Réponses aux reviews :

Fraulein Schoner Blick : Lily a en effet reconnue le nom de son camarade de classe et a fait le rapprochement entre la femme et Remus. Et en effet, elle a seize ans dans mon histoire et entrera en septième année en septembre.

Lily love : merci pour ta review. Et voici enfin la suite.

-C'est cette voiture là, lui apprit Mme Lupin en montrant une voiture noire. J'ai déjà déposé tes bagages dans ta chambre. Tu vas voir, la maison est grande et le terrain aussi. Tu pourras te détendre ou t'amuser avec Remus. Je crois que tu le connais.

-Oui Mme Lupin, répondit Lily.

-Appelles moi Amy, lui sourit-elle. Mon mari se prénomme Olivier. Tu verras, il est très gentil. En rentrant, on serra seule : Olivier est au ministère et Remus joue avec Sirius et James, deux garçons turbulent mais qui ont un bon fond.

Lily fit une grimace : Black et Potter, avoir un bon fond ? Rien n'est moins sûr !

-Alors Lily, continua Amy voyant que la jeune fille faisait une drôle de tête. Qu'es-ce que tu aimes ?

-Je…commença-t-elle.

Mais elle se tue vite fait, le verbe 'aimer' raisonna dans sa tête et les paroles de sa sœur lui revinrent en mémoire.

-Ri…rien, dit-elle.

-Rien ?! s'étonna Amy en tournant dans un lotissement. J'ai gardé un bon nombre d'enfant et d'adolescent et je dois dire que tu es bien la première à ne rien aimer !

-Je…vous…non…mais…balbutia-t-elle.

-Ne t'inquiètes pas, reprit doucement Mme Lupin en arrêtant la voiture. En tout cas, tu peux faire ce que tu veux ici…nous sommes arrivées.

Lily écarquilla les yeux devant la beauté du domaine. Une grande maison élégante était entourée d'un immense jardin, dans lequel elle pouvait voir des arbres fruitiers, des sapins mais aussi un jardin d'hier où des plantes vertes étaient posées un peu partout ; une petite allée menait jusqu'à la porte d'entrée de la demeure.

Amy sourit devant une Lily émerveillée.

-Je vais te faire visiter l'intérieur, dit-elle en entrant. La première porte à droite donne sur la salle à manger, c'est ici que l'on prend nos repas en famille.

La pièce était grande, une table dominait le centre de la salle. Un buffet était dressé à un angle, de multiples photos y étaient posées. De l'autre côté, une bibliothèque recouvrait une bonne partie du mur, et en face de la porte, une porte fenêtre donnait sur un bout de la cour que Lily n'avait pas vue.

Elles ressortirent et prirent le couloir de droite.

-Au bout, c'est la salle du linge. Mais tu n'auras pas besoin de t'y rendre très souvent, lui sourit Amy. La porte sur ta droite mène encore à la salle à manger. A gauche, c'est la cuisine.

Elles firent demi-tour et prirent le couloir dans l'autre sens.

-Donc à gauche : l'entrée, elle n'a pas bougé. A droite, une salle de jeu pour les enfants et après une salle d'eau. En face, les toilettes, et à gauche, le salon et l'escalier qui conduit au sous-sol.

Elles retournèrent dans l'entrée, où un autre escalier donnée sur les étages, elles le montèrent et arrivèrent sur un grand palier.

-A gauche et en face ce sont des chambres. La mienne est celle-ci, dit-elle en faisant visité une chambre spacieuse. A côté, la salle de bain et après un bureau. Mais ta chambre est au deuxième étage avec celles des autres.

« 'Des autres' ? De qui peut-elle bien parler ? » se demanda Lily, les sourcils froncés.

-Des toilettes sont entre les deux escaliers, continua Amy en montant. Ici, c'est votre étage.

Au bout de l'escalier, elles entrèrent dans un couloir qui aboutissait sur un hall où une immense table carrée était dressée.

-La salle de bain, dit Amy en désignant une porte derrière elles. A droite, à côté de la salle de bain, la chambre de Remus, la chambre après est celle qu'occupe Sirius, en face, James ; à côté, celle de Peter. L'escalier à gauche va au grenier ; et la chambre en face de celle de Peter est la tienne. Comme toutes les chambres de cet étage, elle possède deux portes. Tu as un lit à deux places, une armoire, un bureau et un meuble. Ta malle est ici. Quand tu auras fini de t'installer, si tu veux, tu pourras la ranger dans la pièce à côté de ta chambre.

Elle s'arrêta, observant Lily regardait toutes ses affaires posées sur le sol, le bureau ou le lit. Ça lui faisait bizarre de voir toutes ses choses qu'elle connaissait si bien, être dans une chambre, dans une maison dont elle ne connaissait presque rien.

