Chapitre un
Harry ne restât pas longtemps seul. Après qu'il se soit écroulé au sol, quelques minutes passèrent dans un silence de plomb.
Bientôt, on entendit des pas précipités dans l'allée menant à l'entrée du manoir. De grands coups furent portés à porte d'entrée. Le prénom d'Harry fut crié à plusieurs reprises, puis de nouveau le silence. Harry ne bougea pas.
Soudain, un sort fut lancé, la porte explosa. Un Draco Malfoy des plus inquiet apparu au seuil du salon. L'état dans laquelle se trouvait la pièce augmenta son inquiétude. On aurait dit qu'une mini tornade avait dévasté le séjour. Les meubles étaient sans dessus, dessous, les tentures des baies vitrées pendaient lamentablement du plafond, l'écran plat avait été éventré, des livres, des parchemins et des débris de verre jonchaient le sol.
Le blond s'avança dans la pièce et aperçut la "dite" tornade recroquevillée dans le canapé. il rejoignit son ami, hésitant. Draco n'était pas le meilleur qualifié pour ce genre de situations, il regrettait presque qu'Hermine n'ait put l'accompagner. Mais celle-ci avait déjà fort à faire avec sa propre peine et celle des Weasley. Il contempla Harry, ne sachant que faire. Il se rappela vaguement un conseil donné par Hermione, quand celle-ci avait compris qui il allait le rejoindre. Il tenta de s'en souvenir, tout avait été si vite. Il voyait encore la jeune sorcière, le visage baigné de larmes se tourner vers lui, le sondant comme elle seule savait le faire. Elle devina de suite, ce qu'il allait entreprendre. Elle donna son assentiment d'un hochement de tête et lui dit.
- Dray, il est comme un chat sauvage...laisse le venir à toi...sois patient et surtout ne le brusque pas !
Il avait acquiescé et s'était précipité au manoir Potter.
- Un chat sauvage... murmura Draco un sourcil relevé.
Merci Hermione, encore faudrait il que j'ai déjà eu un chat...et en plus les animaux me détestent pensa t-il affligé.
Finalement, il s'accroupit et posa doucement sa main sur l'épaule d'Harry. Celui-ci se crispa à son contact, et ne lui adressa aucun regard. Draco comprit alors que son ami ne voulait pas parler. il s'installa à ses côtés et attendit. De temps à autres, on pouvait entendre de petits sanglots étouffés. Le sorcier blond frotta son visage de ses deux mains en soupirant légèrement. La journée avait été longue et difficile, puis, la soirée s'était rapidement transformée en cauchemar.
Draco et Ginny ne s'était jamais très bien entendus, mais malgré leurs désaccords, il l'avait toujours considérée comme une amie proche. Une chose les rapprochait, Harry. Paradoxalement c'était également lui le sujet de la plupart de leurs discordes. Il sentit les larmes monter, mais les chassa rapidement et jeta un coup d'œil à son ami, celui-ci avait fini par s'endormir. Draco se devait d'être fort, le jeune blond savait que les prochains jours seraient extrêmement difficile pour le noiraud. Si lui aussi craquait, Harry n'aurait plus de béquilles auxquelles s'accrocher. Les autres étant beaucoup trop effondrés pour pouvoir l'aider dans l'immédiat.
Harry avait surmonté les épreuves, les unes après les autres et s'était toujours relevé. Lors de la bataille finale il y eut de nombreuses pertes humaines, Harry, lui, avait survécu. Complexe du héro oblige, un sentiment de culpabilité l'avait envahit et avait commencé à le ronger de l'intérieur.
La mort de Remus et Tonks, tués quelques mois après par un mangemort en dérive, l'avait anéantit. Il en ressortit extrêmement fragilisé. Puis, un an après, Albus déclara une pathologie incurable ; Il succomba à la maladie après un an d'un combat acharné contre la mort. Çà avait été le coup de grâce. Seule Ginny avait réussi à relever son mari avec énormément de difficultés et au bout de plusieurs mois. A l'époque personne ne pouvait l'approcher sauf elle ou Draco. A présent elle ne serait plus là pour l'aider, et pour cause ; Ginny avait quitté ce monde. Elle était morte. Draco avait encore du mal à s'y résoudre, mais la réalité était là, la jeune rousse les avait quitté. Il entoura ses genoux de ses bras.
