Coucou les petits loups...

Je ne m'attendais pas à ce que mon chapitre ait ce succès-là... Mais j'en suis très contente 8D j'espère que mon prochain chapitre aura autant de succès ^^

Sami-Saka : merci pour ta review, elle m'a fait très plaisir ! Désolée pour les fautes et les mots manquants, j'essaierai de faire mieux cette fois-là. Je te remercie de me proposer ton aide, mais je vais d'abords faire en sorte de me relire plus souvent, pour voir mes fautes moi même... Contente que mon histoire te plaise, j'espère que les prochains chapitres ne vont pas te décevoir :)

Rokusan-love : merci pour ta review, désolée pour les fautes et contente de voir que mon histoire te fasse rire :) j'espère pouvoir continuer sur cette voie et qu'elle continuera de te plaire :3

chapitre deux en route, bonne lecture ~


Good hunters of madness chapitre 2

Déjà, sur la photo, la ruelle ne semblait pas très propre. Mais maintenant que les deux policiers étaient sur place, ils ne pouvaient que constater l'insalubrité du lieu. Il était pratiquement impossible de faire un pas sans risquer de se casser la figure sur quelque chose de suspect. De plus, l'odeur immonde qui se dégageait du plus profond de la petite rue faisait déguerpir toute trace de vie animale et les plantes, ou les restes de plantes présentes semblaient avoir pourries depuis belle lurette. Rien ne vivait là-dedans. Rien ne pouvait y vivre de toute façon. C'est ce que Kanda et Allen constatèrent en examinant la ruelle à une distance raisonnable de celle-ci pour éviter tout type d'empoisonnement par des gaz non-identifiés. Chacun afficha un air de profond dégoût : Walker se boucha le nez en fronçant les sourcils et Yuu grimaça en se retenant de défaillir à cause de l'odeur.

Pour commencer, il fallait examiner de fond en comble ce dépotoir pour essayer d'y trouver quelque chose d'intéressant. Essayer, hein ?... Les flics n'avaient absolument aucune envie de s'aventurer dans la ruelle et encore moins de chercher des indices dans cette décharge miniature. Mais quand faut y aller, faut y aller... Surtout que Reever avait insisté pour qu'ils se dépêchent de terminer cette partie de la mission pour qu'il puisse commencer ses expériences bizarres. D'ailleurs en parlant de lui, il était sur place avec toute son équipe. Le capitaine était sur son petit nuage, il sautillait presque comme un gosse. Même la porcherie qu'était la ruelle ne le refroidit pas et c'est tout content qu'il s'engouffra dedans.

En voyant son supérieur tellement peu dégouté par cet endroit, Kanda soupira et suivit Allen dans l'espace confiné entre deux immeubles à contre-cœur, les deux faisant attention où ils mettaient les pieds pour ne pas se retrouver à terre, ou plus précisément couchés sur un mont de sac-poubelle puants.

Après quelques coups d'œil sur la photo qu'on leur avait fourni, Yuu repéra l'endroit qui avait été photographié et héla son coéquipier qui le rejoint aussi vite et avec autant de prudence qu'il le put. Arrivé à hauteur de l'étude policier, il ne put qu'approuver sa constatation et, à deux, ils se mirent à chercher dans les environs. Allen trouva quelques traces fluorescentes provenant du mur d'où semblait sortir la main sur l'image mais il ne préféra pas y toucher : c'était peut-être quelque chose de dangereux. Kanda, lui, découvrit des morceaux de tissus un peu partout dont certains étaient ensanglantés. Il en pris quelques uns avec des gants qu'il mit dans un sachet pendant qu'Allen appelait la section scientifique cette substance fluorescente. N'ayant plus grand chose à faire, les deux flics partirent interroger le voisinage.

