Merci pour vos reviews !! J'espère que la suite vous plaira !
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- Monsieur le Président ? Ils sont tous là.
Henry Hayes leva la tête et referma le dossier qu'il tenait dans ses mains.
- Très bien, j'arrive, répondit-il en se levant.
Il venait de réunir une cellule de crise où les principaux dirigeants des pays alliés avaient évidemment été conviés. La situation était grave, pour ne pas dire dramatique aux dires du Général O'Neill et de son état major. Il se devait de mettre au courant les autres gouvernements de la menace que la planète encourait.
Ce fut donc d'un pas décidé qu'il se dirigea vers la salle de conférence et y pénétra avec, sur ses talons, le général des armées. Il prit place au bout de la longue table de réunion où se trouvaient déjà réunis les représentants de l'Angleterre, de la France, de la Russie, de la Chine et du Canada -- . Il s'assit lourdement sur son fauteuil avant de prendre la parole.
- Messieurs… Je vous remercie d'être venus aussi rapidement.
- J'imagine, aux vues de l'urgence de votre message, qu'il s'agit d'un problème capital… intervint le Général des armées Russe.
Hayes acquiesça, la mine sombre.
- En effet. Nous avons appris de source sûre qu'une soixantaine de vaisseaux Goa'ulds se dirigeait à l'heure actuelle tout droit vers la Terre...
Des exclamations étouffées s'élevèrent dans la pièce à cette annonce.
- … Il s'agit d'une attaque lancée contre nous de grande envergure. Elle vise l'annihilation totale de la planète, finit le Président des Etats Unis.
- … Mais pourquoi… ? demanda l'ambassadeur britannique, retrouvant ses esprits en premier. Nous sommes une planète protégée !
Le Général des Armées américain prit alors la parole et leur expliqua dans les grandes lignes en quoi la situation actuelle avait incité les Goa'ulds à agir. Henry Hayes ne l'écouta que d'une oreille, ayant déjà pris connaissance de tout cela la veille au soir. Comme il s'y attendait, lorsque tout fut dit, les réactions se révélèrent être on ne peut plus agressives et très peu constructives…
- Si les américains n'avaient pas choisi d'utiliser cette Porte sans se soucier le moins du monde des risques qu'ils faisaient courir à la Terre, commença l'ambassadeur chinois, nous n'en serions pas là !
Hayes soupira tentant de fermer son esprit aux commentaires suivants qui sans conteste seraient du même ordre. Il les laissa se défouler ainsi pendant quelques minutes puis finalement choisit de couper court à ces récriminations, certes justifiées, mais peu constructives.
- Ecoutez ! Cela ne sert strictement à rien de ruminer ainsi les erreurs - ou non - du passé. Nous avons un problème à résoudre… et pas des moindres, je vous le rappelle.
- Qu'y a-t-il à résoudre ? demanda l'ambassadeur du Canada, quelques peu agacé. Que pouvons-nous faire face à une telle force de frappe ?
- Pour cela nous avons les membres du SGC en collaboration avec l'état major qui travaillent dessus, répondit Hayes, coupant court à toute autre remarque de ce genre. Nous avons obtenu l'aide des Jaffas et nous espérons bientôt recevoir des nouvelles des Asgards… Mais en ce qui concerne les problèmes d'ordre public, il nous faut prendre une décision.
Tous se tournèrent vers lui sans comprendre.
- De quoi parlez-vous ? demanda l'ambassadeur français.
- Devons-nous, oui ou non, dévoiler l'existence de la Porte et du danger que le monde va courir à la population ?
Ces paroles provoquèrent un silence méditatif. Ce fut le gouverneur chinois qui le rompit en premier.
- Il a toujours été dans les intentions de mon pays d'en parler à notre nation.
Le Russe renifla dédaigneusement.
- Mais bien sûr… Est-ce que vous imaginez la panique que tout cela provoquerait ? Nous n'avons pas besoin de ça en plus de tout le reste !
- Je pense pourtant que les gens ont le droit de savoir, commenta le français, plus pour lui-même que pour les six hommes qui l'entouraient.
- Surtout s'il s'agit d'une bataille perdue d'avance, grogna le britannique en s'adossant lourdement au dossier de son siège.
Un nouveau silence s'instaura.
