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Le Marchand commença à manœuvrer la voiture difficilement. Le volant était dur à tourner, il couinait de temps en temps, mais beaucoup moins que les pédales. Les deux partirent donc faire une petite balade. Le soleil brillait encore de mille feux, le ciel était bleu sans nuages, et les oiseaux chantaient. Ça allait être une bonne fin d'après-midi.
« Vous voyez ? Pour rouler, vous devez laisser votre pied appuyer sur la pédale d'accélération, sinon vous n'avanceriez plus, précisa-t-il.
— Oui, j'avais compris.
— C'est vrai ? Waouh, vous êtes trop fort !
— Vous êtes vraiment sûr qu'elle est au point ? Vous n'arrivez même pas à tourner votre volant ! souligna Thorin en le voyant faire.
— Mmh oui… c'est ça qui est très bizarre… quand je l'ai essayé, bon je l'ai essayé une fois, elle allait très bien ! C'est peut-être vous Monsieur Thorin qui causer des soucis, elle doit être timide, car elle a le privilège que vous soyez à l'intérieur. Et avec moi ! Qu'est-ce qu'on a de la chance, sourit-il.
— Qu'est-ce qu'il faut pas entendre, soupira le nain.
— Eh oui, je sens qu'on va bien s'amuser.
— Et moi donc… elle fait énormément de bruit !
— Oui je sais mais au moins nous ne passons pas inaperçu. Vous n'aimez pas ?
— Non ! rouspéta Thorin.
— Alala Monsieur Thorin. n'est-ce pas magnifique ? On est là, tous les deux, tranquillement, sans personne pour nous embêter, vous pouvez observer le paysage sans vous soucier de quoi que ce soit. Bon… j'avoue que ma vitesse est un peu lente, c'est pour que vous puissiez apprécier le moment, et la voiture doit démarrer aussi pénarde, mais je peux arranger ça, maintenant qu'on roule depuis au moins… combien de temps déjà ?
— Cinq minutes.
— C'est tout ? J'ai l'impression que ça fait au moins une heure. On est tellement bien. Bon allez, j'accélère.
— Oui, car on se traîne là, même un escargot nous dépasserait !
— Oh non quand même pas ! Regardez ! C'est parti ! Yaouh ! »
Le Marchand appuya sur la pédale de droite fortement, et la voiture commença à aller de plus en plus vite, puis d'un coup sec, Thorin se colla au siège et s'agrippa d'une main à la poignée de porte. La voiture partit comme une fusée. Ils étaient passé de vitesse très lente à très élevée. Il n'en revenait pas, les chevaux courraient très vite et la voiture roulait très vite aussi, on pouvait se demander qui serait le vainqueur dans une course. Le Marchand parla de plus en plus fort pour que Thorin l'entende, il fallait dire qu'avec la vitesse, le vent et le grincement de la voiture, il y avait beaucoup de bruit.
« C'est merveilleux non ? Vous avez vu ? Je crois que l'escargot ne nous rattrapera jamais hé hé ! Vous aviez tort ! glissa-t-il sans avoir de réponse. Je ne savais pas que vous aviez d'aussi beaux cheveux Monsieur Thorin ! Vous êtes superbe ! Magnifico ! Ce n'est pas du tout mon cas ! Vous savez, quand je l'ai essayé, je n'ai jamais été aussi vite, c'est la première fois, on inaugure ! »
Thorin le regarda d'un air surpris, il pensait qu'il l'avait testé entièrement. Ils allaient à toute allure, la voiture sautait les bosses, dérapait, car le marchand tournait au dernier moment et le volant faisait des siennes. Mais comment ce fou avait-il fait pour que la voiture puisse aller aussi vite sans le savoir ?
« Ralentissez ralentissez !
— Quoi, vous n'aimez pas ?
— Non arrêtez !
— Mais non, vous n'avez pas l'habitude c'est tout.
— Je vous dis de ralentir ! ordonna Thorin.
— Très bien, très bien, soupira le conducteur.
— J'aimerais rentrer maintenant.
— Déjà ? Mais vous n'avez pas tout vu ?
— Si, ne vous inquiétez pas, j'en ai assez vu.
— Vous êtes sûr ?
— Oui ! Répéta Thorin.
