note: Je n'ai toujours aucun des personnages et je ne gagne toujours rien. Pardonnez moi pour ce chapitre qui à mis le temps à venir. Il y a eu certains problème au niveau du temps, ma correctrice et moi avons découvert que nous ne pouvions pas le ralentir. Pardonnez-moi. Ma vitesse de parution n'est pas très rapide car ma correctrice eternelle sentinelle -que je remercie chaleureusement pour ses corrections et ses commentaires qui me font me tordre de rire devant mon écran- et moi, ne sommes pas dans le même fuseau horaire et nous avons toute deux des emplois du temps chargés.

oeil-de-nuit: ta réponse est dans le chapitre 3

Mephitis: J'ai toujours un énorme problème pour situer les années dans mes fics mais si tu fais attention à ce chapitre, tu verras que ça se déroule en sixième année

Hep: Merci, ça ne me gène aucunement que tu me dise que mon thème n'est pas un des plus passionnant au contraire je t'en remercie.


Chapitre 2

-Je veux pour demain, un rouleau entier sur l'analyse des ingrédients de la potion Revelam.

Les élèves sortirent tous plus rapidement les uns que les autres.

Severus s'était toujours demandé s'ils faisaient un concours où celui qui sort le plus rapidement gagne une dragée surprise de Bertie Crochue. Auquel cas, le concours était grotesque, son cours était passionnant.

Mais cette pensée là était loin de lui en cet instant. Lorsque la porte se fut refermée sur le dernier élève au cerveau vide, Severus se raccrocha à son bureau, manquant de tomber. Il avait soif. Il devait boire une fois par jour et hier soir il n'avait pu boire à sa guise. Ou du moins, le minimum pour que cela ne se fasse pas ressentir trop rapidement.

Maintenant, il en payait le prix. Quoi qu'il fasse, il fallait qu'il en paye le prix. Cela le désolait. Bien que maintenant il n'est plus grand-chose à payer. Il allait juste devoir passer son éternité à enseigner à des cornichons sur pattes qui en engendreront d'autres et dont leurs descendances seront tout aussi désastreuses que les précédentes. Magnifique programme. Il faudra craindre le jour où Potter décidera de mettre en route sa machine à reproduction.

Il s'installa tant bien que mal sur sa chaise et souffla. L'arête de son nez fut emprisonnée entre son pouce et son index et tout son courage fut mis en œuvre pour renflouer cette envie de sang. Il aurait dû en croquer deux ou trois, ça aurait calmé sa soif et ça aurait libéré le monde sorcier d'une reproduction d'idiots. Le ministère n'aurait sûrement pas pris au sérieux ce sauvetage. Dommage. Qu'il est douloureux d'être incompris.

Dumbledore interrompit le maître des potions dans ses plaintes personnelles et silencieuses en ouvrant la porte. Severus releva son visage et libéra son nez de ses doigts.

Un vieux fou dans sa classe et un vampire assoiffé. Il était sûr que le ministère le remercierait et lui donnerait l'ordre de Merlin cette fois-ci. Alléchante idée. Severus se retint au dernier moment. Non, il devait avoir un goût de bonbon au citron. Il allait en avoir des aigreurs d'estomac, c'est sûr.

Le directeur lui sourit tristement en fermant la porte. Il fit apparaître une chaise face au bureau de Severus et s'y installa. Il le regarda dans les yeux, cherchant à comprendre toute la complexité de cet homme.

-Tu ne m'as toujours pas fait de compte rendu de mission Severus.

Sa vieille amie la migraine refaisait surface dans son crâne. Un compte rendu de mission. Tout le contraire de ce que le mot réjouissance peut signifier. Son pouce et son index retrouvèrent le chemin de son nez et ses yeux se fermèrent quelques instant pour se rouvrirent. Non il était toujours là. Ca valait le coup d'essayer.

Il fallait lui dire, tout lui raconter alors que la scène s'était repassée un nombre incalculable de fois dans sa tête depuis sa première diffusion.

-Durant la soirée de hier, le seigneur des ténèbres s'est lié avec un vampire pour transformer l'un de ces mangemorts et ce mangemort c'était moi. Le vampire l'a choisi pour lui, ce qui laisse donc supposer que le vampire à une certaine influence sur lui. Je ne me souviens d'aucune information intéressante mise à part celle-ci.

Non, vraiment, aucune autre information ne pouvait aller dans ce compte rendu de mission. Il se souvenait de sa transformation, de ses nombreux réveils, d'une présence à ses côtés, de la douleur de la transformation et surtout, de la rage qui l'animait. Aucune autre information ne valait le coup d'être partagée.