- Ecoutez, déclara finalement Hayes. Pour ma part, je ne suis pas vraiment pour une révélation qui finalement provoquerait à mon sens plus de mal que de bien. Certes, la population a le droit de connaître la vérité et les risques qu'elle encourt, cependant… Nous avons su protéger notre planète jusqu'ici et je ne pense pas que le monde apprécierait d'être mis au courant d'une telle situation dans des circonstances aussi… dramatiques.
Pour une fois, les cinq autres représentants acquiescèrent d'un même mouvement.
- On nous reprocherait à coup sur d'avoir attendu le dernier moment pour cela … renchérit l'ambassadeur britannique, songeant aux élections prochaines de son pays.
Hayes soupira… Il savait parfaitement que chaque personne réunie à cette table pensait, à cet instant précis, à la sauvegarde de son poste et non plus au bien-être de la population… Il trouvait tout cela lamentable, surtout aux vues de la situation actuelle mais comment aurait-il pu leur en vouloir. Ses pensées n'avaient-elles pas suivi la même direction au moment même où il avait prononcé ces paroles…
- Nous sommes donc tous d'accord ? demanda-t-il, finalement. Pas un mot pour le moment ?
Après un rapide coup d'œil autour d'eux, tous acquiescèrent une seconde fois.
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Jack raccrocha le téléphone et d'un signe de la main incita Carter à entrer dans son bureau.
- Vous m'avez fait demander, Mon Général ?
Il sourit et acquiesça, s'adossant confortablement contre son siège.
- Comme vous le savez, Teal'c est parti avec Bra'tac pour récupérer quelques vaisseaux Al'keshs que des rebelles ont réussis à subtiliser… Daniel a le nez dans ses bouquins afin de chercher des indices qui pourraient nous conduire vers une base des Anciens...
- Et trouver un ZPM capable de faire marcher l'arme en Antarctique… finit-elle pour lui.
Il se pencha alors vers elle, mi-figue mi-raisin. Inévitablement, un sourire vint étirer les lèvres de la jeune femme.
- De vous à moi, je n'y crois pas trop, mais bon… Quant à vous…
Jack s'arrêta quelques instants, suffisamment longtemps pour que Sam soit intriguée.
- Quant à moi ... je dois m'occuper d'étudier les boucliers des vaisseaux d'Anubis…
- Ils n'arriveront pas avant demain, selon Bra'tac. Vous avez quartier libre, Carter.
Surprise, elle le regarda avec scepticisme. Ils étaient en pleine alerte rouge et il lui offrait une journée de permission ?
- Mais… Mon Général… Vous avez certainement plus besoin…
Il balaya ses excuses d'un mouvement de la main, l'obligeant à s'arrêter.
- Allons ! Vous savez parfaitement que vous n'avez rien de particulier à faire jusqu'à demain … Vous pensez pouvoir nous concocter en moins de 24 heures une arme suffisamment puissante pour détruire la flotte des Grands Maîtres ?
- Non… sourit-elle en baissant la tête… Bien sûr que non…
- Alors allez vous reposer, Carter. Les prochains jours vont être difficiles. J'aurais besoin de vous au meilleur de votre forme.
Puis, il finit par rajouter, la fixant soudain avec insistance :
- Vous en profiterez pour voir Shanahan…
Incrédule, la jeune femme redressa vivement la tête et plongea son regard dans celui de son supérieur. Il lui souriait gentiment … pour ne pas dire tendrement, accélérant par ce geste les battements déjà précipités de son cœur.
Il lui offrait une journée avec Peter… Il avait décidé de lui donner cette permission afin qu'elle puisse voir son petit ami avant le combat qui allait peut être sceller le destin de la Terre. Et curieusement, cette nouvelle qui aurait du la réjouir la plongea dans une profonde mélancolie. Cependant, elle refoula très vite ce sentiment contradictoire et finit par esquisser un sourire reconnaissant.
- … Merci, Mon Général…
L'espace d'un instant, ils restèrent à se fixer sans un mot puis Jack finit par se redresser sur son fauteuil, rompant le charme. Sam baissa alors timidement la tête, essayant de contrôler le trouble qui l'avait envahi mais incapable, cependant, de prendre congé.
- … Et vous, Mon Général… ? Vous devriez peut-être…
- Carter… grogna-t-il un sourire aux lèvres. Allez-vous-en ! … Oust !
A contre-cœur, la jeune femme finit par lui rendre son sourire, le salua et sortit précipitamment de la pièce.
Une fois seul, Jack se rembrunit. C'était bien à ça que servaient les amis, non ? A rendre heureux ceux qu'ils aimaient. Et lui dans tout ça ? Qui allait s'occuper de l'aider à remplir le trou béant qu'était devenue sa vie… ?
