Hot Summer Contest

Titre de la fiction : Pour de faux

Auteur : Pichou1490

Disclaimer : Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer. Cette histoire et les modifications apportées au sujet d'origine sont entièrement miennes.


- Chapitre 2 - Bella POV -

Après les avoir longtemps attendues, mes vacances tant méritées étaient enfin arrivées. Pour le moment, le bilan était mitigé.

J'étais arrivée en avance à l'aéroport afin de ne pas avoir à courir, ma maladresse n'était plus à prouver et j'avais depuis longtemps compris qu'il était préférable que je prenne le temps de faire un pas après l'autre.

Je n'avais eu aucun problème avec l'enregistrement de mes bagages, ni au passage de la sécurité, ce qui, de nos jours, est plutôt un exploit. Les ennuis avaient débarqués en salle d'embarquement sous la forme d'une fausse blonde à forte poitrine - tout aussi fausse. Elle ne m'avait pas allumée moi, mais elle parlait si fort que toutes les personnes à dix mètres à la ronde avaient pu l'entendre faire ses avances au pauvre garçon qu'elle avait pris pour cible. En plus d'être obstinée, elle avait une voix insupportable et je fus grandement soulagée lorsqu'elle jeta l'éponge et s'éloigna de la rangée de siège où j'étais installée. J'avais dû relire quatre fois ma page sans rien comprendre et j'espérais pouvoir finir mon livre avant d'atterrir à Honolulu.

J'étais paisiblement plongée dans mon roman quand j'aperçus une forme foncer vers moi dans le coin de mon champ de vision. Dire que j'avais été surprise était un euphémisme et cela avait dû se voir. Après tout, ça n'est pas tous les jours qu'un inconnu plutôt craquant vous fonce dessus, vous embrasse - juste la tempe, certes, mais quand même - et vous supplie d'être sa petite-amie, même si c'est uniquement pour faire fuir une autre fille.

Ma timidité m'aurait normalement poussée à faire simplement le minimum, seulement, la fille en question était la blonde harceleuse alors j'avais sortis le grand jeu. Et puis je l'avais ressortis à nouveau devant l'hôtesse - vraie blonde cette fois mais tout aussi siliconée. Et ça avait marché à chaque fois !

Il s'avérait qu'Edward, en plus d'être mignon, habitait la même ville que moi, était sympathique, intelligent, drôle … et allait loger dans le même hôtel. Comme le monde est petit … ou « c'est le destin » comme nous répétions tous les deux.

Que dites-vous quand un garçon mignon, intelligent, drôle, sympathique, qui vous a embrassé et a un sourire à faire fondre la banquise, vous propose de partager un taxi jusqu'à l'hôtel où vous résidez tous les deux ? Évidemment vous acceptez !

Bien sur, mon éducation voulu que je me fasse un peu hésitante, mais après tout, j'étais une grande fille et je savais - du moins j'espérais - que je ne risquais rien avec Edward. Prendre deux taxis pour aller au même endroit au même moment était plus que ridicule.

Lorsque vint le moment de payer, c'est l'éducation d'Edward qui arriva, épaules carrées, au galop sur son grand cheval blanc.

« Il est hors de question que je vous laisse payer. » Répéta-t-il pour la troisième fois avec obstination.

Apparemment, il n'avait pas que des qualités …

« Au moins la moitié ! » Insistai-je moi aussi. « Je ne vois pas où est le problème si je paye ma part du trajet ! »

« C'est une question de galanterie, si ma mère apprenait que je vous ai laissé faire elle aurait ma tête. » Contra-t-il.

« Et quelles sont les chances qu'elle l'apprenne ? » Arguai-je.

« Oh croyez-moi … » Commença-t-il.

« Croyez-moi que je vais relancer le compteur si vous ne me payez pas rapidement. Le temps c'est de l'argent les tourtereaux ! » Grogna le chauffeur.