- Moyashi, fait moi pensée à assommer Reever au retour.
- C'est Allen, soupira le concerné. Je viens de comprendre pourquoi tu me demandes ça : t'es déjà pas fichu de retenir mon prénom, alors se souvenir d'un truc à faire plus tard...
- Tu serais pas en train d'insinuer que je ne suis pas intelligent au point de ne pas pouvoir retenir ton foutu prénom ?
- Si, exactement ! fit-il avec un sourire angélique. Tu comprends vite mais il fait t'expliquer longtemps...
- Tu vas voir, grogna Kanda avant de se mettre à poursuivre Allen qui riait aux éclats.

S'en suivit d'une longue dispute entre les deux hommes dans laquelle chacun insultait plus ou moins gentiment l'autre. Ils s'étaient arrêtés de courir mais leurs langues, elles, étaient infatigables. Alors qu'ils passaient devant un énième immeuble, leur mission un peu plongée dans l'oublie, un petit rire atteint leurs oreilles et ils se tournèrent vers la provenance de la voix. Assise sur une chaise et face au soleil que lui offrait son balcon du rez-de-chaussé, une vieille dame les regardait avec un sourire malicieux aux lèvres.

- Ah la jeunesse... C'était le bon temps.

Les deux garçons se regardèrent ; voilà qu'ils étaient tombés sur une mamie gâteuse qui ressassait le passé.

- Dites-moi, jeunes hommes, qu'est-ce qui vous amène dans un coin pareil ? sourit la femme, heureuse de taper la discute à de la chaire fraîche, elle qui n'aimait pas les sujets de conversations des gens de son âge. "Tous des gnangnans du cerveau" qu'elle disait.
- En fait, nous sommes policiers, lâcha Allen après avoir hésiter.
- Des poulets hein ? ria la grand-mère. Je savais bien que ce connard à l'étage était pas net, finit-elle sur un ton de confidence.
- Euh... A vrai dire, nous ne sommes pas là pour ça.
- Ah bon ? s'étonna mamie. C'est bizarre, j'étais pourtant sûre que vous étiez venus pour l'interpeller. Mais bon...

Kanda, qui n'avait rien dit jusque là, lui tendis la photo en disant :

- Est-ce que vous auriez déjà vu ce genre de chose dans le coin ?

La vielle sortit une affreuse paire de lunettes de la poche de la veste qu'elle portait et se la colla devant les yeux. Elle chopa ensuite la photo et entreprit de l'examiner attentivement.

- Désolée, gamin, mais à part dans des films, j'ai jamais vu de main jaune fluo' se balader seule... fit-elle en retendant l'image au policier. Mais vous pouvez toujours aller voir Logan...

Tiens, un nouveau nom vient d'entrer en scène. Qui était ce Logan ?

- Ah voir vos têtes, on dirait que vous ne voyez pas qui c'est. Je me trompe ?
- Non, vous avez raison, nous ne le connaissons pas, répondit Allen.
- En quoi pourra-t-il nous aider ? demanda l'autre flic.
- Si il y a bien une personne qui est au courant de ce qui se passe dans cette ville, c'est lui. Il voit tout, il entend tout, il sait tout. Il saura sûrement répondre à vos questions.

Les policiers se demandèrent quel genre d'homme pouvait être ce Logan. Vu le nom et la petite description que leur avait faite la mamie, ils s'imaginait un jeune homme qui passait sûrement son temps dans les bars et bistrots du coin, à entendre et raconter des rumeurs sur tout et n'importe quoi. Un drôle de gamin, en somme.

Pour s'imaginer le gosse plus clairement, Kanda jeta de rapides coups d'œil à son cadet. Bizarrement, il n'arrivait pas pas à mettre une autre tête que celle de la pousse de soja sur le portrait robot mental qu'il se faisait. Sentant le regard pesant de son collègue sur lui, Allen lui jeta un coup d'œil interrogatif et l'autre lui répondit par un "tch" qu'il avait l'habitude de sortir quand il ne trouvait rien à dire ou quand il n'avait tout simplement envie de l'ouvrir. L'autre haussa les épaules doucement après tout il s'en foutait royalement.

