Titre : Dragon doré

Auteurs : Kashiira et Kats

Genre : Angst, medieval fantastic, post Hades, NCS,

Couples : Dm/Mu

Source : Saint Seiya

Disclaimers : Malheureusement ces messieurs ne nous appartiennent pas… Ce qui ne nous empêche pas de jouer un peu avec vv

WARNING : ATTENTION ! CE CHAPITRE EST EXTREMEMENT VIOLENT ! TORTURE, VIOL !

Ne venez pas vous plaindre après si vous avez été choqués, vous avez été prévenus !

Dragon doré

II

Le silence…

Dieux que c'était bon après tout ce vacarme qui l'avait proprement terrassé.

Non… à bien y réfléchir, il y avait un… bruit, doux, léger, mais un peu… sifflant tout de même. L'Italien se concentra pour l'identifier. Quelqu'un respirait près de lui.

Allez mon grand, ouvre les yeux… s'encouragea-t-il.

Il battit des paupières après quelques minutes d'effort, déchirant peu à peu les brumes de son inconscience. La pièce était plongée dans la pénombre et Masque de Mort remercia le ciel pour lui avoir épargné l'aveuglement qui avait accompagné son précédent réveil. Il tourna lentement la tête, en profitant pour examiner les murs de sa 'chambre' – une pièce désespérément vide et presque aveugle – avant de localiser son compagnon d'infortune. Le Bélier dormait près de lui, sa tête reposant presque contre son épaule. Le visage de l'endormi dansa un instant devant ses yeux avant de se stabiliser en une image assez nette. L'italien sourit, content de retrouver une partie de ses facultés. Mais… quelque chose clochait. Il avait vu le visage de Mu de suffisamment près tout à l'heure et il n'avait pas remarqué ces écorchures ni ces bleus. Instinctivement, il porta la main à sa tête, et tâta la bande de tissus qui lui enserrait le front.

Sacré Mu, pensa-t-il, avec un demi-sourire.

Qu'avait-il pu se passer pendant son inconscience ? A voir le visage de l'Atlante et l'état de son propre corps, l'accueil des villageois n'avait pas dû être aussi amical que l'escomptait Mu. En tous les cas, ils étaient vivants et à peu près valides. C'était déjà mieux que rien.

Mu…

Il semblait aussi innocent qu'un enfant, plongé dans son sommeil mais, gare ! Cette beauté quasi surnaturelle cachait un redoutable tempérament. Même avec le visage tuméfié et les cheveux emmêlés, il semblait échapper aux lois du temps et des hommes. Presque malgré lui, Matteo ramena une mèche parme égarée derrière l'oreille du chevalier, en l'appelant doucement.

" Mu ? … Mu ? Tu m'entends ? "

Les paupières du Tibétain frémirent et il frotta son visage contre le matelas en une protestation inconsciente contre son réveil imminent avant d'ouvrir les yeux. Le regard encore troublé par le sommeil, il fixa le Cancer sans sembler réaliser que ce dernier était réveillé avant de se redresser en grimaçant. Il était assis par terre et, le cou arqué pour profiter du matelas comme coussin, semblait trouver la position inconfortable. Avec une grimace, il se redressa, se frottant la nuque avant de reprendre pied dans la réalité.

Non, Mu du Bélier n'était pas du matin.

" Matteo… Tu m'as inquiété, je me demandais si tu allais reprendre conscience. "

Il parlait à mi-voix.

" Comment te sens-tu ? "

" Vu ta tête, mieux que toi on dirait ! " se moqua le Cancer, visiblement très amusé par la mine renfrognée du Bélier.

Il tenta de s'asseoir et y réussit plutôt bien, son côté s'était fait moins douloureux. Le maître du quatrième temple reprenait du poil de la bête et, avec, son caractère parfois difficilement supportable.

L'Atlante tâta son visage avant de hausser précautionneusement les épaules.

" Puisque tu vas si bien, tu me céderas bien le lit ce soir, " fit-il légèrement sarcastique.

Il préférait le Matteo blessé, vulnérable et, il fallait le dire, presque attendrissant qu'il avait côtoyé jusque là, à l'arrogant chevalier. Il n'aurait pas dû le veiller, tiens ! Se détournant, il se leva sans le regarder.

" Si tu as faim, il y a un panier avec des provisions, " ajouta-t-il en désignant l'autre bout de la pièce.

" Pour le lit, si ça peut te rendre plus aimable, il n'y a aucun problème, " dit le Cancer, se levant et prenant le panier à la main pour en fouiller le contenu.

Il avait une faim de loup et se sentait d'une humeur charmante, près à chahuter le Bélier, ce qui était en passe de devenir son occupation favorite. Surtout maintenant que Mu répondait à ses attaques. Le vernis de condescendance était en train de craquer.

Enfin !

" J'ai dormi longtemps ? " fit-il avant de croquer négligemment dans une jolie pomme bien rouge.

" Deux jours entiers… Je commençais à craindre que tes blessures ne soient plus graves que je ne le pensais… "

Son cadet s'était rapidement radouci, reprenant son masque de polie indifférence.

" Je crois que nous ne sommes plus… sur terre, " ajouta-t-il soudain. " Pendant que tu 'dormais', il s'est passé des choses assez… étranges. "

Raté, songea Matteo, un peu frustré.

