Os de Sithmaith

Pour ce trois décembre, c'est donc du Spirk, parce que la diversité c'est important.

Installez vous donc dans votre canapé avec un plaid moelleux et du thé, il fait froid.

J'ai eu l'idée de cette OS parce que je trouvais que dans into darkness, les personnages passaient très (trop) rapidement sur la mort de Kirk. Parce que non, malgré ce que veut nous faire croire les comics, la mort c'est pas une mauvaise grippe

La première partie je pars donc de la scène du réacteur.

Réponse des reviews guest du 2 décembre par TwoLoversSasuNaru

Liki: Merci pour ton retour et tes encouragements. La chasse et café givré sont en pause pendant le calendrier. Elles seront bien évidemment terminées.

Rating : M ( petit lemon en fin d'OS)

Couple : Spirk

C'est partit. Bonne lecture


La peur. Il n'éprouvait que de la crainte, il ne lui restait que ça.

Non la douleur aussi. Lancinante, bien trop intense, qui lui vrillait le corps et lui paralysait l'esprit.

Et un regard sombre.

Une ancre, la sienne.

Une unique larme dévale la joue glabre.

Il est responsable de la peine des yeux de nuit.

Il est en faute.

Il voudrait consoler, rassurer, sentir une dernière fois le parfum de la peau pâle. Orage et encre.

_ Spock, je... j'ai peur »

Des mots qui en remplacent d'autres, trop intimes, trop secret, trop tard.

Le destin s'acharne, le temps qui leur reste fuis, file, s'étiole, s'effrite il ne peut le retenir, il le sait.

La faute au destin.

Il a fait le bon choix, de cela au moins il est certain.

Les prunelles foncées vont bien.

_ Parce que vous êtes mon ami

Une litanie qui s'est imprimée sur tout son être.

C'est erroné. Non incomplet, il y a tellement plus.

Une main contre la sienne.

Il veut s'y raccrocher.

Mais il ne rencontre que la froideur du verre

Il veut toucher une fois encore la chaleur, la douceur, le contact de cette peau révérée. Une dernière fois. Juste une dernière fois.

Prononcer encore trois mots.

Seulement trois mots.

Les orbes noires doivent les entendre.

Il est en colère tant d'occasions manquées de les prononcer, il ne le peut plus désormais.

Ne pas le laisser seul.

Il n'en a pas eu assez, ne peut se lasser.

Il veut davantage.

Davantage de Spock.


Tout était rentré dans l'ordre.

De son propre avis Kirk allait bien, cela faisait deux semaines que l'incident Khan avait eut lieu.

De l'histoire ancienne donc.

Il était en vie, il n'était pas nécessaire de revenir là dessus.

Il ne se souvenait pas de grand chose à dire vrai.

Il se rappelait le réacteur, puis Spock, puis plus rien, jusqu'à ce qu'il se réveille dans l'infirmerie avec Bones.

L'équipage semblait s'attendre à ce qu'il révèle tout sur la vérité après la mort, mais la vérité, c'était qu'il n'y avait rien d'autre que la vie. Du moins, c'était ce dont lui se souvenait.

Il ne savait pas vraiment que penser de ça. C'était censé l'inquiéter ou le rassurer ? Il se poserait peut-être la question la prochaine fois qu'il reverrait la faucheuse.

En attendant, tout allait pour le mieux, à nouveau de retour à la normal.

Enfin, autant que cela puisse l'être sur l'enterprise.

Bones râlait, Scotty bricolait, Spock jugeait le monde avec ses sourcils improbables, Chekov et Sulu discutaient des heures durant tous les deux.

Et Jim couvait son petit monde avec désinvolture et raillerie.

Tout était à sa juste place.

Jim aimait cette vie, la sienne. Il était libre, il avait l'aventure à sa fenêtre, enfin à son hublot. Tout été parfait.

Pour l'heure, il se planquait. Comme toujours, Bones le retrouverait, mais le faire courir un peu, c'était bon pour lui, ça l'entretenait. Il avait tendance au laissé aller. Voilà, c'était pour Léonard que Kirk agissait comme un sale gosse. C'était jour de visite médicale. Il ne s'était pas pointé, voilà trois heures qu'il esquivait son compère. Il n'aimait pas tout ce qui touchait de près ou de loin à la médecine. Bon sauf Bones. Son meilleur ami était médecin, ironique en soit.

