Chapitre 2 : Autres jeux
Les yeux de Seto s'ouvrirent au moment où le cri de Joey se fit entendre. Mais la situation dans laquelle il se trouvait était pire que d'être réveillé par le hurlement de Joey. Il remarqua immédiatement qu'il portait un piège à ours reliant ses mâchoires. Il ne pouvait pas parler, seulement émettre quelques grognements. Cela signifiait que quelqu'un l'avait kidnappé.
Seto constata également que son petit frère Makuba était étendu par terre. Il essaya de se lever de la chaise à laquelle étaient attachés ses poignets et ses jambes. Le pire dans toute cette situation, c'était que Seto ne pouvait pas appeler Makuba pour voir s'il allait bien. Cette journée ne pouvait pas être pire, si ? Il eut sa réponse lorsqu'un écran de télévision s'alluma pour révéler une marionnette hideuse avec des joues circulaires rouges.
- Bonjour, Seto. J'ai entendu dire que tu aimais les jeux et j'en ai un spécialement pour toi, annonça la marionnette.
Seto lança un regard noir à la télé tout en essayant de se libérer de ses liens.
- L'appareil sur ta tête, comme tu dois le savoir, est un piège à ours. Lorsque la minuterie sera terminée, il déchira inévitablement tes mâchoires. La clé de ta fuite réside dans le gros intestin du cadavre de ton frère ici présent.
Seto trembla de colère, grimaçant. Ce fou voulait qu'il découpe son frère comme de la viande crue. Même si le piège à ours devait lui détruire la mâchoire, il ne pouvait pas charcuter son frère, qu'il soit mort ou vivant. C'était tout simplement dégoûtant ! Outre le fait que c'était son frère, c'était surtout dégoûtant.
L'écran de télévision montra un mannequin avec un piège à ours similaire au sien. La minuterie arriva à son terme et la tête du mannequin éclata. Seto le fixa d'un regard tremblant tandis que la caméra revenait sur la marionnette.
- Le temps file, alors il vaut mieux te dépêcher, termina-t-elle avant que l'écran ne s'éteigne.
Seto se tortilla et lutta pour sortir de la chaise. Bientôt, les liens de ses poignets se défirent et ses mains se mirent à explorer la zone arrière du piège à ours pour trouver un moyen d'arrêter l'appareil. Il remarqua une longue ficelle attachée à la chaise. D'après ce qu'il devina, c'était pour enclencher le chronomètre dès qu'il aurait quitté la chaise. Tant qu'il resterait sur la chaise, le minuteur ne libérait pas le piège à ours.
Seto resta sur la chaise en réfléchissant à un moyen de se sauver sans éventrer son frère. Alors qu'il y réfléchissait, un gémissement s'échappa de Makuba. Les sourcils de Seto se haussèrent, et il tourna son regard vers lui. Ce détraqué avait essayé de le forcer à tuer son frère. De nouveau, Seto éructa de colère. Il laissa échapper un grondement que l'on pouvait traduire par 'Ce fils de pute ! Il essaie de me faire faire son sale boulot !'
Makuba avait été drogué et il ne faudrait pas longtemps avant qu'il ne se réveille. Seto demeurait là où il était jusqu'à ce qu'il trouve un plan d'évasion. Ça prendrait du temps.
Téa était allongée sur une sorte de machine en mouvement. Ses yeux s'ouvrirent lentement tandis qu'elle réalisait plusieurs choses. L'une d'elles était qu'elle avait les mains et les pieds attachés et qu'elle était bâillonnée. Une autre était qu'elle se trouvait sur un tapis roulant en direction d'une fournaise. Elle remarqua également un coffre auquel la corde qui tenait ses mains était reliée.
La jeune fille se mit immédiatement à quatre pattes avant de trouver un magnétophone. Elle le prit et appuya sur play.
- Bonjour, Téa. Je parie que tu te demandes où tu es et pourquoi tu es ici. Tu es attachée à un coffre duquel ton petit-ami essaie de sortir. Dans quelques minutes, des gouttes de métal en fusion se répandront sur toi. La fournaise va vous brûler toi ou ton petit-ami à l'intérieur. Si tu ne te dépêches pas, tous tes amis mourront aussi et pas seulement ton petit-ami. Vivre ou mourir, à toi de choisir.