Le directeur le regarda, essayant de le sonder du regard. Regard bleu perçant, qui semble pouvoir lire à travers la plus dure des pierres.

Severus s'en fichait. Il se battait avec Dame migraine et Monsieur remord. Il n'allait pas en plus s'occuper du fou. D'autant plus que dans l'histoire, il avait plus l'impression que c'était lui le dingo. Voir même, le dindon de la farce. Farcis et cuit pour être dévoré en public sur un plat chargé de salades.

-Severus, je dois te demander un service.

En cet instant, il aurait préféré être sa tête de turc. Le seigneur colère s'ajoutait à la lambada endiablée de ses deux collègues. Il releva son visage, se raccrochant à son indifférence et à sa froideur pour ne pas sombrer dans la démence ou réaliser un acte qu'il ne regretterait pas, mais que la communauté sorcière lui ferait payé très durement.

Froid, indifférent, distant, glacial, cynique pas la peine de se forcer. Ces mots résonnaient en boucle dans son cerveau pour ne pas lui faire perdre le fils de la conversation. S'il le faisait, il était mort. Dans ces conditions, Dumbledore ferait accepter des jumelles à un aveugle.

-J'ai besoin de tes nouveaux pouvoirs pour sauver Harry et ses amis.

C'est drôle comme il met en avant le sauveur du peuple. Harry, en premier rang, élevé au statut de dieu vivant comme celui qui fait tout. Et les autres. Relégué au second plan, mauvaises plantes dont il faut se débarrasser ou simplement cacher pour ne pas entacher l'image idyllique d'un potentiel sauveur.

-Et pourquoi, je vous pris ?

-Tu sais qu'ils ont été mordus par Nagini ?

-Bien sur, mais en quoi cela me concerne-t-il ?

-Tu n'es pas sans savoir que les maigres informations que nous disposons sur la puissance des vampires, traitent d'un don de guérison. Ils disposent d'une guérison automatique. Après avoir mordus une victime, s'ils souhaitent la laisser en vie et dissimuler ses traces, ils le peuvent.

Quoi! Il allait devoir baver sur les membres du trio ? Hors de question.

La lambada augmenta d'intensité. Il devrait dire aux colocataires de son crâne de faire moins de bruits, ça l'arrangerait bien pour réfléchir. Mais pourquoi devrait-il réfléchir ? C'est non !

-Les soins de Mme Pomfresh sont inefficaces ?

-Oui, malheureusement. Et nous ne pouvons pas nous permettre de les envoyer à St Mangouste, sinon la presse et le ministère se saisiraient de l'affaire immédiatement.

Ne pas répondre. Je ne peux pas refuser, je ne peux pas accepter, alors le meilleur moyen et de ne pas répondre. Je refuse de me voir lécher ces morveux pour le simple fait de les sauver.

Il était bien mieux sans eux. Mais sa conscience se sentit obligée de lui faire remarquer que le monde avait besoin d'eux.

Mais, et lui ? Il faisait partie du monde ! Il faudrait voter. Si quelqu'un vote non, ils restent dans leurs états comateux jusqu'à ce qu'ils en crèvent ou jusqu'à ce que tout le monde dise oui. Magnifique idée. Idée de génie. Un Weasley en moins ce qui n'est pas une grande perte, un Potter en moins ce qui le réjouissait au plus haut point car cela voulait dire pas de progéniture Potter, et une Granger en moins. Il ne trouva aucun commentaire à faire pour cette dernière, mais il n'en avait que faire.

Un silence s'installa dans la pièce. Lorsque ces deux personnes étaient ensemble dans la même pièce, il était impossible que le silence ne s'installe pas. Il enveloppa dans ses bras les deux hommes. Chacun réfléchissait à un moyen de faire craquer l'autre. Mais dans l'histoire, il ne pouvait y avoir qu'un seul gagnant.

Severus savait que ce ne serait pas lui.

-Bien, j'irai les voir après le repas. Je pense que s'est plus sage, sinon ils seraient assailli de questions. Ils auront ainsi le temps de se reposer et de se faire bichonner par Madame Pomfresh.

Son ton était sarcastique, blessant, froid. Mais qu'importe. Il n'allait pas avoir de sentiments pour ces morveux. A vrai dire, il leur en voulait toujours d'être sortis du château ce soir là et de l'avoir vu dans sa rage destructrice.

Dumbledore se leva sans un mot et se dirigea vers la porte. Il se retourna vers Severus lorsqu'il se saisit de la poignée.

