Julie se réveilla en sursaut. Elle parcourut son visage à l'aide de ses mains dans des gestes brusques et soupira, rassurée de voir que ce n'était qu'un rêve. Elle se remémora la véritable rencontre entre elle, John et Sherlock.
Ce jour-là, Julie avait braqué un tabac avec une arme. Elle y était obligée, étant orpheline, elle vivait dans la rue et n'avait pas d'argent. Si elle voulait vivre, ou plutôt survivre, il fallait qu'elle ait recours à ce genre de pratiques, même si elle n'en était pas fière. Heureusement que la jeune fille était tombée sur John et Sherlock. Surtout sur John, car grâce à lui et son grand cœur, elle avait été adoptée pour éviter le camp de redressement. Quelques coups de fils de la part de Mycroft après que son frère lui ait expliqué la situation et le tour était joué.
Enfin, tout cela était du passé.
Elle prit une douche avant de s'habiller et de mettre un léger trait d'eyeliner.
_ Bonjour ! Dit-elle à l'attention des hommes qui se trouvaient dans la salle à manger.
_ Bonjour ! As-tu bien dormi ? Demanda le médecin en croquant dans une tartine.
_ Euhm … Oui. Je vais me faire du thé ! S'empressa-t-elle de répondre pour éviter de parler de son rêve...
_ Il y en a déjà sur la table, Julie. Répondit Sherlock qui avait remarqué sa gêne naissante.
_ Zut. Je ne dois pas encore être parfaitement réveillée ! Elle sourit en s'installant à table et prépara son petit plateau.
Plusieurs minutes passèrent durant lesquels ils parlèrent de tout et de rien. Le détective préféra ne rien dire face au stress caché de la jeune fille. Quelque chose la tourmentait, c'était évident.
_ N'oublie pas que nous t'emmenons au lycée aujourd'hui. Il faut que nous enquêtions sur la menace de bombe visant votre établissement. Rappela John en se levant pour aller se préparer.
_ Ah oui, celle qui a été postée sur un forum de jeunes ou de geeks, un truc du genre.
Sherlock acquiesça d'un hochement de tête. 20 minutes étaient passées et tout le petit monde était enfin prêt.
Il était à présent l'heure de se mettre en route.
_ John , n'oublies pas les clefs !
_ J'arrive !
Ils prirent un taxi, comme à leur habitude. John et Sherlock étaient assis face à Julie, qui observait le paysage défiler sous ses yeux. Un long silence s'installa avant qu'elle ne prenne la parole, sans bouger son visage de la fenêtre.
_ J'ai rêvé de notre première rencontre cette-nuit … Dit-elle, légèrement bouleversée.
_ Ah oui ? Demanda John tandis que Sherlock écoutait attentivement, comprenant alors que c'était cela qui tourmentait la jeune fille depuis son réveil.
_ Oui. C'était assez affreux à revivre je dois dire… Sauf que vous étiez des sortes de gardes et moi une tueuse de Roi. Je ne sais pas à quelle époque nous étions dans mon rêve mais c'était bizarre. Par contre, mis à part ça, le reste était intact ... La course-poursuite, l'embuscade, l'impasse, le-
_ Ça remonte à 3 ans, Julie. C'est du passé. Répondit John en posant sa main sur celles de son amie.
_ ... Oui, je sais…
Le reste de la route se fit dans un silence pesant.
Devant l'entrée du lycée, Julie adressa un grand sourire à ses tuteurs.
_ Bonne journée, et pensez à moi !
_ Pourquoi donc ? Demandèrent-ils ensemble, perplexes.
_ Parce-que je hais le lycée, vous vous rappelez ? dit-elle en arquant un sourcil en souriant, moqueuse.
_ Ah. Oui … Ne t'inquiète pas, nous penserons à toi.
Julie sourit avant de leur faire la bise. Elle se dirigea enfin vers la grande cour d'un pas lent.
_ Tu vas être en retard si tu continues comme ça. Menaça Sherlock en cachant son amusement.
_ Ce serait si atroce que ça ? Demanda-t-elle sans se retourner et en traînant théâtralement les pieds.
_ Juliiiie … S'impatienta le détective, sourire en coin. Face au ton employé par son ami, la jeune fille gloussa légèrement avant de presser le pas pour prouver sa bonne foi.
Les 2 amis sourirent ensemble, ils étaient bien contents d'être les tuteurs de cette jeune fille. Elle n'était pas parfaite mais avait des notes satisfaisantes, était très aimable, drôle, polie, tête de mule, insouciante et attachante … Oh oui … Qu'est-ce qu'ils l'aimaient.