- Où est-ce qu'on peut le trouver ?
- Ici même ; c'est un de mes voisins, fit la vieille.

Sans plus de cérémonies, elle les fit entrer dans l'immeuble et les accompagna jusque devant l'appartement du fameux Logan qui jouxtait le sien. Elle frappa trois coups et quelques instants plus tard, la porte s'ouvrit, laissant apparaître un petit homme. Allen et Kanda froncèrent imperceptiblement les sourcils et voyant le nouveau venu, était-ce lui Logan ? Ils remercièrent la grand-mère qui repartait déjà dans son appartement. Puis ils se tournèrent vers le petit père qui leur faisait face. Celui-ci leur arrivait en dessous des épaules. Il avait le crâne dégarni sur le dessus et quelques mèches grises en désordre sur les côtés de sa tête. De petites lunettes surplombaient son nez plutôt petit et lui donnaient des yeux globuleux quand on regardait à travers les verres. Sa bouche semblait trop haute par rapport au reste du visage qui rendait son menton plus volumineux. Son regard était neutre mais son air sérieux donnait l'impression qu'il vous observait de l'intérieur, comme si il était capable de lire dans les pensées des gens qui l'entouraient. "Savant fou". Voilà ce qu'avaient pensé les deux policiers en détaillant le bonhomme.

Avant même qu'ils n'aient le temps de penser à ce qu'ils allaient dire, le dénommé Logan pris la parole à la grande surprise des deux policiers, qui ne s'attendaient pas à de telles révélations de sa part :

- Allen Walker et Yuu Kanda, annonça-t-il en les détaillant d'un œil critique comme si il lisait une fiche rassemblant des informations à leur sujet. Policiers en civil du commissariat de cette ville plus connu sous le nom du commissariat de l'ombre. Vous formez à deux le meilleur duo que l'établissement n'ait jamais eu. Vous avez respectivement vingt-trois et vingt-six ans et vous travaillez ensemble depuis trois ans. Vous adorez vous chamailler au grand damne de la plupart de vos collègues mais vous vous en fichez royalement et bizarrement, pour une raison qui m'est encore inconnue, vous avez décidé d'être colocataires...

L'homme continuait de débiter ces paroles comme un robot programmé pour ça. Les deux flics étaient comme deux ronds de flanc en entendant le vieillard dont ils venaient d'apprendre l'existence il n'y a même pas dix minutes raconter leur vie comme si ils se connaissaient depuis le jardin d'enfants. Ce type était une banque de données à lui tout seul ! Si Allen était gêné d'apprendre que quelqu'un autre que lui en savait sûrement plus que lui sur sa vie, Kanda, lui, s'inquiétait légèrement et se demandait pourquoi ce mec en savait autant sur eux et surtout comment il avait fait pour connaître tous ces détails sur certaines parties les plus intimes de leurs vies.

Logan termina sa tirade d'un coup, aussi brusquement qu'il l'avait commencé, comme si quelqu'un venait d'appuyer sur le bouton "pause". Pendant quelques instants, personne ne pris la parole. Le blanc et le brun parce qu'ils étaient en train de digérer ce à quoi ils venaient d'assister, et Logan parce qu'il semblait maintenant perdu dans ses pensées, les yeux rivés au sol et une moue perplexe sur le visage. Il releva lentement la tête et se présenta à son tour, semblant avoir totalement oublié ce qui le tracassait.

- Que me vaut l'honneur de votre présence ici ? demanda-t-il, faisant sortir les policiers de leur torpeur.
- Nous aimerions vous poser quelques questions pour notre enquête, si ça ne vous dérange pas.

Il accepta volontiers mais s'empressa de préciser que si il savait beaucoup de choses, il ne savait peut-être pas tout. Logan laissa entrer les nouveaux venus et les invita à s'installer dans le salon.

- je vous écoute, fit-il en se laissant tomber dans un fauteuil.