-Pourquoi te sens-tu toujours obligé de rendre les choses compliquées ? Te mentir n'arrange rien pour nous et encore moins pour toi.

Voila qu'il remettait ça sur le tapis. Severus ne voulait pas de psychologie ce soir. Il voulait boire et pas être psychanalysé. A chaque fois, il lui faisait le même coup. Il allait finir par vraiment lui sauter dessus en faisant abstraction du citron.

-Je vous demande pardon ?

Dumbledore soupira et baissa la tête. Il ne voulait pas comprendre. Son professeur n'avait aucun secret pour lui, mais seulement pour lui, et c'en était bien triste. Il ouvrit la porte et sortit, mais avant de la refermer il ajouta :

-Arrête de te torturer. De toute manière, tu n'aurais jamais osé !

La porte se referma. Les yeux de Severus fixaient la porte, écarquillés. Il avait ri.

-Il se fout de moi en plus !

Il avait murmuré cette phrase doucement sans vraiment s'en rendre compte. Dumbledore se fichait de lui. Il avait juré l'entendre rire après sa dernière phrase. Qu'importe la prochaine fois, il osera ! Il lui sautera dessus et le videra de son sang.

Il se comportait comme un adolescent. Son cerveau enchaînait les remarques cyniques mais au fond, il n'en pensait pas un mot. Au fond de lui, il avait peur. Peur que ces nouveaux pouvoirs ne soient d'aucun secours au trio. Peur de ce qui allait lui arriver. Peur de lui-même. Aujourd'hui il n'était plus un pion. Il ne pouvait plus récolter des informations dans les rangs du seigneur des ténèbres. Aujourd'hui, il devait juste se battre contre lui-même. Ça faisait des années qu'il le faisait. Ça ne changerait pas beaucoup le jeu.

Il se leva et sortit de sa classe, puis de l'école, pour se diriger vers la forêt interdite. Il devait absolument boire avant de sauver les morveux, sinon il pourrait bien faire tout le contraire.

Plus tard dans la soirée, dans l'infirmerie de Poudlard, Mme Pomfresh s'affairait autour de ses trois blessés graves. Les trois adolescents étaient sur des lits côte à côte. Ils avaient tous trois d'épaisses bandes à l'endroit où le serpent les avait blessés. Elles étaient ensanglantées et quoi que fasse l'infirmière, le sang n'arrêtait pas de couler. Elle commençait à défaire le bandage d'Harry quand les portes s'ouvrirent, laissant place au directeur et au professeur de potions.

-Pompom s'il vous plait, pourriez-nous nous laissez quelques instants avec nos trois malades ?

L'infirmière paraissait embêtée. Elle regarda les adolescents puis se retourna vers Dumbledore.

-Oui je peux, mais laissez-moi changer les bandages avant et aussi leur donnez une potion de régénération sanguine parce que…

-S'il vous plait !

Le ton du directeur était sans appel. Mme Pomfresh sortit non sans retourner plusieurs fois, s'inquiétant de ce qu'il allait advenir de ses trois patients.

Severus ne pu s'empêcher d'afficher un rictus devant cette scène. La curiosité est en chacun des hommes mais il est toujours amusant d'en voir sa démonstration.

Il marcha vers les trois lits et observa leurs occupants. Ils étaient vraiment mal en point. Le visage blanc, le corps maigre, les traits durcis. Le venin de Nagini était vraiment destructeur.

Severus faisait tout pour se contrôler. Il sentait l'odeur du sang, une odeur sucrée, douce, légèrement épicée se répandant dans la pièce. Cette senteur était bien différente des animaux qu'il venait de tuer.

Il s'approcha d'Harry, sachant que s'il y en avait un qu'il devait sauver, c'était lui. Les autres étaient secondaires. Importants, certes, mais tout de même secondaires. Ce n'était pas eux qui devaient sauver le monde sorcier. Il détestait cette façon de penser mais il devait s'y soumettre. Quoi qu'il fasse, il restait le vassal de quelqu'un.

Il ôta doucement les bandes qui couvraient l'épaule d'Harry révélant une plaie béante qui semblait ne pas trouver de fin. Il posa sa paume sur celle-ci puis la porta à sa bouche. Doux, sucré, tentant. Il ferma les yeux pour le savourer à sa juste valeur. Le sang humain n'était pas comparable avec celui de vulgaires animaux de la forêt interdite. Incomparable.

-Severus…

Le ton sec le sortit de ses pensées. Vieux fou manipulateur et calculateur ! Il testait sa résistance. Sadique. Terme trop enfantin mais ce fut le seul qui lui vint à l'esprit sur le moment. Son esprit régressait vraiment lorsque le sang venait à l'enivrer. Il devrait se remettre au cognac et whisky, se serait peut-être salvateur ?