Et avant que j'ai eu le temps de sentir mes joues rougir sous l'allusion, Edward avait plaqué quelques billets dans la main du chauffeur en lui disant de garder la monnaie. Là-dessus, il ouvrit la portière et sortit de la voiture. Je lui lançai un regard noir lorsque je passai devant lui alors qu'il me tenait la portière ouverte.

Le chauffeur avait déjà fait le tour de son véhicule et vidé le coffre, abandonnant nos bagages sur le bord du trottoir.

« Aloha ! » Lançai-je avec un faux enthousiasme en fusillant du regard le véhicule qui s'éloignait déjà. « Pourquoi vous avez fait ça ? » Demandai-je en me tournant vers Edward.

« Pour vous remercier de m'avoir aidé. » Répondit-il, laissant tomber l'excuse de la galanterie.

« Génial, je me suis faite payer pour accompagner un gars quand il en avait besoin. Merci de faire de moi une call girl. » Marmonnai-je en attrapant ma valise et en la trainant derrière moi vers les portes de l'hôtel.

« Bella ! Ça n'est pas du tout ce que je voulais dire ! » Cria-t-il en courant pour me rattraper. « C'était par galanterie ! Vous pourrez toujours me payer un verre pendant la semaine si ça vous fait plaisir de dépenser de l'argent. » Lança-t-il en se plantant devant moi.

Je le fixai une seconde, impassible. S'était-il rendu compte qu'il venait en quelques sortes de me proposer un rendez-vous pendant nos vacances ? Je devais vérifier.

« C'est une pension complète, les boissons sont gratuites. »

« Ah oui … c'est vrai. » Marmonna-t-il en passant sa main sur sa nuque d'un air gêné.

Non. Il ne venait pas de m'inviter à boire un verre.

« Laissez tomber, c'est pas important, je me suis emportée pour rien. » Lançai-je avant de reprendre ma marche vers le bâtiment.

« Je ne voulais vraiment pas vous offenser. » Répéta-t-il en me suivant vers le comptoir de la réception.

« J'ai compris Edward et je vous ai dis que ça n'était pas grave. Maintenant n'en parlons plus avant que je change d'avis. » Soupirai-je en posant ma valise au sol.

« Bien. » L'entendis-je marmonner avant qu'une réceptionniste souriante ne se tourne vers moi.

« Bonjour, bienvenue au Hilton Hawaiian Village Beach Resort & Spa. » Débita-t-elle en ne lâchant pas son sourire, son regard passant d'Edward à moi. « Vous avez une réservation ? » S'enquit-elle.

« Swan. » Répondis-je au moment où j'entendis « Masen. » dans mon dos.

« Occupez-vous d'abord de mademoiselle Swan, j'attendrai mon tour. » Continua Edward quand il se rendit compte que la réceptionniste commençait à paniquer.

La pauvre aurait pu nous faire une attaque juste parce qu'elle avait peur de devoir faire attendre un client.

Je m'occupai rapidement de toute la paperasserie, lui montrai mes billets de réservation et elle vérifia le tout dans son ordinateur. Tout avait été payé d'avance dans l'agence de voyage de Seattle, je n'avais donc à me préoccuper de rien d'autre que de prendre mes clés et de ne pas oublier ma valise.

Lorsque je me tournai justement pour la récupérer, une fois la clé en main, je me rendis compte qu'un groom l'avait déjà chargée sur un chariot à bagages et m'attendait pour me conduire à ma chambre.

Edward attendait toujours à côté et je me tournai vers lui pour le saluer.

« Et bien je crois que cette fois c'est la bonne. » Souris-je. « Je vous préviens tout de suite, si on nous attribue la même chambre je me verrai dans l'obligation de rectifier la situation. Le destin ne peut pas aller si loin. »

« Ne vous inquiéter pas. » Rigola-t-il. « Et bien merci encore Bella. Je vous souhaite d'excellentes vacances et peut-être nous recroiserons-nous ?! » Lança-t-il.

« Il y a des chances, oui. » Acquiesçai-je avant de sourire maladroitement et de m'éloigner à la suite du groom service.

