OK, presque un mois pour la suite, voilà pourquoi j'évite les fics « à suivre » en général. Donc chapitre deux, qui reprend quelques temps après le premier. Et je crois que j'ai enfin trouvé le ton et là où j'allais. Ca se ressent…

Bonne lecture !


« …et il va falloir que tu sois capable de lui – »

Killian s'arrêta de parler devant l'air horrifié d'Emma. Il s'attendait bien évidemment à ce qu'elle soit réticente, mais le regard qu'elle posait sur lui laissait croire qu'il venait de suggérer le massacre d'un village entier. Tout son être semblait rejeter l'idée du pirate. Les yeux de celui-ci l'observaient, jaugeant la situation. Pendant la bataille, les cheveux de la jeune femme s'étaient échappés du ruban qui les retenait jusqu'à présent et volaient librement autour de son visage. Hook sentit sa main le démanger pour replacer les mèches rebelles derrière son oreille.

Qu'est-ce que tu fais pirate ?

Il retint son geste. Il avait failli lever son bras gauche…

Vraiment Killian ? C'est la seule chose qui t'a retenu ?

Face à lui, elle secouait la tête, toujours choquée par ce qu'il venait de lui proposer – ordonner. Il se redressa et se tendit, sentant qu'elle allait exprimer sa pensée. A voix haute. Il fallait qu'il tienne sa position.

« Il est hors de question que j'arrache le cœur d'un enfant ! »

« Pas un enfant Swan. Ce ne sont pas des enfants. »

« Il est hors de question que j'arrache le cœur de quelqu'un ! Point !»

Il ferma les yeux, frustré, et laissa le roulis du Jolly Roger le bercer un instant. Bien sûr, elle allait être difficile à persuader. Mais c'était leur meilleur choix. Cela échouerait s'il le faisait pour elle, il le savait. Il le sentait. Le cœur du môme – créature – ne survivrait que si elle le prenait. L'île lui avait redonné son pouvoir, à elle seule. Et Neverland décidait tout ici, qui vivait, qui mourrait, qui s'échappait. N'en déplaise à l'Ombre. Neverland tolérait l'Ombre. Mais avait choisi Emma.

Killian avait juste espéré qu'il n'aurait pas trop à se battre pour le lui faire comprendre.

Il bougea imperceptiblement la tête pour détendre sa nuque. La journée n'avait pas été des plus calmes et il sentait chaque muscle de son corps protester. L'adrénaline courait dans ses veines telle une drogue, le bout de ses doigts le picotait, ses nerfs semblaient vibrer. D'un geste peut-être trop brusque pour camoufler son ressenti, il essuya la sueur de son front et planta son regard dans le sien.

Ils n'avaient pas le temps.

« Je ne vais pas te mentir mon cœur, je préfèrerais me charger du sale boulot et te laisser la manipulation. Ce ne serait pas le premier cœur que j'arrache. »

Le visage d'Emma se tendit imperceptiblement et son regard se porta malgré elle sur le corps sans vie qui gisait derrière lui. Il n'avait pas eu le choix, elle le savait, mais le pirate la sentait heurtée par la violence dont il avait fait preuve et surtout son absence d'hésitation à plonger son sabre dans le corps d'un enfant.

Ce n'est pas un enfant Killian, ne l'oublie pas toi non plus.

Il posa un instant les yeux sur le deuxième corps hâtivement ligoté, inconscient celui-là. Elle avait été plus clémente que lui, ce qui aurait pu lui coûter cher. Imbécile. Mais le cœur du gamin battait encore et il allait falloir l'utiliser à leur avantage.

« On le met en cale et on attend les autres – » commença-t-elle.

Les autres…

Pourquoi fallait-il qu'ils se retrouvent tous les deux seuls dans ces moments-là ?

« Swan, ils ne reviendront pas avant plusieurs heures, probablement juste avant la tombée de la nuit s'ils ne sont pas sui – »

« La nuit peut tomber dans deux minutes », le coupa-t-elle soudain, butée.