Il se pencha et posa ses lèvres sur la blessure du futur sauveur et commença à aspirer le sang.

Ce fut tout un assortiment de sensations étranges qui se révéla à lui sur l'instant. Il avait envie de boire son sang, de le vider jusqu'à la dernière goutte, de voir son âme s'échapper de ce corps immobile. Il avait besoin de cette cruauté, de se sentir supérieur, maître d'un instant, dominateur sur une vie. Mais sa mission, sa conscience, venait frapper ce besoin de domination pour l'ébrécher, l'ébranler, qu'elle ne prenne pas le dessus. A ce moment là, il se rendit compte que son statut allait être un véritable fardeau.

Il aspira le sang emplit du venin, instillant un peu du sien sur la blessure pour qu'elle se referme et qu'elle ne paraisse plus. Il devait se décrocher de ce corps, arrêter de vouloir sa mort, de vouloir le soumettre, se retirer.

Il se releva précipitamment, se raccrochant à la table de chevet, les pupilles dilatées et le souffle court. Les lunettes d'Harry tombèrent de la table au milieu de la respiration irrégulière et du choc du bois contre le mur.

Severus s'épongea le front de sa main répandant un peu de sang sur celui-ci. Il fut vite absorbé par sa peau.

Dumbledore ramassa les lunettes et les reposa sur la table de chevet. Il ne cessait de regarder son professeur, l'œil emplit de soupçons quand à sa capacité à mener à bien sa mission.

-Severus ?

-Il n'a plus rien.

Il se dirigea vers le lit du jeune roux et reproduisit le même manège que sur Harry Potter. La même dualité s'insinua en lui, le faisant tituber lorsqu'il se releva. Il fallait qu'il s'y habitue. Le manque d'accoutumance le rendait faible et il haïssait ça.

Il s'approcha en titubant vers le troisième lit où la brunette se trouvait, un bandage lui recouvrant le cou. Il ne prenait même plus la peine de rétrécir ses canines et de calmer sa respiration. Le sang l'excitait au plus haut point, il en avait envie, il le désirait, il voulait le posséder. Il se pencha sans plus de cérémonie vers la gorge dévoilé d'Hermione et aspira le sang.

Ces sentiments se modifièrent, échangeant le besoin de dominer par la violence, par le besoin de dominer avec son charme, son charisme, jusqu'à ce que sa victime féminine s'offre à lui. Se sentir tout puissant et désirable voilà ce qu'il voulait maintenant, il voulait qu'elle lui crie de l'achever, qu'elle n'en puisse plus de frôler le gouffre de la jouissance. Il ne se rendit pas compte que le haut de son corps s'était imprimé contre celui de la jeune fille. Il ne contrôlait plus ses mouvements, laissant ses mains explorer les hanches féminines ou se perdre dans l'amas de boucle brune. Il n'entendait pas non plus, les gémissements de sa victime de douleur ou de plaisir ?

Il perçut juste la poigne de fer qui le releva sans aucune cérémonie pour l'écarter de la jeune fille. Il se retourna, les yeux écarquillé, noir de plaisir et de puissance réunis, et les crocs sortis pour attaquer l'intrus qui ne désirait que l'écarter de sa précieuse victime. Il se jeta sur le directeur agrippant son cou pour le lui rompre, lui faire mal, le lacérer. Tuons ce vieux fou, ce manipulateur qui joue avec son entourage comme il le ferait avec des pions sur un plateau d'échecs. Achevons le dans la souffrance et le plaisir de voir son sang coulé. Que ses yeux bleus implorent le pardon du grand vampire Severus. Le maître des potions, sentit la pointe d'une baguette lui piquer le torse, puis la déflagration produite par le sort de projection qui l'envoya directement contre le mur blanc de l'infirmerie. Ce choc lui fit reprendre ses esprits.

Il sembla se réveiller d'un long sommeil. Il regardait hébéter les lits occuper par les trois adolescents, Dumbledore la mine grave et l'aura magique en éveil et lui loin de tout ça. Propulsé sans ménagement pour mauvaise conduite. Il fallait fuir maintenant. Fuir pour éviter la prison, les explications, fuir pour tout simplement éviter la vérité. Ne pas assumer ses actes. Il se releva brusquement et sortit de l'infirmerie sans aucun regard sur ce qu'il laissait derrière lui, un homme noyé dans ses questions et une vie chamboulée à tout jamais par ce qu'il était, sans que chacun d'eux ne le désire.