— Bon d'accord… »
Pour la première fois de sa vie, Thorin eut un moment de frayeur, ce n'était pas lui qui était aux commandes, c'était sûrement pour ça, pourtant, il avait vécu beaucoup de choses où il aurait pu avoir des frayeurs. Mais non, il fallait que ça soit avec cet homme. La voiture aurait pu se retourner, ils auraient eu quelques petits bobos, mais rien de bien méchant. Le Marchand ralenti petit à petit et ils continuèrent leur route. Direction le Royaume.
« Alors ? Qu'en pensez-vous ? C'est bien hein ? Même moi, j'ai été épaté. je suis trop fort ! Je suis en forme dis donc, et un très bon conducteur. Il faudrait qu'on remette ça, c'était vraiment génial, même si nous ne sommes pas partis longtemps. Ce qui est bien dommage. C'est votre faute ça.
— Pardon ?!
— Mais oui ! On est même pas parti une demi-heure. Mais je suis assez content, dit-il en souriant
— De ?
— Eh ben ! s'exclama le Marchand. Je vous ai fait venir avec moi ! Tout le monde ne peut pas faire ça. Mais moi j'ai réussi ! Je vous en remercie Monsieur Thorin.
— Moi de même.
— C'est vrai ? Vous êtes content de notre petite balade ?
— Oui, j'avoue que ça change des chevaux. Même si vous êtes spécial, vous avez fait une belle invention.
— Ho ho ho ! Je peux vous faire un bisou ? lui demanda-t-il sérieusement.
— Non !
— Mais c'est pour vous remercier ! Je ne pouvais espérer mieux ! Un tout petit, là sur la joue.
— Non !
— Tant pis. Vous voulez conduire ?
— Non merci.
— Quoi ? Mais ? Monsieur Thorin, c'est extraordinaire, et encore, vous êtes à côté. Si vous seriez au volant, ça ne serait pas du tout la même sensation ! Je suis sûr que vous aimeriez. Allez ! Essayez !
— Non, n'insistez pas.
— Mais si mais si, vous verrez, vous allez le faire, croyez-moi. En tout cas, j'aimerais bien avoir une petite photo de nous deux, devant la voiture, en souvenir nan ? P'tite photo ?
— Non !
— Dommage, je l'aurais mis dans ma collection, et en première page en plus. On est de retour au pays ! ajouta-t-il en apercevant le royaume. Tient, nous avons de la compagnie. Des personnes vous attendent apparemment ou alors c'est moi! Ils veulent peut-être me proposer un prix. »
On apercevait deux silhouettes au loin qui regardaient en leur direction. Thorin reconnut de suite ces personnes. Ses très chers neveux l'attendaient au bord des portes. Ils avaient entendu les gardes parler d'un homme très bizarre qui voulait absolument voir leur oncle. Curieux comme d'habitude, ils avaient tout de suite été les voir, et furent surpris de savoir que Thorin était parti avec un inconnu, cela voulait dire qu'il devait avoir une bonne raison, surtout venant de sa part. Se rapprochant de plus en plus d'eux, Thorin appréhendait ce que ces deux la allaient bien pouvoir faire et dire en les voyant arriver. Il s'attendait à tout de leur part.
« Eh les voilà !
— Ah enfin ! On va pouvoir savoir ce qui s'est passé. »
La voiture arriva. Thorin, les yeux fixés sur eux, sortit de voiture, ferma la porte, suivi du Marchand.
« Waouh, qu'est-ce que c'est ? demanda Kili.
— Ce n'est rien du tout, répondit son oncle.
— Ah si si si ! Ne l'écoutez pas, c'est une voiture. Ma voiture ! Elle est super belle non ? Et maintenant que Monsieur Thorin est monté dedans, elle l'est encore plus !
— Une voiture ? dit Fili surpris.
— Oui oui, une voiture ! C'est la toute première, il n'en existe pas !
— C'est pas vrai… souffla Thorin en se tapant le front avec sa main.
— C'est donc avec lui que tu as été faire un tour ? Vous n'êtes pas un peu… bizarre ? demanda Fili.
— Qui moi ? Mais non, rooooh, pourquoi tout le monde me le dit ?
— Parce que vous l'êtes, répondit Thorin.
— Et ? Vous avez fait quoi alors ?
— Nous sommes aller nous balader, c'était grandiose, vous pouvez venir si vous voulez. Mais d'ailleurs, qui êtes-vous ? Qui sont ces gens Monsieur Thorin ?