Il avait presque réussi à le faire sortir de sa réserve. Mu revenait insensiblement toujours au même sujet, son état de santé. C'était… bizarre comme réaction de la part du Bélier. Peut-être retombait-il en enfance ? Matteo n'était plus son tuteur depuis longtemps. Depuis… mais ce n'était pas le moment de repenser à cela. L'Italien se dirigea vers une des petites fenêtres, condamnées par des planches clouées depuis l'extérieur.

" Plus sur terre, hum ? Pourtant, ça y ressemble bigrement. Les mêmes coups, les mêmes blessures et les mêmes humains, toujours aussi charmants et altruistes, " fit-il d'un ton sarcastique, tout en essayant de dégager une planche.

Il s'escrima dessus un instant avant d'abandonner, autant par résignation devant la résistance du bout de bois qu'il imaginait plus fragile, que par l'ombre menaçante qu'il venait de repérer.

" Mu, les 'choses étranges' dont tu parlais, ça n'en serait pas une, par hasard, qui stationne devant cette baraque ? " fit-il, mi-figue, mi-raisin.

Le Tibétain le rejoignit avec une plainte étouffée comme le mouvement tirait sur ses côtes toujours douloureuses.

" Hier, il y en avait deux… Moins gros et… avec une apparence plus humaine, " commenta-t-il d'une voix blanche. " Quand ils parlaient de dragons… Je pensais que… Je n'en sais rien en fait mais ça ne m'augure rien de bon ! "

Comme pour illustrer ses paroles, la porte s'ouvrit et le bûcheron entra, suivi de deux autres hommes bien bâtis. D'un geste de sa hache, qu'il tenait d'une manière plus que menaçante, le colosse fit signe aux prisonniers de sortir.

" Hum… il a vraiment une sale tête, " marmonna le Cancer, tout bas, à l'attention de son coéquipier.

Vu la taille du bestiau – il pouvait aisément cisailler un homme en deux dans sa gueule –, l'animal devait être coûteux en alimentation pour son propriétaire. A moins que ce ne soit lui le seigneur des lieux. Leur escorte les avait emmenés devant la bête et agissait avec respect et crainte devant l'impressionnant dragon noir aux yeux d'or. Le bûcheron parlementa un instant, à grand renfort de 'majesté' et 'monseigneur'. L'animal daigna enfin les regarder et la façon qu'il eut de s'attarder sur les courbes du Bélier et sur son propre corps fit frissonner le chevalier. Une petite fille blonde, sans doute la fille du bûcheron, observait la scène, dissimulée derrière des bottes de pailles. Le regard terrifié qu'elle adressa au Cancer lui rappela de douloureux souvenirs. Ce regard, il ne le connaissait que trop bien, pour l'avoir fait naître maintes fois chez ses propres victimes.

Mu garda un prudent silence, comprenant l'intention des villageois. Les offrir, eux, au lieu des leurs. Après tout, l'Italien et lui-même n'étaient que des étrangers. La tête du dragon s'abaissa brusquement à leur hauteur et renifla en quelque sorte Matteo avant de se tourner vers lui. Le regard doré brilla soudain et le jeune homme se raidit avant de tituber contre son compagnon et de tomber à genou, la tête entre les mains et les dents serrées. Au bout d'un moment, la créature rugit de frustration avant de revenir au Masque de Mort, tentant de forcer son esprit. A terre, Mu s'était à moitié affaissé sur lui-même tandis que deux autres dragons bien plus petits que le grand Noir atterrissaient au plus grand effroi des villageois.

Matteo incrédule, regarda Mu s'effondrer contre ses jambes, se repliant en position fœtale. Le monstre de légende pouvait donc attaquer un maître des pouvoirs psychiques tel que l'Atlante sur son terrain de prédilection.

Une raison de plus de le craindre.

Et de le fuir… au plus vite.

Profitant que leurs cerbères paniquaient de voir arriver les lieutenants du maître, Masque de Mort se tourna en s'affaissant et donna un coup d'épaule dans le ventre du bûcheron, le projetant au sol. Il espérait donner le temps à Mu de se reprendre et de fuir à ses cotés.

Peine perdue.

L'Italien mis un genou au sol, sentant une force invisible s'insinuer dans sa tête qui semblait le brûler de l'intérieur. Il cria de douleur, crachant un filet de sang. Un des hommes du village rattrapa Masque de Mort par les cheveux, souleva son menton et y calla une longue lame argentée.

" Maître Kédar, dois-je exécuter cet impudent ? "

Un regard du monstre et l'homme reculait, tremblant et s'excusant de son audace. Le dragon revint au Cancer et sentant une proie plus facile en ce dernier se rapprocha. C'est ce moment que choisit Mu pour se redresser et darder un regard mauvais vers la créature qui arqua son long cou de surprise avant d'écraser l'italien sous son énorme patte, une griffe posée sur sa gorge en un geste sans équivoque.

Arrête ça ou je le tue !

Vaincu, le Tibétain baissa la tête, ses épaules tombant légèrement. Deux villageois, obéissant à un ordre qu'eux seuls pouvaient entendre, le saisirent par les bras et le firent monter sur le dos du plus petit dragon, le Cancer en croupe. L'animal fléchit les pattes avant de se propulser dans les airs.

