Chapitre 2.
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* DaPlok *
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T'ayant saisie par le bras, ton directeur t'écarte si violemment sur le côté que tu n'as pas le temps de réagir. Tombant par terre un peu plus loin, tu ne peux que le voir prendre ta place face à la projection de Voldemort, impuissante. Tandis que Drago t'aide à te relever sans que ni lui ni toi ne quittiez le professeur de potions des yeux, vous échappez tous les deux un soupir de stress.
— Tu penses que s'il se fait tuer, on peut avoir la moyenne d'office à l'épreuve de potions du BUSE, rapport au traumatisme causé par la mort d'un prof ? glisse Ron à Hermione, que la remarque indigne au point de le gratifier d'une brutale tape à l'arrière du crâne.
De ton côté, l'envie te prend de transformer le roux en carotte râpée à la seule force de tes dents. Mais l'apparition sur le plateau d'un pion en forme de biche t'en distrait.
— Bon… s'impatiente Snape, un pied tapant contre le sol. Et maintenant ?
— Il faut lancer les dés, lui fait alors remarquer Dumbledore en les lui tendant.
Bougonnant d'agacement, son collègue les lui arrache presque des mains et les jette sur le plateau dans la foulée. Le pion s'avance ensuite automatiquement du nombre de cases correspondant au résultat de leur somme. Et chacun des joueurs l'ayant suivi des yeux de les relever désormais vers la silhouette flottante.
— Je me suis retenu de le dire jusque-là mais je trouve vraiment très inquiétant que le maître du jeu soit à l'image de Voldemort, lâche gravement Dumbledore. Parce que ce n'est pas le cas normalement. Il a dû l'ensorceler avant que tu le récupères, Severus.
— Merci Albus pour cette information absolument pas contributive, s'étrangle Ombrage.
— Je vous en prie, Dolores.
Soudain, l'apparition du Lord se met à parler d'une voix si gutturale qu'elle te provoque une série de frissons le long de la colonne vertébrale.
— « Le serpent vieux le jeune dans la nuit noire suivra tant que plus ne sera pas égalé par la main de l'écaillée saumon. »
Levant lentement le bras, elle te désigne du doigt avant de le pointer dans la direction d'Ombrage, qui, ayant interrompue son énième tentative d'ouvrir la porte, pousse un cri de protestation. Tout le monde s'aperçoit ensuite du surgissement de deux nouveaux pions sur la case de celui de Snape : une corneille (toi) et un chat (Ombrage).
— Miss, te lance Dumbledore. Je crois bien que le maître du jeu s'étant arrêté sur vous en premier, vous allez être de tous les tours... que ce soit le vôtre ou pas.
— Je refuse CATEGO, commence la professeur de défense contre les forces du mal pendant que la pièce se transforme, RIQUEMENT de participer, termine-t-elle trop tard.
Vous vous trouvez désormais seulement tous les trois, éloignés légèrement les uns des autres, au beau milieu d'une vaste étendue de lumière vive. Comme Snape se met à hurler de douleur, tu te précipites vers lui. Lorsque tu le rejoins, il est haletant et plié en deux, les paumes de ses mains plaquées contre ses yeux.
— Severus… murmures-tu à l'homme dont tu es bien plus proche que cela ne se sait.
— Je… viens de comprendre… une partie de l'énigme… articule-t-il péniblement.
Tes doigts entourant délicatement ses poignets, sur lesquels coulent des filets de sang, tu les écartes de son visage et couines d'horreur en découvrant ses orbites vides.
— Pendant une seconde, j'ai eu peur que le vieux serpent, ce soit moi puisque j'étais aussi à Serpentard ! s'exclame Ombrage une fois parvenue à votre niveau.
Bien qu'hors de toi, tu préfères ne pas relever et te concentrer plutôt sur la suite de l'énigme, que tu te répètes furieusement dans la tête : « tant que plus ne sera pas égalé par la main de l'écaillée saumon. »
— Il y a une sorte de chemin là-bas, lance la professeur de défense contre les forces du mal en se mettant déjà en route. Allez, dépêchez-vous un peu !
Morte d'inquiétude pour Snape, que tu n'as jamais vu en proie à autant de souffrance bien que tu sois souvent là à ses retours de réunions avec les mangemorts, tu lui passes le bras autour de tes épaules et lui entoure la taille du tien pour le soutenir.
— Ne t'inquiète pas, ça va aller… te glisse-t-il dans un sourire crispé.
— Ce serait plutôt à moi de te dire ça, t'agaces-tu devant l'espèce de nonchalance qu'il trouve encore le moyen d'afficher malgré son état.
— Tu ne pourrais pas puisque tu n'en penses pas un mot, te fait-il remarquer à juste titre alors que vous vous mettez à marcher derrière Ombrage qui, elle, progresse loin devant.
— Je ne sais même pas pourquoi je me fais du souci pour toi, après tout c'est bien fait ! Tout ça c'est de ta faute ! t'exaspères-tu, les idées un peu embrouillées par le stress.
— Pardon ?
— Si tu ne m'avais pas fait ta petite crise de jalousie tout à l'heure, on n'en serait pas là.
— Oh, désolé. La prochaine fois, je te laisserai avec un autre homme et j'irais m'amuser avec une autre femme de mon côté.