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L'esprit totalement ailleurs, Sam comprit qu'on lui avait posé une question à l'instant même où elle sentit une main se poser doucement sur son épaule.
- … Pardon ? … Tu disais ?
Pete lui sourit gentiment avant de passer un bras autour de sa taille et de l'attirer à lui.
- Où étais-tu donc ? …
Embarrassée, la jeune femme secoua la tête et se tourna vers son compagnon.
- Je suis désolée… Ce qui arrive est tellement… Mais je devrais profiter de toi un maximum, seulement je n'arrive pas à me sortir le boulot de la tête !
Bras dessus, bras dessous, ils se trouvaient pour l'heure dans un parc, entourés de gens qui étaient à cent mille lieux d'imaginer le danger imminent qui les menaçait.
Sam avait appelé son frère la veille au soir, simplement pour entendre sa voix et celles de ses neveux et nièces. Comment leur dire qu'ils risquaient de ne plus jamais se revoir, que dans quelques jours à peine, la Terre s'embraserait peut être… ? Mais elle n'avait pas le droit d'en parler, songea-t-elle en soupirant. Personne ne devait savoir…
- La situation est si grave que ça ? demanda Pete alors, voyant la mine soucieuse de son amie.
Pour seule réponse, elle se tourna vers lui, le regard sombre et un désagréable frisson le traversa de part en part. Oui… Apparemment …
Alors, pris d'une soudaine inspiration, il prit les mains de Sam dans les siennes et l'incita à s'asseoir à coté de lui sur un banc. Ils se regardèrent un long moment et la jeune femme sentit son estomac se nouer, lorsqu'elle devina ce qui allait être dit à l'instant même. Elle ouvrit la bouche pour l'empêcher de parler mais trop tard. Il la devança en posant un doigt sur ses lèvres.
Plongeant la main dans la poche de son pantalon, il en ressortit une petite boîte de velours noire qui laissait à présent peu de doute sur ses intentions. Paniquée, Sam tenta cependant de garder son calme. Elle ne voulait surtout pas le blesser.
Il ouvrit timidement l'écrin et le tendit vers elle, la main tremblante.
- Sam… Veux-tu m'épouser ?
Sentant son regard perçant posé sur elle, essayant certainement d'analyser ce qui pouvait bien se passer dans son esprit, la jeune femme tenta de contrôler un maximum ses émotions pour le moins contradictoires.
Il y avait sa raison qui, plus que comblée, lui dictait d'accepter. Peter était un homme gentil, respectueux, attentif et sans aucun doute, fou d'elle. Il avait une façon de la regarder qui ne pouvait la laisser indifférente. Un mélange d'amour, d'adoration, de passion …
Mais ce regard, un autre avait le même à son égard. Beaucoup plus troublant encore, plus fort aussi… Et c'était ça qui la freinait, qui faisait que sa raison perdait la plupart du temps toute influence sur ses choix. Ecartelée, une envie étrange et pourtant lancinante d'éclater en sanglot, Sam finit cependant par reprendre ses esprits. Elle redressa vaillamment la tête et lui sourit. Elle sentit Peter se détendre quelque peu mais il se rembrunit très vite lorsqu'elle posa une main douce mais ferme sur l'écrin pour le refermer.
- Pete… C'est un peu trop tôt pour moi… Je voudrais prendre le temps de réfléchir, si tu veux bien.
Il baissa piteusement la tête, très déçu mais finalement son visage finit par s'éclairer. Elle ne lui avait pas dit non.
- Je comprends… Prend le temps qu'il te faudra…
Les battements de son cœur reprenant une vitesse plus régulière, Sam finit par se détendre de nouveau. Elle glissa ses doigts dans les cheveux fins de son compagnon, attira son visage jusqu'à elle et posa doucement ses lèvres sur les siennes. Peter ne se fit pas prier et répondit passionnément à ce baiser…
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- Quoi ? s'exclama Daniel, les yeux exorbités.
Pour seule réponse, Sam l'incita de la main à baisser d'un ton. Celui-ci se reprit aussitôt puis se tourna vers Teal'c, qui lui, était resté des plus stoïques. Il reporta alors son attention sur la jeune femme.
- Et… qu'avez-vous dit ?...