« Non. »

Elle le défia du regard, comme pour le forcer à se justifier. Il avait vécu des siècles dans ce monde. Il en maîtrisait l'absence de règles. Le jour durerait encore quelques heures. Et il fallait qu'ils mettent ce temps à profit : quand la nuit tomberait, il serait trop tard pour agir. Et plus qu'une opportunité de retrouver Henry, c'était leurs vies qu'ils perdraient.

« Je ne vais pas arracher de cœur. », répéta-t-elle, sa main serrant le bâton qu'elle tenait toujours.

Imbécile et têtue.

Il perdit en un instant son calme apparent – vite, trop vite. « Oh bon sang Swan, je n'ai pas le temps d'attendre que tu fasses la paix avec ta conscience ou que ta mère pèse le pour et le contre, et choisisse le chemin des héros ! L'opportunité est trop précieuse, tu le sais, nous ne pouvons PAS attendre ! »

Il se retenait de la secouer. Il s'était déjà disputé avec elle quelques heures – jours ? – auparavant et il n'avait pas envie de recommencer. Sauf qu'il était lui aussi sur le point de craquer et qu'échapper plusieurs fois à la mort aujourd'hui l'avait rendu étrangement plus suicidaire qu'il ne l'avait été depuis le début de leur périple. Et puis qu'allait-elle faire ? Le frapper ? L'assommer ? Il était fatigué de lutter. Fatigué de les faire tous avancer, tenir ensemble. Des semaines à chercher, à faire des compromis, à leur faire accepter ses décisions. A composer avec … d'autres que lui-même. Faire partie de l'aventure avait un prix qu'il commençait juste à comprendre.

Il n'était pas leader, il était capitaine. Et un capitaine donnait des ordres. Il n'avait pas à être admiré. Ni aimé.

Un capitaine ne négociait pas.

Sauf que menacer Swan de la planche n'y ferait rien, elle ne l'écouterait que si elle lui faisait confiance.

Swan. Confiance.

Il n'arriverait à rien en la ménageant, il le sentait. Au diable la prudence. Elle voulait retrouver son fils ? Elle allait devoir comprendre comment les guerres se gagnaient. Ce n'était jamais beau ni noble, n'en déplaisent les belles histoires qu'elle avait pu entendre.

« Oh si, tu vas arracher ce cœur. Et si cela échoue, je m'occuperai moi-même de terminer le boulot ! » cingla-t-il en levant son crochet.

Abaisse ton bras, recule, Killian. Elle va croire que c'est elle que tu menaces.

Paradoxalement, elle fit un pas en avant, envahissant son espace personnel.

« Tu n'oserais pas… »

« Tu crois quoi ? Il est déjà mort de toute façon ! cracha-t-il. Pour être honnête, c'est peut-être le seul moyen de sauver sa vie, si tant est qu'on puisse appeler cela une vie. Je ne suis même pas certain qu'il ait encore un semblant d'âme à lui… »

« Qu'est-ce que… »

« Mais ouvre les yeux bon sang ! Ils ont échoué dans leur mission, que crois-tu que l'Ombre va leur faire ? Tu crois qu'Elle va faire preuve de clémence ? Tu crois que Peter Pan autorise l'échec de ses troupes ? »

Il criait maintenant, toute mesure oubliée. La digue lâchait.

Retiens-toi. Prudence. Et s'Il entendait ? Non, il ne vient que la nuit…

« Ce n'est pas… »

« Quoi, ce n'est pas l'histoire que tu as entendue ? Bordel Swan, oublie tout ça ! »

Elle recula, son regard évitant le sien pour se porter sur l'île, au loin. Il soupira. Elle n'avait pas élaboré sur ce qu'elle connaissait de Neverland mais il ne lui avait fallu que quelques phrases pour comprendre que ce qui se racontait dans son monde n'était que sornettes. Elle aurait fait confiance aux gamins perdus. Elle touchait aux fleurs. Elle pensait que Tigerlily était la fille du chef. Mieux valait qu'elle ne connaisse jamais la vérité sur celle-ci…

Et pourtant, malgré les idées aberrantes qu'elle pouvait avoir sur l'île, celle-ci… l'accueillait. Il ne comprenait pas pourquoi. Mais le désordre immuable de Neverland s'apprêtait à changer, il le sentait. Il percevait ce bruit sourd, ce frémissement d'avant la bataille. Ce moment où le temps s'arrête pour s'accélérer soudain ensuite.

