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La fille avec qui elle était assise durant son premier cours s'appelait Victoria. Elles s'étaient rencontrées en septembre, le premier jour des cours. Elles étaient aussi amies avec un garçon du nom de Sullivan que tout le monde appelait Sully. C'était une personne drôle et un peu exubérante. Beth comprit vite que Victoria était persuadée que Sully avait le béguin pour Beth. La jeune femme ne cessait de lui lancer des regards suggestifs tandis que Sully lui expliquait le dernier cours d'Éducation. Vers midi et demi, les trois amis se dirigèrent vers le Subway au coin de la rue. Lorsqu'ils pénétrèrent dans le restaurant, le regard de Beth se posa sur un garçon à peine plus vieux qu'elle. Les cheveux châtains, une casquette de base-ball visée sur la tête. Avant qu'elle n'ait pu se retenir Beth s'entendit l'appeler :
— Zach !
Ce dernier, qui riait avec ses amis, se tourna vers elle. Il sourit et Beth crut, pendant un instant, qu'il la reconnaissait.
— Oui ? On s'est déjà parlé, non ? Beth, c'est ça ?
— En effet. Tu te rappelles ?
— Pas vraiment. Je dois dire que j'étais un peu bourré cette nuit-là. Je suis désolé d'ailleurs pour ta robe. Comme j'ai dit je peux t'offrir à boire si tu veux.
Beth perdit son sourire en comprenant qu'il ne se souvenait pas. Elle avait dû le croiser à une soirée étudiante quelques semaines plus tôt mais ne s'en souvenait pas.
— Non, c'est gentil, merci, répondit-elle.
— Euh… Ok ! Peut-être une autre fois alors ? Proposa-t-il en se passant la main dans les cheveux.
— Peut-être oui, répliqua-t-elle.
— A plus Beth ! lança-t-il avant de partir.
Beth le salua poliment et ne put s'empêcher de se demander si Daryl se souviendrait d'elle. Pour le moment, elle n'avait croisé personne qui se rappelait des événements et rien que le fait de savoir que Daryl pourrait l'avoir oublier lui tordait le ventre.
— Je peux savoir ce qui t'a pris ? Pourquoi t'as refusé ? demanda Victoria surprise.
— On a dit qu'on mangeait ensemble !
— Mais qu'est-ce qu'on s'en tape ! Tu dis pas non quand un mec comme ça te propose d'aller boire un verre avec lui. Déjà car il est mignon. Si, il est mignon, insista-t-elle en voyant que Beth ne semblait pas convaincu. Et surtout parce que c'est gratuit !
— Parle pour elle ! Ce sera pas gratuit pour lui en tout cas, remarqua Sully.
— Et ? On s'en fout. On parle de Beth, pas de lui ! rétorqua Victoria.
— Il ne m'intéresse pas de toute manière, déclara Beth d'une voix neutre.
— Oh je t'en prie, Beth ! Il ne vaut pas la peine que tu te morfondes pour lui.
— Je me morfonds pas pour lui, répliqua Beth bien qu'elle nesache pas de qui il était question.
— En même temps, il y a pas de mal à ça. Vous avez été ensemble pendant près d'un an et demi, intervint Sully gentiment.
— Je vous dis que je vais bien. Je l'ai oublié.
Victoria et Sully échangèrent un regard. Beth put deviner sans mal qu'ils n'étaient pas convaincu par ce qu'elle disait. Toutefois, ils eurent assez de délicatesse pour ne pas insister. Ce premier jour n'était malheureusement pas de tout repos.
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Beth se mordillait les ongles nerveusement. Cela faisait près de cinq minutes qu'elle observait son téléphone essayant de déterminer si elle voulait vraiment savoir si Daryl se souvenait ou non d'elle. Beth savait que s'il ne se rappelait pas d'elle, cela lui briserait le cœur. Mais pouvait-elle vraiment passer à côté de la possibilité de le revoir. La jeune femme prit une grande inspiration. Sa décision était prise. Elle attrapa le téléphone et chercha dans son répertoire le numéro du garage.