Masque de Mort ne garda qu'un souvenir flou de son envolée à dos de dragon. Juste des terres fertiles à perte de vue, bien au-delà du misérable village, entourant un château immense et cauchemardesque, à l'échelle de son propriétaire. De robustes soldats ailés, à l'allure humanoïde se saisirent d'eux sans ménagement, communiquant en un langage inconnu, avant de les conduire dans une vaste pièce sombre et humide. L'Italien, sonné, fut enchaîné par les membres contre le mur, les bras et les jambes largement écartés, en une position douloureuse, qui le ramena à la dure réalité. L'Atlante, lui, fut attaché par le cou au centre de l'immense salle, avec une lourde chaîne d'acier. Cet endroit sinistre avait des allures de fosses aux lions. Mais les seuls agneaux offerts en sacrifice n'étaient que d'anciens chevaliers d'Athéna, sans armures, ni cosmos, réduit à l'impuissance. Mu l'observait, inquiet, haletant. Le Cancer lui sourit tristement, essayant de dissimuler sa propre inquiétude. Ils allaient être dévorés vivants, offrandes des villageois sur l'autel d'un Dieu Dragon. Toutes ces souffrances pour arriver toujours à la même issue : la mort violente. Est-ce que ce cauchemar cesserait un jour ? Matteo grinça des dents lorsque l'immense Kédar apparut au détour d'un tunnel sombre et poisseux, ses immenses yeux reptiliens brûlants d'une lumière intense.

Le dragon le regarda un instant, un profond mépris brillant dans ses pupilles allongées, avant de se tourner vers le Bélier qui réprima un geste de recul. Avec un reniflement de dérision, il s'avança avant de se brouiller devant les deux chevaliers incrédules. Bientôt, ne restait plus à la place du monstre qu'un homme aux longs cheveux de jais et aux yeux dorés. Il était grand et musclé, ses traits étaient fins et subtilement masculins. Une vision merveilleuse mais en même temps terrible car nul sentiment humain ne semblait l'habiter. Il s'approcha de Mu qui le regarda avancer avec le même regard farouche qu'il avait eu en défendant l'entrée de son temple mais le métamorphe ne sembla pas s'en émouvoir comme il saisissait une mèche améthyste et la humait avec délice.

" Hum… humain, tu sens merveilleusement bon… " dit l'homme Dragon. " Tu sens… le lys et le sang… Tu es un guerrier, n'est ce pas ? "

Kédar continua à jouer négligemment avec les cheveux de l'atlante, tout en tirant sur la chaîne, pour approcher de lui le corps de son prisonnier. Il humait comme un animal le visage et les tempes de l'Atlante, électrisé par son regard de défi. Une voix aux accents chantants troubla son inspection.

" Hé ! Le reptile, lâche-le ! Si tu veux un guerrier, je suis là ! "

Kédar fondit sur le Cancer à une vitesse hallucinante.

" Sache, humain, je ne tolère qu'une manière de s'adresser à moi, " fit-il de sa belle voix grave et mélodieuse, envoûtante mais chargée d'une sourde menace. " Celle-ci… "

Avant que l'Italien ne comprenne ce qu'il se passait, Kédar enfonça sa main droite subitement griffue dans son ventre, se contentant de la laisser immobile.

" Aaaaaaaaaaaahhhhhh ! "

Le jeune homme rejeta la tête en arrière, tandis que la douleur faisait danser des flammes rougeoyantes devant ses yeux. Kédar, un sourire vicieux accroché aux lèvres, fit doucement aller et venir sa main dans la plaie, prenant garde à ne toucher aucun organe vital. Le long cri aigu s'éteignit progressivement tandis que la tête de Matteo roulait sur ses épaules.

" Voilà qui est mieux, " ronronna son tortionnaire, léchant négligemment ses doigts rougis redevenus humains.

De sa main nouvellement propre, il releva la tête du Cancer, tirant sur la chevelure bleutée.

" Et maintenant, regarde… regarde ce qui t'attend, assassin. "

Sans voix, Mu avait assisté à la scène, horrifié par le traitement auquel le cancer avait eu droit. Que leur voulait ce monstre ? Il ne put s'empêcher de reculer lorsque le dragon revint vers lui, terrifié malgré lui. Son regard revint sur Matteo et ses entrailles se serrèrent en voyant le sang et la pâleur de l'Italien.

" Monstre ! " cria-t-il soudain, lorsque le métamorphe arriva à portée.

Prenant appui sur les chaînes, il décocha un coup de pied mortel en direction de la nuque de la créature.

Le démon aux yeux d'or eut un petit rire satisfait, n'ayant pas bougé d'un iota.

Une simple caresse…

" Hum… rebelle, hein ? Il va falloir que je t'apprenne l'obéissance, petit agneau… "

Mu ne vit pas le poing arriver sur lui et fut projeté vers l'arrière avec force. Ce fut sa chaîne qui l'empêcha de s'écraser contre le mur avant que le Tibétain ne retombe lourdement, face contre terre. Sa nuque, enfermée dans son carcan de métal, ne s'était miraculeusement pas brisée.

Pour son bonheur ou son malheur ?

L'Atlante essaya vainement de se redresser sur ses bras, mais de violents coups au ventre l'en empêchèrent, malmenant ses côtes déjà fracturées. Les coups cessèrent. Mu haletait bruyamment, un filet de sang au coin des lèvres. Son tortionnaire continua à rire.

" Tu es plutôt solide… robuste, et agréable à regarder, même comme ça. Tu auras sûrement de beaux enfants. Si on t'y aide… "

L'hilarité du seigneur redoubla, devant le regard d'incompréhension de sa victime. Kédar se pencha et caressa presque affectueusement la douce chevelure parme, avant de saisir rudement la nuque du Bélier. Une langue surdimensionnée s'enfonça dans sa gorge, le privant d'oxygène.