Les Indiens l'avaient senti aussi. Ils n'étaient pas restés longtemps, la tribu était en alerte et peu encline à les aider. Ils avaient prétendu qu'ils ne savaient rien. C'était peut-être vrai. Mais au moment de quitter le campement, le vieux sorcier avait attrapé le bras de Killian et, les yeux plantés dans les siens, l'avait remercié. Le pirate avait froncé les sourcils et l'autre avait simplement ajouté « Pour les enfants à venir. Pour la mort que je vais enfin connaître. » Puis il avait souri et s'était retiré.

Le frisson qui avait parcouru sa colonne vertébrale à cet instant avait duré des heures. Emma n'était peut-être pas uniquement là pour sauver Henry.

Mais pourquoi me remercier moi ?

Il secoua la tête.

« Ecoute, reprit-il plus calmement, nous avons besoin de cela. Ces deux-là se sont aventurés sur le Jolly Roger en plein jour, alors qu'ils savaient que nous ne serions pas à bord. Ils ne voulaient pas tomber sur nous. Si nous n'étions pas revenus plus tôt, il aurait pu s'écouler des jours, voire des semaines, avant que je ne remarque que le sextant manquait. »

Ledit sextant reposait par terre, à quelques mètres d'eux. Le voleur ne l'avait pas lâché pendant la bataille. Il avait même attaqué le premier afin d'augmenter ses chances de s'enfuir avec. Il ne lui avait échappé des mains que lorsque la vie l'avait quitté.

Ce n'était qu'un vieux sextant pourtant. Même pas celui dont il se servait. Celui-là traînait sur une étagère de la bibliothèque dans ses quartiers, à prendre la poussière depuis des lustres.

« Pourquoi ont-ils volé ce truc ? » demanda Emma en pointant l'instrument du menton.

Bonne question. Il ne se souvenait même plus comment –

« A qui l'avais-tu pris ? » reprit-elle, comme lisant ses pensées.

Il haussa les sourcils, un instant amusé qu'elle ait si vite assumé l'origine peu légale du sextant.

« Je ne sais plus. Il était dans – »

Il s'arrêta, fronçant les sourcils. C'était Milah qui avait retrouvé le sextant dans un coffre, dans une cale, et qui l'avait utilisé pour décorer la bibliothèque. Se pourrait-il que…

Ne cherche pas le destin là où il n'y a probablement que le hasard.

Il secoua la tête.

Oui, mais Peter Pan a Henry. Et elle a un lien avec Henry. Et… Peut-être.

Swan l'observait en silence, la tête inclinée, les yeux plissés.

« Un vieux coffre, reprit-il, dans le navire. Il a toujours été sur le Jolly Roger je crois »

Elle fronça les sourcils à son tour.

« A qui appartenait ce bateau ? »

Il haussa les épaules. Il n'était qu'un pirate quelconque parmi les autres à l'époque, avec un capitaine de pacotille qui semblait se faire voler son Black Pearl toutes les semaines. Ils étaient encore bloqués dans un port ce soir-là, et il avait abusé du rhum, comme trop de fois avant Milah. A l'aube, il s'était réveillé sur le pont du Jolly Roger. En pleine mer. Le navire était vide et lui ne se souvenait de rien.

Il était devenu capitaine ce matin-là.

« Je ne sais pas Swan. Je ne sais pas qui possédait le bateau. Ou le sextant. Ou pourquoi ils le veulent. Pourquoi ils ont voulu être discrets. Pourquoi maintenant et pas lors de mon dernier séjour à Neverland. »

Il fit une pause. Elle restait silencieuse. Il disait la vérité après tout. Mais il leur manquait de précieuses réponses. Et tous deux sentaient que le destin d'Henry, que leur destin à tous, était pour une raison ou une autre lié à l'instrument. Il allait falloir le cacher. Et chercher la vérité, pour Henry et pour le sextant.