Pour la deuxième fois, Yuu tendis la photo au vieil homme cette fois et répéta la question qu'il avait posée à la mamie quelques minutes avant. Comme elle, Logan regarda attentivement l'image quelques instants, examinant chaque détail, arrêtant son regard à plusieurs reprises et à plusieurs endroits, notamment sur le coin où apparaissait la main, sans toutefois changer d'expression. Allen et Kanda attendirent patiemment qu'il donne son verdict et au bout de quelques minutes, il releva la tête.

- J'ai déjà entendu parler de ce genre de phénomène dans le coin. Mais il paraît que c'est une farce des jeunes de la cité. On ne peut être sûr de rien ; surtout que récemment, j'ai entendu dire d'une connaissance que cette main volerait toute seule. Sans fil. Sans corps. Je ne vous cache pas que cette histoire est bizarre.

Cette explication n'aidait pas franchement les policiers. Toutes ces informations, ils en avaient déjà connaissance de part Reever qui leurs avait expliqués tout ce dont il savait en long, en large et en travers, dont ceci. Ce qu'ils voulaient savoir, c'est quand ce genre de chose avait commencé, où et éventuellement pourquoi. Même si cette dernière interrogation resterait en suspend certainement plus longtemps que les autres.

- Nous avons déjà connaissances de ces informations. Est-ce que par hasard, vous sauriez quand ces phénomènes ont commencé à se déclarer ?

Logan parut réfléchir quelques instants avant de reprendre là où il en était :

- La première fois que j'en ai entendu parler, c'était il y a deux semaines. J'ai surpris deux passants en train de discuter de ça. Ils ont mentionné un phénomène similaire au votre qui avait eu lieu la vieille apparemment.

Bien, ils avaient déjà une date approximative. Un points de départ à ne pas négliger.

- Est-ce qu'ils ont mentionné un lieu, un quartier, une rue ou autre ? demanda le brun.
- Laissez-moi réfléchir... fit le vieillard lentement qui se mit a réfléchir en posant son menton sur ses mains jointes. Désolé, mais non. Je ne me rappelle pas avoir entendu quoi que ce soit du genre.

Allen et Kanda hochèrent la tété néanmoins déçus de ne pas avoir un endroit où chercher des indices en plus.

- si vous voulez, je peux me renseigner. Je connais beaucoup de monde ici, je suis sûr de pouvoir trouver quelque chose d'intéressant, sourit le vieux, ravi de pouvoir aider.

Les deux flics acceptèrent volontiers. Avec un peu de chance, ils pourraient en savoir plus grâce à ce type, même si les deux jeunes hommes ne manquèrent pas de remarquer qu'il était plus ou moins louche. Mais c'était avant tout une personnes qui pouvait leur fournir de précieux renseignements, alors ils laissèrent tomber ce sentiment d'inconfort qu'ils ressentaient en présence de Logan. Ils le remercièrent et l'homme les raccompagna vers la sortie. Ils descendirent les marchés de l'immeuble sans se presser.

- Je fais pas trop confiance à ce type-là, confia Kanda à Allen.
- Je sais, moi non plus. Mais pour l'instant c'est la seule personne capable de nous fournir des renseignements, alors on fait avec...

Le brun reteint un juron : il avait bien envie de le trancher en deux ce mec, lui-même ne savait pas pourquoi. Une simple envie. Pas grave, il pourra toujours se défouler sur la pouce de soja.

Comme ils s'y attendaient, plus un seul habitant du quartier ne put leur fournir la moindre information. Ils s'arrêtèrent d'interroger le voisinage en fin d'après-midi et rentrèrent au commissariat, éreintés. La seule personnes qui ne semblait pas fatiguée par la journée qu'ils avaient eue était Reever, qui ne tenait toujours pas en place. Kanda l'assomma avec le manche de son katana et soupira d'aise en savourant la quiétude qui régnait maintenant dans le commissariat. Toute la brigade scientifique s'affairait silencieusement à leurs tâches personnelles au plus grand plaisir du brun qui adorait le silence. Son coéquipier était aussi calme que le reste des employés, trop occupé à manger des sucreries qu'ils s'était dégotées on ne sait trop comment.

