Bonjour tout le monde,

Voici le second chapitre.

Mon OC fait son entrée. J'espère que vous l'appréciez.

Merci à AkaneMitsuki pour ta review.

Bonne lecture


Les bras chargés de documents, Sengo Komachi serpentait à travers le dédale qu'était les archives de la Première Division. C'était un bâtiment en pierre composé de plusieurs étages. La Shinigami connaissait par cœur les différents rayons. Elle aimait vraiment son métier. C'était calme mais diversifié. Elle voyait chaque jour de nouvelles personnes qui lui apportaient leur paperasse administrative que sa division devait garder en copie. Après inspection, chaque document était ensuite rangé au bon endroit. Elle avait aussi pour tâche de fournir les papiers nécessaires certaines procédures, comme des successions, des transferts de divisions ou des requêtes venant d'autres services administratifs.

Ce matin là, Sengo finissait de ranger les rapports de mission qu'on lui avait apporté la veille. Tout en chantonnant, elle se déplaçait de rangée en rangée pour se délester des liasses qui lui pesaient dans les bras. Soudain, elle fut stoppée dans sa tâche par un Papillon de l'Enfer. Il était assez fréquent que des demandes urgentes se fassent de cette manière. Elle tendit innocemment la main vers le messager et écouta son message.

Les documents bien triés tombèrent sur le sol dans un bruit de chute caractéristique. La collègue de Sengo qui se situait dans une rangée voisine, se précipita pour voir ce qu'il se passait. Elle découvrit l'archiviste debout au milieu d'un océan de papier disséminé tout autour d'elle. Le Papillon de l'Enfer avait fini sa mission et il était été déjà parti lorsqu'elle rejoignit Sengo. La jeune femme avait les yeux dans le vide, son bras toujours en l'air comme si le Papillon était toujours présent.

- Que se passe-t-il Sengo ? demanda sa collègue alarmée par son comportement.

L'archiviste baissa sa main et regarda à peine sa voisine. Elle devenait blanche à vue d'œil, puis un frisson la saisit.

- Sengo ? insista-t-elle inquiète.

- Je... je dois partir, finit-elle par dire dans un murmure.

Sengo se retourna sans rien ajouter et prit la direction du rez de chaussée et de la sortie, laissant sa collègue seule et un peu perdue. La jeune femme avait de temps à autre des moments mélancoliques mais jamais elle n'avait été dans cet état.

C'est seule que Sengo fit le chemin jusqu'à l'arène des Jeux. Même si elle n'y était jamais allée pour observer les combats, elle savait où se rendre. Jamais elle n'avait voulu y aller, malgré que ses amis l'aient invité à plusieurs reprises. Ces Jeux la dégouttaient. Se battre pour le plaisir sans enjeu vital était quelque chose qu'elle avait exclu de sa vie. C'est pour cela qu'elle avait accepté le poste d'archiviste de la Première Division. Le Capitaine-Commandant l'avait bien compris et, appuyé par une professeure de l'Académie, elle avait pu se préserver de son côté sombre. Mais Shunsui Kyôraku avait posé une condition, car au vue des nouvelles exigences imposées, il devait pouvoir compter sur elle en cas de besoin. Si pour une raison ou une autre, le Capitaine de la Première Division lui demandait de reprendre les armes, elle devait s'y soumettre.

Tout le long de son trajet, Sengo réfléchit à toutes les éventualités qui allaient s'offrir à elle. Ainsi plongée dans ses pensées, elle ne fit pas attention aux regards qui se faisaient de plus en plus nombreux et insistants au fur et à mesure qu'elle approchait de l'arène. L'annonce de son tirage au sort avait étonné tout le monde et s'était ébruitée rapidement dans le Seireitei. Après une attente où chacun put émettre son avis sur la question, on aperçu une silhouette arriver.