- … Eh bien…
Sam mit quelques instants avant de répondre, suffisamment pour que Jack se remette de l'annonce qu'il venait d'entendre en surprenant leur discussion. Sur ce, il pénétra dans salle de Briefing d'un pas décidé.
- Enfin une bonne nouvelle parmi tout ce chaos ! déclara-t-il alors, faisant sursauter tout le monde.
Il alla s'asseoir au bout de la table sous le regard incrédule de SG1. Même Teal'c semblait abasourdi par le ton désinvolte d'O'Neill. Faisant mine de ne pas comprendre la raison qui les poussait à le regarder avec cet air… abruti, Jack finit par lever les mains.
- Quoi ?
Daniel fut le premier à retrouver ses esprits.
- Rien… Vous prenez ça… plutôt bien…
- Et pourquoi je devrais prendre ça mal ? demanda O'Neill soudain glacial.
- … Euh… Pour rien, se reprit aussitôt Daniel, qui jetait un regard confus vers Sam.
Celle-ci, depuis l'entrée de son supérieur dans la salle n'avait pas ouvert la bouche. Elle regardait fixement ses mains croisées sur la table, le visage neutre.
Mais à l'intérieur, c'était le chaos, la confusion... De nouveau, elle avait une envie lancinante, presque intolérable de pleurer. Serrant ses deux mains l'une contre l'autre faisant blanchir ses jointures, elle finit cependant par redresser la tête, un sourire troublé sur ses lèvres.
- Je n'ai pas encore pris ma décision.
Un silence accueillit finalement cette réponse, personne n'osant réagir à cette nouvelle. Aussi, de plus en plus mal à l'aise, Sam finit par se tourner vers son supérieur qui affichait un visage impénétrable.
- Bref… Passons à autre chose… Mon Général ?
Sur ce, reprenant ses esprits et désireux de ne pas gêner davantage son second, Jack se tourna vers Daniel.
- Vous avez trouvé quelque chose ?
Remettant d'un doigt ses lunettes sur son nez, l'archéologue secoua piteusement la tête.
- Hélas non… Rien de rien. Bien sûr, je continue mais là… Je n'ai absolument aucune piste.
- Je m'y attendais un peu… Teal'c ?
- Nous avons trois autres vaisseaux Al'keshs qui font route en ce moment même vers la Tau'ri. Ils seront là dans quelques jours.
- Très bien.
Jack se tourna alors vers Sam.
- Carter, la flotte Jaffa est apparue il y a quelques minutes sur nos radars. Un hélicoptère vous conduira à la base de Colorado où un avion vous attend déjà pour vous permette de rejoindre celle en Antarctique. Les vaisseaux vont atterrir là-bas, histoire de passer inaperçus.
La jeune femme acquiesça et se leva sous l'initiative de son supérieur.
- Préparez-vous, vous partez dès que vous êtes prête !
Sur ce, SG1 se divisa.
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Son sac avec tout son attirail sur le dos, le reste de ses affaires dans l'hélicoptère, Carter se dirigeait d'un pas lourd vers l'ascenseur. Elle venait de croiser Teal'c et Daniel qui, bien qu'en retard, venaient la féliciter pour la demande en mariage de Pete… Féliciter pour une demande en mariage… Certes, depuis qu'ils la connaissaient, on ne pouvait pas dire que beaucoup d'hommes avaient rempli sa vie, bien au contraire, mais de là à sous-entendre qu'il fallait marquer cette journée d'une pierre blanche, c'était assez humiliant, tout de même.
Elle s'était ensuite dirigée vers le bureau du Général pour le saluer avant de partir mais il était introuvable. Le cœur lourd, elle avait donc décidé de s'en aller sans avoir pu le voir une dernière fois… Qui pouvait dire s'ils se reverraient un jour? Les Goa'ulds arriveraient peut-être plus tôt que prévu. Elle se trouverait alors à bord d'un des vaisseaux Jaffas tandis que lui serait sur Terre…
Mais Pete aussi serait sur Terre…
Sam so upira… Son esprit était plus confus que jamais.
La jeune femme arriva enfin devant l'ascenseur qui s'ouvrit à son appel. Elle jeta un rapide coup d'œil dans son dos puis le cœur serré, ne voyant personne, elle entra et appuya à contre-cœur sur le zéro…
Perdue dans ses sombres pensées, elle sursauta violemment lorsqu'un bras apparut tout à coup sous son nez, bloquant ainsi les battants de la porte qui se refermaient sur elle. L'ascenseur s'ouvrit de nouveau et le cœur de Sam s'emballa furieusement. Les mains posées de chaque côté de l'élévateur, Jack redressa la tête, un sourire sur les lèvres, la respiration courte. Il venait apparemment de traverser l'étage au pas de course.