Il planta son regard dans le sien, son calme retrouvé. Elle évita ses yeux à nouveau.

Bien.

« Mais il existe un moyen d'obtenir des réponses. »

Il la sentit vaciller. Quelques instants et…

Elle soupira, vaincue. La réalité gagnait toujours avec elle. Elle secoua la tête, ferma le poing gauche puis l'ouvrit, laissant ladite réalité s'imprimer. La nécessité faire loi en elle. Puis elle releva les yeux, résignée.

« Comment ça marche ? Je veux dire, je plonge juste ma main et… »

« Non, tu dois faire le vide dans ton esprit d'abord. Te couper de tes sentiments. Et visualiser le cœur. Puis, comme si tu attrapais un oiseau, en douceur mais prestement, tu t'en saisis. »

La jeune femme ne disait rien. Cela paraissait si simple exposé ainsi. Mais lui savait qu'il fallait de la force, qu'il fallait détacher le cœur du corps, de l'âme. Que la victime pouvait résister, en mourir.

« Comme ça ? Juste… »

Les yeux toujours planté dans les siens, il secoua la tête. Non, pas comme ça.

« Il faudrait que tu t'entraînes, mais… »

« Mais nous n'avons pas le temps. » termina-t-elle, presque fataliste.

Il hocha la tête. Face à lui, elle se mordait la lèvre, indécise.

« Si j'échoue, si je lui …transperce la poitrine… »

C'était un risque. Une forte probabilité. Il jeta un œil sur le corps encore inconscient. Il ne se souvenait pas de celui-ci, peut-être était-ce un nouveau. Ce serait plus facile. Mais il allait se battre, et sans entraînement, elle risquait de le tuer. Il ignorait quelle réaction elle aurait alors…

Elle avait souffert. Elle avait volé. Elle était forte et rebelle. Il savait que son cœur était résistant.

Mais pur. Trop pur pour ce qu'elle s'apprêtait à faire.

« Tu ne peux pas ? reprit-elle. Avec Aurora, tu as bien – »

Il secoua la tête.

« Non. Pas ici. Pas à Neverland. »

Elle posa enfin le bâton qu'elle tenait à la main depuis de longues minutes et essuya ses paumes sur le pantalon de vieille toile qu'elle avait trouvé dans une malle. Elle ressemblait réellement à un corsaire maintenant, pensa-t-il.

« Ton cœur doit être plus fort que le sien, reprit Hook avec douceur. Il doit le… soumettre. Pour qu'il se laisse faire. »

« Je vais le tuer »

C'était un constat. Il soupira.

« Il est déjà mort. S'il revient sans avoir rempli sa mission, Peter Pan va – »

« Alors pourquoi ne pas l'interroger ? Le garder avec nous ? Si Pan le tue avant que nous puissions avoir nos réponses, pourquoi – »

« C'est déjà trop tard ma belle. Et il ne parlerait pas. Il nous mettrait juste tous en danger. »

Elle soupira et passa nerveusement sa main dans sa chevelure, tentant enfin de la dompter. Il lisait le conflit qui l'habitait.

« Alors je vais le tuer. En tentant de lui arracher son cœur ou après. »

« Je le ferai quand ce sera nécessaire, la coupa-t-il. Après. Inutile de pourrir ton cœur à toi aussi »

Elle ne dit rien. Il n'y avait rien à dire.

Il ne la sentait pas prête. Elle doutait trop. Elle réfléchissait trop. Elle vibrait de magie, lui-même pouvait le sentir, mais elle ne savait pas la canaliser. Elle en avait peur. Et le doute menait à l'échec dans ce monde.

Autant achever le môme tout de suite. Il était déjà perdu.

A quelques mètres de lui, Emma s'était détournée et appuyée sur le bastingage, perdue dans ses pensées. Il aurait voulu…

Voulu quoi, Killian ? Que peux-tu lui proposer ? Elle va devoir arracher ce cœur et risquer le rouge du sien. En as-tu un autre à lui offrir ?

L'évidence le frappa soudain.