En début de soirée, on leur annonça que pour avoir les prochaines directives, il fallait attendre l'arrivée des résultats des analyses qu'on avait fait le jour même. Ils purent donc rentre chez eux tranquillement, on viendrait les prévenir des prochains ordres là-bas. Kanda n'aimait pas quand il fallait attendre les ordres car cela signifiait ne rien faire pendant quelques jours. Et Kanda n'aimait pas rien faire... Mais -presque heureusement- il y avait le Moyashi. Non pas qu'il aimait tout particulièrement passer son temps avec lui, mais au mins il pouvait l'embêter ou faire des paris idiots avec lui. Lui qui n'aimait pas parier parce qu'il trouvait que c'était pour ceux qui n'avaient rien à faire de leur vie, avec Allen, il trouvait ces petites compétitions très divertissantes. Et plus le pari était stupide, plus c'était drôle.

Cette fois, en l'occurrence, ils avaient parié sur lequel des deux arriverait à dégommer le plus de zombies dans une partie d'un de leurs jeux préférés. Les deux jouaient en simultané et s'acharnaient sur les boutons de leur propre manette pour parvenir à devancer l'autre. Au bout de plusieurs minutes, la partie prit fin, désignant le nom de gagnant sur tout l'écran de télévision devant lequel s'étaient installés les deux joueurs. L'un d'eux se leva en poussant un cri de victoire pendant que l'autre jetait sa manette au loin, boudeur.

Allen rit franchement en voyant la tête que tirait Kanda, qui grogna pour montrer son mécontentement. Certes, il aimait bien parier avec Allen, mais seulement quand c'était lui qui gagnait. Le blanc comptait profiter plus longtemps de sa victoire, mais la sonnette de leur appartement retentit, faisant soupirer de soulagement le perdant qui n'avait aucune envie de supporter les sarcasmes de son colocataire. Il se leva pour aller ouvrir, et découvrit à son grand damne un autre chieur de première, comme il disait, à la chevelure de feu.

- Qu'est-ce que tu veux, baka usagi ? grogna-t-il.
- Rho ce que tu peux être méchant, Yuu... se plaint l'autre en feignant une tristesse infinie.
- Je t'ai déjà dit cents fois de ne pas m'appeler par mon prénom...

Sans trop s'attarder sur ce détail, il s'écarta de l'entrée pour laisser passer le nouveau venu. Celui-ci alla saluer gaiement Allen, qui dansait encore de joie à cause de sa précédente victoire.

- Bonjour Lavi, fit-il joyeusement en lui serrant la main. Qu'est-ce qui t'amène ici ?
- C'est Reever qui m'envoie, il veut vous faire parvenir quelques renseignements.

Ça y est, ils allaient reprendre du service. Chacun prit son aise dans le canapé, un pouf ou s'accouda contre le bar de la cuisine, puis le roux raconta tout ce que Reever lui avait demandé de transmettre aux policiers.

Lavi est un jeune homme fougueux qui aime beaucoup les gamineries. Il adore taquiner le kendoka, qui a souvent l'irrésistible envie de le découper en rondelles, surtout en l'appelant par son prénom, chose qu'il haïssait par dessus tout. Il avait d'ailleurs le même âge que Kanda et le connaissait déjà depuis pas mal d'années. Son œil droit était couvert d'un cache-œil lui même partiellement caché sous ses mèches rouges et rebelles qu'il laissait pousser à sa guise. Malgré les apparences, il était quelqu'un de très intelligent qui lisait beaucoup et appréciait s'instruire d'une manière ou d'une autre. Le brun se plaisait à l'appeler par un surnom débile qui ne gênait pas le principal concerné qui avançait la théorie d'une certaine affection du policier envers lui. Il enviait un peu Allen car se dernier vivait avec Kanda et avait la chance de pouvoir le taquiner à sa guise à longueur de journée. Mais outre la légère jalousie qu'il éprouvait, il appréciait beaucoup Allen, s'amusant parfois à l'appeler par le sobriquet que lui avait donné le brun.