-Je te laisse seule, ajouta Mme Lupin en sortant de la chambre. Si tu désires déballer tes affaires ou te balader dans le jardin, tu le peux. A toute à l'heure !

Lily rangea vite sa chambre, puis fit le tour de celle des maraudeurs. Celle de Remus était à son image : une bibliothèque ordonnée et des photos de ses amis et autres. Celle de Black était, elle aussi en ordre, mais les photos des maraudeurs étaient complétées de photos de Quidditch. Celle de Potter, elle n'y entra pas : elle ne voulait pas faire de cauchemar après ça. Celle de Pettigrow, plus petite, était presque la copie conforme de celle de Sirius en question de décoration et de disposition des meubles.

Les seuls souvenirs que Lily avaient dans sa chambre étaient des photos de ses parents, de Léa, des amies de Poudlard, son journal intime, un collier de coquillages et une peluche. Ce n'était peut-être pas grand chose, mais pour elle, c'était le plus important. Elle ne savait pas comment Amy avait pu avoir ces affaires, mais elle était ravie de cet état de fait.

Lily prit son journal et une plume -avec de l'encre-, et sortit dans le jardin. Ce qu'elle n'avait pas vu en arrivant était la table de jardin, les jouets pour les enfants et la cabane dans le grand terrain. Elle s'assit aux pieds d'un arbre et écrivit jusqu'à entendre la voix des maraudeurs devant la maison. Une peur soudaine et inexpliquée la prit. Elle se cacha derrière l'arbre de sorte à ne pas être vue et écouta ce qu'ils disaient.

-Tu es sûr que Amy ne voudra pas que tu viennes avec nous ? souffla un jeune homme que Lily identifia comme étant Black.

-Je t'ai déjà dit que la nouvelle doit venir aujourd'hui, répondit Remus qui semblait déçu de ne pas pouvoir les suivre.

-Tu es obligé d'être là ? tenta Potter.

En l'entendant, Lily fit une grimace. Des quatre maraudeurs, c'était bien lui qu'elle détestait le plus, Remus étant celui qu'elle préférait, étant préfet lui aussi, ils avaient plusieurs fois travailler ensemble les deux années précédentes.

-Oui, je suis obligé, tu le sais, répondit Remus franchement agacé.

-Tu sais qui c'est ? demanda Black.

-Non.

-Peut-être que cette fois-ci, elle aura notre âge, ajouta Potter.

Lily soupira et essaya de rentrer discrètement dans la maison pour reposer ses affaires dans sa chambre avant d'aller manger. Comme l'escalier était juste à côté de la porte d'entrée, quand Remus l'ouvrit, les trois maraudeurs purent voir les pieds de Lily courir dans les escaliers pour leur échapper.

« Pourvu qu'ils me laissent tranquille ! Pourvu qu'ils me laissent tranquille ! » se répétait-t-elle.

Ce n'est qu'au moment où elle entendu la porte se rouvrir et se fermer qu'elle redescendit timidement pour le repas. Elle franchit doucement la porte de la salle à manger, faisant face à Mme Lupin et son fils.

-LILY ?! s'écria Remus en la voyant. Mais qu'est-ce que tu fais là ?

L'adolescente se sentit mal devant l'étonnement de son camarade. Elle dansa d'un pied sur l'autre, tordant son T-shirt entre ses mains, trouvant soudainement un grand intérêt pour ses chaussures.

-Mes parents…je…enfin…vous…Amy, bredouilla-t-elle faiblement, dont les yeux commençaient à lui piquer.

Elle se retenu de pleurer. Même si c'était Remus, le garçon discret et gentil, il n'en restait pas moins un maraudeur.

-Elle va vivre quelque temps avec nous, l'aida Mme Lupin.

Remus se tourna vers sa mère, l'aire surpris.

-Alors c'est Lily la nouvelle ? Mais, je croyais qu'elle avait fait une tentative de suicide ?!

A ses mots, les larmes de Lily coulèrent librement sur ses joues et elle partit en courant se réfugier dans le grenier.

-Je te connaissais plus délicat Remus ! le réprimanda sa mère. Maintenant, tu vas aller t'excuser !

Il n'essaya pas de discuter et obéit à sa mère. Il la chercha pendant dix minutes avant de la trouver complètement replié sur elle-même.

-Je suis désolé Lily, dit-il doucement en s'assaillant à ses côtés. Je ne voulais pas te blesser. Ce n'était pas brillant de ma part d'avoir dit ça ! Tu sais tout le monde fait des bêtises…je ne l'ai pas dit, et je ne le dirais à personne.