Léonard le dénichait toujours au final. Jim pensait que Scotty n'était pas étranger à ça, il devait lui donner un coup de main pour le repérer.

_ James Tiberius Kirk.

Une porte que l'on ouvrit avec fracas. La voix gronde roque de colère. Assieds à même le sol, regardant un film terrien sur une tablette de starfleet, Jim se sentait comme un enfant pris en faute. Il leva les yeux vers son comparse de toujours. Bones, la mine rougie par la course, une veine sur son front pulsait au rythme de sa fréquence cardiaque, c'était presque hypnotisant, il bouillonnait.

Ses prénoms et son nom de famille, jamais un bon signe. Une blague et Bones oublierait bien vite sa colère, quelle qu'en soit la source. Jim n'avait rien fait de particulièrement répréhensible, enfin pas plus que d'habitude.

Il redressa son dos, sans pour autant se lever, ses doigts contre sa tempe en un faux salut militaire

_ Oui capitaine, ah bah non c'est moi le capitaine.

Étonnamment, Léonard n'esquissa pas le moindre sourire, il semblait même sur le point d'imploser. Ce n'était pas bon pour son cœur toute cette agitation, il fallait vraiment qu'il pense à sa tension. Léonard tourna les talons près à quitter l'abri de fortune de Kirk.

_ À l'infirmerie Jim, tout de suite. Et pour une fois, ferme là.

La neutralité du ton aurait pu faire pâlir d'envie Spock. Depuis le réveil de Kirk, ces deux-là passaient trop de temps ensemble, le vulcain commençait à déteindre sur le médecin.

Léonard venait de lui ordonner. Il n'y avait rien que Jim détestait plus que les ordres. Il savait qu'il aurait dû effectivement se taire, mais il avait un sens de la contradiction plus développé que son intelligence, il en convenait.

_ Roh ça va Bones, il y a pas mort d'homme.

Bones fit volte face. Poings crispés, mâchoire serrée, les yeux embués de larmes, il tremblait, se retenait visiblement de frapper Kirk. Ce dernier aurait préféré un coup, ça il savait encaisser. Voir Leonard aussi affecté, c'était plus compliqué à appréhender pour lui. Il ne savait que faire ou que dire, alors il se leva simplement.

_ Si justement Kirk. Toi. Tout le monde pense qu'il faut y aller doucement, pour t'éviter un traumatisme, ou je ne sais quoi, mais traumatisme mon cul.

Tout ça c'est un jeu pour toi. Tu t'en fous. Tu vois pas. Tu vois rien. T'étais mort Jim. T'es mort.

J'ai ouvert un sac mortuaire et t'étais dedans. Ton corps était là étendu. Tu t'es sacrifié pour nous tous. T'es mort dans les bras de Spock, ou c'est tout comme.

Tu peux faire comme si toi, ça t'avais rien fais, mais merde on t'a perdu. J'ai senti ce que ça faisais de te perdre et ça fais pas du bien, crois moi. J'ai jamais eu aussi mal putain et je suis loin d'être le seul. Chekov se mordait la lèvre pour ne pas hurler, Uruha pleurait, Sulu est même parti, cette vision... s'en était trop pour lui. Et Scotty mon dieu Scotty, il s'en voulait tellement de ne pas avoir pu t'arrêter.

Et Spock. Spock, Jim parle lui. Il est tellement en colère.

Kirk n'arrivait pas à détacher les yeux de ceux d'obsidienne face à lui. Qu'était-il censé répondre à tout ça ? Il n'avait pas compris, pas su voir. Son équipage souffrait, Bones souffrait à cause de lui et il n'avait rien vu. Il était revenu, il était en pleine forme. Il pensait que ça suffisait. Il n'avait pas songé qu'entre sa mort et son réveil, du temps c'était écoulé. Pour lui, il n'y avait peut-être eu que du rien, mais pas pour eux. Eux ils avaient vécu sa mort. Ils l'avaient vu mourir.

_ Il est vulcain, la colère est un sentiment humain.

Kirk n'avait rien trouvé d'autre à dire, sa voix était blanche à ses propres oreilles

_ Tu es mort Jim. Mort, mort. C'était pas une mauvaise grippe. Tu m'as raconté ce qu'avait ressenti le commander à la disparition de son Jim, c'est vrai que ça avait l'air d'une véritable partie de plaisir. Spock a failli tuer Khan à mains nues, si Ururah ne l'avait pas arrêté en disant ton prénom...