Je suivis le groom à travers le grand hall jusqu'à l'ascenseur, puis nous rejoignîmes le vingt-troisième étage. Il marcha jusqu'à l'angle, au bout du couloir et, lorsqu'il ouvrit la porte, la première chose me sautant aux yeux fut la clarté de la pièce.

Je donnai rapidement un pourboire au jeune employé avant de le congédier pour découvrir ce qui me servirait de chez moi pour la prochaine semaine.

Les murs étaient d'un beige clair. Deux des murs portaient quant à eux une immense baie vitrée. Les fenêtres coulissantes et donnaient sur deux petites terrasses séparées avec vue sur l'océan.

Les meubles, un lit imposant drapé d'une moustiquaire et deux commodes à linge, étaient faits de bois sombre. Les draps étaient d'un blanc éclatant et la pile d'oreillers entassés contre la tête de lit étaient plus qu'attrayante. Après un si long vol et avec le léger décalage horaire, j'avais très envie - et besoin - de faire une sieste pour pouvoir affronter ma première soirée à Honolulu, mais je refusais de m'allonger tant que je n'aurais pas pris de douche et fait un détour par la terrasse.

Je fis coulisser le pan vitré et me glissai à l'extérieur. Le soleil tapait directement sur ma peau et la chaleur aurait surement été étouffante si j'étais venue là plus tôt dans l'après-midi. La vue était plus que magnifique. A ma droite, le lagon privé de l'hôtel reflétait les éclats de soleil, mais cela ne se comparait en rien à l'immense étendue d'eau face à moi qu'était l'océan pacifique.

Une ligne de palmiers et une petite allée bétonnée séparait la plage des pelouses de l'hôtel, les grands arbres faisant tomber leur ombre sur les vacanciers affalés dans leur chaises longues.

J'inspirai une profonde bouffée d'air, laissant ma tête basculer, exposant mon visage au soleil, puis soupirai de bonheur avant de retourner à l'intérieur. Je laissai la fenêtre entrouverte et me dirigeai vers la salle de bain.

Son sol et ses murs recouverts de carrelage blanc éclatant, elle comportait une vasque imposante, une baignoire et une douche - multi-jets me rendis-je compte lorsque je m'approchai un peu. Sans tarder, je retournai dans la pièce principale, attrapai ma valise et la balançai énergiquement sur le lit. Elle rebondit légèrement avant que je ne l'ouvre. Je récupérai mes affaires de toilette et de quoi me changer et retournai rapidement dans la salle de bains.

Pendant quelques minutes, je m'amusai à découvrir la douche, essayant les uns après les autres les différents jets et me prélassant sous l'eau chaude pour détendre mes muscles, puis je me savonnai et me rinçai avec une eau un peu plus fraiche pour contrer la chaleur ambiante.

J'étalai mes produits de beauté autour du lavabo tout en laissant sécher ma peau, puis enfilai des sous vêtements propres et un fin débardeur.

De retour dans la chambre, je me laissai tomber sur le lit, bras en croix, comme le font les filles dans les films, avec cependant beaucoup moins de grâce. Le matelas me sembla si confortable que je grognai d'appréciation avant de me relever pour planifier l'alarme de mon téléphone portable. Je posai le petit appareil sur le table de nuit et m'installai pour une sieste plus que méritée.

***

Après avoir enfilé une robe d'été, coiffé mes cheveux et m'être maquillée légèrement, je quittai ma chambre et descendis dans le hall. De là, j'espérais pouvoir trouver le restaurant de l'hôtel pour prendre mon premier repas Hawaïen.

Plantée devant la réception, je tournais sur moi-même pour repérer un panneau quelconque lorsque quelqu'un parla derrière moi, me surprenant et me faisant sursauter.

« Est-ce que je peux vous aider vous aider mademoiselle ? »

Je me tournai pour faire face à un jeune homme blond au visage poupin, portant l'uniforme de l'hôtel. Il avait un sourire plus qu'enthousiaste et je reculai légèrement.

« Je cherche juste le restaurant. » Dis-je avec un sourire crispé.