Matteo, impuissant, assistait à la scène le cœur au bord des lèvres, comprenant enfin l'horreur qui les attendait, l'un et l'autre.

" Athéna ! Non… Mu… "

Le nom de son compagnon d'arme mourut lentement.

Personne n'avait jamais embrassé l'Atlante jusqu'alors. Les lèvres sur les siennes n'étaient pas douces, loin de là, exigeant le passage, ne laissant aucun recoin inexploré, inviolé. Au moment où il pensait succomber au manque d'air, le dragon libéra sa bouche, le collant au sol. Avec horreur, le jeune homme sentit les mains de son tortionnaire s'insinuer sous sa tunique, agripper son pantalon.

" Non ! "

Sa voix était étranglée, rauque… désespérée tandis qu'il s'arquait en arrière, tentant d'échapper au dragon. Mais celui-ci se contenta de lui frapper la tête au sol, le sonnant pour le compte. Il sentit à peine Kédar lui retirer ses vêtements avec des gestes impatients et, bientôt, il se retrouvait à genoux, face à Matteo, la créature immobilisant d'une main ses bras dans son dos et lui maintenant de l'autre le menton de façon à ce que son regard soit dirigé vers le cancer. Dans son dos, il sentait le torse de son bourreau tandis que quelque chose d'énorme et de dur se pressait contre ses reins.

Kédar adressa un sourire maléfique au Cancer par-dessus l'épaule de Mu, dont le visage restait digne et fier malgré l'horreur qu'il lisait dans ses yeux. C'était sans doute cela, le plus abominable, pour l'un, comme pour l'autre. Assister, impuissants au viol de son compagnon d'arme et être violenté par un monstre sous les yeux de ce qui ressemblait le plus à un ami dans ce monde insensé. Saisi d'effroi, Matteo vit le corps nu du métamorphe se transformer à partir de la taille. Le sexe n'avait plus rien de celui d'un humain, ressemblant à un cobra géant fièrement dressé. La vision du cancer se brouilla de larmes et il ne put s'empêcher d'hurler, en tirant rageusement sur ses entraves :

" Sale pourriture ! Je te le ferai payer ! Mon nom est Masque de Mort, je le graverai au couteau sur ta peau ! Je te le jure sur Athéna, il ne restera que des cendres de ton royaume ! Lâche… "

Sa voix mourut dans sa gorge, en voyant le démon se coller au dos de l'Atlante.

" Ne t'inquiètes pas l'assassin, toi aussi, tu porteras mes enfants… mais pour l'instant, c'est ton ami que je vais engrosser… "

Mais de quoi parlait ce monstre ? A quoi bon mourir pour sauver la terre si une telle abomination subsistait ?

Athéna ? ! ?

Le dragon se frotta lascivement contre Mu avant de s'enfoncer en lui d'un puissant coup de rein. Les yeux du Bélier s'agrandirent démesurément mais son visage ne refléta plus aucune émotion. Le silence, le silence affreux, à peine troublé par les soupirs satisfaits du démon, qui ondula de plus en plus vite, plantant ses serres dans les chairs du Tibétain.

Le souffle coupé, Mu ne pouvait émettre un son. Ca ne pouvait pas arriver. Ce devait être un cauchemar ! Pourtant, cela faisait si mal, il avait l'impression que Kédar ambitionnait de le sectionner en deux, à chaque poussée. Jamais, il n'avait vécu ça. Jamais, il n'avait été aussi humilié, sali. C'était comme si son corps ne lui appartenait plus ; le dragon l'avait réduit à l'état de pantin dont il tirait les fils. Le souffle lui revint mais aucun son ne franchit ses lèvres en dehors des légers sifflements qu'il exhalait à chaque coup de boutoir. La main maintenant son menton, le lâcha mais il n'eut pas l'occasion de détourner la tête comme elle le saisissait par les cheveux, le forçant à presser son visage contre le sexe flaccide de l'italien.

" Non ! " cria-t-il d'une voix méconnaissable.

Pas ça !

Il ne pouvait pas le forcer à faire ça !

" Oh, si, tu vas le faire ! C'est ma volonté… à moins que tu ne préfères que je finisse d'explorer son ventre avec mes mains ? " ricana l'horrible personnage.

Le dragon pouvait facilement prendre le contrôle du corps de sa victime pour l'animer. Mais c'était beaucoup plus amusant de l'obliger à le faire de sa propre volonté. L'Italien devenait fou de rage, sentant les mains tremblantes de son compagnon d'infortune s'affairer à ouvrir son pantalon. Mais une force terrifiante lui broyait les tempes, le rendant spectateur de son propre corps qui, pour sa plus grande horreur, réagissait aux stimuli. Kédar contrôlait même 'ça'… Des larmes brûlantes coulèrent sur les joues blêmes de l'Atlante, tandis qu'il prenait l'Italien en bouche.

" Mu… mon agneau, caresse-le… " ronronna le métamorphe.

Comme un automate, il s'exécuta, massant les parties intimes exposées, extirpant des râles de plaisir au dragon qui reprenait ses assauts écœurants. Cette chose en lui, qui semblait encore gagner en volume, allait l'éviscérer, le déchirer en deux.

" Bien ! Prends tout ton temps… Vois comme ton ami apprécie… "

L'esprit de Mu s'envola, ailleurs, loin, loin de la douleur, de l'horreur et de la honte.