— Un, deux, trois, souffla-t-elle avant d'appuyer sur l'icône verte.
Elle porta son portable à son oreille. Une sonnerie, deux sonneries. Puis une voix féminine à l'autre bout du fil :
— Garage Templeton et fils. Stephanie à l'appareil. Bonjour.
— Euh… Bonjour. Je… Je souhaiterais savoir si Daryl Dixon travaillait encore chez vous.
— Et qui le demande ?
— Beth.
— Attendez deux minutes.
Elle l'entendit poser le combiné sur le bureau.
— Dixon ! Quelqu'un pour toi au téléphone ! l'entendit-elle hurler.
Le cœur de Beth se mit à battre à tout rompre. Il était là. Il était si proche.
— Qui c'est ? questionna-t-il.
C'était lui. C'était sa voix. Beth sentait à peine les larmes qui coulaient le long de ses joues.
— Une certaine Beth. Tu peux la pr…
La femme fut coupée. Le combiné grésilla légèrement avant qu'enfin...
— Beth ? s'exclama-t-il dans le combiné.
— Daryl !
— Beth ? C'est toi ?
— C'est moi. Tu peux pas savoir à quel point je suis contente d'entendre ta voix.
— Tu te souviens alors ?
— Bien sûr. Toi aussi non ?
— Oui.
— J'ai envie de te voir.
— Ce soir ?
— Ce soir.
— Donne-moi ton numéro. Je t'enverrai mon adresse. Tu peux passer après dix-huit heures.
— Attends deux secondes, dit-elle avant de décoller son portable de son oreille.
Elle fouilla rapidement dans son répertoire et réussit à trouver son numéro enregistré sous le nom « Moi ».
— T'es encore là ?
— Ouais, je t'écoute.
Beth lui donna les dix chiffres. Elle entendit Daryl les répéter après elle.
— Ok. Je t'envoie ça. A ce soir, Beth.
— A ce soir.
Beth appuya sur l'icône rouge le cœur battant. Il se souvenait d'elle. Ils allaient se revoir. La jeune femme jeta un coup d'œil à sa montre. Il était à peine plus de quatorze heures.
— Maman ! appela-t-elle en descendant au rez-de-chaussée.
— Je suis dans la cuisine, Bethy.
— Je sors ce soir, déclara Beth en pénétrant dans la pièce.
— Tu sors ? Tu en as parlé à ton père ?
— Non. Pourquoi ?
— Et bien… Il est quand même préférable que tu lui demandes avant de sortir, ne crois-tu pas ?
— Maman vraiment ? J'ai dix-huit ans. Je vais juste passer un peu de temps avec Felicity.
— Felicity ? Vous vous reparlez ? s'étonna Annette.
— Euh… Oui, répondit Beth hésitante.
Felicity était sa meilleure amie et avait même été sa seule amie pendant très longtemps. Elle ne voyait aucune raison de ne plus lui parler.
— C'est bien. J'ai toujours pensé qu'il était stupide de se disputer comme ça à cause d'un garçon, répliqua sa mère.
Beth se retint de lui poser des questions. Elle n'avait en aucun cas envie que sa mère la trouve encore plus étrange qu'elle ne le pensait déjà.
— Tu comptes en parler à ton père alors ?
— Mamaaan…
— Beth ! Tu as peut-être dix-huit ans mais tant que tu vis sous notre toit, tu dois te plier à nos règles. Va lui demander.
Le téléphone de Beth vibra dans la poche de sa veste. Elle le sortit et vit un numéro qu'elle ne connaissait pas s'afficher. Elle déverrouilla le téléphone et ne put s'empêcher de sourire en voyant qu'il s'agissait de Daryl. Elle l'enregistra dans son répertoire sous les initiales « DD ». Elle préférait être prudente surtout vis-à-vis de sa mère à qui elle avait parlé de lui.