Et le magnétophone s'arrêta.
Téa savait qui était avec elle : c'était Yûgi. Elle pensait Yami sans savoir que lui et Yûgi étaient séparés à cet instant. Elle savait que Yûgi trouverait une quelconque solution mais, alors qu'elle y réfléchissait, elle remarqua un liquide chaud, jaune et orangé. Elle inspira par le nez alors que des gouttes de métal brûlant commençaient à tomber tout autour d'elle.
La jeune fille agrippa le coffre en essayant d'éviter les gouttes, se disant qu'elles pourraient peut-être lui servir. Téa cibla l'endroit où le métal en fusion tombait et y dirigea la corde qui lui reliait les mains. Les gouttes brûlèrent une partie de sa main mais ce fut assez pour défaire ses liens. Maintenant, elle devait comprendre comment sauver Yûgi. Ils étaient tous deux sur un tapis roulant, à quinzaine de mètres de hauteur. Téa ne voulait pas que Yûgi brûle dans la fournaise ou ne meure en heurtant le sol.
De plus en plus de gouttes de métal pleuvaient et Téa se tortillait pour éviter de se faire brûler. Il y avait aussi la fournaise qui approchait. Le seul moyen de s'échapper était d'aller dans le sens inverse. Téa utilisa toutes ses forces pour pousser le coffre dans le sens contraire de celui du tapis roulant. C'était très lourd et la fournaise gagnait du terrain.
- YÛGI ! TIENS BON ! s'écria Téa de l'extérieur du coffre.
- Téa, c'est toi ? répondit faiblement Yûgi. Où sommes-nous ?
- J'en ai aucune idée ! Une espèce de dingue veut que nous jouions une sorte de jeu.
- J'ai remarqué. Attends une seconde et je te rejoins, fit Yûgi.
Téa entendit le coffre s'ouvrir et son ami en sortit. La première chose qu'elle remarqua fut la main sanglante de Yûgi incrustée de verre.
- YÛGI ! QU'EST-CE QUE… ? s'exclama-t-elle.
- Tout va bien, Téa. Sortons d'ici avant que nous finissions en sardines grillées, coupa Yûgi.
Les deux adolescents coururent dans la direction opposée à celle que leur faisait prendre le tapis roulant. C'était très long, mais ni Yûgi ni Téa n'étaient prêts à abandonner. Du sang coulait de la main de Yûgi et Téa savait qu'ils devaient se dépêcher.
Il y avait une corde juste devant eux. Téa attrapa Yûgi par sa main non blessée et glissa sur la corde. Ils atterrirent tous deux sur le sol dans un bruit sourd. Ils étaient en sécurité, pour le moment. Téa prit la main de Yûgi pour en enlever le verre, ce qui le fit grimacer de la douleur.
- Ce psychopathe t'a eu, Yûgi, murmura Téa. Es-tu sûr que tu vas bien ?
- Je vais bien. Je suis plus inquiet pour Yami. Je pense que ce cinglé a pris mon puzzle. Au moins, Yami est doué avec les jeux mortels.
- Tu veux dire qu'il a le Pharaon?
- J'en ai peur. J'espère qu'il va bien.
Un écran de télévision s'alluma après que Téa ait enveloppé la main de Yûgi dans son manteau. Une marionnette apparut devant eux et les enfants lui lancèrent deux regards noirs.
- Je vois que vous vous en êtes sortis tous les deux. La plupart de mes victimes ne survivent jamais à un jeu et d'autres sont brisées, mais, vous, vous êtes sains et saufs, en bonne santé mentale, déclara le marionnettiste.
- Mouais. Tout le salaire de mon grand-père va passer dans les soins de ma main, mais vous allez me dire où se trouve mon puzzle ! s'exclama Yûgi.
- Il est sur le toit, où un jeu t'attend.
- Oh génial ! Un autre jeu. Une autre main blessée, juste ce dont j'ai besoin ! Est-ce que vous allez me tremper dans de l'essence aussi ?
L'écran du téléviseur s'éteignit et Yûgi se mit à courir. Téa lui attrapa le bras, une profonde peur dans les yeux.
- Ne pars pas, Yûgi. Ça pourrait être un piège ! l'avertit-elle.