Masque de Mort faisait tout sauf apprécier. Rage, colère, vengeance, destruction. Voilà ce qui envahissait l'esprit lié du Cancer, tandis que son corps s'enfonçait de lui-même dans la gorge du Tibétain. Son rythme devint de plus en plus rapide, violent et Matteo sentit son propre fluide lui échapper par à coup, emplissant la bouche de Mu.

" Je suis désolé… " gémit l'Italien, lorsqu'il fut complètement répandu.

Mais Mu n'entendit pas, les deux mains plaquées de chaque côté des hanches de l'Italien contre le mur, pressé contre son compagnon d'infortune par l'orgasme du dragon. Ce dernier se retira et regarda sa victime rester quelques instants de plus dans la même position avant de se laisser glisser à terre aux pieds du Cancer. Avec un sourire, Kédar releva le menton du Masque de Mort, semblant se délecter de son expression à la fois furieuse et impuissante ; son sexe était revenu à la normale, toujours fièrement érigé.

" Dis-moi, assassin… Peux-tu imaginer à quel point, il était étroit et délicieux? Mh ? Seras-tu aussi agréable à posséder, je me le demande… Tu seras un véritable défi. Son esprit est trop fort pour que je ne le pénètre et il protège le tien, même à présent… "

Les chaînes retenant Matteo tombèrent soudain à terre. L'italien n'eut pourtant pas le temps de profiter de son répit. Kédar enchaîna une série de coups, lui faisant heurter les murs et glisser le long d'eux, avant que le dragon ne vienne le relever pour reprendre ses maltraitances.

" Tu me caches quelque chose, je le sais… Mais ton ami finira bien par lâcher prise et je saurai ce que tu as peur que j'apprenne sur toi. "

Masque de Mort eut un petit rire.

" Je ne savais pas les reptiles paranoïaques. "

Kédar, perdant patience, broya la main gauche de son jouet sous son pied.

" Si tu le prends ainsi, Masque de Mort "

Un sourire joua soudain sur les lèvres du dragon et il projeta le Cancer auprès du bélier.

" Positionne-le ! Je veux que tu puisses le voir dans toute sa splendeur… à moins que tu ne préfères que je le fasse moi-même ? " ajouta-t-il sarcastique.

A terre, Mu s'était raidit, tentant de se rouler en boule malgré la douleur. Il ne voulait pas !

Pas encore !

" Et puis quoi encore ? " marmonna l'Italien avant de prendre un magistral coup de pied dans les côtes, lui faisant éructer de la salive et du sang.

" Tu veux réellement que je m'en charge moi-même ? "

Le ton était lourd, menaçant. Quel que soit le choix de Matteo, Mu allait souffrir, encore… Il lui tendit la main en silence, l'invitant à venir à lui.

Ce dernier finit par redresser la tête, les yeux trop grands dans son visage blême. Il ne voulait pas ! Cette phrase tournait comme un mantra dans son esprit l'empêchant de vraiment réfléchir. Son regard alla rapidement de son tortionnaire au Cancer et, prenant appui sur son coude, il laissa ce dernier le tirer à lui.

" Je ne veux pas… " lui souffla-t-il assez bas pour que seul lui l'entende.

Il était inutile de préciser ce qu'il refusait aussi bien de faire que d'admettre.

L'aveu du Bélier, tout juste murmuré, renvoya le cancer à un enfant, apeuré, espérant de l'aide.

Non… non… NON !

Matteo se redressa brusquement, faisant face au Dragon, en souriant comme un dément.

" Va te faire voir, l'écailleux… " rugit-il tout en s'élançant contre lui.

Un poing furieux l'envoya s'écraser contre un mur tandis que Kédar rejoignait le Tibétain qui tenta en vain de résister. Le tenant par la nuque comme un chiot, il le jeta à terre, à quatre pattes, lui écorchant les genoux et la paume des mains. Sans lâcher prise, il fixa l'Italien qui se relevait passablement sonné.

" Il est souillé, je veux que tu le 'laves'… Si tu ne le fais pas, ce sera un de mes hommes qui s'en chargera. Et tu regarderas. "

A ces mots, le Bélier se cabra, poussant un cri de protestation et d'horreur mêlées mais le dragon ne lâcha pas prise, se contentant de serrer douloureusement des doigts autour de la gorge du jeune homme.

Le regard de Matteo alla de Mu à Kédar. Il avança à genoux jusqu'à l'atlante, évitant soigneusement son regard et hésita un instant avant de poser ses mains sur ses hanches. Le dragon lui fit un signe de tête, l'encourageant à aller 'jusqu'au bout'. Faisant abstraction de la blessure où se mêlait sperme verdâtre et sang, il ferma les yeux et commença à lécher précautionneusement la plaie qu'avait laissée Kédar.

Sous lui, le Tibétain frissonna, ses fesses se contractant nerveusement. Il ne voulait pas mais personne ne lui demandait son avis. Il avait envie de vomir, de hurler, de s'enfuir et surtout de ne plus penser, ni sentir. Le contact de Matteo était doux, délicat et en d'autres circonstances, il aurait peut-être apprécié mais il ne pouvait oublier ce qui s'était passé, la honte, l'humiliation et surtout la douleur et ce sentiment d'impuissance et de saleté… Au dessus de lui, Kédar sourit, sentant le contrôle du Bélier s'effilocher, avant de se concentrer sur le Cancer, forçant les barrières érigées par sa victime.