Elle descendit les escaliers menant au jardin avant de se diriger à grands pas vers la grange où travaillaient son père et son frère. Les deux hommes étaient en train de réparer un de leurs tracteurs.
— Papa ! Je voulais juste te prévenir que je sors ce soir.
Beth ne put pas manquer le regard surpris que lui lança son père.
— Tu sors ? Tu en a parlé à ta mère ?
— Oui, elle m'a dit de te prévenir.
Elle ne lui avait pas exactement dit ça mais Beth ne voyait pas le mal à ne pas dire toute la vérité.
— Et tu comptes aller où ?
— Voir Felicity. Je ne sais pas à quelle heure, je vais rentrer par contre.
— Minuit ?
— Papa ! J'ai dix-huit ans et on est vendredi soir. Shawn découchait comme il voulait à dix-huit ans.
— Hé me mêle pas à ça ! s'exclama Shawn couché sous le tracteur.
— Ça n'a rien à voir.
— Pourquoi ? Parce que Shawn est un garçon ? Je vous appellerai en arrivant et si je reste dormir, je vous enverrai un message pour vous prévenir, d'accord ?
Son père sembla réfléchir quelques secondes et Beth se demanda si elle n'avait pas poussé un peu trop loin sa chance.
— D'accord. Mais je te veux à midi à la maison, marché conclu ?
— Marché conclu. Merci papa.
Beth retourna vers la maison en souriant.
— Tu veux de l'aide, maman ? demanda-t-elle en voyant sa mère étendre du linge près de la cheminée.
— Oh non, non ! Ne t'en fais pas ma chérie ! Va faire tes devoirs ! Je peux me débrouiller toute seule.
— T'es sûre ?
— Sûre ! Vas-y !
Beth hocha la tête avant de monter à l'étage. La jeune femme commença ses devoirs comme sa mère lui avait conseillé. Elle avait un papier à rendre en cours d'Education et un exposé à finir sur une figure emblématique de l'histoire américaine. Beth avait choisi de parler d'Edna Buckman Kearns, une suffragette*. La jeune femme fit des recherches jusqu'à seize heures trente avant de décider qu'il était temps pour elle de se préparer. Daryl vivait dans une ville à une trentaine de kilomètres de Senoia mais Beth ne s'y était jamais rendue et ne désirait pas être en retard. Elle mit près d'une demi-heure avant de se décider sur ce qu'elle allait porter. Finalement, la jeune femme opta pour un jean noir serré et un haut rouge à fine bretelles. Beth se maquilla légèrement et sourit en songeant que Daryl ne l'avait encore jamais vu apprêtée.
Beth attrapa son sac de sport et prépara ses affaires pour le lendemain. Elle espérait que Daryl la laisserait rester. Fin prête, Beth quitta la maison à dix-sept heures vingt. Elle embrassa sa mère, son père et son frère avant de se glisser sur le siège passager de sa voiture. Lorsqu'elle arriva au bout de l'allée, Beth s'arrêta pour régler le GPS avant de redémarrer.
La jeune femme gara sa voiture trente minutes plus tard devant un mobile-home au milieu des bois. Il ne semblait avoir personne dans l'habitation aussi Beth décida d'attendre l'arrivée de Daryl dans sa voiture. Elle laissa la radio allumée et chanta à tue-tête les vieilles chansons country qu'elle connaissait, pour la plupart, sur le bout des doigts.
Enfin, après une quinzaine de minutes d'attente, le bruit d'un moteur lui vint aux oreilles. Elle éteignit la radio et plus pour se donner du courage qu'autre chose vérifia son reflet dans la glace. Daryl gara son vieux pick-up à côté de sa petite voiture. Beth ouvrit sa portière et sourit largement en le voyant. Il était là, à moins de cinq mètres d'elle.
— Daryl ! s'exclama-t-elle ne pouvant cacher son émotion.