« Arrache le mien d'abord. »

« QUOI ?! » Elle s'était retournée brusquement, les yeux écarquillés.

« Arrache mon cœur d'abord. Pour t'entraîner. »

L'incompréhension se lisait sur son visage et elle secouait la tête frénétiquement, comme pour chasser ses mots, les mains soudain agitées.

« Mais c'est – »

« – la meilleure idée qui soit, la coupa-t-il enfin sûr de lui. Je te fais confiance, Swan, donc je ne vais pas lutter. Tu comprendras comment ça marche. Tu pourras tenter de… d'agir à ma place. C'est sans risque. »

Elle plissa les yeux, peu convaincue.

« Tu mens. » Simple affirmation.

Imbécile, têtue et apparemment pas dupe.

« OK, il y a un risque. Mais… Bon sang, fais-moi confiance sur ce coup-là. Fais-toi confiance. » , s'anima-t-il.

Fais-nous confiance.

Il n'avait pas peur. C'était soudain une évidence. Elle allait lui arracher le cœur. Le remettre. Puis faire pareil à l'autre. Et tout irait bien.

Tout ira bien. Depuis quand n'as-tu pas… Non. Ne va pas là Killian. Pas encore.

Elle faisait les cent pas sur le pont maintenant, la main toujours dans les cheveux. Secouant la tête. Elle s'arrêta soudain et se retourna vers lui. Prit une inspiration.

« OK. »

Elle expira.

« OK, je vais t'arracher le cœur. »

Elle s'approcha doucement de lui, respirant profondément.

« Comme un oiseau, c'est ça ? »

« Comme un oiseau », confirma-t-il en se débarrassant de son manteau.

Ne pas réfléchir. Faire confiance.

« Ma mère serait meilleure que moi à ce jeu-là » dit-elle nerveusement. Elle mordit sa lèvre à nouveau.

Elle était maintenant devant lui, leurs pieds se touchaient presque. Calmement, contrôlant toujours sa respiration, elle posa sa main gauche sur son épaule puis la droite sur sa poitrine. Ses yeux cherchèrent les siens. Il la regardait, sans perdre un seul de ses gestes, calme en apparence. En douceur, elle écarta les pans de la chemise et sa peau toucha la sienne, juste au dessus de son cœur qui battait la chamade.

Il se retint de fermer les yeux et ancra son regard dans le sien.

« Tais-toi », souffla-t-elle.

« Je n'ai rien dit. »

« Tu vas me faire croire que tu n'allais pas en profiter ? Aucune insinuation ? »

Elle indiqua du menton sa main posée sur son torse.

Oh.

Le croirait-elle s'il lui disait qu'il n'avait pas pensé un instant à commenter la situation ? Le croirait-elle s'il lui disait que la main sur son épaule était plus responsable des battements incontrôlés de son cœur que tout le reste ?

Que les derniers mots de la jeune femme avaient paradoxalement commencé d'arracher celui-ci ?

Il se tut.

Elle expira longuement et il sentit la main sur son épaule se crisper. Sans réfléchir, il leva son bras droit et posa la sienne par-dessus, la pressant avec douceur alors que son pouce la caressait inconsciemment.

Puis il ferma les yeux.

« Swan… »

Il devina qu'elle stoppait son geste et la sentit commencer à reculer. Il l'arrêta d'une pression de la main, les yeux toujours fermés. Il entendit sa respiration s'accélérer.

« Mon cœur… Il… »

Il s'arrêta, déglutit. Puis, dans un souffle :

« Ne sois pas surprise par la couleur. »

En silence, elle entrecroisa ses doigts avec les siens.

Puis sa main plongea.

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Quand il rouvrit les yeux, elle tenait son cœur au creux de sa paume. Palpitant. Du plus pur des ébènes.


Oui, le chapitre s'arrête là. Et non, le suivant n'est pas encore écrit. La vie est cruelle parfois. Mais en même temps, ça va me forcer à le rédiger plus vite, donc… allez, on va dire une semaine, par prudence. En attendant, continuez à ne pas commenter, vous savez que je fais pareil ! (mais si l'envie vous prend, hein, je serai heureuse aussi !)