La journée avait pourtant bien commencé.
Draco est ce qu'on pourrait appeler, "un maniaque de l'ordre". Tout doit être à sa place, où il faut et quand il faut.
Ce matin là, commençait donc comme tous les matins. Son réveil sonna à six heure précise, il passa rapidement veste et pantalon de jogging puis partit courir dans le parc jouxtant le manoir. A sept heure, après une douche rapide, il prit son petit déjeuner composé d'un café noir bien serré, d'un laitage, d'un fruit et de deux tartines de pain. Repas terminé à sept heure trente, Draco mit son manteau, se regarda dans la glace. Les années l'avait embellit, il avait gagné quelques centimètres, le quiddich et le jogging avaient affiné et musclé sa silhouette. Ses cheveux toujours d'un blond presque blanc n'était plus figés par du gel, le sorcier les avait coupé plus courts et ils tombaient ça ét là dans un léger mouvement désordonné. Cela lui donnait un air sexy selon les dires de tout le monde. Dernier atout et non des moindres, ses yeux, d'un gris d'acier. Envoûtants disait-on. Oui draco était beau et il le savait, mais contrairement à l'époque de Poudlard, le sorcier n'en jouait plus, rares étaient ses conquêtes. Pourtant les prétendants et prétendantes s'entassaient devant sa porte. Mais il ne voulait qu'une seule personne depuis sa sixième année, et celle-ci lui était interdite. Le jeune homme se contempla une dernière fois, vérifiant que tout était en ordre, prit sa mallette et une fois sortit de chez lui, transplana direction Ste Mangouste.
Cela faisait quatre ans que Draco y travaillait comme interne Médicomage. L'année dernière le jeune homme avait décidé de se spécialiser en médecine potioniste. on pouvait dire que le sorcier avait enfin trouvé sa voie, il adorait son métier.
Une fois arrivé à l'hôpital, il endossa rapidement sa blouse et commença la tournée de ses patients. Pour ce semestre le jeune homme avait été admis à l'unité des soins intensifs et des urgences. Il tournait donc sur les deux secteurs à tour de rôle, ce matin là, on l' avait affecté aux soins intensifs. Il n'y eu pas de problèmes majeurs, le sorcier alla déjeuner vers midi en compagnie d'un de ses confrères, Allan, qui était de deux ans son aîné.
En début d'après midi, on lui demanda de venir aux urgences pour un second avis face à un cas compliqué. Draco avait un très bon niveau et était un des meilleurs interne de l'hôpital. Le professeur de service pensait lui offir le poste de chef de clinique à la fin de son internat.
C'est à partir de ce moment que la journée se compliqua. En une heure les urgences débordèrent, Draco dut aller aider ses collègues. Vers dix-neuf heure, il put enfin se libérer afin d'aller travailler sa thèse dans son bureau. A vingt heure, une note express l'interrompit dans son travail. Un de ses patient se dégradait et sa présence était demandée. En passant rapidement devant l'accueil, il crut reconnaître les cheveux noirs ébouriffés d'Harry, son cœur s'arrêta un instant. Une infirmière entra dans son champs de vision et lui demanda de la suivre rapidement car son patient n'allait pas bien du tout. Inquiet mais ne pouvant vérifier que c'était bien Harry, il mit ce problème de côté et se concentra sur l'urgence à gérer. Ce n'était surement rien pensa t-il en arrivant dans la chambre du malade, j'ai du mal voir, ça ne devait pas être lui tenta t-il de se rassurer.
