Note : Ce poème-là est sur Harry, Harry le Survivant, Harry l'Orphelin. Il n'y a pas de rimes ; j'ai simplement essayé de me mettre dans sa situation, de le montrer dans sa fragilité, la fragilité de l'enfance qu'il n'a jamais eu... et j'ai laissé les mots couler…

J'espère que ça vous plaira !


ABSENCE

Le soleil brille et les mères tiennent la main à leurs enfants.
Longs doigts d'argent saisissant la petite main mutine,
Elles vont, et c'est comme si les rayons de lumière
Eclairaient leur chemin de douceur.

Que n'aie-je connu cela ! Que ne suis-je mort à ta place, ô Maman !
Jamais je ne sentirai sous mes doigts enfantins perler la douceur de ta chevelure
Ornée de reflets chauds ; jamais je ne contemplerai mes prunelles dans les tiennes.
Jamais ta voix que je rêve apaisante ne me grondera…

Les nuits d'hivers, tourmenté par la fièvre, j'imagine tes mains, douces
Et fraîches, se poser sur mon front que de glaciales sueurs brûlent et dévorent ;
Quand, dissimulé aux regards des autres, je sanglote et je pleure,
Je voudrais que tu cueilles ma détresse dans ton giron maternel.

Mes nuits sont peuplées de cauchemars, où je ne peux saisir ton image ;
Viens me hanter, enfin ! délivre-moi, pitié ! laisse-moi te connaître, un peu !
Ne m'abandonne pas à ces tuteurs cruels et sots qui me haïssent ;
Car j'ai tant besoin de ton amour, à toi, à vous…

Car j'ai tant de vertiges sans vous !
Mon sang est orphelin, mes yeux sont vides de vos doux reflets.
L'on me pousse face à l'artisan de mon malheur, et,
Alors que je fais mine d'être courageux…

Je ne rêve que de me réfugier dans tes jupons parfumés.