« Je vais vous y accompagner, j'y allais justement ! » Lança-t-il, me faisant sursauter une nouvelle fois. J'avais pourtant l'habitude de l'enthousiasme avec mon amie Alice …

« C'est … très gentil à vous. » Marmonnai-je, ne quittant pas mon sourire forcé.

« Mike. » Sourit-il en tendant une main vers moi.

Je la serrai avec hésitation, tout en continuant à marcher avec lui dans les couloirs de l'hôtel.

« Marie. » Répondis-je, lui donnant mon deuxième prénom.

Je ne savais pas exactement pourquoi j'avais fait ça, mais ce gars me semblait un peu trop souriant et prêt à rendre service. Mon inconscient avait sans doutes peur qu'il décide de chercher le numéro de ma chambre pour voir si j'avais suffisamment d'oreillers.

« Voilà le restaurant. » Sourit-il lorsque nous arrivâmes enfin dans une immense pièce entourée de grandes fenêtres avec vue sur l'océan. « Vous avez le buffet ici. » Dit-il en désignant l'étalage de mets. « Je vais vous trouver une table. Vous êtes seule ? » Demanda-t-il avec un peu trop d'avidité.

Paniquant, je relevai la tête sur le reste de la salle et balayai des yeux l'ensemble des tables, priant pour qu'il n'y en ai aucune de vide et que, même s'il parvenait à rester collé à moi, je ne sois pas seule à seul avec lui.

Mon regard se posa sur une masse indisciplinée de cheveux cuivrés et je soupirai de soulagement.

« Non. En réalité je dois rejoindre quelqu'un. » Souris-je en commençant à avancer à travers le salle vers la table d'Edward. « C'est le moment où vous me rendez la pareille monsieur Masen. » Pensai-je.

« Une amie à vous ? » Demanda Mike.

« Pas exactement. » Répondis-je, arrivant enfin à destination. « Edward, chéri te voilà. Je suis désolée d'avoir mis tant de temps à finir de me préparer. » Lançai-je en faisant de grands yeux suppliants et des mouvements de tête vers Mike derrière moi.

« Voyons, mon ange. » Commença-t-il en se levant pour tirer la chaise face à lui afin que je m'installe. « Tu sais bien que j'attendrai toute la vie pour toi. Je t'attendais pour aller chercher nos assiettes. » Termina-t-il après m'avoir embrassée dans le cou, puis il se tourna vers Mike.

« Merci de m'avoir aidée à trouver le restaurant. » Souris-je poliment, largement soulagée de savoir qu'il allait maintenant pouvoir s'éloigner.

« Je vous en prie Marie. » Sourit-il amèrement ayant soudain perdu son enthousiasme.

« Allons nous servir … Marie. » Lança Edward avec un sourire moqueur en me tendant la main.

Je souris une dernière fois à Mike et suivis Edward vers le buffet.

« Merci, merci, merci. Ce gars me faisait presque peur. » Soupirai-je en m'accrochant à son bras.

« Marie ? » Demanda-t-il en simple réponse.

« C'est mon deuxième prénom. J'avais trop peur qu'il cherche dans les fichiers de la réception et retrouve ma chambre. » Expliquai-je, faisant éclater Edward de rire. « C'est bien la peine de vous moquer … j'attendrai toute la vie pour toi. » Imitai-je. « Ce que c'est cliché ! »

« N'empêche que ça a marché ! Je ne conteste pas vos méthodes moi ! » Répliqua-t-il un peu piqué au vif.

« On se détend, ça n'était pas méchant. Admettez que c'était vraiment cliché. »

« C'était carrément ridicule. » Acquiesça-t-il en riant de nouveau.

Nous attrapâmes chacun une assiette et nous mîmes à la remplir avant de retourner nous asseoir.

« Je suis vraiment désolée, vous n'aviez surement pas envie d'être dérangé pendant vos vacances. Je vous promet que ça ne se reproduira pas. » M'excusai-je une fois que nous fûmes bien installés.

« Bella, vous m'avez rendu service deux fois déjà, c'était le moins que je puisse faire. Ça ne me dérange absolument pas, vous êtes de bonne compagnie et on fait pire comme fausse fiancée. » Plaisanta-t-il.