Il s'avéra que son patient faisait un choc sceptique, il tenta le tout pour le tout, mais rien n'y fit. Le Monsieur, trop âgé et affaiblit ne réussit pas à surmonter l'infection fulgurante. Son cœur s'arrêta. Après que Draco et son équipe aient tenté de le réanimer pendant plus de trente minutes, il fallut se rendre à l'évidence, il n'y avait plus rien à faire. L'heure du décès fut annoncée sous les coups de vingt-deux heures. Draco alla voir la famille assise en salle d'attente, les emmena dans une pièce vide et annonça la mort de leur parent. La famille effondrée voulut aller voir le corps, il les accompagna, une fois assuré que tout se passerait au mieux pour eux, il donna le relai à l'infirmière. Il remplit les derniers papiers administratifs, et repartit vers son bureau épuisé autant physiquement que psychologiquement. Il était vingt-trois heure.
Arrivé devant l'accueil, il se souvint brusquement avoir vu Harry, il alla voir l'hôtesse d'accueil et demanda si Harry Potter était passée dans la soirée et si oui pourquoi. L'hôtesse écarquilla les yeux et lâcha son stylo de surprise. Elle tenta inutilement de fuir le regard glacial du blond. Un sentiment d'effroi s'empara du médicomage.
Oh non...pas lui..ne me dites pas qu'il lui est arrivé quelque chose, pensa t-il. Faisant fi de toute bienséance Malfoyenne, l'inquiétude étant trop grande ; Il aboya sur la secrétaire.
- Alice ! Cessez ce comportement infantile et expliquez vous !
La dite Alice bégaya difficilement qu'on avait essayé de le prévenir, mais que celui-ci étant déjà occupé, et trop proche de la famille, ils avaient décider de passer la main à une autre personne...Ce faisant, le jeune femme cherchait de l'aide auprès de ses collègues, toutes plus apeurées les unes que les autres. Draco était aimé de tous, mais on connaissait l'ampleur de ses colères. Draco tremblant, s'apprêta à hurler sur elle mais fut interrompu par le Docteur Mortier, le professeur de service.
-Draco, cesse de maltraiter Alice s'il te plait ! Elle ne peut rien te dire. Je lui ai interdit d'en parler à qui que ce soit...
Je ne veux pas d'une nuée de paparazzis dans mon service ... Suis moi s'il te plait, il faut qu'on parle...murmura t-il pour terminer.
Le Dr Mortier était inquiet, il savait bien que Draco était un ami proche de la famille Potter. Ce qu'il allait annoncer serait douloureux pour le jeune homme.
Interloqué et des plus anxieux, Draco suivit son supérieur en silence. Il fut emmené dans la salle famille, là où on annonçait les décès. Il venait justement d'en sortir, son cœur s'emballa.
-Harry...gémit Draco une fois la porte fermée.
-Monsieur Potter va bien...enfin...dans la mesure du possible.
De soulagement les jambes de Draco lâchèrent, il dut s'asseoir.
- Draco...Le Dr Mortier s'assit face à son interne pour annonçant la nouvelle.
Draco tellement soulagé qu'Harry aille bien ne comprit pas tout de suite ce que venait de dire son supérieur. Inquiet de ne voir aucune réaction le Dr Mortier se répéta doucement. Ce fut à ce moment que la réalité frappa douloureusement Draco. Oui, Harry allait bien, mais Ginny...Il se trouva horrible d'avoir été si soulagé quelques instants auparavant. C'était impossible, non, pas si brutalement...elle ne pouvait pas être...pensa t-il paniqué.
Il pâlit, ses yeux s'embuèrent. Le Dr Mortier posa doucement sa main sur l'épaule du blond. Sans s'en rendre compte celui-ci murmurait que tout ceci était impossible, que c'était certainement une erreur ; Les larmes coulant silencieusement sur ses joues.
- Draco, commença son collègue?
Viens avec moi s'il te plait, lève toi.
Draco se leva difficilement et avança d'une démarche incertaine aidé par le Dr Mortier. Il fut prit de violents vertiges et ses oreilles se mirent à bourdonner furieusement. Sur le trajet, il continua de murmurer que c'était impossible. Les deux Médicomages arrivèrent devant une chambre.