_ Mon prénom n'a rien à voir là dedans

Sa voix était beaucoup trop pitoyable. Bones ne voulait pas le frapper, lui par contre se serait bien dévoué... Il se comportait comme une ado en mal d'amour avec Spock, et ça ça ne datait pas vraiment de son réveil, mais de bien avant, quand exactement, il n'aurait su le dire.

Il avait toujours trouvé Spock fascinant, irritant oui, mais pas moins attrayant. Son second était beau, d'une manière presque animale, bestiale. Il y avait quelque chose dans cette force retenue, dans ses traits anguleux, dans la mine hautaine, dans les yeux toujours impassibles, dans la coupe trop propre, trop impeccable...

Quelque chose qui donnait à Kirk des envies inavouables. Spock était toujours maître de lui. Vraiment ? En toute circonstance ? Jim s'était montré particulièrement doué pour le mettre hors de lui. Peut-être dans un cadre plus intime et plus agréable, pourrait il recommencer ?

Une vision s'imposa à lui. Spock les joues d'albâtre légèrement verdies, une fine goutte de sueur dévalait la tempe lisse, se perdait sur la pommette haute, Jim la recueillit du bout de sa langue mutine. Il goûtait la peau de son compère, la savourait, butinait la partie tendre du cou. Il sentait, voyait, Spock se tendre sous lui, retenir difficilement les gémissements qui voulaient franchir les lèvres pleines. Jim voulait étioler sa maîtrise de lui, il voulait qu'il se perde dans le plaisir, dans celui que lui, lui provoquait. Il voulait surplomber tout, que Spock ne voit plus que lui, n'aspire qu'a lui. S'approprier le vulcain comme sien et être sien. Encore et encore. Jusqu'à épuisement. Corps et âme.

_ L'enterprise appel Jim

Léonard claquait des doigts devant ses yeux pour le ramener à la réalité. Il ne devait pas laisser son esprit divaguer ainsi, pas alors qu'il discutait sérieusement avec Bones.

_ Désolé, j'étais ailleurs

_ Je vois ça, ça avait l'air agréable.

Une mine narquoise affichée au visage, Bones scrutait la monumentale érection de Jim. Le pouvoir de l'imagination.

Merde, merde, merde. Il sentait ses joues rougir, le brûler horriblement. Il devait fuir pour sauver le peu d'honneur qui lui restait. Il bouscula Léonard au passage, avant de filer droit devant. Son corps ne semblait pas disposer à se calmer, le traître.

Tout à son trouble, il ne s'aperçut qu'au dernier moment qu'il allait heurter de plein fouet quelque chose. Le choc lui coupa la respiration et à sa grande surprise, il ne termina pas sa course le nez sur le sol.

Il n'avait pas heurté quelque chose, mais quelqu'un.

Une tunique bleue, un torse dessiné, une odeur d'orage et de feu de cheminé.

Spock.

Les bras puissants l'avaient retenu, le retenaient toujours. Il était contre lui.

_ Jim, ça va reviens

La voix hilare de Leonard le rattrapait. Il se remettait difficilement de son fou rire visiblement. Le regard de Spock alla du capitaine au médecin, à la porte du débarras encore ouverte dans le couloir, à … ce qu'il sentait sur sa cuisse...

Un instant fugace, les orbes obscures se voilèrent. De la rage ?

C'était du moins ce que pensait Jim, mais il devait se tromper. Les vulcains étaient hermétiques à de telles émotions et pourquoi Spock les ressentirait-il à cet instant?

Il ne voulait pas réfléchir.

Il voulait s'enfuir, se dissimuler sous sa couette, se rouler dans les couvertures et ne plus en bouger. Jamais

Il bredouilla des excuses vaseuses et prit littéralement ses jambes à son cou.


Une odeur de sable et de soleils.

Vulcain.

Pour méditer, Spock avait même augmenté la chaleur de sa chambre grâce au thermostat individuel, adapté l'air pour reproduire le plus fidèlement possible l'atmosphère de sa planète d'origine.

Habituellement, il n'avait pas besoin de telles fioritures, plus depuis ses toutes premières années d'initiation quand il n'était encore qu'un très jeune vulcain.

On lui avait appris à trouver la paix au-dedans de lui, la laisser le submerger pour en oublier tout ressenti. Au début, le sentiment de sécurité était primordial d'où les artifices.