— Beth ! Je…
L'homme n'eut pas le temps de répondre qu'elle courait déjà dans sa direction et se lovait dans ses bras. Elle releva son visage vers lui et remarqua qu'il semblait hésiter. Beth se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur ses lèvres.
— Tu te souviens de ça aussi alors ? demanda-t-il lorsqu'elle se fut éloigné de lui.
— Bien sûr que je m'en souviens. A ton avis ? Pourquoi on est là ? Pourquoi on est les seuls ?
— Ton père et Maggie ne se souviennent pas ?
— Non. Ma mère et Shawn sont vivants.
— C'est une bonne chose, non ?
— Très.
— On devrait rentrer non ? Il faut que je prenne une douche, déclara-t-il en désignant du pouce son mobile-home.
— Je te suis, répondit Beth.
Elle monta l'escalier derrière lui et attendit qu'il ouvre la porte avant de pénétrer dans la maison après lui.
— J'enlève mes chaussures ? demanda-t-elle en le voyant.
— Non ! Non ! Pas la peine. Tu veux boire quelque chose ?
— De l'eau m'ira parfaitement, répondit-elle en souriant.
Daryl se dirigea vers les placards et en sortit deux verres. Beth n'eut aucun mal à remarquer qu'il semblait particulièrement nerveux. Il remplit les deux verres au robinet avant de les poser sur la table.
— Je vais me laver. Je reviens vite, dit-il avant de se diriger vers la salle de bains.
Beth s'installa autour de la table et but une gorgée d'eau avant d'examiner la pièce. Tout semblait être à sa place malgré le fait que l'endroit ne soit pas très grand et assez froid. La jeune fille entendit la douche couler et ne put s'empêcher de l'imaginer nu. Cela n'était pas très difficile étant donné le nombre de fois où elle avait partagé une douche avec lui. Enfin, après ce qui lui sembla une éternité, alors qu'à peine dix minutes s'étaient passées, Daryl sortit de la salle de bains. Il avait les cheveux plus clairs et courts que la dernière fois qu'elle l'avait vu. Il semblait aussi bien moins fatigués. Il portait un t-shirt vert délavé dont les manches avaient été coupées ainsi qu'un jogging noir avec un trou au niveau du genou.
Il sembla presque surpris de voir qu'elle était encore là mais lui sourit légèrement. Sans doute, lui aussi avait-il pensé être fou ces derniers jours.
— Tu vis ici depuis longtemps ?
— Depuis que Merle est parti en taule, d'après ce que je sais.
— Ouais, j'ai vu ça. Comme je te trouvais pas dans mes recherches Google, j'ai cherché ton frère, expliqua-t-elle en voyant son regard surpris. Tu vois ! Je me disais à ce moment-là que j'étais peut-être folle, que j'avais tout rêvé. Alors quand j'ai vu son visage s'afficher… Tu n'as vu personne toi ? De notre groupe ? Explicita-t-elle en voyant son regard interrogatif.
— Non personne et toi ? A part ton père et Maggie ?
— Patricia, Otis… J'ai même croisé Zach sur le campus lundi dernier. Mais aucun d'eux ne semblaient se souvenir. J'ai même eu peur un moment que tu ne te souviennes pas toi non plus, avoua-t-elle. Pourquoi nous et pas les autres ?
— J'en sais rien, Beth, répliqua-t-il sincère.
Il était aussi perdu qu'elle.
— Tu m'as manqué, dit Beth en posant sa main sur la sienne.
— T'es sûre que c'est une bonne idée ?
— Comment ça ?
— Tout est revenu à la normale. T'es obligée de…
— Obligée de quoi, Daryl ?
— Tu sais parfaitement de quoi je parle ! rétorqua-t-il en poussant brusquement sa chaise.
Il se dirigea vers l'évier et lui tourna le dos, ses mains posées à plat sur la paillasse.