Remus fit une pause, alors que Lily essuyait doucement ses larmes à l'aide de sa manche.

-Je ne pensais seulement pas que tu puisses faire une telle chose, c'et tout, ajouta-t-il. Tu m'en veux ?

La jeune femme fit non de la tête.

-Merci, répondit-il. Tu viens manger ?

Ils arrivèrent dans la salle à manger en même temps que Mr Lupin.

-Bonjours, lui dit-il joyeusement. Tu dois être Lily.

-Bonjour, répondit-elle, beaucoup moins énergiquement. Oui.

Ils mangèrent tous les quatre gaiement. Le sujet principal de conversation était Lily. Mais la jeune femme trop timide ne répondait pas aux questions qu'on lui posait ; elle se contentait d'écouter Remus donner la plus part des réponses à sa place. Après, elle aida à débarrasser la table et partit discuter avec Remus.

-Ma famille est famille d'accueil, dit Remus assit sur son lit avec Lily en jouant aux cartes. J'ai vu défiler un nombre incroyable de personnes. Certains ne restent que quelques jours, d'autre plusieurs mois et années. Mais tu es là seule que je connaisse déjà.

-Ce n'est pas…embêtant de vivre…avec des étrangers ? demanda Lily, faisant pour la première fois depuis l'accident de ses parents une phrase entière et cohérente.

-Ça a des inconvénients, avoua Remus. Je ne peux pas toujours faire ce que je veux. Mais si non, j'aime bien. J'ai l'impression d'avoir des invités tous les jours. Et puis ça fait de la compagnie.

-Pourquoi les autres ont…une chambre ici ? demanda Lily en regardant la porte de chambre de Sirius.

Remus ria.

-C'est une longue histoire.

-J'ai du temps devant moi.

Remus lui raconta que les maraudeurs avaient l'habitude de finir leurs vacances d'été et toutes les vacances scolaires ensemble. Que normalement là, il aurait dû être avec les autres chez James.

-Je suis désolée, dit-elle en baissant la tête.

-C'est pas grave, lui assura-t-il. Gagner !

-Bien jouer ! Je vais te laisser…je suis fatiguée.

-D'accord ; bonne nuit !

-Toi aussi.

Elle eut du mal à trouver le sommeil, ses rêves étaient effrayants. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle revoyait ses parents en sang bloqués dans leur voiture.

Le lendemain matin, elle prit son petit déjeuner avec Remus silencieusement jusqu'à ce que la sonnerie, un brillant 'ding dong', retentisse dans toute la maison. Quelques minutes plus tard, Black fit son apparition dans la salle à manger.

-Tu vas être contant…commença-t-il avant de s'arrêter net en dévisageant Lily.

-Qu'est-ce que tu as Padfoot ? demanda Potter en arrivant à son tour. Tu as vu un détraqueur ?

-Non, répondit Lily, qu'il n'avait pas encore remarqué. Simplement moi !

Le visage de Potter se durcit et il tourna les talons.

-Attends ! James ! s'écria Sirius à sa suite.

-Bon vent, rétorqua Lily, reprenant un peu confiance en elle.

-Lily ! la réprimanda Remus. Ce sont mes amis !

-Peut-être, mais pas les miens.

Sur ce, elle se leva et sortit se cacher derrière la cabane afin de ne pas être déranger. Elle voulait être seule pour réfléchir et libérer son esprit dans son journal intime. En déposant par écrit ses peines, ses regrets, les coups durs de la vie, Lily avait l'impression que ça en atténuait les souffrances, comme si le fait de les écrire l'aider à tourner la page sur ses douleurs et à aller de l'avant.

-JAMES !! entendit-elle crier.

Elle reconnu la voix de Black.

« C'est pas possible d'être tranquille dans cette maison ?! Pourtant, elle est grande assez pour qu'ils n'aillent pas au même endroit que moi ! »

-Quoi ? répondit l'autre garçon.

-Qu'est-ce qu'il te prend de partir comme ça ?

-Tu as vu comme moi que c'est Evans la nouvelle. C'est à cause d'elle que Moony n'a pas pu venir, c'est elle qui vit ici !

-Oui, et alors ? Si elle est là, c'est parce qu'elle a des problèmes. Ce n'est pas de sa faute.

-Je suis sûr qu'elle l'a fait exprès ! s'écria Potter. Cette fille est une vraie plaie ! Ça l'amuse de me torturer !