Une fois qu'il eu finit d'exposer la situation aux autres flics, il ajouta que le capitaine Leverrier il avait demandé, si ce n'est ordonné, de faire équipe avec eux juste pour cette mission. Kanda reteint un juron ; il avait déjà le Moyashi dans les pattes, si en plus il doit se taper le baka usagi, c'était la fin du monde. Mais bon, il préférait tout de même enquêter avec les deux idiots plutôt que de rester à rien faire un jour de plus.

D'après Lavi, on avait découvert que les substances fluorescentes étaient composées de trucs tout à fait banal, mais ils ont retrouvé également quelques traces d'A.D.N. mêlées au liquide visqueux, sûrement celui de la main. Les traces de sang appartiennent au corps découvert dans la ruelle, qui n'a toujours pas était identifié tellement son état est déplorable. Les policiers n'avaient pas eu l'occasion de voir le corps, et l'envie n'y était pas trop de toute façon. Les médecins légistes ont avoué n'avoir jamais rien vu de tel en matière de boucherie. Ils cherchent toujours un moyen d'identifié le reste du cadavre de la victime.

Un appel à témoins à également était lancé ; toutes les personnes ayant des renseignements à fournir que cette main est priée de joindre la police au plus vite. Reever est apparemment très pressé de découvrir le secret de cette main volante...

Maintenant que les policiers étaient au courant de tout, ils pouvaient se remettre à enquêter. C'est alors d'un pas soutenu qu'ils se rendirent sur le premier lieu d'une longue liste fournie par le capitaine où la main est apparemment apparue. C'était également une ruelle, plus propre cette fois-ci, se situant plus au nord, vers les quartiers modestes. À premières vues, elle semblait déserte. La pénombre que générés les grands immeubles rendait l'endroit plus lugubre qu'il ne devait l'être. Pas un bruit ne parvenait aux oreilles des jeunes gens.

- J'ai l'impression d'être dans un quartier fantôme... Souffla Lavi.

Comme pour le conforter dans son idée, le vent se leva pour chatouiller les cous des policiers, les faisant frissonner. Désert, noir et froid étaient les meilleurs mots pour décrire ce lieu. Non impressionné pas l'accueil plus que sombre qui leur a été offert, Kanda s'avança d'un pas décidé dans la ruelle suivit de près par Allen et un Lavi tremblant plus de peur que de froid.

La première adresse n'était pas une farce : des traces fluorescentes gisaient un peu partout, des murs au sol. Pas de sang. Apparemment, il n'y a pas eu de victime. Les traces étaient d'abord fines, faibles et espacées. Mais plus ils s'enfonçaient dans la ruelle, plus elle étaient imposantes, grandes et rapprochées, elles ressemblaient alors plus à des éclaboussures. On aurait dit un héritage d'une bataille, comme si cette main s'était débattue contre quelque chose. Le fond de la petite rue, qui était en fait une impasse, pouvait confirmer l'hypothèse d'une guerre. Le mur qui marquait la fin de l'impasse était couvert de ces traces fluorescentes, comme si une explosion avait eu lieu, marquant à vie cet endroit lugubre. Alors qu'aucune goute de sang n'a été retrouvée à l'entrée du Long couloir plongé dans l'ombre, ce mur en été marquées. On les distingue comme du noir sur du blanc, dégoulinantes, recouvrant les traces lumineuses.

Mais quelque chose changeait de l'autre ruelle, quelque chose qu'Allen s'empressa de faire remarquer à ses coéquipiers : les traces de sang semblaient suivre une ligne imaginaire, un point en haut du mur. Toutes les traces convergeaient en ce point, puis s'éparpillaient dans tous les sens, comme si elles étaient devenues folles.