Un peu plus grande que la moyenne, une taille marquée et ceinte par un obi coloré, ainsi que des cheveux rouge foncé tirant sur le brun attachés en un chignon haut, c'était bien l'archiviste. Sengo Komachi marcha au même rythme que depuis son départ de sa division sur la verte plaine de l'arène. Ses pas la menèrent jusqu'à son adversaire qui s'impatientait et les deux juges de la Treizième Division. Son regard se porta ensuite vers la tribune des officiers, face à elle. Elle chercha son Capitaine en espérant que cela la rassurerait, mais ce fut tout le contraire. Derrière le Général se tenait sa co-Lieutenant. Cette dernière portait à la main une chose qui lui déplut fortement. C'était un objet que Sengo avait confié à Shunsui Kyôraku à son arrivée dans sa division.

- Hé miss ! s'exclama Nobu Ariyoshi en rompant le silence pensant. Tu n'aurais pas oublié quelque chose ?

Sengo ne l'écoutait pas. C'était un provocateur qui ne méritait pas son attention.

- Vous confirmez bien être Sengo Komachi, Shinigami de la Première Division ? demanda l'un des deux juges comme l'exigeait le protocole.

- Oui, répondit-elle sèchement.

- Alors…., continua le juge.

Mais il fut coupé net par Sengo.

- Je déclare forfait, déclara-t-elle de but en blanc.

La jeune femme, dont le visage s'était assombri, ne quittait pas des yeux son Capitaine. Elle se sentait profondément blessée par son inaction. Il était parfaitement au courant de son point de vue et pourtant il ne l'aidait pas. A nouveau les messes basses reprirent de plus belle dans les tribunes.

- C'est impossible. Les règles sont strictes, expliqua le juge calmement.

Sengo ne put réprimer un grondement, et pour continuer dans cette série d'incompréhension, elle se mis à genoux dans l'herbe tendre de l'arène.

- Voilà je suis à terre. Vous pouvez le déclarer gagnant, continua-t-elle sans pour autant lâcher du regard Shunsui.

Un profond malaise s'étendait autour d'elle. L'archiviste n'avait que faire de son honneur et des qu'en-dira-t-on. Elle ne voulait pas avoir à se battre et elle tentait les différents recours qui pouvaient s'offrir à elle.

- Oh mais tu ne vas pas me gâcher mon combat, commença à s'énerver son adversaire. Déjà tu te fais tirer au sort alors que t'es pas dans les troupes combattantes et ensuite tu te ramènes comme ça, les mains dans les poches, sans même une arme. A moins que tu ne caches ton Asauchi dans ton…

La phrase vulgaire de Nobu Ariyoshi fut coupée par le shûnpô de Nanao Ise qui fit brusquement son arrivée au côté de Sengo, toujours à genoux. L'aura meurtrière du Lieutenant suffit pour le faire taire un instant. Ce Nobu n'était qu'un faible et un inconscient. En se fiant uniquement au poste de Sengo, il prétendait qu'elle n'avait qu'une Shinigami de faible niveau. Malheureusement pour lui, l'Asauchi de Sengo avait depuis longtemps absorbé son âme. Et elle en connaissait le nom.

- Lèves-toi s'il te plait.

Le ton de Nanao tenait plus d'un ordre que d'une demande. Elle lui tendit énergiquement l'objet que Sengo avait aperçu juste avant. Là sous son nez, il y avait son Zanpakutō. Elle ne l'avait pas revu depuis 10 années, mais il était tel que dans son souvenir. Aucun doute sur son origine avec ce laçage de soie noire autour de la poignée, c'était bien son sabre. Pour éviter de se perdre dans sa mémoire, Sengo releva à nouveau la tête vers le Général.

- Prends-le et bats-toi, insista Nanao en le secouant fermement devant elle.

Dans un soupir, Sengo se releva. Son attitude ne laissait pas penser qu'elle avait peur du combat. Nanao, qui était légèrement en face d'elle, pouvait clairement sentir qu'elle bouillonnait de l'intérieur. Elle savait que la jeune femme se contrôlait au maximum, mais était-ce pour ne pas faire demi-tour ou pour ne pas exploser aux yeux de tous.