Ensuite, ils perdaient de leur nécessite.

Il ne portait qu'un fin pantalon vulcain, assis sur des coussins confortables, entouré de bougie, l'air empli d'une chanson de Luth qu'il appréciait particulièrement.

Il se laissait submerger par les senteurs réconfortantes, les sons rassurants. Sa respiration se faisait plus profonde, plus lente. Les yeux clos, il ressentait l'air chaud sur sa peau à nue.

Une atmosphère suffocante, une chaleur asphyxiante.

Les yeux bleus qui se ferment, il ne peut le laisser. Il n'en a pas le droit.

Kirk.

Kirk et McCoy.

Ensemble.

Un râle de rage pure filtre par ses lèvres crispées...

Toujours ses mêmes images, alors qu'il pense enfin pouvoir s'apaiser.

Rien y fait, il n'y parviens pas.

Colère, haine, douleur, désespoir, tout cela doit cesser. Immédiatement.

Spock était rentré dans l'infirmerie, la nuit était bien avancé, mais il le savait McCoy serait présent.

Il avait des choses à dire et aucune envie de le faire, mais il en allait de ces choses qui devait être faites.

À son entré, le médecin sembla surpris et un peu inquiet cherchant à voir s'il était blessé ou s'il emmenait quelqu'un qui l'était. Il se souciait probablement de leur capitaine. Cela rendrait les mots plus facile à Spock, un peu.

_ Un problème Spock ?

Il n'aurait sans doute pas pu qualifier objectivement la situation de problématique. Elle l'était pour lui, mais seulement et uniquement pour lui et elle serait réglée prestement.

_ Je voulais vous signifier que je souhaitais prospérité et longévité à votre relation avec le capitaine.

Il ne se battrait pas. Il en avait envie. À dire vrai, ce jour où il les avait observé sortant tous les deux d'un coin exiguë, Jim portant de clair signe d'excitation, il lui avait fallu toute sa maîtrise pour ne pas égorger le médecin. Il se débattait toujours, mais jamais il ne remettrait en cause le choix de son capitaine. S'il pensait qu'une relation romantique avec McCoy était une décision judicieuse, il l'accepterait, même si cela lui assurait une vie de solitude. Les vulcains n'avaient qu'un seul t'hy'la et si il avait longtemps été aveugle à l'évidence, elle était revenue de la plus violente des façons, face au meurtre de Khan. Jim lui offrait son amitié, il s'en satisferait. Quoi que son capitaine lui offre, il s'en satisferait, tout plutôt que de le perdre à nouveau.

_ C'est gentil … je suppose. Mais quoi ? Vous faites de telles déclarations pour chaque amitié et pourquoi maintenant? Ça doit être contraignant. Mais merci.

Il mentait ? Quel en était le but ? Il les avait vu et soulignait qu'il ne demanderait pas de duel alors pourquoi mentir ? Spock ne comprendrait jamais les humains. Peut-être était-il trop subtil pour l'entendement restreint de McCoy ? Bien il ferait donc preuve de clarté.

_ Je ne parles pas là de votre amitié avec le capitaine. Il a été porté à mon attention que votre relation avait changée de nature. En ce cas, il est de coutume de souhaiter réussite et aboutissement à votre union.

Le dernier mot lui avait écorché les lèvres à cette simple pensée, mais bien sûr ,il n'en avait rien laissé filtrer. Il était vulcain après tout. McCoy s'affala sur un lourd fauteuil de cuir lâchant un lourd soupir

_ Bien cette discussion va être aussi agréable pour vous que pour moi et je n'ai même pas de whisky, triste vie. Bref, écoutez moi bien, je ne le dirais qu'une fois. Kirk est mon petit con préféré Spock. C'est mon frère. Je donnerais ma vie pour lui, mais je ne partagerais pas mon lit avec lui. Même pas ivre mort. Quant à savoir la raison de son « état » de la dernière fois, c'est pas à moi de vous le dire.

Spock n'esquissa geste. Il n'avait pas de données suffisantes pour agir, il lui en fallait davantage et McCoy allait lui en donner. Il savait que les humains manquait de patience, particulièrement cet humain. Il l'aurait à l'usure.