— Mais oui ! On ne s'est pas présenté, moi c'est Kili et voici mon frère Fili.
— Nous sommes les neveux de Thorin, rajouta son frère.
— Quoi ?! s'exclama le Marchand. Mais il fallait me le dire plus tôt ! Quelle joie ! Venez donc ici. Il s'approcha d'eux et les serra dans ses bras.
— En tout cas, vous êtes très sympa.
— Merci mes petits.
— Qu'est-ce qu'il vient de dire ? Il a dit petit ? demanda Fili.
— Oui oui il a dit petit.
— Mais nous ne le sommes pas.
— Bien sûr que si, vous êtes des nains ! Alors ? Vous avez fait le rapprochement ? Interrogea-t-il après qu'il y ai eu un blanc.
— Quoi ?
— Ben oui. Petit est égal à nain et vous êtes des nains en plus. Aaahhhh, elle est bonne nan ? Hein elle est bonne ?
— Oui, elle est pas mal, approuva Kili.
— Et j'en ai plein d'autres en réserve ! Alors, vous voulez venir faire un tour ? reprit-il sérieusement. Je vous emmène.
— Non ! Ils n'iront nulle part ! rouspéta le Roi.
— Ah bon, pourquoi ? Tu y as bien été, lâcha Kili.
— C'est vrai, et il nous le propose si gentiment.
— Vous m'en feriez l'honneur mes petits !
— Ils ne viendront pas ! tonna Thorin.
— Oh allez Thorin, ça peut être marrant nan? Qu'est-ce que t'en penses Fili ?
— Tout à fait.
— C'est parfait ! Allez venez !
— Oui ! s'écrièrent les deux frères en cœur.
— Non ! gronda Thorin en attrapant Kili par le bras.
— Mais pourquoi ?
— Parce que j'ai dit non.
— On va faire un petit tour, on fait rien de mal.
— C'est justement ça le problème, faire un tour et après ça va se transformer en je ne sais quoi d'autre.
— D'accord. Dans ce cas-là, nous vous invitons à rester manger et dormir Monsieur…
— Monsieur le marchand.
— Bien… Monsieur le marchand. On peut quand même faire ça, après tout, il t'a emmené faire un tour, c'est la moindre des choses non ?
— Très bien…
— Oh merci Monsieur Thorin ! Merci à vous jeunes nains. Bien bien bien… il est où mon manger ? Et mon lit ? Parce que j'ai mal aux pieds et je ne vous parle même pas de l'odeur ! Je n'ose même pas y penser. Je dois sûrement sentir mauvais… vous ne l'avez pas senti j'espère. »
Personne ne répondit. Fili et Kili se regardèrent, prêts à rigoler, ce type allait vraiment les faire rire et ils allaient adorer.
« Kili se fera une joie de vous montrer tout ça, garanti Thorin.
— Moi ?
— Oui toi. C'est toi qui as invité Monsieur, il est donc ton invité.
— D'accord.
— Merci, il faut que je rentre la voiture d'abord, je ne peux pas la laisser là.
— Si vous voulez…
— On ne sait jamais, maintenant elle vaut de l'or grâce à vous Monsieur Thorin ! De l'or ! Oui de l'or ! cria-t-il comme un hystérique.
— Eh Fili, tu crois qu'on pourra quand même faire un tour ?
— C'est évident. »
Le Marchand rentra la voiture dans le royaume, accompagné des trois nains et Kili lui montra une chambre où il allait passer la nuit. Il alla se laver, se pouponner, se détendre. Cela lui fit un grand bien. Il était fin fou. Ne restait plus qu'à attendre le repas. En fin de compte, il avait eu ce qu'il voulait. Voir Thorin, lui proposer sa machine, faire une petite balade avec lui, l'avoir entendu dire qu'il avait aimé et en plus ! Rencontrer ses neveux ! Quoi de mieux. Il devait maintenant forcer Thorin à conduire la voiture, il voulait lui en vendre plein. Il pensa tout de suite aux deux jeunes nains. Ils se les étaient mis dans la poche dirait-on et il comptait bien en tirer profit.
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Voilà pour ce deuxième chapitre, certes, beaucoup plus court que le premier mais bon… Reviews ? :-)