« Merci ? » Répondis-je, pas tout à fait sure de la façon dont je devais le prendre. « Vous voulez de l'eau ? » Demandai-je pour cacher ma gêne.

« J'ai l'air si vieux que ça ? » Répondit-il.

« Pardon ? »

« J'ai l'air si vieux que ça que vous me vouvoyez constamment ? »

« Simple politesse. Et vous me vouvoyez aussi qui plus est ! » Rétorquai-je. « Tu veux de l'eau ? » Répétai-je pour lui faire plaisir.

« S'il te plait. » Répondit-il en tendant son verre en souriant.

A partir de là, nous discutâmes avec plus d'aise, commentant d'abord sur l'hôtel et la qualité des chambres, puis reprenant notre conversation de l'avion et apprenant davantage de choses sur l'un et sur l'autre.

Le sujet tourna rapidement à notre voyage et à la raison de notre solitude.

« C'est assez déprimant comme histoire. » Grimaçai-je. « Je ne suis pas sure que tu veuilles l'entendre. »

« Plus déprimant que la mienne ? Impossible. » Contra-t-il.

« Raconte … » Encourageai-je.

« Je viens de marier ma petite sœur de dix-neuf ans. »

« Un peu jeune non ? » Demandai-je ne fronçant les sourcils.

« Oui c'est un des détails qui est déprimant. » Répondit-il. « Ce qu'il faut savoir, c'est qu'elle a épousé un gars qui a sept ans de plus qu'elle que je lui ai présenté. »

« Et tu t'en mords les doigts maintenant ? Pourquoi lui avoir présenté s'il n'était présentable ? » M'exclamai-je, ne comprenant pas vraiment.

« Il est présentable ! J'ai rencontré Carlisle pendant ma première année d'université à Dartmouth, on suivait tous les deux les cours de biologie avancée. Moi j'ai finis prof, lui est en première année d'internat de médecine. Pour Thanksgiving, cette année là, ces parents étaient partis en voyage pour leur anniversaire de mariage et ma mère m'a encouragé à inviter mon ami pour ne pas qu'il soit tout seul. Évidemment, à l'époque, Esmé n'avait que onze ans et il n'y a pas eu d'attirance ni chez l'un ni chez l'autre. Là où ça a vraiment évolué, je pense, c'est quand Carlisle m'a accompagné à l'enterrement de mes parents, il a beaucoup aidé Esmé psychologiquement. Elle était toujours trop jeune pour qu'ils soient romantiquement impliqués mais je pense qu'elle a dû commencer à avoir le béguin pour lui. Je suis rentré à Seattle pour m'occuper d'elle vu que j'avais obtenu mon diplôme et Carlisle a choisit cette ville pour faire ses études de médecine. Quand elle a été majeure, il a perdu tous ses scrupules et m'a avoué qu'il était amoureux d'elle. » Soupira-t-il en se frottant le front.

« Et tu l'as laissé faire ce qu'il voulait ? » Demandai-je avec un sourire moqueur.

« Bien sur que non ! » S'exclama Edward. « Je lui ai collé mon poing dans la figure. » Ajouta-t-il en riant. « Et puis Esmé m'a fait la tête et a refusé de me parler tant que je ne serai pas réconcilié avec Carlisle. Je me suis rendu compte qu'elle l'aimait aussi et … j'ai laissé faire. » Dit-il en haussant les épaules. « C'est un gars bien, et puis il veut devenir docteur. J'aurais eu du mal à trouver mieux pour ma petite sœur. »

« Je ne vois pas vraiment ce qu'il y a de déprimant. » Lâchai-je lorsque je me rendis compte que son histoire était terminée.