" Je vois, " susurra-t-il. " Beaucoup de pratique… Il te goûtait de cette manière, Matteo ? Dis-moi. "

Quelque chose se brisa en lui. Une barrière, un mur, déversant un flot de souvenirs douloureux enfoui au plus profond de son être. Enfant, Matteo avait versé trop de larmes pour éteindre le feu de la souffrance de ces années noires, il n'en avait plus assez pour éteindre le brasier qui brûlait à nouveau son être. Le Cancer cessa l'odieux manège qu'il exécutait malgré lui, le regard étrangement fixe. Qu'allait faire Kédar, maintenant qu'il savait ? Ce dernier semblait s'amuser comme un petit fou.

" Matteo, ça te ferait plaisir que je fasse comme lui ? Comme ton gentil papa qui t'aimait tant ? "

Le dragon avait pris le ton, légèrement plus sarcastique, que l'on réserve aux enfants sages, pour promettre surprises ou friandises.

Mu s'affaissa, à bout de force, seulement retenu par la poigne du grand Noir qui le lâcha négligemment. Il resta immobile à terre, trop conscient de son environnement pour son propre goût, luttant pour reprendre les fils de ses défenses mentales.

Kédar s'avança sur le cancer, le renversant sous lui.

" Dis-moi comme tu aimes papa, " fit-il de sa voix onctueuse, abaissant le pantalon déjà ouvert de l'italien d'un geste sec.

Son sexe ne se métamorphosa pas, restant humain, le sourire de la créature s'élargissant devant la surprise du Cancer.

" Je veux d'abord m'amuser avec toi, mon chéri… " ajouta-t-il sa voix prenant des accents paternels.

" Tu n'es pas mon père et je ne suis plus un enfant ! " rugit l'Italien d'une voix cassée, passant des aigus aux graves, sans aucun contrôle.

" Matteo, mon ange, tu sais que papa t'aime très fort. Tellement fort… plus fort que n'importe quel autre papa sur terre le ferait avec son petit garçon... "

Kédar se délecta du visage décomposé de sa victime, tout en lui écartant les jambes, désormais inertes. Les yeux du Cancer s'agrandirent d'effroi. La même voix, les mêmes mots… cette… cette chose rejouait une scène que Matteo connaissait par cœur.

" Les autres en seraient tellement jaloux… Tu ne dois jamais en parler, à personne… même pas à ta mère. "

Kédar ponctua sa phrase d'un coup de rein, pénétrant doucement son 'fils', avant de prendre un rythme plus brutal.

" Matteo… Han… Mon chéri… Je t'aime tant... "

Le dragon rejeta la tête en arrière sous l'effet du plaisir. L'illusion était parfaite, l'Italien n'eut aucune réaction, fixant le plafond, les yeux vides, tout en sentant son âme hurler au fond de son corps inerte, uniquement animé par les mouvements saccadés de son violeur.

" Bon, assez joué, si on reprenait depuis le début ? " ricana Kédar, préparant son corps à une douloureuse métamorphose.

Il releva soudain la tête avant de rugir de frustration et de frapper le Cancer au visage. Il le libéra enfin, se redressant et claqua des doigts à l'intention de deux soldats ailés qui venaient d'apparaître dans la grotte. L'un d'eux souleva le Bélier qui n'offrit aucune résistance. Peut-être était-il inconscient ou trop choqué pour résister… Le second s'immobilisa auprès de son maître qui saisit l'Italien à la gorge.

" Tu as de la chance mon petit… Je n'ai pas le temps de te féconder, immédiatement. Tu prendras soin de ton compagnon, en m'attendant… Surtout, observe-le bien ! " ajouta-t-il avant de le projeter, le pantalon accroché à une cheville, dans les bras du soldat qui le ceintura, l'entraînant avec lui.

Les deux hommes ailés les menèrent dans une salle plus petite, à échelle humaine, avant de les y abandonner et de fermer la lourde porte, les séparant du couloir. Après que le soldat mi-homme mi-dragon l'ai projeté à l'intérieur de la cellule, Masque de Mort se traîna à la force des bras dans un recoin de la pièce, le plus éloigné possible du corps de Mu. Ses jambes refusaient de lui obéir, le contrôle mental du dragon étant encore vivace. Il se recroquevilla dans un coin, ramenant ses jambes sous son menton, les enserrant dans ses bras. Tout son corps tremblait, de rage, de dégoût, de froid également. Il ne s'était plus senti aussi sale et écœurant depuis le jour où il avait réalisé la nature de 'l'amour' paternel. Son maître avait raison, laisser ses sentiments s'exprimer était une erreur. De ses yeux démesurément grands et durs, il fixait le néant, se jurant que plus jamais – plus jamais ! – sa nature humaine ne serait une entrave. Mentalement, il enferma toute sa douleur et ses sentiments dans une minuscule boîte noire et laissa la fureur nourrir son âme et détruire sa raison.

