Résumé : Orion, Walburga, Alphard, Cygnus, Regulus ... Tous ces Black qui, dans l'ombre, ont écrit de leur sang corrompu une histoire tragique, une histoire sombre, leur histoire. Celle de la très noble et très ancienne maison des Black

Genre : drame familial

Rating : K

Disclaimer : tous les personnages appartiennent à J.K.Rowling ; le titre fait référence aux « Quatre filles du docteur March » de L.M.Alcott

Note de l'auteur : 996 mots : je progresse !

Ecrit pour la communauté Pom Pom Power ; croisade : Cygnus Black ; thème : « mon plus grand regret».

Bonne lecture !

Merci à Tigrou 19 et Philomoon pour leur si gentille review !

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Les trois filles de monsieur Black

Un fils.

Un fils premier né.

Sa sœur Walburga vient de donner naissance à un fils. Elle et son mari l'ont appelé Sirius, comme son grand-père. Sirius Orion Magnus Black. C'est lui l'héritier des Black. Lui et lui seul.

Cygnus sent son cœur se gonfler d'envie, de regret, de jalousie. Lui qui n'a eu que des filles.

Il a beau appartenir à la maison des Black, l'une des plus grandes et des plus prestigieuses familles de Sang-Pur d'Angleterre, il ne constitue que la branche cadette. Combien de fois a-t-il laissé courir ses doigts sur les entrelacs de fils d'or de la grande tapisserie familiale pour en revenir encore et toujours au même constat : c'est Orion qui descend de la branche aînée, et à ce titre lui seul est le véritable héritier des Black.

Certes, le commun des mortels ne s'embarrasse pas de ce genre de considération, mais chez les Sang-Pur, plus encore que le sang et la naissance, la primogéniture et le sexe tracent le destin d'un enfant. Il le sait. Orion le sait. Walburga le sait. Tous le savent.

C'est bien pour ça qu'Orion a épousé Walburga, sa cousine issue de germain, sa sœur à lui, Cygnus, une Black elle aussi. Pour que le nom, l'aura et le patrimoine des Black ne soient pas dilapidés au gré d'alliances avec les autres familles.

C'est bien pour ça que lui il a pu épouser Druella Rosier.

Druella ... Parfaite sous tout rapport, elle ne lui a, hélas, donné que des filles quand il espérait tant un fils. Sans compter que sa santé chancelante a conduit les meilleurs guérisseurs à lui déconseiller vivement d'avoir d'autres enfants. Si bien que Cygnus a dû se résigner, se résigner à n'avoir que des filles.

Trois filles.

Il se souvient du jour de leur naissance comme si c'était hier.

C'est une fille.

Il aurait préférer que ce soit un garçon.

Il est l'aîné de la famille. Il ne compte pas Walburga, c'est une fille ; les filles ne comptent pas, tout le monde le sait. Il lui faut absolument un héritier. Quelqu'un pour perpétuer l'excellence de la famille Black, défendre ses valeurs et hériter du domaine.

C'est une fille.

Il aurait préférer que ce soit un garçon.

Mais tout n'est pas encore joué. Il est dans la force de l'âge ; sa femme est encore jeune et en relativement bonne santé. Ils auront d'autres enfants. Ils auront un garçon. Il a même déjà réfléchi aux prénoms qu'il lui donnera.

C'est une fille.

Il aurait préférer que ce soit un garçon.

Elle est née un matin d'automne. Elle dort dans son petit berceau. Il n'a eu le temps de l'apercevoir qu'un bref instant, de loin, avant que le médicomage ne le pousse sans ménagement hors de la pièce. Pour s'occuper de la mère et de l'enfant. Son enfant. Sa fille.

Au fond, peu importe que ce soit une fille. C'est son enfant. C'est tout ce qui compte.

C'est une fille.

Une autre.

Son cœur s'est serré à cette pensée. Il voudrait tant un fils. Oh bien sûr, il n'est pas l'héritier des Black, mais tout de même, il ne peut pas laisser la branche cadette s'éteindre sans descendance mâle !

C'est une fille.

Une autre.

Elle a de jolis yeux verts, comme les siens. Et une longue mèche de cheveux bruns, comme ceux de sa sœur. Elles n'ont que dix-huit mois d'écart. Il a l'impression de revoir son aînée. Elles se ressembleront sûrement comme deux gouttes d'eau. A part les yeux. Verts. Comme les siens.

C'est une fille.

Une autre.

Les gens vont jaser, comme toujours. Les langues de vipère sont une espèce très résistante, coriace même, qui pullule tout particulièrement lors des grands évènements. Et le mariage de sa sœur Walburga avec l'héritier des Black sera une occasion en or de leur faire remarquer, à lui et à Druella, qu'ils n'ont toujours pas de fils.

Il laissera courir. Que faire d'autre ? Mais il leur montrera à tous de quoi il est capable. La prochaine fois, ce sera un garçon.

C'est une fille.

Encore une.

Une de trop ose-t-il penser. Encore une de trop. A vrai dire ce n'est même pas une pensée, même pas une idée, plutôt un éclair, une intuition, presqu'un filet de brume, mais qui laisse une longue et douloureuse estafilade dans son cœur à vif.

C'est une fille.

Encore une.

Elle a le teint si pâle qu'on dirait une petite poupée de porcelaine. Famille et amis s'extasient, mais Cygnus le sait, les médicomages le lui ont dit, ce teint trop pâle ne cache rien d'autre qu'une faible constitution. Comme celle de son épouse.

C'est une fille.

Encore une.

Druella a failli mourir en couche ; et avec elle l'enfant. Il ne veut pas la perdre. Qu'adviendrait-t-il de lui s'il devait se retrouver veuf et père de trois filles ?

Tout est fini maintenant, il ne peut plus se voiler la face et faire comme si ; ce chapitre est définitivement clos. Les dernières lignes de la famille Black ne seront pas écrites de sa main. Jamais il n'aura de fils.

Elles sont là toutes les trois, penchées sur le berceau comme les bonnes fées dans les contes.

« Oh ! Comme il est mignon !

On dirait une petite poupée ... C'est un vrai bébé ?

On pourra jouer avec lui ?

Oh oui ! On lui apprendra à jouer au quidditch, et comme ça, on sera deux dans chaque équipe ! »

Il sourit, attendri, devant le babillage de ses filles. Elles sont adorables. Il les aime.

Oui il les aime. Est-ce de leur faute après tout si ce sont des filles ?

Et alors qu'il se laisse griser par son amour paternel, une voix enfantine, innocente et pure, transperce soudain son cœur, brise ses rêves et le ramène brutalement à la réalité :

« C'est vrai que ce serait bien si on avait un petit frère ! »

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Alors ? Qu'en pensez-vous ?

Je crois que la chute résume assez bien tout le désarroi de Cygnus Black. En tout cas, je suis contente que ce pauvre homme ait des fans grâce à moi !

La suite demain ! Eh oui, les Black m'inspirent ... Ce n'est rien de le dire !