Lavi émit l'hypothèse d'un message, ou d'une signature. C'était possible. La disposition des marques avait une certaine symétrie, pas parfaite, mais on pouvait la distinguer.

Pendant que Kanda prenait des photo de la ruelle, Allen ramassait quelques échantillons de ces traces et du sang qu'il mis dans un tube avant de ranger dans un sachet. L'endroit morbide devenait oppressant pour tout le monde, Lavi se dépêcha d'appeler le commissariat pour qu'ils envoie une équipe pour boucler la ruelle et pressa ses amis pour sortir de là.

Bien que cette première ruelle était un indice très satisfaisant, le deuxième lieu, lui, n'était pas un endroit qui faciliterai la tâche des policiers. En effet, c'était une avenue. Pas facile de chercher dans un si vaste endroit. Surtout quand on est que trois. Kanda proposa de revenir plus part ici, quand il y aura moins de monde, et d'aller inspecter un autre endroit. Allen accepta sans rechigner mais Lavi n'avait pas très envie de retourner dans un endroit aussi lugubre que la petite ruelle où il venait d'aller.

Pourtant il n'avait pas trop le choix car les deux policiers partaient sans même entendre son avis. Il fut contraint de les suivre, et c'est avec un soupire qu'il se mit à marcher à la suite de ses compagnons qui se dirigeaient calmement vers la périphérie de la ville.

Kanda vérifia trois fois l'adresse en se répétant qu'il s'est sûrement trompé. Mais à chaque fois, les quelques mots sur le morceau de papier qu'on lui avait remis correspondaient avec ceux présents, en or, sur une plaque en marbre fixée à une grande colonne en pierre.

- C'est alors ici qu'on doit chercher maintenant, fit Allen en regardant à travers la grille qui collait la fameuse colonne. Un manoir...

Devant ses yeux se dressait une magnifique allée de pavés grisâtres qui menait à une imposante bâtisse en pierre blanche et au toit noir. Tout autour poussait des arbres aux feuilles rouges sang, alignés face à face, dans une symétrie parfaite. Malgré le soir qui arrivait, le manoir n'était aucunement illuminé par aucune source de lumière. Il était noir de l'intérieur, rien ne semblait y vivre un temps soit peu. Tout ce paysage paraissait être figé dans le temps, mort.

Lavi se pencha au dessus de l'épaule de Kanda pour lire la plaque. Ehrlich Von Derberg. Ce nom sonnait bien allemand. Sans se poser de question, il leva la main pour appuyer sur le bouton de la sonnette. Un léger grésillement retentit puis une voix grave et rocailleuse retentit dans l'interphone.

- C'est pour quoi ?
- Bonjour monsieur, fit Kanda. Désolés de vous déranger, nous sommes de la police et nous aimerions vous poser quelques questions pour notre enquête, êtes-vous disponible ?
- Attendez, je reviens tout de suite.

Un autre grésillement se fit entendre suivit d'un silence, signe que la personne de l'autre côté du grillage avait raccroché.

- Moi qui pensais qu'il n'y avait personne, je me trompais... souffla doucement Allen.
- C'est vrai que de l'extérieur, ça a l'air vide... renchérit Lavi.
- Je me demande ce qu'on va y trouver...

Un clac jaillit de la serrure du grillage qui fit sursauter les policiers, la faisait s'entrebâiller. L'interphone grésilla de nouveau et la voix de la personne se fit entendre.

- Mon maître est d'accord pour vous voir, je vous pris d'entrer messieurs.

Encore un dernier grésillement pour marquer la fin de l'échange. Poussant la grande porte du grillage pour pouvoir passer, Allen s'engouffra dans l'allée suivi par ses coéquipiers. Ce serait leur dernière inspection de la journée : il commençait déjà à faire nuit.