- Vous alliez partir sans un dernier petit coucou !?
La jeune femme rit doucement, une bouffée de joie intense parcourant son corps.
- Je vous ai cherché partout ! lui répondit-elle finalement.
- Vraiment ? demanda-t-il, une lueur étrange dans les yeux.
Ils se regardèrent un instant, ne sachant trop quoi dire. L'esprit embrouillé, Sam ne savait même plus pourquoi elle se trouvait dans cet ascenseur… Elle était envahie par de multiples émotions diverses qu'elle n'arrivait même plus à analyser. Mais en avait-elle seulement envie ? songea-t-elle, se noyant dans le regard si chaud de l'homme qui lui faisait face…
Finalement, rompant le charme, Jack recula d'un pas afin de permettre aux portes de l'ascenseur de se refermer.
- Bon… Revenez-nous vite…
Ces paroles glissèrent sur elle comme une caresse tandis que, un nœud à l'estomac, elle voyait les portes se rabattre sur le visage soudain transparent de son supérieur. Le regard d'O'Neill reflétait un mélange d'angoisse et de … ? Sam fit aussitôt un pas vers lui, n'osant croire ce qu'elle venait d'y lire, mais les battants se refermèrent définitivement et l'ascenseur se mit en branle.
Bouleversée, elle tenta de retrouver ses esprits. Que lui arrivait-il ? Elle avait pourtant eu l'impression d'avoir tiré plus ou moins un trait sur lui… Et voilà que tout revenait, toutes ces questions, tous ces sentiments, toutes ces émotions bouleversantes et dix fois plus intenses qu'avant… Sam venait de passer du bonheur suprême en le voyant venir à elle, à la souffrance et au désespoir le plus total en le regardant disparaître sous ses yeux… Elle avait peur… Tellement peur de ne plus jamais le revoir. Et elle avait lu la même terreur dans son regard…
Un grognement de frustration s'échappa de ses lèvres lorsqu'elle réalisa que ses « adieux » avec Peter ne lui avaient pas procuré le centième des émotions qu'elle venait d'éprouver face à son supérieur.
Ce fut donc une Sam plus torturée que jamais qui vit s'éloigner le complexe de Cheyenne Mountain, tandis que son hélicoptère s'élevait dans le ciel du Colorabo.
« Bon sang, ce qu'il fait froid… »
Jerry prit entre ses mains le bol de soupe qu'il venait de se préparer afin de profiter un maximum de la chaleur de ce contact. Il sentit cette onde bienfaisante pénétrer lentement le coton de ses gans et réanimer peu à peu ses doigts engourdis. Il rapprocha son visage du liquide brûlant et soupira d'aise tandis qu'un frisson secouait tout son corps...
Mais un courant d'air glacé interrompit cet instant pour le moins agréable lorsque son collègue et ami fit son entrée sous la tente.
- Ohhh… Bob !!! Tu peux pas arrêter tes allées venues cinq minutes !? Le peu de chaleur que j'arrive à amasser est aussitôt chassé par ces putains de courants d'air!!
- On n'est pas là pour prendre le thé, j'te rappelle! Plus vite on aura fini ces fichus relevés et plus vite on rentrera ! répondit du tac au tac l'interpellé tout en fouillant dans un de ses sacs.
Haussant les épaules, Jerry se contenta de boire une première gorgée de sa soupe et manqua de s'étouffer avec. Il avait peut être un peu exagéré en la faisant bouillir aussi longtemps, songea-t-il, la langue endolorie…
Conscient du ridicule de la situation, il se mit à souffler désespérément sur le liquide brûlant. Ce faisant, il jeta un œil vers son compagnon et croisa son regard blasé…
- Quoi ?!
- … Rien… Je te trouve parfois … pathétique…
- Merci, ça fait toujours plaisir…
- Je te rappelle que pour le moment, je me suis tapé toutes les analyses et toi, la moitié des provisions !
Jerry fronça le nez… Il n'avait pas tort sur ce coup-là…
- C'est bon !! grogna-t-il à contre-cœur. Je finis ma soupe et je m'occupe du…
Mais il ne termina pas sa phrase… Un grondement sourd attira soudain son attention. Il se tourna aussitôt vers son ami afin d'avoir confirmation et croisa son regard inquiet.