- Draco, regarde moi...je vais te faire entrer, elle est prête et je pense que tu as besoin de la voir pour accepter la situation. Elle est paisible maintenant. Je t'accompagne, ça va aller mon garçon.
D'un geste paternel il serra sa main sur l'épaule de Draco et le fit entrer. Pour Draco, le temps fut comme ralentit. Il eut l'impression qu'autour de lui tout bougeait très lentement comme s'ils étaient en apesanteur. La porte une fois ouverte, ils entrèrent et là, il l'a vit. Frêle silhouette allongée dans un lit semblant être quatre fois trop grand pour elle. Elle était d'une blancheur d'albâtre. Avec ses yeux fermés ainsi et cette expression paisible au visage, on aurait put croire qu'elle dormait. Seul signe que la mort l'avait prises, ses lèvres légèrement cyanosées, et le manque de respiration.
Draco arrêta de murmurer sa litanie, et grimaça, il arrêta de pleurer.
Elle est vraiment morte pensa t-il. Il s'approcha du corps de son amie, lui prit sa main. Son collègue sortit. Ainsi placée, la jeune femme semblait si paisible, elle faisait penser à un ange. Il resserra sa main sur celle de Ginny et lui embrassa le front.
- Bonne nuit belle Ginny, fais bonne route...et veille sur nous.
Il l'a regarda un long moment silencieux. Puis un élément important le sortit de sa torpeur. Mais où était Harry. Il devait être dévasté, pourquoi n'était il pas auprès de sa femme. Après un dernier regard sur la jeune rousse, une dernière prière et un dernier au revoir il sortit de la chambre. il avait le cœur lourd, mais son esprit était maintenant plus clair. Il devait trouver Harry. Draco retrouva le Dr Mortier, celui-ci attendait patiemment le jeune homme à l'accueil.
- Alain... commença Draco.
Où est Harry ?
Embarrassé son vis à vis lui expliqua ce qu'il s'était passé.
- Dès que nous avons reçu Mme Potter, nous l'avons prévenu...elle était dans un triste état. Malheureusement le temps qu'il arrive, il était trop tard. Le Médicomage mal à l'aise déglutit puis reprit.
Je lui ait fait l'annonce et l'ai emmené voir sa femme. Il a demandé à rester seul. Deux heures après il est sortit, mais...il aurait dit à Alice que sa femme dormait profondément et qu'il repasserait demain. Elle n'a pas eu le temps de l'arrêter qu'il avait déjà transplané...chose normalement impossible...mais on parle de l'élu...donc...On a essayé de le contacter mais il ne répond à rien. J'attendais que tu te libère avant de prévenir les aurors.
-Eh merde...fut la seule réponse que put sortir Draco.
Il est dans le déni...et un beau grand déni..pensa t-il.
- Bon je vais prévenir sa famille, une fois qu'il seront arrivés je me charge d'aller voir Potter, ne préviens personne. J'en prends toute responsabilité. Déclara le blond, en envoyant une note expresse à Hermione. Il savait qu'elle était de garde au secteur Pédiatrique.
Harry se retourna dans son sommeil, sortant Draco de ses pensées. Il regarda l'heure, l'aiguille montrait deux heures du matin. Il jugea Harry assez endormi pour le manipuler sans risque de le réveiller. Il le fit léviter jusqu'à sa chambre et le déposa sur son lit. Une fois le jeune homme bien installé, Draco prit un plaid et se coucha sur le canapé. Il s'endormit à son tour difficilement sous les rayons argentés de la lune.
Bonsoir,
J'espère que vous avez aimez ce nouveau chapitre !
En tout cas, merci à winchesterer-23 pour son encouragement ^^ ça fait toujours plaisir.
Je n'aurais pas autant de temps pour écrire cette semaine (malheureusement...), je pense pouvoir poster le troisième chapitre fin de semaine prochaine.
A bientôt