_ Vous allez pas bouger hein ? Bon sang de bois, vous me fatiguez tous les deux. Allez trouver Jim et discutez. Dîtes lui à quel point vous êtes en colère, parlez lui Spock. Non oubliez. Aucun de vous deux n'est doué pour les explications. Mieux, plaquez le contre la première surface plane venue, ça vaudra tous les discours. Au moins là, vous arrêterez peut-être de vous défiler. Quoi que, vous en seriez encore capable. Non mais sérieusement, être aveugle à ce point c'est ridicule. Si vous avez besoin de savoir pourquoi Jim était en émoi, vous êtes bien le seul à ne pas l'avoir compris tiens. C'est un miracle que l'enterprise n'ai pas encore pris feu avec vous deux à son bord. Je veux des vacances, je mérite vraiment de très longues vacances.

Une fois n'étant pas coutume, Spock obéit et se dirigea vers les appartements voisins des siens, ceux de Kirk.

Sa curiosité était piquée, il voulait savoir, il était mue par un désir sourd, une soif de compréhension. .


_ Capitaine j'aimerais connaître la raison de votre excitation physique d'il y a trois jours. Le Dr McCoy m'a énoncé ne pas en être la cause.

Kirk aurait aimé mourir. Réellement, s'il avait eu à portée un objet tranchant, il se serait tailladé les veines. Bon peut être pas, tout de même. Mais il y aurait pensé au moins pour son goût du dramatique. Comment Bones et Spock en étaient venus à une telle discussion ? À la réflexion, il ne préférait pas savoir. Qu'était-il censé répondre à ça ?

Le pouvoir de l'imagination Spock, mon esprit divague un peu trop loin, quand vous êtes dans l'équation.

Spock était venu dans ses appartements pour une partie d'échec, du moins, c'était ce qu'il avait avancé. Pourquoi ne pas s'en tenir là ?

Kirk regardait l'échiquier refusant obstinément de croiser les prunelles foncées, il ne voulait pas prendre le risque de n'y voir que de la froideur polie.

_ Regardez moi.

La voix de Spock sonnait plus grave qu'à l'accoutumée et par simple réflexe Kirk obéit. Il ignorait jusqu'alors que des yeux pouvaient être aussi expressifs. Bon peut-être pas pour les autres, mais pour lui. Colère, ardeur, douceur, tendresse, désir, affections. Ses sentiments, ceux de Spock. Ils se répondaient si bien. Le vulcain se leva, l'humain en fit de même. Il se faisait face, se touchant presque.

_ Qui ?

Il le savait. Jim en était convaincu. La réponse, Spock ne la connaissait que trop bien. Il vissa son regard à l'encre. Rassemblant toute sa suffisance pour l'afficher sur son visage narquois.

_ Vous. Pourquoi vous êtes en colère ?

La sentence était sans appel. Ils avaient chacun besoin de réponses, pas sur les même données toutefois.

_ Vous êtes mort.

L'inflexion de sa voix. Son souffle qui se perd sur le dernier mot, comme si c'était une injure, le pire des méfaits.

C'était ce que lui pouvait faire de pire à Spock. Il le savait. L'avait ressentit lors d'une fusion mentale avec le commander. Il sentait ses jambes se dérober sous lui, pourtant il ne tomba pas, les yeux d'encre le retenaient. Tant que Spock le regarderait ainsi, il n'irait nul part.

_ Je suis là maintenant.

Kirk ne savait que dire de plus, il était mort, soit, mais il était revenu désormais. Spock s'approcha encore davantage, le souffle chaud venait s'échouer sur le visage tendu de son capitaine.

_ Je vous interdit de mourir.

Cet ordre était hautement illogique, même Kirk le percevait. Il ne pouvait pas choisir sa mort, ni quand, ni de quelle manière il y passerait.

Spock venait dénoncer des paroles qui n'était pas logique. Une petite voix insidieuse chuchota à l'oreille de Kirk, dans l'intimité de son esprit : l'amour n'est pas logique.

_ D'accord

C'était une promesse illusoire, dénuée presque de sens. Pourtant, s'il avait pu, Kirk l'aurait rendue réelle. Il ne voulait pas le quitter, à choisir, il aurait voulu s'éteindre en même temps que Spock. Avec lui à jamais.

Des lèvres impérieuses s'écrasèrent sur celles de Kirk.

Plus qu'une envie, un besoin.

Il était illogique, il était à moitié humain.

Ce simple fait qu'il reniait, qu'on lui avait appris à considérer comme quantité négligeable.

Le sang de sa mère n'était pas négligeable.