Mu se redressa sur les avant bras, le cœur au bord des lèvres. Une part de lui-même ne voulait pas admettre ce qui lui était arrivé, repoussant la réalité de toutes ses forces, niant et niant encore, prétendant – espérant – qu'il s'agisse d'un cauchemar. Une autre était trop choquée par ce qu'il s'était passé pour prendre conscience d'autre chose que du froid qui l'envahissait. Un froid qui semblait avoir pris le contrôle non seulement de ses membres qui tremblaient incontrôlablement mais surtout de son âme qui s'engourdissait dans l'horreur la plus abjecte. Pourtant, une troisième partie prenait en compte froidement tout ce qu'il lui était arrivé, tentant d'en diminuer l'impact. Il s'était fait violer par un monstre… un dragon sous la forme d'un humain. Seul son corps avait été touché, son esprit était resté à lui. Une victoire importante malgré les conséquences. Il avait mal aussi. Ses côtes avaient souffert et ses reins semblaient en feu. De plus, une douleur sourde stagnait au creux de son ventre, enflant jusqu'à devenir presque insupportable. Pourtant, le bélier s'obligea à prendre conscience de son environnement. Près de lui, il y avait un lit en plus ou moins bon état, assez large pour s'y serrer à deux. De l'autre côté de la pièce, le Cancer s'était recroquevillé sur lui-même en une attitude terrifiée.

" Matteo ? " appela l'Atlante d'une voix rauque.

Lentement, très lentement, une voix s'imposa dans la tête de l'Italien, repoussant au loin les bourdonnements sourds qui saturaient sa conscience. Matteo ? Qui était ce Matteo que cet homme aux cheveux lavande appelait ? Son nom à lui, c'était Masque de Mort. Oui, c'était son nom.

Pas Matteo.

" La ferme… La ferme ! " hurla-t-il à l'attention du Tibétain.

Mu sursauta entamant un geste de recul instinctif devant la colère du Cancer.

" Tu es blessé, " continua-t-il pourtant d'une voix posée.

Il ne pouvait pas se permettre de se laisser aller, de penser au viol. Pas s'il ne voulait pas s'effondrer. D'une main dont il n'arrivait pas à calmer les tremblements, il tira la couverture du lit à lui, couvrant sa nudité. La voix douce, sans animosité, du Bélier apaisa quelque peu l'Italien. Masque de Mort revint péniblement à un semblant de réalité.

" … Mu ? "

Il venait de reconnaître son compagnon et tournait la tête vers lui, ses grands yeux bleus ne reflétant qu'une muette interrogation avant que des hauts le cœur ne réaniment son corps jusque là immobile.

Le Tibétain, ferma les yeux avant de se lever, s'appuyant lourdement contre le lit, avec la nette intention de rejoindre son compagnon, malgré la douleur qui semblait vouloir le paralyser. Il ne voulait pas penser à la possibilité d'hémorragie interne. Ce n'était rien ! Il avait déjà eu mal au ventre après tout… Pourtant, à peine debout, la pièce fit une embardée et il retomba à terre, secoué de spasmes. Il avait l'impression qu'une lance de feu fouillait son estomac et ses intestins. Avec un cri étranglé, le jeune homme sentit le peu qu'il avait ingurgité le matin, des siècles plus tôt, remonter. Il ne pouvait se relever et le vomi ressortait par sa bouche et par son nez, l'étouffant à moitié.

Etait-ce réel ? Est-ce que Mu était vraiment là ? Ou était-ce encore une illusion du démon ailé ? Masque de Mort se sentait perdu, au bord de la folie, ne différenciant plus le réel de l'imaginaire. Kédar l'avait renvoyé des années en arrière, alors qu'il était enfant et sans défense devant un homme sensé l'aimer et le protéger, lui montrer le droit chemin. L'image de Kédar s'était fondue à celle de son père pour n'en former plus qu'une. Comme dans sa petite enfance, il s'était laissé faire, à la différence qu'il n'était plus un enfant. A l'époque, se débattre, pleurer, appeler à l'aide n'avait servi à rien, à part rendre l'acte plus douloureux encore. Il était passé du déni à la résignation, subissant encore et encore, cachant ce secret dégradant au fond de son âme, jusqu'à presque l'oublier lui-même. Sans le savoir, tant qu'il avait pu repousser les assauts psychiques du Dragon contre le cancer, Mu avait protégé cette information. L'illusion du Phénix était redoutable, mais ça – ça ! – c'était pire que tout. Etait-ce encore un jeu de Kédar, ayant pris l'apparence de Mu et qui semblait appeler à l'aide ? Il ne savait que faire, rentrant instinctivement la tête dans les épaules, se triturant le crâne de ses mains nerveuses.

Enfin les spasmes cessèrent mais Mu ne bougea pas immédiatement. Il avait froid... si froid. Cependant, il repoussa fermement le choc, se forçant à se redresser. A nouveau, ses entrailles se rebellèrent et il cracha quelques jets de bile brûlant mêlés de sang. Lorsqu'il sembla qu'il n'avait plus rien à rendre, il s'assit à bonne distance de la flaque de vomi avant de s'essuyer avec un coin de la couverture. Il tremblait de la tête aux pieds et une couche de sueur brillait sur son front. Lentement, son regard revint sur son compagnon, une ligne se creusant entre ses yeux devant l'état de ce dernier.

" Matteo, " voulut-il dire mais aucun son ne franchit ses lèvres.

Parler demandait une énergie qu'il ne possédait plus et il resta prostré, l'horreur commençant à mettre à mal sa maîtrise de lui-même. Combien de temps restèrent-ils ainsi, le cancer à la frontière de la folie et lui-même, à la limite de la conscience, il n'aurait su le dire. Tout son corps lui faisait mal et il sentait la fièvre augmenter de plus en plus. Lorsque la porte s'ouvrit, Mu du Bélier n'eut même pas la force de lever la tête vers le nouvel arrivant.