— Toi. Moi. T'es plus obligée, Beth !
— Daryl… J'ai jamais été obligée de rien du tout et tu le sais très bien, répliqua-t-elle en se levant elle aussi.
— C'est juste que…
— C'est juste que j'ai dix-huit ans, c'est ça ?
— C'est plus l'apocalypse, Beth. Ton père ne m'accueillera pas aussi chaleureusement qu'il a pu le faire.
— On n'est pas obligé de lui dire tout de suite. On n'est même pas obligé de s'afficher si tu ne veux pas. Juste ne me tourne pas le dos, Daryl.
L'homme se tourna lentement vers elle. Beth leva sa main et caressa doucement sa joue. Elle sourit tendrement en voyant Daryl poser sa paume par-dessus ses doigts. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais avant qu'elle n'ait pu le faire Daryl se pencha et combla la distance entre eux. Il posa une de ses mains sur sa hanche et la pressa tout en la faisant reculer vers la table. Beth passa ses bras autour de son cou fourrageant ses cheveux. Daryl la souleva et elle ne put s'empêcher de pousser un petit cri contre sa attrapa son portable qui traînait près du lit.
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Il était plus de vingt heures. Daryl et elle avaient passé les deux dernières heures à se retrouver sous les draps.
— Tu veux que je reste cette nuit ? questionna-t-elle.
— Mmh… marmonna-t-il la tête dans l'oreiller.
— Je vais prendre ça pour un oui, répliqua-t-elle avant de commencer à taper un texto. C'est réglé ! Lâcha-t-elle en appuyant sur envoyer.
Daryl passa son bras autour de sa taille et l'attira doucement à lui. L'homme écarta les cheveux qui lui tombaient sur le visage avant de l'embrasser.
— On devrait aller se faire à manger, remarqua-t-il.
— On peut pas se faire livrer ?
— Je crois que j'ai une pub pour des burgers dans ma table de chevet, dit-il en se penchant pour ouvrir le tiroir. Tiens, ajouta-t-il en lui tendant.
Beth ouvrit le prospectus et examina ce que proposait le restaurant.
— Je passe commande tu veux quoi ? demanda-t-elle avant de taper le numéro.
Daryl récupéra le papier. Un basique XXL avec coca bien sûr. Beth hocha la tête avant d'appuyer sur l'icône verte. La sonnerie ne retentit qu'une fois.
— Burger Palace. Tony à votre écoute, s'exclama une voix masculine.
— Allô, bonjour. Je souhaiterais passer commande pour deux menus basique avec coca. Un des menus sera un XXL, expliqua-t-elle.
— A emporter ou livraison ?
— Livraison, s'il vous plaît.
Beth lui donna l'adresse de Daryl ainsi que son nom et l'homme lui apprit qu'ils seraient livrés dans un peu plus d'une demi-heure. La jeune femme le remercia avant de raccrocher.
— On a une demi-heure, déclara-t-elle avant de poser sa tête sur le torse de Daryl.
Elle sentit les doigts de l'homme lui caresser le dos. Ses mains étaient aussi rugueuses que dans son souvenir.
— On devrait s'habiller, remarqua-t-il.
— Il faut que j'aille aux toilettes, déclara-t-elle en se levant.
La jeune femme attrapa ses affaires qui traînait au pied du lit et se dirigea vers la salle de bains. Elle enfila sa culotte tout en étant assise sur les toilettes ; puis se dirigea vers le miroir, son maquillage avait coulé et des nœuds s'étaient formés dans sa chevelure. Elle sourit doucement à son reflet avant de finir de s'habiller.
— Où tu vas ? demanda Daryl en la voyant se diriger vers la porte d'entrée.
— Récupérer mes affaires dans ma voiture, répondit-elle.
La jeune femme revint quelques minutes plus tard avec son sac de sport. Daryl lui lança un regard étrange en la voyant pénétrer dans le mobile-home avec.