- Désolés de vous déranger à une heure aussi indécente, monsieur.
- Allons, ce n'est rien. Ce n'est pas tous les jours que mon maître et moi avons de la visite, alors un peu de compagnie de nous fera pas de mal, sourit l'homme de l'interphone une fois que Kanda, Lavi et Allen furent à l'intérieur.

C'était quelqu'un de fin dont la petitesse était renforcée par son costard noir, les cheveux grisâtres et un monocle à l'œil gauche. Il affichait un sourire poli. Nul doute qu'il était majordome. Avec une légère courbette, il invita les policiers à le suivre plus loin dans le manoir, là où son maître se trouvait. Tout le couloir était éclairé par de grands lustres en verre. Ils flics comprirent que les vitres étaient teintées et qu'il n'était pas possible de voir au travers autre chose que du noir à moins d'être à l'intérieur.

Ils entrèrent dans un grand salon, aménagé de meubles à l'aspect ancien mais bien conservés. Assis sur un grand fauteuil de couleur pourpre, une couverture recouvrant ses jambes à partir de la taille jusqu'aux pieds, un homme au grand âge tourna la tête vers eux avec un léger sourire. Il tendis une main gantée vers les policiers que chacun serrant respectueusement.

- Tu peux disposer, Jean.

Ledit Jean se courba avant de sortir de la pièce d'un pas assuré et fière. Polis, aucun des trois nouveaux venus ne pris la parole avant que la personne qu'ils devinaient être Ehrlich Von Derberg ne les invita à s'assoir à face de lui.

- Désolé de ne pas me lever, en ce moment mes jambes ont du mal à m'obéir.
- Ce n'est rien monsieur, c'est à nous de nous excuser pour le dérangement.
- Il n'y a pas de mal. Vous aviez dit venir pour me poser quelques questions, je suis tout ouïe.

Kanda sortit la photo qui n'avait pas quittée sa poche et se leva pour la tendre au vieillard qui la pris et la regarda pendant que le policier formuler sa question.

- Mon dieu... murmura Ehrlich, à la grande surprise des personnes présentes dans la pièce.

Il trembla légèrement en fixant la main fluorescente sur la photo.

- Vous allez bien, monsieur ? s'inquiéta Allen en voyant son visage livide
- Ou-oui, ne vous en faites pas... Dites-moi, où a été prise cette photo ?
- Dans une petite ruelle du centre-ville. Vous avez déjà vu cette main quelque part ?
- Pas la main, non. Mais des traces fluorescentes comme celles-ci, oui...

Les policiers demandèrent plus de précision à ce sujet, curieux de savoir ce qu'ils pourraient apprendre de plus à propos de ces marques. Le vieil homme héla son majordome qui arriva quelques instants plus tard.

- Peux-tu, s'il-te-plait, conduire ces messieurs dans cette salle.

Jean hocha la tête poliment et invita les policiers à le suivre une nouvelle fois. Curieux mais légèrement inquiets, ils marchèrent à sa suite en se demandant ce qu'ils pourraient bien trouver dans cette fameuse salle.

- Nous ignorons ce qu'il s'est passé à l'intérieur, mais je pense que vous en saurez plus que nous, annonça Jean devant une grande porte en bois sculptée.

Il l'ouvrit calmement et alluma la lumière. Le spectacle frappa de plein fouet les yeux des trois camarades qui ne purent s'empêcher un léger mouvement de recul.

Tout était saccagé, ravagé, renversé, sans dessus dessous. Les traces fluorescentes recouvraient tout. Aucune harmonie n'était présente, au contraire de la ruelle précédente. Un ouragan semblait être passé et avait signé son œuvre d'éclaboussures lumineuses.

Un courant d'air s'engouffra dans la pièce et fit frissonner les policiers. Plus ils avançaient, plus le spectacle était horrible à voir. Aucun d'entre eux n'avait envie de savoir ce qui allait se passer ensuite.