Le lourd battant de bois heurta violemment le mur, pour laisser apparaître Kédar, furieux, dardant son regard doré barré de courtes fentes noires sur les deux occupants de la cellule. Encore ces deux maudits bâtards ailés qui revendiquaient une partie de son territoire, mais il gagnerait cette bataille, comme les précédentes. Même si pour cela il devait épuiser tous ses soldats métis. Le garçon aux cheveux mauve portait en lui la nouvelle génération de guerriers. L'autre, pas encore. Celui-là était plaisant à posséder, se divertir encore un peu avec lui l'apaiserait. Les villageois lui avait fait un agréable présent avec ces deux spécimens : beaux, intelligents, assez vaillants pour lui résister sur bien des plans, et comble de chance, assez robuste pour porter sa progéniture hybride. Les yeux du dragon luirent intensément, tandis qu'il reprenait le contrôle du corps de Matteo. Assez joué avec ses souvenirs, il devait savoir que c'était bien Kédar qui le violentait à présent. Il ramena complètement le cancer à la réalité, tout en l'immobilisant, debout, jambes écartées, contre un mur.

" Alors mon ange ? Je t'ai manqué ? " ricana le métamorphe, libérant son sexe surdimensionné de son pantalon.

Il commença par pénétrer violemment son esclave, s'enfonçant pratiquement totalement en lui à chaque poussée, comme si son but ultime était d'incruster littéralement sa victime dans la pierre. Puis, il caressa la plaie abdominale du cancer avec une expression lascive, avant de la fouiller avec ses doigts.

" Tu ne veux pas crier pour ton maître ? J'aime tellement ta voix… "

Le Cancer refusait de lui donner ce plaisir, et s'accrochait à ce qui lui restait de volonté pour rester silencieux, malgré le pylône de chair qui lui ravageait les entrailles. Kédar, amusé, se retira, puis appuya son gland turgescent contre la plaie, avant de l'y faire entrer partiellement et de reprendre lentement ses va et viens, prenant garde à maintenir sa victime consciente et en vie. Cet humain porterait un de ses fils, mais plus tard. Il était si étroit, si profond, si têtu, un vrai régal. Matteo crut mourir à plusieurs reprises, sentant sa plaie s'agrandir à chaque intrusion et ses entrailles être repoussées à l'intérieur de lui. La douleur était intolérable mais le dragon ne semblait pas décidé à le laisser périr. Une fois encore, Kédar se retira, avant d'envahir la bouche du cancer, qu'il animait lui-même avec ses mains, posées de par et d'autre de son visage. A genoux, sa victime inerte, aux frontières de l'inconscience, ne sentit pas le liquide visqueux lui emplir la gorge, avant de tomber face contre terre.

Mu, quant à lui, assistait impuissant au deuxième viol de son compagnon d'arme.

" Non, " souffla-t-il muettement, la terreur le submergeant.

Il ne voulait pas voir ça ! Pourtant, il ne détourna pas le regard, lié par une étrange loyauté.

" Non ! " répéta-t-il à nouveau et cette fois, le mot franchit ses lèvres en un murmure.

Kédar se détourna du Cancer inconscient avant de s'approcher de l'Atlante, lui relevant le menton.

" Tu es si beau… J'aurais dû te garder pour m'amuser avant de te prendre pour de bon… Mh… "

Le dragon se redressa soudain et rejoignit le Cancer, passant sa main au-dessus de sa blessure qui se referma, formant une croûte toute fraîche avant de le secouer, le ranimant.

" Debout, Matteo ! " cria-t-il avant de le projeter contre Mu.

La créature sourit, observant le tableau que formaient les deux hommes, l'Italien couvrant la forme nue du bélier.

" Tu as de l'ouvrage devant toi, mon chéri, " ajouta-t-il moqueur. " Nettoies les dégâts qu'a provoqué ton ami… Tu es aussi chargé de le laver ! Il ne sent pas très bon avec toute cette sueur et cette crasse, " ajouta-t-il en désignant les traces de vomi qui avaient échappé au bélier.

Kédar se détourna.

" Après tout… Tu seras bientôt dans le même état… Quand vous aurez mis bas et si vous y survivez, je vous marquerai comme mes favoris ! "

Il éclata de rire et sortit tandis que Mu s'enfonçait dans un néant miséricordieux.

Les secondes, les minutes, les heures peut-être s'écoulèrent dans un silence morbide. La douleur à la surface de son ventre s'était estompée depuis que Kédar l'avait 'soigné'. Mais les souffrances internes étaient très présentes, aiguës, comme si des milliers, des millions de crocs vicieux déchiraient ses chairs. Quant à son mental, sa raison vacillait comme une flamme dans un courant d'air, cherchant un point d'ancrage pour rebâtir ses fondations. Il en trouva un : ce cauchemar était bien réel, le Dragon était là, et voulait 'l'engrosser', une fois ses jeux barbares terminés. Masque de Mort se prit à envier Mu qui venait de s'évanouir, lui qui ne le pouvait pas, n'y 'arrivait' pas. Le corps de l'Atlante contre le sien, bien que glacé, lui procurait un peu de chaleur. Avec des gestes hésitants, il agrippa comme il put le Bélier de sa main tremblante et l'approcha de lui, plus par besoin de réchauffer son propre corps que par tendresse, et enfouit son visage dans un océan lavandin, avant de sombrer dans un sommeil sans rêve.

A suivre