire. Ils ne savent rien.

Dans à peu près dix minutes, emballé, enivré, ils vont rouler sur le sol et Harry, surpris par une mare d'eau glacé, allait revenir à lui et fuir. Draco va ensuite se torturer l'esprit encore une demi-heure avant de tenter vaguement de le retrouver, incertain de ce qu'il ressent vraiment.

Harry va rentrer à la tour, s'écrouler dans son lit et rester les six prochaines heures à regarder le vide en pensant à Draco, à comment il le déteste, le vomit, l'exècre sans être capable de trouver la paix d'esprit. Sans être capable de fermer les yeux sans voir la Chambre des secrets et un certain serpentard couché sur le sol, l'air perdu, blessé et les cheveux en bataille, pendant qu'il s'enfuyait.

Draco va se coucher dans son lit, et va rester les yeux grands ouverts en se demandant pourquoi, tout à coup, il se sent si fébrile comme s'il était passé près de quelque chose d'important sans le voir et en se demandant s'il n'aurait pas du courir après lui aussitôt.

C'est à partir de ce baiser si vrai, si unique que tout les évènements futurs découleront.

Car c'est le début d'une histoire.

Et ceci est la fin d'un autre.


…&´¯X¯'&…

,.-´¨¯¨·-.¸-(Zëphÿr꯯Sølêîl)-,.-¨¯¨·-.¸

…&´¯X¯'&...


Je souhaites annoncer que je me retire officiellement de la rédaction d'histoire sur

Il se trouve que j'ai des projets concrets et bien avancé. Dans quelques temps, j'aurais fini mon premier roman que je me suis jurer de ne pas finir avant ce dernier chapitre. (je déteste les histoires inachevées)

Je posterai peut-être un OS a un moment donné, peut-être. On verra. Au revoir!