— C'était au cas où, expliqua-t-elle.
— Mmh, répliqua-t-il.
Elle se dirigea vers la salle de bains et le posa sur les toilettes. C'était le seul meuble de la pièce sur lequel il était possible de poser quelque chose. Beth fouilla dedans et en retira du démaquillant et des cotons. La jeune femme entreprit de retirer son maquillage. Sa mère lui avait répété des millions de fois que ne pas le faire risquait de lui abîmer la peau bien plus vite que la normale.
Beth déposa son sac dans la chambre avant de retrouver Daryl sur le canapé. L'homme avait allumé la télévision et regardait les informations. Elle posa sa tête sur son épaule tandis que lui l'entourait de son bras.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda-t-elle après quelques minutes de silence.
— Comment ça ?
— Tu n'as pas envie de savoir si d'autres que nous se souviennent ?
Beth attendit une réponse qui ne vint pas. Daryl porta son pouce à sa bouche et se mordilla l'ongle pensif.
— Tu penses qu'on est les seuls à se souvenir, je me trompe ?
— Ton père se souvient pas, Maggie non et tu m'as dit que Zach non plus. J'ai pas envie de qu'on pousse nos espoirs trop hauts.
— Rick pourrait se souvenir. Carl ? Et puis… Je dois t'avouer que ça me fait mal au cœur de vivre dans un monde où Glenn et Maggie ne sont pas ensemble, un monde dans lequel ils ne se connaissent même pas !
— Et qu'est-ce tu veux qu'on y fasse ?
— Peut-être que Glenn se souvient.
— Et s'il se souvient ? Tu crois que ça lui ferait quoi de savoir que Maggie l'a oublié.
— Daryl ! Ça ne te tuerait pas d'avoir un peu d'espoir ! répliqua Beth.
— Pff… L'espoir…
— C'est l'espoir qui m'a fait te chercher sans ça on serait resté chacun de notre côté sans se retrouver, remarqua-t-elle.
Daryl allait répliquer quelque chose mais deux coups se firent entendre sur la porte.
— J'y vais ! lança-t-il en se levant.
Beth lui suivit du regard alors qu'il se dirigeait vers la porte. Elle le vit sortir son portefeuille de la poche arrière de son jean juste avant de l'ouvrir.
— Bonjour ! Lança une voix masculine.
Elle entendit Daryl grommeler un salut avant que le livreur ne lui annonce le prix de la commande. Daryl poussa un juron quelques secondes plus tard.
— Beth ! T'aurais cinq dollars ? questionna-t-il sans se retourner.
— Je dois avoir ça, répondit-elle en se levant.
Elle se dirigea d'un pas rapide vers la chambre, fouilla rapidement son sac pour en sortir son portefeuille, prit un billet de cinq dollars à l'intérieur avant de retourner dans la pièce principale avec.
— Bonsoir, dit-elle au livreur.
Elle ne manqua pas le regard surpris que le jeune homme lui jeta. Il devait avoir son âge ou peut-être un ou deux ans de plus. Beth donna le billet à Daryl avant d'offrir un sourire au garçon de course.
— Voilà ! Vous pouvez garder la monnaie, déclara Daryl en lui donnant l'argent.
— Merci. Bonne soirée et bon appétit ! s'exclama-t-il tout en leur donnant le sac en papier.
Beth le vit lui jeter un dernier regard intrigué avant que Daryl ne ferme la porte. Le couple s'installa autour de la table pour dîner. Beth sourit. Étrangement, cette soirée avec Daryl était la plus normale qu'elle n'ait vécu depuis son réveil une semaine plus tôt.
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Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Les retrouvailles Beth et Daryl ? Le fait qu'ils soient apparemment les seuls à se souvenir ?
*Si vous lisez mon autre fanfiction TWD Avancer, vous serez peut-être intéressés de savoir qu'Edna Clearwater a été prénommé ainsi d'après cette Edna Buckman Kearns.