- Bon allez on le commence ce combat ? reprit Nobu qui n'avait aucun doute sur sa supériorité. T'inquiètes pas, je vais faire attention à ne pas abîmer ton joli visage de poupée.

Sengo continuait à l'ignorer superbement.

- J'ai besoin de votre accord, Capitaine, parla-t-elle fortement.

Shunsui Kyôraku n'avait pas bougé de sa place et son verre de saké était resté au même niveau. Il appréciait vraiment cette Shinigami et il savait que s'il lui donnait son autorisation, il perdrait sa confiance pour de bon. Cela ne lui plaisait guère mais il avait déjà commis un impaire en dissimulant Sengo dans un service administratif, et il n'allait pas continuer à contourner les règles.

- Je te donne mon accord, finit-il par dire à contrecœur.

Dans l'instant qui suivit, l'affaire fut réglée.

Pourtant à vue d'œil, rien n'avait changé, hormis le fait que le tissu du Shihakushō de Sengo semblait mu par un vent invisible. Mais tout le monde avait senti, le temps d'une respiration, le malaise que l'on ressent quand une forte pression spirituelle est libérée. Néanmoins, les Shinigami ayant un niveau supérieur dans les arts spirituels, avaient parfaitement vu ce qu'il s'était passé. Cela eut pour effet d'attirer l'attention des Capitaines et même de réveiller Zaraki Kenpachi qui s'ennuyait toujours autant. Son instinct de guerrier venait de se réanimer.

- Vous nous avez caché cette perle, Capitaine-Commandant, déclara Shinji Hirako, le Capitaine de la cinquième Division.

Son ton désinvolte détonnait avec l'ambiance tendue, mais il permit d'enclencher la discussion.

- C'était une belle démonstration de Hohō, continua le Capitaine de la sixième Division, sur un ton monotone.

Pour que Byakuya Kuchiki se permette ce genre de commentaire, le niveau de Sengo Komachi devait être particulièrement élevé et les Lieutenants également présents purent se raccrocher à son avis. Tous n'avaient pas été en mesure d'affirmer ce qu'il s'était passé avec précision, et certains ne comprenaient pas vraiment pourquoi les Capitaines discutaient comme si le combat était terminé, alors les deux combattants étaient encore debout.

Sengo Komachi salua respectueusement la tribune des officiers et s'en retourna de là où elle venait. Nobu Ariyoshi quant à lui n'avait pas bougé d'un cheveu. Il avait l'air d'une statue, figé, le regard vide. Un des deux juges s'approcha de lui et l'observa. Il remarqua rapidement l'aspect étrange de son kosode. Puis ce fut au tour de la ceinture de son hakama de changer. Sa couleur blanche immaculée devint rouge sang. Avant que le juge n'ait pu dire quoi que ce soit, l'homme tomba inerte sur le sol.

- Je vais faire attention à ne pas contrarier votre archiviste la prochaine fois que je lui apporterai mes rapports, insista Shinji Hirako.

- Tu ne le faisais déjà pas avant, précisa sa collègue Lisa Yodômaru.

- Raison de plus pour continuer à déléguer cette tâche, confirma-t-il en rigolant..

Pendant que le juge confirmait la victoire de la combattante de la première Division, Nanao revint près de son Capitaine. A aucun moment elle n'avait lâché le fourreau du Zanpakutō de Sengo et avait été au premier rang pour voir son unique attaque.

- Elle n'a rien perdu, lui dit-elle en reprenant sa place.

- Non, soupira Shunsui. Elle utilise toujours son Zanpakutō pour donner la mort.

La vive discussion qui animait ceux qui partageaient la tribune des officiers, couvrait leur conversation, mais c'était sans compter sur l'ouïe fine du Capitaine de la onzième Division. Son sourire carnassier en disait long sur ses intentions.

Finalement c'est sous les applaudissements des spectateurs que Sengo quitta l'arène des Jeux, mais également sous les regards complétement différents de deux Capitaines. L'un peiné et soucieux, tandis que l'autre était vif et perçant.


Avis, commentaire ou autre, je vous écoute ;-)

A bientôt

Sacrok