« Elle n'a que dix-neuf ans et elle est mariée à l'amour de sa vie ! J'en ai vingt-sept et je n'ai rien qui se rapproche d'une petite-amie. Je trouve ça déprimant de se faire coiffer au poteau par sa petite sœur lorsqu'on a une belle gueule comme la mienne. »

« Okay Edward Modestie Masen. » Plaisantai-je, sachant très bien qu'il n'y avait rien de présomptueux dans ses propos. « Tu veux une histoire déprimante ? Je vais t'en raconter une. »

« Je suis tout ouïe. » Lança-t-il en prenant appui sur ses coudes sur la table.

« Au cours des sept derniers mois, j'ai assisté à quatre mariages. » Commençai-je.

« Jusque là tout va bien. »

« J'étais demoiselle d'honneur pour chacun d'entre eux. » Ajoutai-je.

« O-kay. » Dit-il en continuant à me fixer.

« Oh ! Et est-ce que j'ai précisé que deux de ces mariages étaient ceux de mes parents avec leurs nouveaux compagnons ? Ta petite sœur à dix-neuf ans mais c'est normal d'avoir une vie amoureuse à cet âge là, même si j'avoue qu'un mariage est un peu rapide. Mais mes parents ! Ils ont deux fois mon âge et ont toujours une vie sexuelle ! » M'écriai-je presque, rougissant lorsque quelques regards se tournèrent sur nous. « Mon Dieu il faut que j'arrête de penser à ça. » Marmonnai-je.

« Oui c'est pas vraiment sain comme pensées. » Rigola Edward. « J'avoue qu'il y a de quoi déprimer. »

« Savoir que des personnes ont eu deux fois leur chance en amour et que moi je suis toujours à la ramasse … Et puis c'est partit pour durer. » Marmonnai-je en attrapant mon verre.

« Pourquoi autant de pessimisme ? » S'enquit Edward en s'appuyant contre le dossier de son fauteuil.

« Il faut voir la vérité en face. Je n'ai que des couples parmi mes amis, je ne sors pas beaucoup, et les hommes que je vois au boulot ne sont que des papas joyeusement mariés, et je ne suis pas du genre à être l'autre femme. » Dis-je en haussant les épaules dans un geste fataliste. « En fait je fais déjà des plans d'avenir. Je me vois d'ici vingt, peut-être trente ans, rentrer du boulot, faire ma popote et passer mes soirées devant une énième rediffusion de Dirty Dancing à brosser mes six chats. »

« Six chats ?! » Demanda Edward en riant.

« Oui tu sais … j'ai toujours eu cette image de la vieille fille, un peu enrobée, habillée d'une robe à fleurs affreuse et entourée de ses chats dans un appartement deux pièces mal rangé. » Grimaçai-je.

« Tu avais absolument raison. C'est complètement déprimant. Ton image elle a un égal masculin ? »

« Non en général les hommes vieux et célibataires sont riches et entourés de bimbos blondes de vingt ans qui n'en veulent qu'à leur porte-monnaie. »

« Et ça c'est pas triste comme avenir ? » Demanda-t-il.

« Non ! » M'exclamai-je horrifiée. « Ils ont l'argent et le sexe ! » Ajoutai-je et Edward éclata de rire lorsque je me cachai derrière ma serviette pour éviter les regards des gens installés autour de nous. « Quoi qu'il en soit. » Repris-je quand j'eus retrouvé ma contenance. « Je suis toute seule ici car mes amis et mes parents sont tous en voyage de noces, et que tant qu'à être seule, autant être au soleil à Hawaï plutôt que sous la pluie à Seattle. » Conclu-je avec un signe de tête, tentant de me convaincre moi-même qu'il y avait une logique dans mon raisonnement.

« Aux vacances à Hawaï ! » Lança Edward en levant son verre vers moi.

« Aux vacances à Hawaï. » Répétai-je en trinquant avec lui.


Et voilà le deuxième chapitre vu par notre Bella. Ils passent un peu plus de temps ensembles, apprennent davantage à se connaitre et nous apprenons aussi les raisons de leurs voyages en solitaire !

J'espère que ça vous aura plus autant, voir plus, que le premier chapitre !

Merci à tous pour vos reviews en tous cas et merci à flora, tagada, Lise et Lill que je n'ai pas pu remercier directement !