Il était en colère, un désir lui brûlait les reins. Il voulait sentir Kirk en lui, lui appartenir. Qu'il ballait tout, la peine, la souffrance, la hargne. De sa simple présence, de sa simple existence, fait qu'il voulait immuable.

Comme si être à Kirk protégerait ce dernier du monde, le retiendrait, l'empêcherait de le laisser, encore.

Jim ne retint pas un sourire de satisfaction dans leur baiser, il le sentait contre ses lèvres. Ce baiser n'avait rien de doux. C'était brutal, presque bestial. Un combat plus qu'une danse, mais pas de ceux que l'on fuit, plutôt de ceux qu'on révère. Sa langue exigeante assaillait son capitaine, l'explorait de sa bouche, le marquait de ses dents. Kirk n'était pas en reste, ce n'était pas un affrontement qu'il semblait vouloir perdre. Il le gagnerait, mais orgueil de mâle oblige, Spock ne voulait céder sans se battre, au moins un peu.

Ils apprendraient la douceur. Plus tard. Pour l'heure, ils avaient besoin d'urgence. L'urgence de s'appartenir, de ne faire qu'un. Encore et en cœur.

Le dos de Spock vint rencontrer avec force le mur. Il ne laissa filtrer aucun son, mais saisit plus étroitement Kirk contre lui. Il sentait leur désir se frôler, l'envie s'envoler au-delà de son entendement, il se sentait s'effriter, pour se reconstruire avec Jim, par lui.

Leurs vêtements furent déchirés plus qu'enlevés et rapidement, ils furent nus dans les bras l'un de l'autre, leurs gestes étaient désordonnés, mais pas maladroits, empressés, mais pas violents.

Un regard échangé, un assentiment donné.

Un doigt inquisiteur, presque timide en comparaison de la fougue passée de Kirk. Il avait posé son front contre celui de Spock. Celui-ci avait levé sa main vers la tempe offerte, une demande muette. Jim franchit les quelques centimètres qui les séparaient, pour qu'enfin il ne fasse qu'un.

La fusion de leur corps et de leurs esprits.

Empressement.

Il était mort une fois, il le pouvait encore.

Le faire rester.

Un besoin d'être à lui.

Un besoin d'appropriation.

La peine dans les yeux sombre.

Plus jamais.

Ne plus jamais le laisser.

Ne plus être abandonné.

L'aimer au point de le faire rester

Ne plus le laisser fuir, ne plus laisser la mort l'emporter.

Le faire passer même avant la si précieuse logique.

L'aimer à en perdre son nom, à en perdre l'esprit

Ne faire simplement qu'un.

L'aimer à en perdre la douleur.

Celle de la perte, celle de ne pas avoir suffisamment été aimé.

Le plaisir, le désir.

Corps et esprits qui se mêlent et ne font qu'un.

Sensation de gêne, d'écartèlement.

Sensations et émotions qui se fondent, se mélangent, s'enlacent, s'emmêlent, s'entremêlent.

Il sent son corps se mouvoir en l'autre. Les mouvements s'accélérer.

Lui ou l'autre peu d'importance, ils sont l'un et l'autre, l'un par l'autre, l'un avec l'autre, l'un pour l'autre.

Aucune barrière, aucune restriction, ils sont simplement offerts.

Spock se tend en emportant son capitaine dans son sillage. Tout n'est que sensation. Ses doigts sont toujours sur la tempe blonde. Par respect de l'intimité, il pense à la retirer. Kirk l'en empêche retenant sa main avant même qu'elle ne s'enfuit. Il écrase sa bouche contre les lèvres pleines. Spock se perd dans ce baiser, dans son orgasme, dans celui de Kirk, qu'il partage, qui prolonge le sien.

Un simple mot fleurit à l'unisson.

_ t'hy'la.

Une évidence, rien d'autre n'a la moindre importance.


Voilà j'espère que cet OS vous aura plus, n'hésitez pas à laisser un mot.

Si vous avez un avis positif ou négatif, tout particulièrement sur la fin et cette union de corps et d'esprits, que j'espère être claire, n'hésitez pas, je suis preneuse.

Demain vous retrouvez TwoLoversSasuNaru pour un OS sur du HawkSilver sur son compte donc. En espérant qu'on ne vous perdent pas avec tous ces aller-retour, mais c'est plus facile pour nous, ça partage les publications.

Des bisous et à demain