- Je dois sauver le Pharaon. Il a besoin de moi.
Yûgi dégagea son bras de sa prise et monta l'escalier. Téa courut après son ami, mais une porte se referma juste devant elle. Téa et Yûgi étaient séparés et il n'y avait rien que la jeune fille puisse faire. Elle devait rejoindre Yûgi et trouver le reste de leurs amis. Elle espérait du fond du cœur que tout irait bien pour lui. Des larmes s'échappèrent de ses yeux et roulèrent sur ses joues.
De la sueur perlait sur le visage de Joey. Le son de la perceuse se faisait entendre et il se rapprochait de plus en plus. S'il ne trouvait pas rapidement un moyen de s'échapper, la perceuse lui ferait un trou dans le dos et dans le cœur. Il savait que ses amis comptaient sur lui pour rester en vie, surtout s'ils étaient autant impliqués que lui. Joey commença à songer à Yûgi.
'Que dirait Yûgi dans une telle situation ?' pensa-t-il.
'N'abandonne pas !' C'était ce que Yûgi dirait et Joey le savait du fond de son cœur. Il y avait un moyen d'échapper à ce bordel et il devait se débrouiller où la perceuse allait le transpercer.
La perceuse commença à toucher le dossier de la chaise, ce qui fit tressaillir Joey. Il se pencha en avant aussi bas que possible. En faisant cela, il remarqua la raison pour laquelle il ne pouvait pas partir avec la chaise : elle était magnétique. La chaise agissait comme un amant avec le sol. Joey eut alors une idée. Il esquissa un sourire alors qu'il faisait glisser la chaise, utilisant ses pieds, loin de la perceuse. La chaise ne pouvait pas être soulevée mais elle pouvait glisser.
- AH ! PRENDS ÇA, PSYCHOPATHE ! exulta-t-il. Maintenant, occupons-nous d'enlever ces chaînes.
La perceuse tournait toujours et cela donna une idée à Joey. Il fit glisser la chaise dans un angle où la perceuse casserait les chaînes au lieu de percer un trou dans son dos. Après que les chaînes se soient cassées, Joey bondit sur ses pieds et courut vers la porte. Il déboucha dans un couloir sombre et effrayant mais il n'était pas d'humeur à avoir peur. Il devait trouver un moyen de sortir de cet endroit. Il vit une porte par-dessous laquelle filtrait de la lumière.
Pensant que son kidnappeur était à l'intérieur, Joey se précipita dans la pièce, qui était une salle de bain. Il poussa un cri de surprise en avisant Mai et Sérénity, chacune attachée à un tuyau et bâillonnée. Un magnétophone se trouvait dans un lavabo vide avec l'inscription «Ecoutez-moi». Joey prit l'appareil et appuya sur play.
- Je vois que tu t'en es sorti vivant, Joey. Tu remarqueras que ta sœur et ta petite-amie sont toutes deux ligotées. Chacune d'elles a une bombe dans la bouche. Tu dois trouver la clé avant 5h15 ou les bombes exploseront. Mais voilà, chaque verrou est déverrouillé par une clé différente et si tu en déverrouilles un, l'autre bombe se déclenchera. Quelle fille vas-tu sauver ? Laquelle t'est la plus précieuse ? C'est ce que tu décidera. Que le jeu commence.
- ESPÈCE DE BÂTARD ! OÙ ES-TU ? JE VAIS TE TUER POUR ÇA ! hurla Joey avant d'entendre les cris étouffés des deux filles. Accrochez-vous !
Joey essaya d'enlever la courroie qui tenait leur bouche fermée, mais le tissu était trop serré et il n'avait rien de tranchant pour la couper. Il regarda l'horloge au-dessus de lui, qui indiquait 4h30. Il n'avait que 45 minutes pour libérer les filles sans en sacrifier une. Il décida de chercher les deux clés tout en réfléchissant à comment sauver les deux filles sans tuer l'une d'entre elles.
Une larme roula sur la joue de Sérénity. Elle sentit son frère prendre son visage en coupe.
- Tout va bien, Sérénity. Je vais te sauver, et Mai aussi. Je promets que rien ne t'arrivera, promit Joey.
Sérénity hocha la tête et il continua à chercher les clés à droite à gauche.