Lily, qui, de sa place, entendait absolument tout, se sentit très mal. Lui aussi disait que tout était de sa faute et qu'elle était un monstre. Et surprendre ça, même de son pire ennemi, ça ne fait jamais plaisir. Elle se leva dignement, laissa tomber son journal et sa plume et sortit de chez les Lupin. Elle marcha quelques minutes pour trouver un endroit tranquille, loin des habitations. Elle se laissa tomber par terre, replia ses genoux sur elle-même et enfouit son visage dans le creux de ses bras. Elle pleura tellement, qu'elle s'endormit de fatigue à peine à dix heures du matin.

-Evans ! Evans ! Eeeevaans ! s'écria une voix au loin.

Lily ouvrit doucement les yeux et releva la tête. Elle sentit une main dans son dos qui la secouait légèrement puis vit un adolescent aux cheveux bruns tombant dans son cou et au visage d'ange accroupit devant elle.

-AH ! cria-t-elle de surprise, en sursautant.

-Et bien dit donc, t'es une vraie marmotte ! Quand tu t'endors, on ne te réveille plus ! la taquina Black. Heureusement que j'ai l'habitude avec Peter.

Lily l'écoutait qu'à moitié, elle s'étira et attacha ses longs cheveux roux avec un élastique qui se trouvait dans la poche de son jeans.

-Comment tu as fait…pour me retrouver ? demanda-t-elle.

-Elémentaire ma chère Evans ! Je répondrais à cette question par deux vérités : je suis un géni…

Lily le foudroya du regard : ça y est, il recommençait. Il ne pouvait pas faire une phrase sans se venter. Au début ça vas, mais au bout de six ans ça devient vraiment très très lourd.

-Bon, d'accord, se rattrapa-t-il. Je connais bien le coin et ensuite parce que nous avons la même cachette.

-Cachette ?!

-Ouais. Quand je ne suis pas bien, je viens me réfugier là ! dit-il sérieusement avant de continuer sur un ton beaucoup plus enfantin. C'est pour ça qu'il faudra que tu mettes un écriteau 'Occuper' devant la porte de ce paradis des songes.

Il fit mine de réfléchir quelques secondes avant de reprendre, toujours avec le même air sur le visage.

-Il faudrait donc mettre une porte. Mais une porte cacherait la si belle vue que l'on a de la ville à ta place. Enfin, il faut bien s'installer pour que le gros tronc de chêne enlève la vision de l'usine à savon, débattit-il tout seul.

Il se tourna ensuite vers la jeune fille.

-Tu savais que le savon était fabriqué dans ses immondices ? lui demanda-t-il. Franchement, c'est à nous couper l'envie d'utiliser du savon, sous toutes les formes possibles et inimaginables qu'il existe.

Lily se mit à rire, si elle connaissait Shrek, elle l'aurait volontiers comparée à l'âne. Vraiment quand Sirius Black décidait de faire le pitre, il y arrivait à merveille.

-Maintenant, plus sérieusement, reprit-il. Tu veux rentrer, que je te laisse toute seule ou que je reste avec toi ?

Lily le regarda hébété ; elle ne pensait pas que Black puisse être comme ça.

-Je…je ne tiens pas à rentrer tout de suite, mais…je ne te force pas à me supporter.

-Ça ne me dérange pas de te tenir compagnie, mais tu veux que je partes ou pas ?

Lily fit non de la tête : elle ne voulait plus être seule. Elle l'avait été trop souvent en deux semaines. Elle ne voulait pas qu'on la laisse encore une fois.

-Je vais quand même prévenir les autres, pour qu'ils arrêtent de te chercher et qu'ils ne s'inquiètent plus, et je reviens. Je n'en ai pas pour longtemps.

Il disparut alors dans un 'Clac' sonore.

« Qu'est-ce que tu viens de faire ma pauvre Lily ? » se dit-elle amèrement. « Demander à un maraudeur, qui plus est Black, de rester avec toi. Mais qu'est-ce qu'il t'est passer par la tête ? Et le pire dans tout ça, c'est que lui aussi me laisse tomber. Il est parti. Comme Léa. Comme mes parents. Comme Pétunia. Au moment où j'avais besoin d'eux ! »

Les larmes, qui avaient cessées de couler lorsqu'elle s'était endormie, retrouvèrent sans difficulté le chemin qu'elles empruntaient si souvent en ce moment : le long de ses joues. Elle s'appuya contre le chêne pour s'empêcher de trembler comme une feuille.

« Tout est de ma faute ! Si j'avais écouté Léa, nous serions parties l'année dernière, elle ne m'aurait donc pas laissé à Londres. Je n'aurais pas insisté pour aller à la bibliothèque, mes parents n'auraient pas eu d'accident. Je n'aurai pas été aussi méchante avec les maraudeurs, Black ne m'aurait sans doute pas laissé » pensa-t-elle en pleurant de plus belle.