Ils se trouvaient en plein milieu de l'Antarctique, là où, mis à part le vent, il n'y avait jamais le moindre bruit… Donc, entendre ce genre de grondement n'avait vraiment rien de rassurant, bien au contraire… Et le plus effrayant dans tout cela était que ce son, loin de s'arrêter, continuait de s'amplifier !
- Qu'est ce que c'est que ce bordel !? grogna Bob, lâchant ce qu'il faisait pour sortir précipitamment de la tente.
Le cœur au bord des lèvres, Jerry posa son bol sur le petit réchaud, enfila en vitesse un deuxième anorak et partit rejoindre son ami à l'extérieur, se préparant mentalement au pire : une brèche dans le sol ? Un tremblement de terre ? La fin du monde ?
- Nom de Dieu ! Un OVNI ! entendit-il crier à travers le raffut, faisant un pas dans la neige.
Ça… Il ne l'avait pas prévu !
Incrédule, il suivit des yeux la direction que Bob indiquait et, les yeux écarquillés, regardait venir vers lui un engin volant d'une taille inimaginable… Pour un peu, il en aurait pissé dans son pantalon ! Terrorisé, les jambes flageolantes, il agrippa la manche de son compagnon sans pour autant quitter des yeux l'appareil qui fonçait droit sur eux !
- Oh Putain, qu'est ce que c'est qu'ce truc ?!!!!! hurla-t-il enfin, hystérique.
Le bruit devenait assourdissant, le sol tremblait… Au loin, la neige que soulevait le vaisseau formait un voile blanchâtre, se mélangeant aux nuages bas que l'engin fendait majestueusement.
- Putain !!! J'arrive pas à y croire !!!
- Nom de Dieu !!
Complètement terrorisés, ils finirent par plonger dans la neige au moment même où le vaisseau passait au dessus de leur tête sans même s'arrêter. L'air que celui-ci souleva sous son passage faillit emporter la tente mais, les deux hommes accrochés l'un à l'autre finirent par redresser la tête lorsqu'ils comprirent qu'il les dépassait sans se soucier d'eux.
- Bon sang, c'est pas vrai !!! réagit enfin Bob en se relevant précipitamment et fonçant tout droit vers la tente.
Incrédule, Jerry regarda son ami disparaître à l'intérieur tandis que toujours au sol, complètement perdu, il tentait de retrouver l'usage de ses jambes…
- Qu'est-ce que tu fous ? finit-il par demander lorsqu'il vit réapparaître son compagnon quelques secondes plus tard.
- D'après toi ?
Sur ces mots, Bob leva la main et enclencha son caméscope numérique. Mais le temps qu'il fasse tout cela, l'engin était déjà loin, noyé dans un nuage blanc, le rendant pratiquement impossible à identifier.
- Merde… Et merde… ! Et MERDE !!! finit-il par exploser comprenant qu'il venait de laisser passer sa chance… C'est pas vrai !!!
Le bruit sourd peu à peu s'atténuait, le calme doucement reprenait sa place… Terriblement déçu, Bob, les bras le long du corps, regardait fixement un point à l'horizon, là où le vaisseau avait finalement disparu.
- J'arrive pas à y croire… murmura-t-il tandis qu'il se retournait vers Jerry pour partager avec lui l'incroyable expérience qu'ils venaient de vivre…
Celui-ci, toujours au sol, regarda son ami s'immobiliser soudain, les yeux écarquillés, et lentement, lever sa main afin de braquer son caméscope dans sa direction.
De nouveau, un grondement sourd ampli l'air tout autour d'eux, faisant trembler le sol et voler la neige… Un nœud au ventre, une sueur glacée dans le dos, Jerry se retourna doucement, effrayé à l'avance par ce qu'il était certain de voir…
- Oh bon sang… murmura-t-il en regardant s'avancer vers eux non pas un mais trois vaisseaux.
Ceux-ci étaient eux-même entourés d'un nombre incalculable d'engins de plus petite taille et cependant capable, à vu d'œil, de transporter des centaines et des centaines d'êtres humains…
- NOM DE DIEU!!! On est en train de se faire envahir!!!! hurla Bob, hystérique.
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A SUIVRE…
Pour le Canada -- faisant parti des pays au courant pour la Porte, je rappelle simplement qu'ils y font allusion dans l'épisode The Lost City (La cité perdue) saison 7. Je n'ai rien inventé.