— Pff. Ce n'est même pas « un autre homme ». C'est Drago. Il est comme mon frère !
— Oui et bien chez les sorciers de sang pur comme lui, la consanguinité n'est pas exactement un obstacle. Alors tu m'excuseras si je n'apprécie pas de te voir passer autant de temps avec un frère qui ne l'est pas.
— C'est complètement con. Tu t'enfonces là.
— J'aimerais bien.
Un temps ahurie qu'il puisse ainsi verser dans l'allusion sexuelle en dépit de votre situation, tu t'apprêtes à répliquer quand tu t'aperçois qu'Ombrage s'est immobilisée et attend impatiemment que vous arriviez à sa hauteur.
— Ce chemin n'a pas de fin, assure-t-elle en rajustant nerveusement les manches de son gilet en cashmere rose pâle sur ses poignets et accessoirement, sous ton regard pensif.
— L'écaillée saumon, c'est vous ! t'exclames-tu sitôt que tu le réalises.
— Miss, surveillez votre langage, croasse-t-elle d'un ton choqué.
— « Ecaillée » parce que vous étiez à Serpentard et « saumon » à cause de la couleur de vos vêtements, t'expliques-tu en ignorant sa réflexion.
A partir de là, tous tes neurones s'activent en même temps et ton cerveau devient une usine de production d'hypothèses sur la façon dont Ombrage pourrait « égaler plus » comme l'énigme l'exige pour être résolue. Tu passes mentalement en revue toutes les règles mathématiques que tu connais jusqu'à ce que tu t'arrêtes sur l'une d'elles.
— « Moins par moins est égal à plus », lâches-tu, tellement absorbée par le fil de tes pensées que tu n'entends pas la professeur de défense contre les forces du mal se racler la gorge de cette manière qui dénote une intention cachée derrière.
— Oubliez ça tout de suite, crache rudement le maitre des potions en s'agitant contre toi.
— Il me semble que nous n'avons pas le choix, mon cher collègue.
Tu es franchement dépassée par la tournure que prennent les évènements tandis que tes deux professeurs brandissent leur baguette. Voyant que celle de Snape n'est pas pointée dans la bonne direction, tu la décales pour qu'elle se retrouve en face de celle d'Ombrage et qu'ils se retrouvent ainsi à se braquer l'un l'autre comme tu devines qu'ils le voulaient.
— Vu que vous avez visiblement saisi la fin de l'énigme, est-ce que l'un de vous pourrait me l'expliquer avant que vous ne vous entretuiez ? interviens-tu.
— Réfléchissez un peu, Miss ! t'aboie Snape. Qu'est-ce qui représente le négatif ici ? Et comment pensez vous que ma chère collègue puisse l'égaler ?
A ce moment là, comprenant ce que la nécessité d'obtenir deux aveugles par la main de la professeur implique, tu n'en mènes pas large.
— Et euh… on sait si c'est définitif ? t'hasardes-tu à demander en craignant la réponse.
— Tout devrait rentrer dans l'ordre et nous auprès des autres, une fois l'énigme résolue, t'assures Ombrage, que pour une fois, tu as envie de croire.
— Je ne vous laisserai pas faire ça à un membre de ma maison. Il aurait s'agit d'un Gryffondor, c'aurait été avec plaisir. Je me serais même fait une joie de m'en charger si ça avait été Potter. Mais il se trouve qu'elle, est une Serpentard.
Voulant en finir au plus vite, tu adresses un signe de tête à la professeur pour lui faire comprendre de se décaler sur le côté, hors de portée de la baguette de ton directeur qui la garde tendue devant lui. Elle s'exécute et te jette un sort qui t'embrase les rétines. La douleur est tellement fulgurante que tu t'évanouies. Pour te réveiller dans la salle sur demande, étendue sur le sol et les épaules secouées par les mains de Snape.
— Vous n'êtes qu'une espèce d'incorrigible idiote ! t'injurie-t-il sans que tu ne te vexes, percevant en effet son soulagement derrière l'insulte.
Heureuse de voir que ses yeux sont de retour dans leurs orbites et d'être toi-même physiquement capable de le voir, tu te redresses en position assise sous tous les regards.
— Vous étiez où, vous tous ? demandes-tu en adressant ta question à Dumbledore.
— Nous n'avons pas bougé, t'apprend-il. La salle sur demande s'est surement comme dédoublée et vous vous êtes tous les trois retrouvés dans l'autre, qui n'accueille que les joueurs dont c'est le tour de jouer, pendant que les restants attendent le leur ici.
La tête alourdie penchée en arrière au cours de la manœuvre, tu te laisses relever par Drago te tirant vers le haut après avoir attrapé tes deux mains tendues vers lui. Et Snape, jusque-là accroupi, se lève en même temps que toi.
— A qui le tour ? t'exclames-tu, prête à être réquisitionnée pour une nouvelle énigme.
— Pourquoi doit-elle être de tous les tours, déjà ? questionne le professeur de potions.
— Parce que le maitre de jeu désigne un « assistant » à travers les yeux duquel il peut suivre le déroulement des tours et que c'est tombé sur elle malgré ton intervention, soupire Dumbledore. J'aurais préféré qu'il choisisse un de nous trois mais…
— Hé ! l'interrompent Harry et Ron. Regardez, il y a un nouveau pion !
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Rends-toi chapitre 5.
